Les news de la semaine : Toy Story

Vous vous rappelez forcément de Chucky, la vilaine poupée démoniaque? Sa carrière prolifique avait débuté en 1988 dans le culte Jeu d’Enfant, et s’est poursuivi avec 7 autres films aux réussites pus ou moins variées. Mais l’aspect mythique de ce bon vieux Chucky a toujours perduré au fil des décennies, et il faut croire qu’il n’a toujours pas envie de grandir! Il va en effet continuer à perpétrer ses actes odieux dans Child’s Play, une série composée de 8 épisodes d’une heure, dont on n’a aucune info mis à part la participation de Brad Dourif pour la voix du tueur, comme c’était déjà le cas dans les films.

Mais ce n’est pas tout, puisque un reboot cinéma est également sur les rails! On a déjà un nom de réalisateur, puisque le norvégien Lars Klevberg est sur le projet, lui à qui on doit le film d’horreur Polaroid. Il s’appuiera sur un scénario signé Tyler Burton Smith, qui bosse quand même sur Kung Fury 2, le long métrage qui prendra la suite du mythique moyen métrage Kung Fury! Pas plus d’infos pour le moment, mais on va suivre ça de près!

 

Vous n’êtes pas sans savoir que The Predator est prévu pour la fin de l’année, le 17 octobre précisément. Le vilain extraterrestre a cette semaine droit à sa propre couverture pour lui tout seul, en se payant la une du magazine Empire! Cette sublime illustration est le travail de Chris Malbon, et rend bien hommage à cette race de tueurs sanguinaires! Evidemment, ça ne signifie pas que le film de Shane Black sera à la hauteur des ambitions, mais on va croiser les doigts!

 

On va parler un peu cinéma français, avec l’affiche très classe du Flic de Belleville, sur laquelle Omar Sy rend un hommage direct à Eddy Murphy! Il prend la pose comme lui sur l’affiche du Flic de Beverly Hills 2, et on attendra le 17 octobre pour voir si le film de Rachid Bouchareb est à la hauteur de celui du regretté Tony Scott!

 

Et sinon j’avais été très agréablement surpris par Les nouvelles Aventures d’Aladin, et je me suis bien fendu la gueule en regardant la bande-annonce d’Alad’2! Le réalisateur Lionel Steketee, qui a mis en scène Case Départ, Le Crocodile du Botswanga et Les nouvelles Aventures de Cendrillon devrait nous livrer une comédie bien barge dans la lignée du 1er! Avec Jamel Debbouze et Ramzy Bedia qui viennent compléter le casting, ça devrait le faire! ^^

 

On termine par un article rédigé par Simon Riaux pour le site Ecran Large, et qui apporte un regard très intéressant sur les séries Marvel/Netflix. Tout a commencé en 2015 avec Daredevil, et 3 ans après, quel constat peut-on tirer de cette nouvelle manière de développer les super-héros? Je vous laisse plonger dan cet article qui apporte un très bel éclairage sur les réussites et les échecs de ce modèle qui a changé la donne.

 

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American Nightmare 4 : les Origines (Gerard McMurray, 2018)

Pour son 2ème long métrage après Burning Sands en 2017, Gerard McMurray a été invité par le créateur de la franchise American Nightmare à mettre en images les origines du phénomène. James DeMonaco, qui a écrit et réalisé les 3 premiers films de la saga, cède pour la première fois sa place de metteur en scène. Quand on voit le propos du film, on peut comprendre la logique et l’importance de ce passage de relais, puisque le réal blanc a écrit une histoire forte prenant place dans la communauté noire, et un réalisateur black derrière la caméra renforce l’aspect brûlot politique de l’ensemble.

American Nightmare 4 : les Origines est sans conteste le chapitre le plus cinglant envers la classe politique, et son aspect contestataire est violent et fort. DeMonaco a totalement cerné tous les enjeux de ce qui au départ était juste une excellente idée scénaristique, pour en développer toutes les possibilités. Après le huis-clos familial d’American Nightmare, l’ouverture sur les bas-fonds de la ville dans l’excellent American Nightmare 2 : Anarchy et la continuation tranquille en mode virée nocturne d’American Nightmare 3 : Elections, il s’intéresse de manière très frontale à l’idée d’une pseudo-suprématie blanche qui gangrène l’Amérique et qui est un problème on ne peut plus contemporain. L’institution de la Purge se déroule dans un univers futuriste mais non daté, et il est traité avec un très grand réalisme, ce qui fait d’autant plus froid dans le dos.

