Nerve (Henry Joost, Ariel Schulman, 2016)

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Henry Joost et Ariel Schulman travaillent ensemble depuis leur 1er long métrage, Catfish, en 2010. Ils ont notamment réalisé Paranormal Activity 3 et Paranormal Activity 4, se plaçant dans le créneau des teenage movies, et après le genre horrifique, ils tentent de percer dans la veine du thriller avec Nerve, qui va exploiter un concept plutôt intéressant.

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Quand un jeu en ligne peut vous faire gagner des milliers de dollars, la tentation est grande pour de nombreux New-Yorkais, qui vont succomber à Nerve! Le jeu consiste en des défis successifs, qui vont vous permettre de gagner de plus en plus d’argent, tout en vous mettant dans des situations de plus en plus risquées. Vous avez 2 options pour ce jeu: être un voyeur, ou être un joueur. Une fois votre choix effectué, si vous êtes joueur, vous pouvez accumuler vos gains, sauf si vous refusez un défi, ou que vous en perdez un. Du coup, vous perdez tout ce que vous aviez gagné préalablement.

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Le principe est ultra simple, et d’autant plus addicitif! On se retrouve dans une configuration similaire à ce que nous offrent YouTube, Facebook et autres réseaux sociaux, éléments devenus incontournables de notre vie moderne et qui façonnent l’esprit de leurs utilisateurs sans que l’on s’en aperçoivent. Nous sommes dans une société où tout doit se gagner le plus rapidement possible, et où le spectateur est avide de nouveauté des dizaines de fois par jour. Le niveau pour impressionner les gens est devenu important, et il faut de plus en plus de nudité, d’adrénaline et d’anticonformisme pour parvenir à se sentir au-dessus de la vague, ce qui est au final paradoxal, puisque cette demande est appliquée par une très grande majorité d’utilisateurs.

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A travers le jeu Nerve, c’est ce diktat et cette frénésie perpétuelle que dénoncent Joost et Schulman, qui vont nous immerger de manière intelligente dans la boucle. On va suivre les premiers défis avec un sourire au coin des lèvres, et une fois le jeu lancé, on va suivre avec une attention de plus en plus soutenue la progression des défis, et par conséquent la propagation de l’effet de masse. On se retrouve dans la même position que les voyeurs, ce qui s’avère très intéressant d’un point de vue éthique. Joost et Schulman ne posent pas de jugements sur le choix des personnes à devenir voyeur ou joueur, mais vont effectuer une étude de caractères certes primaire, mais intéressante pour comprendre le mode de fonctionnement et les choix des gens.

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Nerve est donc une belle réflexion sur l’impact des outils de communication sur l’individu, avec cette sociabilisation déviée et cette recherche d’une célébrité éphémère. Mais c’est également un film qui va tendre de plus en plus vers une sorte de teen thriller, en nous offrant des scènes de défis de plus en plus difficiles. La fameuse séquence de la moto par exemple, est mise en scène avec un très bon élan dramatique, et on ressent ce que traversent les protagonistes! De plus, Joost et Schulman filment New York avec une très belle sensibilité, et ce cadre fait de néons et de lumières est à l’image des écrans lumineux qui rythment nos existences. Il y a une très belle connexion qui est faite entre le réel et le virtuel, et ce dès le début, avec ces plans ludiques qui voient le personnage principal effectuer ses recherches sur internet.

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Emma Roberts incarne Vee avec une sorte de fragilité qui va être mise à rude épreuve, et la candidate à Nerve va trouver de solides ressources en elle. Emma Roberts est la fille de l’acteur Eric Roberts (Best of the Best, L’Expert), et la nièce de Julia Roberts. Elle a notamment joué dans Les Miller, une Famille en Herbe ou American Horror Story, et est en train de prouver un solide talent! Elle développe son personnage qui passe de gentille fille passive à jeune fille qui n’a pas froid aux yeux de manière progressive et subtile. A ses côtés, Dave Franco, qui est le frère de James Franco (127 Heures), est un peu plus classique dans son rôle, mais participe de manière intéressante à ce jeu. On a déjà pu l’apercevoir dans Nos pires Voisins ou Insaisissables, et il forme un beau duo avec Emma Roberts, les personnages devenant de plus en plus connus au fur et à mesure de leurs défis dans Nerve! Et on a même Juliette Lewis, l’actrice culte de Teurs-nés, dans le rôle nettement plus soft de la mère de Vee!

