Mary (Marc Webb, 2017)

Après avoir été en charge de la destinée de Peter Parker dans The amazing Spider-Man et The amazing Spider-Man: le Destin d’un Héros, Marc Webb a laissé de côté les coûteux blockbusters pour se concentrer sur un film bien plus intimiste, Mary. Il n’abandonne pas pour autant les surhommes, puisque le rôle principal de ce film est dévolu à Chris Evans, connu pour incarner un certain Captain America! Mais le changement de registre est une bouffée d’air frais pour les deux hommes, qui offrent des facettes inédites de leurs personnalités!

Mary semblait être ce type de film indépendant américain classique jouant de manière maligne sur les émotions du spectateur, afin de le faire adhérer à son propos. Sauf que le script signé par l’inconnu Tom Flynn est d’une intelligence rare, de celle qui est capable de faire passer le spectateur par de très nombreuses émotions. Et au-delà de la sympathie que procurent les premières images, on va très rapidement se retrouver à adorer ces personnages! La relation entre Frank (Chris Evans) et sa nièce Mary est faite d’un mélange de complicité et de doute, Frank n’ayant jamais appris à éduquer une enfant. Il garde Mary depuis la mort de sa mère, et il tente tant bien que mal de concilier sa vie de « père » avec sa propre vie sociale. Mais il y a un véritable attachement entre les deux, et le film véhicule une vision très lumineuse de cette relation.

Mary est une jeune fille surdouée, avec un don indéniable pour les mathématiques, et Mckenna Grace (vue dans Designated Survivor) lui apporte une innocence et une complexité impressionnantes! La jeune actrice, du haut de ses 11 ans, est tout simplement bluffante, et le duo qu’elle forme avec Chris Evans est extrêmement touchant! Il y a une authenticité impressionnante dans son jeu, et on va être pris aux tripes par cette histoire de garde d’enfant, alors que la mère de Frank revient dans leur vie afin d’emmener la petite avec elle. Une bataille judiciaire va opposer le fils et la mère, et ce qui pourrait s’apparenter à un récit d’un téléfilm quelconque va au contraire être vraiment palpitant, et tout cela va fonctionner car Tom Flynn et Marc Webb ne cherchent jamais à faire dans le spectaculaire! On est dans un récit purement intimiste, qui va puiser dans la sincérité de ses personnages, pour nous livrer une tranche d’existence des plus passionnantes! Loin des super-héros et des menaces cosmiques, Chris Evans excelle dans le rôle de cet homme tiraillé entre son devoir et ses propres limites, qui va batailler pour garder auprès de lui cette petite fille lumineuse qui est finalement devenue le centre de sa vie…

Les personnages secondaires sont traités avec la même qualité d’écriture, à commencer par Bonnie, la maîtresse d’école de Mary, jouée par Jenny Slate (House of Lies, Parks and Recreation). L’actrice offre à son personnage un mélange de maladresse et de tendresse qui est le bienvenu, et elle va tout faire pour aider Mary quand elle va découvrir son incroyable don! Octavia Spencer se pose comme une incontournable de ce genre de film, puisque on a déjà pu la voir dans La Couleur des Sentiments ou Les Figures de l’Ombre. Elle joue une des voisines de Frank, qui adore cette gamine et qui se sent tout aussi responsable de son sort. Elle va aider Frank dans sa lutte contre sa mère, et va tout faire pour que la petite ne quitte pas le quartier…

Tout est réussi dans ce film, de la mise en scène à la fois belle et discrète, du jeu des acteurs vraiment talentueux, aux dialogues captivants. Les discussions entre Frank et Mary sont tellement belles, quand l’adulte tente de faire comprendre à la jeune fille les valeurs qu’il souhaite véhiculer, ou qu’il bifurque vers des considérations philosophiques, avec un humour qui n’est jamais très loin… Mary est une excellente surprise, et se pose d’emblée comme l’un des plus beaux films de cette année! Je vous invite vraiment à découvrir ce petit chef-d’oeuvre, auquel vous ne pourrez que succomber!

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Les news de la semaine: Koyaanisqatsi 2:0

Tom Lowe devrait frapper un très grand coup en 2018 avec son documentaire Awaken, qui s’annonce tout simplement sublime!!! Tourné durant 5 ans à travers une trentaine de pays, Awaken va nous livrer une vision éminemment poétique du monde, grâce à une utilisation parfaite des technologies les plus avancées en matière de prises de vue, comme le timelapse, l’hyperlapse, la slow motion ou le 4K. C’est simple, le film s’annonce comme un successeur digne de l’incroyable Koyaanisqatsi de Godfrey Reggio, et devrait être un constat saisissant sur le monde d’aujourd’hui, en explorant la nature, les villes, et l’humanité!