En prenant place dans un quartier pauvre de Staten Island, le récit va nous intéresser à une poignée de personnages forts et prenants, qui vont chacun réagir à leur manière alors que l’événement est sur le point de démarrer. Y’lan Noel, vu dans la série Insecure, est excellent dans le rôle de Dmitri, un chef de gang bien décidé à protéger son quartier; Lex Scott Davis  (vue dans la série Training Day), est à fleur de peau dans le rôle de Nya, une jeune femme totalement opposée à la Purge; et c’est assez surprenant de croiser Marisa Tomei dans un rôle de scientifique pactisant avec le gouvernement! Alors que l’événement s’apprête à démarrer, chacun essaie de trouver un refuge afin de survivre à cette longue nuit. Mais les événements vont les obliger à sortir dans les rues devenues le terrain de jeu légal de criminels sanguinaires…

Durant ces 12 heures où le crime est légal, les enjeux vont être très différents pour chacun. On assiste au tout premier meurtre de cette vague de purification qui se déroulera par la suite chaque année, et on découvre à quel point les habitants adorent s’entretuer affublés de leurs plus beaux masques! Mais surtout, on accompagne les héros de cette histoire en mode survie, et qui vont devoir prendre les armes afin de sauver leur peau. Gerard McMurray s’appuie très intelligemment sur le script de James DeMonaco pour nous concocter une vision cauchemardesque du fameux Rêve Américain qui se retrouve brisé net avec cette nouvelle institution. Il offre quelques plans bien iconiques soulignant cette chute d’un pays qui ne sait plus comment se relever et qui s’enfonce encore davantage dans les ténèbres, et il développe la dimension symbolique grâce aux masques bien originaux créés par les adeptes de la Purge. Et une idée vraiment efficace est celle des lentilles de contact, qui sont un outil d’enregistrement vidéo mais qui renforce le côté démoniaque de ceux qui les utilisent!  Dmitri, Nya et leurs proches vont tout faire pour que leur quartier survive, et McMurray va nous convier à un récit stressant et très violent. Sa mise en scène parvient à être étouffante par moments, et il se permet même quelques éclats de violence en mode The Raid plutôt bien maîtrisés!

American Nightmare 4 : les Origines sonne juste dans le développement de la politique des Nouveaux Pères Fondateurs, cette branche qui a atteint la Maison-Blanche et qui a ratifié cette Purge; l’opposition entre la population afro-américaine et cette classe politique blanche n’a rien d’exagérée, et est au contraire traitée avec un vrai réalisme, ce qui rend d’autant plus intéressant ce film, qui va au-delà du simple divertissement. Gerard McMurray apporte une vraie puissance à sa mise en scène, et le casting est excellent! American Nightmare 4 : les Origines est sans conteste l’un des meilleurs épisodes, avec American Nightmare 2 : Anarchy! Et on va sagement attendre la diffusion de la prochaine série The Purge dès le 4 septembre 😉

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Le clip de la semaine : Body Count – Raining in Blood / Postmortem 2017

Bloodlust est le 6ème album du groupe de rap metal emmené par Ice-T, qui libère sa rage depuis 1990 et son premier opus Body Count sorti en 1992. Ce Raining in Blood / Postmortel 2017 est très représentatif du son énorme du groupe, qui mixe metal et hip-hop avec un talent dingue!

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Sicario : la Guerre des Cartels (Stefano Sollima, 2018)

Après le succès critique du Sicario de Denis Villeneuve, les producteurs ont décidé d’embrayer sur une séquelle qui se fera toutefois sans Emily Blunt! Elle était le personnage principal et constituait un atout majeur du premier film, c’est bien dommage de ne pas la retrouver dans cette suite. Sicario : la Guerre des Cartels va se concentrer sur Matt Graver et Alejandro, déjà présents dans le premier opus, et qui sont interprétés par les excellents Josh Brolin et Benicio Del Toro.

