Le clip de la semaine : Nils Frahm – Says

Le compositeur allemand Nils Frahm est réputé pour ses morceaux alliant classique et électronique, puisqu’il joue du piano, du synthétiseur, et qu’il crée une musique ambiant avec ces sonorités. Je vous invite à écouter ce Says issu de son septième album, Spaces, et à plonger dans un univers hors du temps et envoûtant!

 

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Spider-Man : New Generation (Bob Persichetti, Peter Ramsey, Rodney Rothman, 2018)

Cette année, on a eu droit à Avengers : Infinity War, Ant-Man et la Guêpe et Venom du côté des adaptations Marvel. Mais il fallait encore compter sur une ultime proposition dans le domaine de l’animation cette fois, avec ce Spider-Man : New Generation qui allait tenter une approche plutôt osée et originale. En effet, avec cette oeuvre, le trio Bob Persichetti, Peter Ramsey et Rodney Rothman va nous amener bien loin de l’univers connu dans lequel évoluent la plupart des héros Marvel, et qui s’appelle l’Univers 616. Ils vont placer leur aventure dans une autre dimension, tout simplement! On va donc découvrir l’Univers Ultimate (qui ne sera toutefois pas nommé), avec un Spider-Man sous lequel se cache Peter Parker, mais aussi un nouveau Spidey en devenir, l’adolescent Miles Morales!

Pour les fans des comics, ce Spider-Man : New Generation sera un pur régal, avec des références pointues et le partage d’un univers riche et complexe! Le récit à base de collisions entre les dimensions a de quoi être palpitant, et il va permettre de faire apparaître des personnages totalement inconnus du grand public, mais qui méritent d’être mis en avant. On commence donc bien sûr par Miles Morales, le super-héros mi-black mi-latino, que l’on peut actuellement voir évoluer chez les Champions. Avec ce personnage, on retrouve les fondamentaux qui avaient fait le succès de Spider-Man dans les années 60, avec les problèmes inhérents à l’adolescence, qui mine de rien ne sont pas si éloignés entre les différentes époques! Miles étudie dans un lycée bien loin de son Brooklyn natal, et se sent isolé dans cet environnement… Il ne sait pas trop comment gérer ses émotions lorsqu’il croise une jeune fille qui lui plaît, et ses rapports avec son père sont parfois difficiles… Les 3 réalisateurs vont nous raconter l’histoire typique d’un ado qui se sent décalé face aux autres, et on plonge directement aux côtés de Miles qui a un gros potentiel sympathie!

On baigne dans un univers riche car très travaillé, et les apports culturels à base de street art et de musique hip-hop sont amenés avec beaucoup de soin. L’habillage musical du film est excellent, et on sent un vrai amour du son qui envoie et envoûte, et pas simplement un placement produit marketing! Il y a une vraie cohérence entre l’univers visuel et les compositions sonores, et Spider-Man : New Generation s’inscrit totalement dans son époque. Visuellement, la proposition est elle aussi très intéressante puisqu’on a droit à des dessins à la fois moderne et qui renvoient aux vieux comics, avec cette sorte de grain que l’on avait sur les pages d’antan! Un choix audacieux et qui fonctionne, donnant une patine particulière au métrage, et qui fonctionne grâce à de vrais choix de mise en scène. Les 3 réalisateurs nous convient à une aventure colorée, pop et très rythmée, dans laquelle l’action et les émotions vont aller de pair, et on va passer un excellent moment avec ces Spideys alternatifs!

Car on va découvrir qu’il n’y a pas qu’un seul Spider-Man, et le fait de placer Peter Parker au second plan est là encore bien osé! Miles Morales est le véritable héros de cette histoire, et d’ailleurs le Spider-Man provenant de l’Univers 616 (le classique donc) va s’avérer plutôt comique! On va avoir droit également à Spider-Gwen, qui avait cartonné en version comics lors de sa sortie en comics; et on va également croiser le Spider-Man Noir, issu des années 30, SP//dr, le robot piloté par la jeune Peni Parker, ou encore Spider-Cochon! Un mix assez dingue entre les cultures, avec le côté manga de SP//dr et le côté cartoon de Spider-Cochon, mais contre toute attente, cela fonctionne sacrément bien! Du côté des bad guys, on va avoir le Caïd, une variation du Docteur Octopus, Tombstone, le Scorpion, et le Rôdeur! Là encore, on a quelques personnages connus, mais aussi des seconds couteaux que ça fait plaisir de voir adaptés sur grand écran!