 

Sinon c’était le Comic Con à San Diego ce week-end, donc pas mal de news intéressantes, même si on n’a pas eu de grosses annonces finalement…

Les concept art de Ryan Meinerding sont incontournables, puisque l’artiste est celui qui effectue la transition entre les comics et les films en ce qui concerne l’aspect des super-héros Marvel! C’est lui et son équipe qui sont en charge de rendre crédible les versions des héros qui seront sur grand écran, et on a donc droit aujourd’hui à 2 visions très intéressantes, une de Black Panther, et une autre de Thanos portant un certain Gant de l’Infini!

 

Et une très belle affiche pour Black Panther!

 

The Gifted lâche sa première affiche, et on pourra découvrir la nouvelle série mutante dès le 2 octobre!

 

Vous reprendrez bien quelques affiches stylisées avant la sortie de La Tour Sombre le 16 août? Matthew McConaughey et Idris Elba prennent la pose, et on espère que cette adaptation-suite des romans de Stephen King soit à la hauteur! Le premier bouquin était une pure tuerie!

 

Noah Hawley, le créateur de la série Legion, va poursuivre son exploration des Mutants de la Fox avec bien sûr la saison 2 du show consacré à David Haller, mais il a un autre projet dans sa besace… Il travaille actuellement sur un film consacré au Docteur Fatalis, le célèbre ennemi des Quatre Fantastiques! Un projet qui a le mérite d’être original, et qui dans les mains d’Hawley, devrait s’avérer bien différent de ce qu’on a pu voir jusqu’à présent!

 

D’ailleurs, pour en revenir à Legion, c’est l’acteur français Saïd Taghmaoui qui incarnera le grand méchant de la saison 2, le Roi d’Ombre!

 

Une date de sortie pour Runaways! Ce sera finalement cette année que les ados Marvel fuiront leurs bad guys de parents, puisque le show débarquera le 21 novembre, pour un total de 10 épisodes!

 

Marvel a commandé une saison 2 pour Iron Fist! Même si la première n’a pas conquis les foules, on espère qu’après le passage par la case The Defenders, Danny Rand se lâche davantage! Exit Scott Buck, c’est Raven Metzner (Falling Skies, Heroes Reborn) qui devient showrunner.

 

On apprend que Michelle Pfeiffer intègre le casting d’Ant-Man and the Wasp, et pas dans n’importe quel rôle, puisqu’elle incarnera Janet Van Dyne, la Guêpe originelle! Hannah John-Kamen incarnera le Fantôme, et Lawrence Fishburne jouera Goliath!

 

Des précisions sur Captain Marvel, qui se déroulera durant les années 90, et qui mettra Carol Danvers face aux… Skrulls!!! Eh oui, Marvel a récupéré les droits des extraterrestres qui étaient la propriété de la Fox, ce qui devrait permettre de créer un film cosmique bien captivant! Nick Fury sera de la partie en tant que mentor de Carol, et il aura encore ses deux yeux…

 

En parlant de The Defenders, voici une nouvelle bande-annonce qui claque!


 

Une nouvelle bande-annonce pour Inhumans, qui est légèrement mieux que la précédente… C’est pas encore la folie, mais on va croiser les doigts…


 

Une BA de Justice League qui ne fait clairement pas rêver…


 

Maury et Bustillo sur la préquelle de Massacre à la Tronçonneuse, ça peut le faire sévère! La BA laisse présager d’une mise en scène bien immersive et d’un traitement radical, y a plus qu’à attendre la sortie de ce bien-nommé Leatherface en octobre!

 

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Deadpool Hors Série 1: Retour au Noir

Si Cullen Bunn n’a jamais tenu les rênes de la série régulière Deadpool, il n’en est pas moins un fin connaisseur du personnage, puisqu’il gère la plupart des mini-séries consacrées au Merc with a Mouth! Le génial Deadpool massacre Deadpool, Deadpool vs Carnage, ou encore Les Guerres très très secrètes… On le retrouve donc en toute logique dans ce Deadpool Hors Série 1 intitulé Retour au Noir (qui claque quand même mieux en VO, avec un Back in Black renvoyant directement à ces bons vieux AC/DC!), et pour ceux qui ont suivi les aventures de Wade, vous savez que Bunn a réécrit l’histoire Marvel en incorporant un premier porteur de Symbiote lors des Guerres Secrètes… Et oui, on connaît tous l’histoire de Peter Parker qui trouve le costume extraterrestre sur la planète du Beyonder, mais dans Les Guerres très très secrètes, Cullen Bunn nous a montré la participation de Deadpool à ce conflit, qui date de 1984, et qui est donc antérieur à la création du personnage (en 1991)! On n’est pas à un paradoxe temporel près, non? 😉