Graver et Alejandro sont des mercenaires effectuant des missions à haut risques pour le compte du gouvernement américain, et après les événements du premier opus qui les voyait tenter de contrer des trafiquants de drogue, ils ont un but bien plus global, puisqu’ils sont chargés de créer une guerre entre les différents cartels mexicains! Cela va passer par des exécutions mises en place pour faire croire qu’elles ont été effectuées par des rivaux, et ils vont simplement rajouter du carburant pour que la situation s’embrase totalement! Avec cette base très prometteuse en terme d’action, on s’attend à une suite plus rentre-dedans que le film de Villeneuve, qui était une très belle proposition de film d’action en mode contemplatif ! Ce qui n’a rien d’un reproche, je précise !

La patte visuelle de Villeneuve avait en effet grandement contribué au succès du premier film, qui enchaînait les moments marquants, comme le convoi de véhicules traversant les frontières à toute allure, les traversées de base militaire en mode silencieux, les gunfights en mode très frontal et la visualisation d’un groupe avec la prise en compte permanente de son environnement naturel. Villeneuve nous avait concocté une sorte de film d’action aux accents anthropologiques, en faisant constamment ressortir l’importance de l’environnement lors des actions des personnages. On sent que Stefano Sollima a été bien briefé afin de respecter ces règles mises en place, et il va s’appliquer à reproduire ce qui a fait le succès du premier, tout en essayant d’insérer des thématiques qui lui sont chères.

Le metteur en scène italien est réputé pour ses séries Romanzo criminale – la Serie et Gomorra, ainsi que ses films ACAB – all Cops are Bastards et Suburra. Il baigne constamment dans les histoires mafieuses et s’intéresse toujours aux modes d’organisation de ces groupuscules, tout en évoquant la jeunesse qui se perd en intégrant ces mafias. Avec Sicario : la Guerre des Cartels, il va évoquer cette perte de l’innocence en suivant en parallèle des missions de Graver et Alejandro, le destin d’un jeune homme qui commence à travailler pour un cartel. On sent que ce sujet tient très à coeur à Sollima, et il va à la fois faire du Villeneuve et du Sollima donc, dans ce film qui mixe les approches des deux metteurs en scène. Il use d’un réalisme très cru pour montrer l’intégration de ce jeune homme, et on suit cela avec à la fois une sensation dérangeante et toujours l’idée que cela arrive effectivement de cette manière dans le monde réel. Au-delà de l’aspect purement cinématographique, c’est face à une réalité tragique que nous met Sollima, jusque dans certains petits détails qui apparaissent parfois dérisoires et qui sont pourtant choquants.

Ce qui faisait le succès du premier film, c’était bien évidemment la mise en scène somptueuse du Canadien Denis Villeneuve, qui nous offrait une manière unique d’entrer dans un thriller. Il parvenait à générer une tension permanente grâce à sa vision très globale de la mission des protagonistes, et il pouvait également compter sur un élément clé avec le personnage de Kate Macer, interprétée avec une très belle force par la toujours excellente Emily Blunt. Le personnage de Kate était un contrepoint par rapport à Graver et Alejandro, puisque c’était la seule à qui on parvenait à s’attacher. Avec son absence dans ce second opus, on perd justement cette possibilité de s’attacher, puisque Graver et Alejandro poursuivent leurs missions avec cette froideur constante qui les caractérise. Ils parlent peu, sont souvent dans l’observation, et restent finalement très mystérieux, ce qui laisse une distance avec le spectateur. Du coup, cette suite est moins captivante que Sicario.

On sent surtout que les producteurs ont voulu assurer le succès du film en appliquant la recette du premier, et au jeu des comparaisons, le film de Villeneuve reste supérieur. On assiste à des séquences déjà vues dans le premier, et qui s’avéraient plus puissantes. Après, Sollima propose une ouverture intéressante avec son approche de l’intégration du cartel, mais le film ne parvient pas à atteindre le niveau de celui de Villeneuve. Et il baisse soudainement en crédibilité vers la fin, lors d’une scène assez incompréhensible… Ce qui est bien dommage, car au final il reste intéressant et on ne s’ennuie pas dans cette évocation de la lutte contre les cartels. On a des éléments nouveaux par rapport au premier film, comme la façon dont Graver et Alejandro décident de faire pression sur un des chefs de cartel justement, et cette partie de la mission est plutôt bien menée. En l’état, Sicario : la Guerre des Cartels est une suite appliquée, qui ne réitère pas la très belle surprise du premier, mais qui se regarde toutefois avec intérêt.

