Les news de la semaine : Short Circuit

Marvel vient de frapper un très grand coup après des mois de recherche pour son projet Black Widow! Le film centré sur l’espionne Natasha Romanoff avait vu passer de nombreuses réalisatrices potentielles, et sur plus de 70 prétendantes (et quelques réals masculins aussi), c’est finalement Cate Shortland qui a court-circuité toutes ses rivales et qui a été choisie! L’Australienne est surtout réputée dans le milieu indépendant, grâce à des films qui ont tous eu des échos très favorables dans les festivals. On lui doit Le Saut périlleux en 2004, Lore en 2012, et Berlin Syndrome en 2017. Je n’ai pour l’instant vu que ce dernier, mais quand on voit la maîtrise de la tension et l’aisance de la mise en scène dont elle fait preuve dans ce thriller, avec en plus une direction d’acteurs très réussie, il y a de quoi relancer la hype autour de Black Widow! Avec cette annonce, le projet Marvel devient finalement un des plus attendus de ces prochaines années! Marvel Studios semble avoir bien compris que les auteurs ont leur place sur les blockbusters, et j’ai vraiment hâte de voir le travail que va accomplir Shortland avec Scarlett Johansson!!!

 

The Predator nous présentera une nouvelle version de l’extraterrestre rasta, et il se dévoile cette semaine dans une photo issue du magazine Empire. Il a de la gueule, y a pas à dire, maintenant on espère que Shane Black respectera le mythe… Réponse le 17 octobre.

 

Le seul intérêt de Split, c’était de le voir relié au mythique Incassable, et cette semaine, on a droit aux toutes premières photos qui nous dévoilent la suite de ces 2 films! Glass prendra donc le relais en mettant en scène Bruce Willis, Samuel L. Jackson et James McAvoy, qui semblent en mauvaise posture pour l’instant… On espère que ce nouveau film de M. Night Shyamalan sera moins bavard que Split, et qu’il se rapprochera de l’aura du sublime film de super-héros que constituait Incassable! On retrouvera également au casting Anya Taylor-Joy et Sarah Paulson. Sortie le 23 janvier 2019.

 

Après avoir galéré pendant plusieurs années à monter un 5ème opus de la saga Alien, qui ne se fera pas car Ridley Scott préfère détruire lui-même sa franchise à grands coups de Prometheus et d’Alien : Covenant, Neill Blomkamp semble revenir sur de très bon rails avec un nouveau projet. Il s’agit encore une fois d’une suite d’un film de SF à succès, et il s’intitulera RoboCop Returns! Ce bon vieux Alex Murphy n’est donc pas mort et enterré (enfin si, il est bien mort, mais pas enterré quoi!), et avec un Rated – R à la clé, et la reprise d’un scénario signé Edward Neumeier et Michael Miner, qui avait été écrit à l’époque pour constituer une suite au RoboCop de Paul Verhoeven, on se dirige bien vers un vrai retour aux sources, puisque Neumeier et Miner étaient les scénaristes du premier opus. Justin Rhodes est chargé de dépoussiérer cet ancien script, mais on sent déjà dans l’approche un respect pour le travail effectué à l’époque. On espère que le film se fera et qu’il sera à la hauteur du mythe!

 

On revient sur Venom, avec 2 nouvelles photos, dont une avec le sourire! Et on va en profiter pour rappeler que non, ce n’est certainement pas la peine d’espérer Tom Holland en Spider-Man dans ce film… Venom est le premier film à faire partie du Spider-Verse de Sony, qui accueillera par la suite Silver & Black, Morbius, Nightwatch et Silk. Mais le deal entre Sony et Marvel Studios, qui permet de créer des connections entre les deux studios, ne s’étend pas à ce Spider-Verse… Il va quand même falloir bosser un peu là-dessus, parce que des films sur des ennemis de Spidey sans Spidey, c’est quand même dommage et incompréhensible…

 

Et une petite photo pour The Gifted saison 2, qui verra un accouchement mutant! Eh oui, comme on avait pu le voir dans la première saison, Polaris attend un heureux événement, mais avec la guerre qui couve entre les méchants et les gentils mutants, ça risque d’être un poil compliqué! Sinon on a le fils Strucker qui a changé de couleur de cheveux aussi! Reprise du combat le 25 septembre!

 

On termine avec la bande-annonce de Galveston, réalisé par Mélanie Laurent (qui était aussi sur la shortlist pour Black Widow), et qui est l’adaptation du roman éponyme de Nic Pizzolatto, le créateur de la série True Detective. Ce road movie tragique semble bénéficier d’une très solide mise en scène, et les talentueux Ben Foster et Elle Fanning devraient se fondre dans cette ambiance étrange et lourde, et ça donne très envie de découvrir cette oeuvre en tout cas! Sortie le 10 octobre.