Wade Wilson a donc été le premier à enfiler le costard-symbiote, et sa personnalité dérangée n’a pas arrangé les pulsions sanguinaires de l’extraterrestre… Il se pourrait donc bien que Deadpool soit à l’origine de la création même de Venom!!! La mini-série présentée aujourd’hui va encore une fois triturer la continuité de manière rétro-active, en montrant qu’avant de choisir Eddie Brock comme hôte, le Symbiote est d’abord revenu vers Deadpool! Le premier épisode joue à merveille sur l’historique de cette saga, et on replonge avec plaisir dans le passé! Bunn, associé au talentueux dessinateur Salvador Espin, nous livre un moment bien fun et rythmé, dans lequel le Symbiote va sauver in extremis Wade d’une mort certaine! Alors qu’il s’est crevé lui-même les yeux pour ne pas succomber au sort de Dansen Macabre, Wade est en sale posture… Mais il va être requinqué vite fait, grâce au Symbiote qui lui redonne un max de force!

Visuellement, c’est excellent de voir le mix entre Deadpool et Venom, mais la suite des épisodes ne sera pas aussi réussie que le premier… Cullen Bunn ne s’autorise pas du R-rated, et ça reste trop mainstream avec l’apparition de Puissance 4 ou la Chatte noire. Il y a quelques bonnes idées, comme la bad girl de 48ème zone le Lapin blanc, qui se croit trop au top, et qui a quelques arguments comme des lapins super-virus génétiquement modifiés! Kraven le Chasseur vient aussi faire un tour, puisqu’il croit qu’il a affaire à Spider-Man! La confrontation est sympa, mais là encore, Bunn n’exploite pas assez le côté bestial de Venom, et on est éloigné de l’itération d’Eddie Brock… Ca reste sympathique, mais le premier épisode avait posé de très belles bases, et la suite n’est pas à la hauteur des espérances… Mais bon, ça se lit quand même tranquillement, en attendant les prochaines mini-séries, avec Bad Blood notamment!

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Dunkerque (Christopher Nolan, 2017)

Christopher Nolan fait partie de ces metteurs en scène que je trouvais très surestimé, mais qui en l’espace de 2 films a réussi à me faire adhérer à son travail. J’avais trouvé son exercice de style avec Following – le Suiveur intéressant, mais je n’avais pas accroché à Memento, Insomnia et Batman begins. Je n’ai pas vu Le Prestige, et j’ai trouvé The Dark Knight: le Chevalier noir intéressant, surtout pour le Joker et Double Face, mais pas pour Batman lui-même… Je me suis vraiment ennuyé devant Inception… Et je n’ai pas réussi à regarder plus d’une heure de The Dark Knight rises… Et d’un coup, il nous livre un Interstellar qui s’avère totalement captivant et osé, et assoit définitivement son statut avec ce qui est son chef-d’oeuvre absolu, Dunkerque!

C’est simple, l’an dernier, Alejandro Gonzalez Inarritu nous a livré son The Revenant, et cette année, c’est Nolan qui nous balance le film le plus exigeant et le plus immersif! Dunkerque est une expérience sensorielle des plus captivantes, qui va vous mettre en apnée pendant la quasi-totalité du film! L’évocation de cette phase de la Seconde Guerre Mondiale est d’une telle intensité, que je retenais réellement mon souffle tellement j’étais plongé dans l’action! Nolan est parvenu à retranscrire la tension permanente dans laquelle vivaient ces soldats, et il le fait avec une maîtrise absolument démentielle!!! D’habitude, je suis moins sensible aux sons qu’à l’image, mais la façon dont il gère la partie sonore est dingue! Ce tic-tac permanent qui est comme un compte à rebours, et qui marque l’attente face à un événement tragique qui va se produire, c’est une trouvaille d’une efficacité redoutable! Et jamais la bande-son d’Hans Zimmer n’aura été aussi immersive!!! Le compositeur nous livre une prestation hypnotique qui intensifie très efficacement la vision de Nolan!