Spider-Man : New Generation est un vrai grand bol d’air frais dans le domaine de l’animation, et propose de vrais enjeux et une vraie dramaturgie, sans avoir à rougir de ce que donnent les films classiques Marvel! L’univers coloré dans lequel évolue Miles est très riche, et ce récit à base de Synchrotron qui aligne les dimensions est excellent! On va suivre Miles qui prend son envol pour devenir un héros, avec tous les doutes qui le traversent constamment; on va assister à ses entraînements avec émotion et humour; et c’est dans la cohésion entre tous les membres de cette Spidey-team qu’il va trouver le courage de devenir le héros qu’il a en lui! Ce sont tous ces aspects qui font de ce Spider-Man : New Generation une vraie grande oeuvre de cinéma, et un excellent moment de pop-culture complètement classe et assumé! Il y a une vraie grandeur dans ce film, et j’attends la suite avec impatience!!!

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Les news de la semaine : Kung Fu Fighting

Si la Phase IV de Marvel devrait continuer à faire dans l’épique et le cosmique avec certains projets comme Eternals ou Guardians of the Galaxy Vol. 3, le studio ira également piocher dans un registre plus urbain avec un film consacré à Shang-Chi, le maître du kung fu! Maintenant que les Defenders ont été décimés sur Netflix, il reste une place à prendre dans le registre des bagarres de rues! Le personnage est né de la plume de Steve Englehart et les pinceaux d’Al Milgrom et Jim Starlin (paradoxalement un des artisans les plus importants de l’univers cosmique Marvel, puisqu’il a notamment créé Thanos!) et a fait sa première apparition en décembre 1973 dans le magazine Special Marvel Edition 15.

Shang-Chi (dont le nom signifie « élévation de l’esprit » en Chinois) est le fils du célèbre criminel Fu Manchu, et va se détourner de l’héritage de son père pour embrasser une carrière de justicier et d’aventurier. Il a été créé dans une ère où les films d’exploitation étaient nombreux et où la mode était aux arts martiaux, avec notamment des oeuvres comme Opération Dragon avec Bruce Lee. Shang-Chi n’a donc aucun super-pouvoir, mais il pourrait bien prendre la place laissée vacante par Iron Fist (qui malheureusement n’avait pas réussi à imposer son poing lumineux sur Netflix) et nous offrir un film Marvel à la tonalité très différente, en mode Shaw Brothers quoi! On attend de voir quelle équipe aura la charge de cette oeuvre, et on croise les doigts pour un renouveau du film de kung-fu!!!

 

Vous avez certainement remarqué que je ne partage pas les bande-annonce des films que j’ai vraiment envie de voir… C’est parce que ça me saoule de me faire spoiler et que j’ai envie d’en savoir le moins possible afin de découvrir pleinement ces oeuvres! ^^ Mais je peux partager les affiches des films, pas de souci! ^^ Du coup, voici celles de Captain Marvel, et celle du prochain Avengers, qui s’est finalement trouvé un nom : ce sera Avengers : Endgame! Le 4ème volet des Avengers tiendrait-il son inspiration du 4ème volet de la saga Highlander?? ^^

 

 

Et on termine par une photo de la saison 6 de Marvel : les Agents du S.H.I.E.L.D., qui verra Mack endosser le rôle laissé vacant par Coulson!

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Assassination Nation (Sam Levinson, 2018)

Il y a des films comme ça, vous ne savez pas du tout à quoi vous attendre, surtout quand vous n’avez vu ni bande-annonces ni photos ni promo. D’ailleurs c’est probablement le seul défaut de ce film, c’est qu’il n’a jamais fait parler de lui, et que j’ai découvert son existence uniquement en voyant l’affiche, à quelques semaines de sa sortie. Ne pas avoir vu sa BA a été une très bonne chose, d’ailleurs je vous encourage à zapper de plus en plus les BA, qui sont devenus de vrais nids à spoilers… Et donc je suis allé voir cet Assassination Nation sur la simple foi d’une affiche qui claque, et d’un tout début de critique afin de ne pas me faire spoiler!