 

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Le clip de la semaine : Childish Gambino – Sober

Si l’acteur Donald Glover est connu pour être scénariste, humoriste, producteur et réalisateur, il ne faut pas le cantonner à ces seules activités, puisque l’homme est également musicien, DJ et rappeur, rien que ça! On en a eu un aperçu démentiel avec son clip pour This is America sorti il y a tout juste 2 mois, que je vous conseille absolument! Et bien avant cet uppercut, il nous livrait d’autres morceaux et clips plutôt réussis, comme ce Sober qui dévoilait déjà le flow et la gestuelle atypique de ce personnage!

 

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Skyscraper (Rawson Marshall Thurber, 2018)

Alors que son Rampage – hors de Contrôle vient de quitter l’affiche, voici que The Rock débarque avec son nouveau film d’action! Cette fois-ci, Dwayne Johnson va se la jouer John McClane dans une histoire de tour high-tech, de terroristes qui veulent tout faire sauter, et d’une famille en détresse qu’il faut à tout prix sauver. Vous connaissez la recette qui a fait le succès de Piège de Cristal en 1988 ? Eh bien 30 ans après, c’est au tour de Dwayne de s’y coller et d’aller sauver le monde. Enfin sa famille quoi…

The Rock enchaîne les films à un rythme frénétique, et c’est toujours un plaisir de le retrouver. C’est qu’on a fini par s’habituer à sa présence athlétique qui masque souvent des failles intimes, et c’est parce qu’il propose très souvent une variation sur le même personnage que l’on s’attache rapidement à lui. On se souvient du héros maladroit de Jumanji : Bienvenue dans la Jungle, du héros paternel de Baywatch : Alerte à Malibu, du héros cool et violent de Fast & furious 8, du héros tourmenté de San Andreas, et à chaque fois, c’est comme s’il nous servait une facette à peine différente du même personnage. C’est cette constance dans ses rôles qui en fait presque une marque de fabrique, et qui donne toujours envie de découvrir son dernier film.

Dans Skyscraper, il joue Will Sawyer, un ancien membre du FBI qui a perdu une jambe lors d’une mission. Un homme au physique meurtri, ce qui est inhabituel chez ce surhomme venu du monde du catch. Avec ce point de départ, Sawyer gagne immédiatement la sympathie du spectateur, et ce ressort dramatique va s’avérer bien utile à plusieurs reprises. Dwayne Johnson joue un père de famille aimant et un mari amoureux, qui surmonte sa blessure grâce à cette belle cohésion avec sa femme et ses enfants. Il incarne une sorte de survivant qui a réussi à se reconstruire, renvoyant évidemment l’image des nombreux soldats revenus handicapés des différents conflits à travers le monde, et qui tentent tant bien que mal de continuer à vivre… Cette image d’un héros américain brisé et à nouveau sur pied fait partie d’un certain mythe du rêve américain, véhiculant des valeurs fortes comme la persévérance, l’effort et le dépassement de soi.

Rawson Marshall Thurber va s’évertuer à nous montrer Will comme un homme normal, qui va se retrouvé propulsé dans une aventure vertigineuse lorsque sa famille se trouve en danger. L’instinct de survie va prendre le dessus, et Will va puiser toute la force nécessaire pour tenter de venir en aide à ses proches. En ce sens, il va accomplir des actes héroïques que le commun des mortels n’aurait probablement jamais tenté, mais cela va donner lieu à quelques séquences impressionnantes. Thurber est un habitué des comédies, puisqu’on lui doit Dodgeball – même pas mal!, Les Miller, une Famille en Herbe ou encore Agents presque secrets, déjà avec Dwayne Johnson. Les deux hommes vont d’ailleurs à nouveau tourner ensemble pour les besoins de Red Notice. Skyscraper est la première incursion de Thurber dans le blockbuster, et il mène son film avec soin et conviction. Tout s’enchaîne relativement vite et on se retrouve plongé dans l’action assez rapidement, et la fameuse tour The Pearl propose quelques divertissements sympathiques.