Dès le début du film, on est plongé dans les rues de Dunkerque, où les soldats allemands ont acculé les Britanniques et les Français. On entre directement dans le vif du sujet avec une scène d’une très grande tension, et on se rend compte rapidement qu’elle ne va pas nous lâcher! Le film est construit de telle manière, que l’on va passer d’une épreuve à l’autre, en suivant divers points de vue de manière régulière. On va s’attacher à deux soldats qui vont tout faire pour s’éloigner de Dunkerque; à un civil anglais qui va prendre son bateau pour venir aider les Alliés; à des aviateurs anglais qui vont tenter de renverser la situation devenue très critique; et à un commandant décidé à rapatrier ses troupes au pays. Nolan va user d’une trame narrative très intelligente pour nous raconter les destins croisés de ces protagonistes, ainsi que des milliers d’anonymes se retrouvant pris au piège sur cette plage…

La mise en scène est d’une force sacrément impressionnante, avec une aisance dans l’évocation de ces divers moments très variés; Nolan filme aussi bien sur terre, que sur mer ou encore dans les airs, et il va nous plonger dans des séquences juste incroyables! Sa capacité à prendre en compte la temporalité de chaque séquence rajoute indéniablement à la tension, et quand on entend le sifflement strident des avions allemands qui arrivent au loin, et que l’on voit les hommes se coucher à terre dans l’attente de l’impact, c’est d’une telle intensité… Et quand on voit avec quelle frontalité il nous fait vivre ces impacts, on ne peut qu’être totalement immergé dans ces scènes! En jouant sur les effets d’attente et cette temporalité inéluctable, il nous emprisonne dans sa vision hypnotique, et on ne peut rien faire d’autre que subir ce que vivent ces soldats… Et quand le rendu est aussi réaliste et intense, on ne peut que se prendre tout cela de plein fouet…Christopher Nolan nous livre une expérience sensorielle des plus captivantes, et on ne ressort pas indemne de ce film…

Une autre des forces de Dunkerque est de ne pas faire un film de guerre qui va opposer les Alliés aux Allemands, mais d’adopter un point de vue allant bien au-delà: Christopher Nolan filme des hommes qui tentent de survivre à la Mort. L’ennemi ne prend pas le visage de soldats nazis, et cette vision du conflit n’est pas celle de plusieurs nations contre l’Allemagne. C’est un film qui va mettre des hommes face à leur plus grande peur, qui va les obliger à réagir face à un ennemi tellement impitoyable et universel, qui est la Mort elle-même. Christopher Nolan, en 1h37, est parvenu à captiver l’essence même de cette lutte primale pour l’existence, tandis que l’inéluctabilité de cette mort devient aussi évidente que cet entêtant tic-tac permanent! On va assister à des séquences d’une telle intensité, menée avec un sens du réalisme bluffant, que l’on ne va même pas ressentir tout de suite les émotions qu’elles suscitent. La force de Nolan est de nous plonger dans un tel état d’urgence et de tension, que tout ce qu’on va vivre va être pris de plein fouet, et que la somme de toutes ces émotions ne sera délivrée qu’à la fin! J’ai rarement ressenti une telle symbiose entre l’intelligence d’une mise en scène et la puissance des émotions, et surtout une telle maîtrise dans l’évocation des deux!

Christopher Nolan nous fait littéralement vivre ce conflit de l’intérieur, que ce soit sur la plage, dans les airs ou en mer, et Dunkerque est un hommage des plus sincères à tous les hommes et les femmes ayant participé à cette Opération Dynamo, destinée à sauver le plus de monde possible sur les 400 000 soldats coincés sur cette plage… Parmi les choix narratifs de Nolan (qui a donc également rédigé le scénario), celui de ne pas choisir de personnage principal. On va ainsi passer d’une personne à l’autre dans une sorte de boucle narrative, afin de suivre différents destins pris dans cette tourmente qui les dépasse. Au niveau du casting, c’est un sans-faute, avec les inconnus mais très bons Fionn Whitehead et Damien Bonnard qui jouent les deux soldats qui tentent de quitter la plage; Tom Hardy dans le rôle de l’aviateur; Mark Rylance qui joue le civil venu aider l’armée avec son bateau; Kenneth Branagh dans le rôle du commandant, Cillian Murphy en soldat traumatisé, ou encore James D’Arcy jouant un colonel. La direction d’acteurs est parfaite, et chacun va approfondir son personnage pour que cette conjonction de talents se mette au diapason de l’excellence du metteur en scène! Et cette composition d’Hans Zimmer… Dunkerque est une expérience unique, de celle qui vous marque et qui vous rappelle que le cinéma est capable de vous toucher au plus profond de votre être!!!

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Le clip de la semaine: Darkside – Freak, go Home

J’ai découvert le duo Darkside très récemment, puisqu’ils a une place importante sur la BO du sympathique film post-apo The bad Batch. Leur sonorité electro un brin perchée vaut le détour, et ce morceau live devrait vous convaincre si vous appréciez le genre!

 

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