Nerve a tous les atouts pour devenir un film générationnel, utilisant les outils de cette génération hyper-connectée pour en montrer les atouts et les dérives. Avec sa mise en scène immersive, ses acteurs motivés et un scénario qui tient la route, et qui parvient même à terminer le récit de manière intéressante, Nerve est une très belle découverte!

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Le clip de la semaine: Andrey Drey – Draid 2016

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Andrey Drey est un jeune traceur espagnol extrêmement doué! Son Parkour est propre et fluide, et il gère des distances impressionnantes! Ses détente-press sont bluffants, notamment celui en montée! Et le dernier de la vidéo est lui aussi démentiel! Un traceur promis à un bel avenir, et un nom à retenir dans le domaine du Parkour!!!

 

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Dans le Noir (David F. Sandberg, 2016)

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Premier long métrage pour le réalisateur suédois David F. Sandberg, Dans le Noir (Lights out en VO) est l’adaptation de son court également intitulé Lights out datant de 2013, et don le principe est exactement le même. Produit par James Wan, qui entre les sagas Saw, Insidious et Conjuring, fait figure de maître d’oeuvre dans le genre, ce Dans le Noir offre un concept aussi simple qu’efficace: un être surnaturel menace une famille, mais il ne peut apparaître que dans le noir, et disparaît dès qu’il est éclairé!

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Le court métrage originel consistait en une seule scène qui fonctionnait sur ce principe de base, et qui s’avérait très intéressant. Une sorte de note d’intention pour le film qui sort aujourd’hui, et qui offre d’ailleurs un petit rôle à l’actrice présente dans le court. Les films d’horreur se basent très souvent sur les peurs enfantines, et le monstre qui se cache dans le noir est la principale source de cauchemars quand on est petit. Ici, David F. Sandberg visualise cette source de terreur de manière ludique et flippante, en jouant constamment sur les notions opposées de lumière et d’obscurité. La première scène permet de bien comprendre le mode de fonctionnement de cet être dangereux, et son mode opératoire pour passer à l’attaque!

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Pour son premier long, Sandberg réussit à construire un film qui se tient, et qui conserve son intérêt jusqu’à la fin. On sent qu’il se fait nettement plus plaisir dans l’élaboration des scènes de flippe que dans celles, annexes, qui permettent de faire évoluer l’histoire. Et c’est là que l’on ressent une certaine déception, car le potentiel du concept est énorme, mais qu’il est habillé par un scénario qui perd du temps en explications. Quand on vient voir un film d’horreur, on a envie de frissonner, d’être effrayé et de bondir dans son fauteuil. Ce que Sandberg parvient à faire efficacement, mais pas de manière permanente. L’histoire de Rebecca, de son jeune frère Martin, de leur mère Sophie et de l’ami de Rebecca se nommant Bret, est destinée à donner un fond à ce récit surnaturel, ce qui finalement n’est pas le plus intéressant. Les effets des différentes attaques de la créature auraient suffi à emporter l’adhésion, et il aurait été préférable de créer des scènes supplémentaires de ce type, plutôt que de vouloir à tout prix apporter une explication logique à un phénomène surnaturel.

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Le scénariste Eric Heisserer traîne quelques casseroles à son actif, puisqu’il a oeuvré sur les horribles Freddy – les Griffes de la Nuit et The Thing, la version de 2011! Mais il a également rédigé le script du prochain Denis Villeneuve, Premier contact. Pour Dans le Noir, il va développer le court de Sandberg (que le réalisateur avait aussi écrit) de manière relativement classique, avec le schéma de la peur remontant à l’enfance et de la découverte d’un vieux secret. On ne peut guère applaudir l’originalité du propos, mais l’efficacité du film réside bien dans sa mise en scène. Le travail visuel et sonore permet d’offrir des séquences angoissantes, où l’on sent la peur monter et où l’explosion de violence parvient à surprendre. La créature s’avère bien flippante, et la voir apparaître et disparaître au gré des faisceaux de lumière est excellent, avec quelques trouvailles innovantes comme la lumière créée par les coups de feu d’un pistolet!