Evidemment, on ne pourra pas éviter la comparaison avec Piège de Cristal, le mythique film de John McTiernan, et rien ne pourra jamais égaler l’opposition entre McClane et Hans Gruber! Piège de Cristal est une date indélébile dans l’histoire du film d’action, et il valait mieux tenter une approche détournée pour essayer de s’en rapprocher plutôt que d’opter pour un remake! Skyscraper n’est certainement pas à la hauteur du 1er Die Hard, ça c’est un fait clairement établi. Mais passée cette comparaison, il faut lui reconnaître des qualités certaines, qui en font un film d’action rythmé et sympathique. On est en terrain connu, avec un personnage à la The Rock, des vilains méchants et une gentille famille, et on ne va pas chercher plus loin. Thurber signe également le scénario, qui reste assez simple et qui ne va servir qu’à dérouler des scènes d’action dans lesquelles notre héros se met en danger. Le personnage de Johnson aurait néanmoins gagné à être moins classique…

Visuellement, le boulot est fait, et il y a quelques scènes qui mériteraient bien d’être vues en 3D, avec une mise en scène bien vertigineuse notamment. Après, les sauvetages in extremis et les apparitions juste au bon moment, ça fait partie du cinéma, et on ne va pas forcément chercher trop de réalisme dans un film de cette trempe. Alors oui, l’ensemble fonctionne bien sans chercher à révolutionner le genre, et il ne cherchera certainement pas des noises à Piège de Cristal dont le statut culte ne risque pas de se faire détrôner. Sinon c’est un vrai plaisir de revoir Neve Campbell, la légendaire Sydney Prescott de la saga Scream! Elle jouait récemment dans House of Cards, mais ça faisait longtemps qu’on ne l’avait pas vue au cinéma. Son rôle est certes classique, mais elle y ajoute une dose d’émotion qui fonctionne. Le bad guy incarné par Roland Moller ne marquera pas les foules, et n’arrive certainement pas à la cheville d’Hans Gruber ni de Simon Gruber (oups, spoil pour ceux qui n’ont pas vu Une Journée en Enfer! ^^).

Skyscraper est un film estival qui ne se prend pas la tête, qui nous promet des explosions, du danger et de l’action, et Rawson Marshall Thurber emballe le tout de manière correcte, ce qui est déjà pas si mal!

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Focus : Steve Ditko, le 3ème homme

On a appris fin de semaine dernière la mort de Steve Ditko, dont le nom ne vous dira peut-être pas grand-chose, mais dont vous connaissez sans l’ombre d’un doute le travail. L’homme a en effet été le dessinateur de Spider-Man, personnage qu’il a co-créé en août 1962 avec le légendaire scénariste Stan Lee. Il est certainement l’un des artistes essentiels de Marvel Comics, lui qui fut un fondateur du catalogue mythique des super-héros de la Maison des Idées.

Ditko naît le 2 novembre 1927 à Johnstown, dans l’état de Pennsylvanie. Il débute sa carrière de dessinateur chez Key Publications en 1953, et travaillera pour Charlton Comics en illustrant des histoires d’horreur, de SF ou policières. A la fin des années 50, il se met à travailler pour une certaine Atlas Comics, maison d’édition qui deviendra plus tard Marvel Comics… (pour plus de détails, voir ici). Il fait ainsi la connaissance d’un certain Stanley Martin Lieber, qui sera plus connu sous le nom de Stan Lee! Les 2 hommes vont révolutionner l’industrie du comics en 1962 (avec le légendaire Jack Kirby qui co-crée de nombreux personnages dès 1961), lorsque Stan Lee a carte blanche pour créer des histoires fantastiques peuplées de surhommes, afin de concurrencer DC Comics et le succès de sa Ligue de Justice d’Amérique. Ils vont alors faire apparaître pour la toute première fois Spider-Man dans les pages d’Amazing Fantasy 15, datant d’août 1962. Personne ne s’attendait à un grand succès, mais Peter Parker est plébiscité par les lecteurs, et connaîtra une gloire qui perdure encore aujourd’hui!

Autre fait majeur dans la carrière de Steve Ditko, la création de Docteur Strange, toujours avec Stan Lee. Ditko sera encore plus impliqué dans l’univers du Sorcier Suprême, créant des planches psychédéliques en illustrant les dimensions parallèles que traverse le personnage. C’est en juillet 1963, dans les pages de Strange Tales 110, qu’apparaît pour la première fois le bon docteur, et Ditko sera amené à être co-scénariste puis scénariste seul sur le titre, ce qui lui permet d’avoir une liberté créative énorme!