Assassination Nation est un film inclassable, ce qui paradoxalement risque bien de le classer dans les très bons films ^^ Il y a des oeuvres qui méritent plusieurs visions afin de capter toutes leurs subtilités, et la première réflexion que je me suis faite au fur et à mesure du déroulement, c’est qu’il faudra absolument que je le remate en VO! Le film démarre de manière plutôt cool et fun, avec ces 4 adolescentes (de 18 ans, ça passe mieux pour la suite!) qui aiment la vie et qui sont plutôt branchées, tout en se posant des questions sur cette société et les carcans imposés. Des ados un brin rebelles donc, comme on en voit dans chaque lycée. On sent dès le début du film des influences assez flatteuses, du genre Gregg Araki et Joseph Kahn, rien que ça! Et il faut dire que la suite du métrage va donner raison à Sam Levinson dans ces filiations totalement assumées!

Le tout premier plan renvoie direct à un pan culturel horrifique classique, avec la mention de Salem (pour le nom de la ville où se passe l’action) et ce p’tit gars filmé de dos qui se balade dans la rue en tricycle comme s’il arpentait l’hôtel Overlook! Sam Levinson pose des bases geek qui donnent directement le ton, et son travelling sur cette banlieue américaine typique va poser l’ambiance. On sent qu’il est prêt à nous raconter quelque chose de costaud, et qu’il a surtout les armes pour le faire! Et en s’attelant à la fois à l’écriture et à la réalisation, il se donne les moyens d’aller jusqu’au bout de son délire, qui tombe à point nommé dans une Amérique aux prises avec, encore une fois, un puritanisme exacerbé et une hypocrisie surdéveloppée. Assassination Nation est un miroir pas si déformant que ça reflétant un malaise bien réel, et qui va ici faire imploser une petite ville tranquille d’une manière pas si irréaliste que ça…

Sam Levinson est le fils de Barry Levinson, et on a pu le voir jouer dans les films de papa comme Toys, Bandits ou Panique à Hollywood. En 2009, il a aussi participé à l’expérience Stoic d’Uwe Boll, et c’est probablement à partir de là qu’il a commencé à vriller! Il a mis en scène son premier film, Another happy Day, en 2011, puis a patienté jusqu’à aujourd’hui pour nous livrer un métrage bien énervé et qui va au-delà de la simple oeuvre anarchiste ou provocatrice. Parce que les vrais enjeux et le vrai propos du film, ce sont les dérives des réseaux sociaux, de la génération Twitter et Facebook, de ce monde de plus en plus rapide et prompt à juger aveuglément sur la simple base de la « vérité » informatisée. Quand un hacker commence à révéler la vie secrète des habitants de Salem, en dévoilant le contenu des ordinateurs, la liste des SMS, les photos échangées, ça va commencer à salement sentir mauvais pour pas mal de monde. Parce que des secrets, tout le monde en a, mais quand ça remonte à la surface, ça peut faire très mal…

Sam Levinson réalise une oeuvre totalement contemporaine, qui va mettre en lumière ce mal moderne pernicieux et mondial, qui s’insinue à travers les écrans de nos portables et autres ordinateurs. Une sorte de Black Mirror en plus pêchu et plus badass, censé nous confronter à notre propre hypocrisie vis-à-vis de nos prises de position et de nos choix trop rapidement effectués sur de simples conjectures. Sa manière de lire un fait de plusieurs manières est très puissante, et quand on assiste à l’humiliation d’un individu dont le contenu informatique a été dévoilé, on se prend à rigoler avec ceux qui découvrent ça, parce que c’est fun sur le moment. Mais quand on a la caméra qui se pose sur l’individu en question dont la vie est irrémédiablement gâchée, on sent d’un coup toute l’angoisse et le mal-être qu’il ressent, et c’est soudainement bien moins drôle et fun…

Assassination Nation, c’est une extériorisation de ce mode de vie pernicieux et destructeur qui se loge dans des outils pourtant révolutionnaires et qui peuvent s’avérer autrement très utiles. Assassination Nation, c’est une exploration de ces dérives sociétales qui nous rendent addict à des outils qui deviennent trop souvent bien plus importants que les messages qu’ils permettent de véhiculer. Au moment où j’écris ces lignes, il est 23h14, et je suis bien addict de mon ordi portable, qui m’est toutefois utile pour partager cette expérience avec vous, dès demain quand je mettrai mon article en ligne. Et je sais que je regarderai plusieurs fois dans la journée pour savoir combien de personnes ont cliqué sur le lien, combien ont lu l’article, liké la publication, mis un commentaire… Parce que je suis aussi addict et dépendant de ce blog, qui me donne l’impression d’avoir une certaine légitimité et une petite importance. C’est le principe de tous ces réseaux sociaux, et je n’y échappe certainement pas ^^