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The Sinner saison 1 (2017)

Après avoir écrit et réalisé son premier film en 2001, Seven and a Match, Derek Simonds va patienter jusqu’en 2015 avant de travailler sur l’écriture des 10 épisodes de la série The Astronaut Wives Club, et sur 3 des 8 épisodes de la série When we rise en 2017. Une année charnière puisqu’il produira également le film Call me by your Name, et qu’il lancera la série The Sinner, dont il assure aussi l’écriture.

Cette série est l’occasion de retrouver Jessica Biel, qui avait un peu disparu des radars depuis quelques temps, et ça fait plaisir de revoir l’actrice de Massacre à la Tronçonneuse! On retrouve également Bill Pullman, célèbre pour Lost Highway et qui s’était lui aussi fait oublier pendant longtemps. Derek Simonds va les réunir pour les besoins d’une histoire très étrange qui va prendre la forme d’une enquête policière dans laquelle la psychologie va jouer un grand rôle, et qui va s’avérer captivante. Jessica Biel joue Cora Tannetti, une jeune femme sans histoires vivant en couple et ayant un fils, et qui va un beau jour commettre un acte irréparable. C’est l’inspecteur Harry Ambrose qui sera chargé de l’enquête, et qui va tenter de comprendre ce qui a poussé cette femme à agir ainsi.

D’entrée de jeu, Simonds nous place dans une atmosphère très travaillée, en nous dépeignant une famille lambda dans laquelle on sent qu’une certaine routine s’est installée, mais qui avance tranquillement. Jusqu’à ce jour fatidique où tout bascule, et où Cora agit de manière impulsive sans même savoir elle-même ce qui la pousse. On va alors être convié à un voyage intérieur de plus en plus prenant, au fur et à mesure de l’avancée de l’enquête, car on va explorer le passé du personnage en essayant de démêler le vrai du faux, et en tentant de faire remonter à la surface des souvenirs enfouis. Jessica Biel est excellente dans ce rôle à fleur de peau, et elle confère au personnage de Cora une très belle complexité, entre une incompréhension déchirante et une volonté tenace de rassembler toutes les pièces de ce puzzle psychologique. Cora semble être une femme très perturbée par son passé, qui lui a forgé une culpabilité qu’elle a revêtu comme une seconde peau, et avec laquelle elle essaie de vivre malgré tout.

Bill Pullman est quant à lui excellent dans le rôle de cet inspecteur non moins torturé, qui va prendre à coeur de comprendre ce qui a déclenché la réaction de cette femme. Il va mener son enquête en respectant de moins en moins les conventions, au fur et à mesure que le procès se rapproche. Il va mener une course contre la montre afin de démontrer que le passé de Cora a joué un grand rôle dans son acte, et il va devoir travailler avec elle malgré les fortes réticences de Cora. Leur relation tendue va évoluer au fur et à mesure, mais Cora apparaît comme une personne qui peut exploser à tout moment, et Harry va essayer de creuser afin de trouver les racines de ce mal profond. Une des grandes qualités de ce show va être son écriture, grâce à laquelle Simonds et ses 4 scénaristes vont nous plonger dans une enquête vraiment prenante. Entre les faux-semblants, les mensonges, les peurs et la culpabilité, Harry Ambrose va devoir lutter pour faire avancer son enquête, et pour tenter de sauver Cora Tannetti d’elle-même.

Les 5 réalisateurs qui se partagent ces 8 épisodes travaillent avec une très belle cohésion, permettant une réelle immersion dans cette ambiance tragique de laquelle ils font ressortir une certaine beauté. Il y a une très belle force dans les évocations du passé, entre les flashbacks et les souvenirs remontant à la surface, et on va être happé par cette enquête avec le même besoin que Cora et Harry de saisir tous les enjeux derrière cet acte. Qu’est-ce qui a perturbé Cora à ce point pour commettre cet acte ? Quelle peut bien être la logique implacable qui sous-tend tout ça ? Avec tout le talent d’un scénariste aguerri, Derek Simonds ne nous lâchera pas d’un épisode à l’autre, et va nous porter jusqu’à une conclusion forte qui nous permettra enfin de saisir tous les enjeux, et qui apportera un éclairage nouveau sur le personnage de Cora. The Sinner s’avère être une excellente proposition, et cette enquête aux frontières de la psychologie vaut vraiment le détour!

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