Ditko aura donc été le co-créateur de nombreux personnages emblématiques de Marvel: outre Spider-Man et Docteur Strange, c’est à lui que l’on doit le Vautour, le Docteur Octopus, le Lézard, le Baron Mordo, Cauchemar, Electro, Mystério, le Bouffon Vert, Kraven le Chasseur, Dormammu, Eternité, Rom, Speedball ou encore Ecureuillette! Il a donc permis l’émergence d’un pan significatif d’ennemis de Spider-Man, et a oeuvré activement dans la mythologie de Strange! Et quand on voit que la plupart de ses personnages ont une vie très active au cinéma actuellement, ça montre bien toute la reconnaissance qu’il faut avoir pour Ditko (et pour Stan Lee bien évidemment)! Il nous a quitté le 29 juin 2018 à l’âge de 90 ans, et c’est un très grand nom de l’industrie qui s’en est allé…

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Moi, Tonya (Craig Gillespie, 2017)

Si on a souvent l’habitude de voir des biopics calibrés et bien propres, Moi, Tonya fait figure d’exception avec une approche frontale et dynamique qui rend l’exercice très intéressant. Craig Gillespie, qui a notamment mis en scène Fright Night, est parvenu à insuffler un très bon rythme à son récit, et met en scène des personnages hauts en couleur interprétés par des acteurs talentueux. Il faut dire que la personnalité de la championne Tonya Harding était déjà explosive, il fallait bien tout le talent de Margot Robbie pour retranscrire le personnage! L’actrice australienne s’est totalement immergée dans son rôle, et campe une Tonya très impulsive et déterminée. Elle a également suivi un entraînement intensif de patinage artistique, qui lui a permis de réaliser de nombreuses figures elle-même. Pour les plus difficiles, la production a fait appel à des patineuses professionnelles, et le fameux triple axel a lui été réalisé par ordinateur.

La vie de Tonya Harding est une histoire d’ascension et de déchéance comme l’Amérique les adore, et en 1994, le fameux scandale Harding-Kerrigan a été suivi par le monde entier: alors que Tonya et Nancy Kerrigan étaient toutes deux en lice pour prendre place dans l’équipe olympique, Kerrigan se fait attaquer à coup de barre de fer à la sortie d’un entraînement, ce qui la laisse blessée au genou. Après enquête, il s’avère que des proches d’Harding ont perpétré cet acte, et Tonya est soupçonnée d’avoir monté ce coup afin d’éliminer sa rivale. Le film va apporter un éclairage très intéressant sur tout ça, en offrant différentes pistes possibles et en collant finalement à ce qui apparaît réel. La jeune femme prolétaire qui a connu la gloire en étant la première patineuse à réaliser un triple axel (un saut avec 2 tours et demi) se verra détruite par ce scandale…

Craig Gillespie ne se complaît pas dans l’évocation de cette affaire, mais il la traite avec un dynamisme à la Ocean’s Eleven qui lui donne une force particulière. Il applique d’ailleurs cette recette à l’ensemble du film, qui gagne en force et qui évite les moments de creux que l’on a souvent dans les biopics. Là, on passe de séquence en séquence avec une envie de découvrir la suite, et on assiste à cette vie à la fois difficile et exubérante de la championne olympique. La relation très difficile et toujours conflictuelle avec sa mère, incarnée par une excellente Allison Janney (qui a remporté l’Oscar du second rôle pour cette prestation), la relation tumultueuse avec son mari violent, joué par un Sebastian Stan méconnaissable (c’est lui Bucky Barnes chez Marvel! D’ailleurs le scénariste du film s’appelle Steven Rogers, c’est plutôt drôle ^^), et on a même l’excellente Mckenna Grace qui incarne Tonya enfant!

La manière dont Gillespie filme les scènes de patinage est vraiment impressionnante, on a réellement la sensation d’être aux côtés de la championne! Il y a une aisance et une virtuosité dans sa manière de mettre en images, qui rend un très bel hommage à ce sport, et tout le talent de la patineuse est mis en avant grâce à cette réalisation virevoltante! Et c’est là qu’on se rend compte de la dualité de la sportive, qui fait des merveilles sur la glace avec une facilité déconcertante, et qui a une vie tellement différente en-dehors. Ses relations tumultueuses avec ses proches semblent la desservir, mais les dialogues avec sa mère apportent un autre regard sur sa personnalité. Sa mère soutient qu’elle donne le meilleur d’elle-même uniquement si elle est poussée à bout, sinon elle n’avance pas. Une conception difficile et qui demande énormément de sacrifices, et qui aura placé la championne dans des dispositions psychologiques pas forcément évidentes. Craig Gillespie s’intéresse beaucoup à la vie de Tonya, bien au-delà du simple scandale, et il nous convie à une tranche de vie difficile et captivante!

Moi, Tonya est un très bon biopic, dans lequel Margot Robbie brille réellement, et une fois le film terminé, on a juste envie de se renseigner sur la véritable Tonya Harding, qui aura été malmenée toute sa vie, et qui se sera toujours battu. Le seul reproche qu’on pourrait faire au film, c’est de ne pas avoir adopté au moins un instant le point de vue de Nancy Kerrigan. Mais avec son côté feuilletonesque, Moi, Tonya est un biopic vraiment dynamique qui axe tout sur son personnage principal!

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