J’évoquais Araki pour le côté The Doom Generation et Nowhere, parce qu’on sent que la vision désabusée sur l’adolescence de Levinson est un héritage de ces films cultes. Le côté girl power flashy renvoie directement à Araki, et la poésie tragique également! Je parlais de Joseph Kahn pour l’aspect Detention du film, ce chef-d’oeuvre mésestimé qu’il me faudra au moins voir 20 fois avant d’en saisir toutes les subtilités. La construction chaotique d’Assassination Nation obéit à une sorte de logique complètement vrillée qui ne déplairait certainement pas à Kahn, et je pense qu’il faudra quelques visions supplémentaires pour tout comprendre… On a aussi un bon côté American Nightmare, avec cette folie destructrice qui s’empare de la ville! Formellement, Sam Levinson nous sert une oeuvre atypique, qui semble parfois sous substance, comme lors du découpage en 3 plans de la soirée, sacrément immersif; ou qui d’un coup sans prévenir nous balance un putain de plan-séquence sacrément bien torché! Il y a dans ce film une symbiose impressionnante entre la mise en scène et la construction sonore, avec une utilisation de la musique savamment dosée. D’ailleurs les compositions signées Ian Hultquist s’avèrent très immersives, et enrichissent parfaitement l’univers visuel de Levinson.

On navigue entre des moments fun et drôles, des instants soudainement tragiques, des éclats de violence et de gore, des parties où l’émotion surgit brièvement… Assassination Nation est constitué de tous ces aspects qui composent l’esprit de l’être humain, comme si on explorait la cervelle de l’Américain moyen pour y extraire l’ensemble de ses rêves, de ses désirs, de ses pulsions et de ses peurs pour les exposer sur la pellicule à grands coups de chevrotine, de sourires, de rouge qui tâche et d’yeux prêts à pleurer. Les mensonges d’une Amérique bien propre sur soi (d’ailleurs le propos peut être étendu à de nombreux autres pays, dont le nôtre), calfeutrée dans sa bien-séance à base de moralité trop rigide, et l’explosion des rancoeurs et des maux qui gangrènent cette société, tel est le propos d’Assassination Nation, qui est une bonne grosse claque dans la gueule d’un monde dont le puritanisme a totalement dévié, jusqu’à en devenir une parodie abjecte… Le drapeau étoilé en prend pour son grade…

Odessa Young (High Life), Hari Nef (Transparent), Suki Waterhouse (The bad Batch) et Abra (une chanteuse RnB dont il s’agit du 1er film) incarnent ces 4 grains de sable qui vont gripper le mécanisme d’auto-défense d’une ville prête à tout pour conserver ses valeurs si estimées intactes. Elles vont être la réponse à ce mal qui se propage, tout en en étant elles-mêmes issues et en parties responsables. C’est justement là que le propos s’avère juste, puisque cette moralité que Salem veut à tout prix conserver a depuis longtemps volé en éclat, et que cette course absurde et mortelle n’est qu’un déni de cette folie humaine existant en chaque individu. Sam Levinson va nous livrer une oeuvre azimutée, punchy et badass, tout en posant un vrai questionnement sur ce qu’est devenue cette société. Et putain, c’est vrai que c’est pas forcément beau. Mais au moins, il y a encore des gens pour frapper intelligemment!!!

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L’Exorcisme de Hannah Grace (Diederik Van Rooijen, 2018)

On a eu L’Exorcisme d’Emily Rose en 2005, L’Exorcisme en 2010, Le dernier Exorcisme en 2010, Le dernier Exorcisme Part II en 2013 (c’était donc pas vraiment le dernier!!!…), The Vatican Exorcisms en 2013, An Irish Exorcism en 2013, The Exorcism of Molly Hartley en 2015, The Ouija Exorcism en 2015, The Exorcism of Anna Ecklund en 2016, American Exorcism en 2017, Amityville Exorcism en 2017, Ruqyah : the Exorcism en 2017, Exorcism of the Dead en 2017 également, Exorcism at 60,000 Feet en 2018 (un exorcisme en avion, tout un programme!)… Et la liste est encore trèèèès longue… Tout ça pour dire que les exorcismes sont une pratique bien plus courante qu’on ne croit, surtout au cinéma.

Et donc voilà que débarque L’Exorcisme de Hannah Grace (on dit « de Hanna » ou « d’Hannah »? Ca m’a pas mal perturbé j’avoue…), énième tentative de surfer sur la vague du succès de L’Exorciste, qui accuse quand même ses 45 années (il est sorti en 1973 pour les non matheux)! Je n’avais vu aucune bande-annonce et aucune photo de ce film, mais l’affiche bien glauque m’a donné envie de tenter l’expérience. Et bien m’en a pris, parce qu’il s’avère que c’est une série B plutôt bien troussée!

On commence par une scène classique d’exorcisme, avec jeune femme possédée et prêtres essayant d’expulser le démon. On est donc direct dans le feu de l’action, et le résultat s’avère d’entrée de jeu assez violent. Mais passée cette intro morbide, voilà qu’on va basculer vers tout autre chose, avec une jeune femme qui commence un nouveau travail dans un hôpital de Boston. Elle est chargée de s’occuper de la morgue durant la nuit, en réalisant de la paperasse, des réceptions de colis (humains donc), des identifications et un peu de rangement. Un petit boulot de manutentionnaire sans histoires donc, sauf que le spectateur sortirait bien vite de la salle s’il ne se passait rien! Et ce qui fonctionne plutôt bien dès le départ avec ce film, c’est qu’on va rapidement baigner dans un stress communicatif, et que la mise en scène prend un soin particulier à nous maintenir dans cet état. On se demande pendant un moment quel lien il va y avoir avec le début du film, ce qui là encore est intéressant.

Le metteur en scène néerlandais Diederik Van Rooijen prend bien le temps de nous immerger dans ce sous-sol aseptisé constituant la morgue de l’hôpital, et c’est grâce à ses petites attentions que l’on sent le niveau de stress grimper. Le coup des lumières à détecteur de mouvement, l’alarme pour annoncer l’arrivée d’une ambulance, le sèche-mains des toilettes qui se met en route… Van Rooijen va jouer avec nos perceptions sensorielles et va composer quelques schémas flippants intéressants, et on va suivre cette nouvelle arrivante dans ce job qui va être nettement moins tranquille que ce qu’elle croyait. Van Rooijen va jouer avec l’architecture des lieux afin d’offrir des angles de vue permettant de jouer avec l’arrière-plan ou le hors-champ, et il va composer des cadres intéressants en jouant également avec les zones d’ombre et les éclairages. Les différentes parties de couloirs plus ou moins éclairées vont être de belles sources de tension, surtout quand l’éclairage se fait vacillant…

On est dans un croisement entre le Veilleur de Nuit (la version de 1994 ou de 1997) d’Ole Bornedal et The Jane Doe Identity, avec une identité plus prononcée je trouve que le film d’Andre Ovredal. On se retrouve dans un film d’exorcisme qui se démarque vraiment du schéma classique (que l’on retrouve du coup dans l’intro), pour aller dans une direction plus moderne et high-tech. Ici, pas de plancher qui grince ou de chambre poussiéreuse, les événements vont se dérouler dans un cadre normalement neutre, mais qui va finalement réussir à faire surgir l’angoisse. Ce principe, déjà appliqué dans The Jane Doe Identity, est encore plus immersif dans ce film.

Le personnage incarné par Shay Mitchell (Pretty little Liars) est plutôt intéressant, avec la fragilité et le trauma habituels de ce genre de production, mais qui sont traités avec soin au niveau de l’écriture. Il faut dire que le scénariste Brian Sieve est un habitué du genre, puisqu’on lui doit les scripts de Boogeyman 2, Boogeyman 3 – le dernier Cauchemar, un épisode de Teen Wolf, 13 de la série Scream, et qu’il planche actuellement sur The Exorcism at Lincoln High! Il connaît son métier, et je trouve qu’il développe des situations certes classiques mais traitées avec une sorte d’épure intéressante. L’unité de lieu, la nuit constante et le calme apparent de l’endroit vont nourrir le stress du spectateur, et les apparitions vont graduellement prendre de l’importance. L’Exorcisme de Hanna Grace est une bonne petite surprise dans le genre, certes pas un film qui va révolutionner l’horreur, mais une de ces oeuvres qui fonctionnent mieux que ce que l’on pouvait croire au début, et qui s’avère être un très bon moment d’angoisse!

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