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Les personnages, même s’ils ne sont pas trop développés, possèdent un certain capital sympathie, et on va suivre leurs mésaventures avec intérêt. La relation entre Rebecca (Teresa Palmer, qui a joué dans Point Break) et Bret (Alexander DiPersia) est assez touchante, et le jeune Gabriel Bateman incarne Martin avec une belle sensibilité. Il faut dire que du haut de ses 11 ans, il possède déjà une solide expérience dans le genre horrifique, puisqu’on a pu le voir dans Annabelle, Outcast ou American Ghotic. Et Maria Bello (Payback, Assaut sur le Central 13, Identité secrète) campe la mère un poil névrosée de manière efficace.

Dans le Noir ne révolutionnera pas le genre, mais apporte une touche originale dans sa manière de concevoir l’horreur, un peu comme le It follows de David Robert Mitchell, qui n’était pas aussi percutant que le laissait entendre sa réputation, mais qui offrait lui aussi un concept intéressant. Et comme le film cartonne actuellement, on espère que la suite sera d’autant plus efficace et percutante!

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Les news de la semaine: l’ordre du Phoenix

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Son couteau suisse est aussi célèbre que son mulet, et celui qui a fait le bonheur des gosses de 1985 à 1992 revient aujourd’hui dans un reboot télévisé qui se veut évidemment plus moderne. MacGyver, c’est son nom, est de retour à la télévision sous les traits de Lucas Till, qui a la lourde charge de remplacer Richard Dean Anderson! Le jeune acteur, qui interprétait Havok dans la saga X-Men, va nous embarquer dans des aventures où son génie du bricolage et de la science feront la différence! Il va travailler pour la célèbre Fondation Phoenix où il officiera en tant qu’agent secret! Le schéma est connu, reste à savoir si l’atmosphère sera à la hauteur de la série originelle…

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Après que le studio ait livré une bande-annonce très critiquée, l’épisode pilote réalisé par David Von Ancken a été tout simplement mis de côté, et James Wan s’est collé à la production d’un nouveau pilote! Je vous laisse juger avec les 2 bande-annonce, la 2ème étant la plus récente! Diffusion dès le 23 septembre.


 

2 nouvelles images qui ne nous apprendront pas grand-chose sur Doctor Strange, mais qui nous font patienter jusqu’au 26 octobre…

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Après ABC, Netflix, la Fox et Freeform, c’est au tour d’Hulu de demander sa série Marvel! La plateforme concurrente de Netflix est en train de développer Runaways, un show consacré au comics Les Fugitifs de Brian K. Vaughan! Une excellente nouvelle pour ce projet d’adaptation qui était tout d’abord pressenti sur grand écran, et qui devrait finalement être bien mieux sur le petit! Le comics de Vaughan était vraiment rafraîchissant et fun, espérons que Josh Schwartz et Stephanie Savage, les créateurs de Gossip Girl, parviennent à respecter et à s’imprégner du travail du scénariste!!!

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Les Fugitifs sont un groupe d’ados qui découvrent que leurs parents appartiennent à un groupe de super-criminels. Ils décident de fuir et embarquent avec eux du matériel high-tech qui va leur permettre de devenir des super-héros, tandis que certains vont même se découvrir de vrais pouvoirs. Il y avait dans cette série, créée en 2003 et stoppée depuis 2009, une vraie ambiance teenage intelligente et fun, mais elle n’a pas trouvé le succès escompté. C’est très dommage, et cette adaptation devrait en toute logique ramener les personnages sur le devant de la scène!

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Le metteur en scène canadien Denis Villeneuve revient en force avec Premier Contact, son premier film en mode extraterrestre. Après l’excellent Sicario, il va tenter de nous prouver qu’il est tout aussi à l’aise dans le domaine de la SF, et s’est octroyé les services d’Amy Adams, Jeremy Renner et Forest Whitaker pour consolider son projet! La BA laisse augurer d’une belle ambiance, il n’y a plus qu’à patienter jusqu’au 7 décembre!

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En bref, j’ai vu Colonia, un film de l’Allemand Florian Gallenberger, dans lequel Emma Watson et Daniel Brühl luttent pour sortir d’un camp de prisonniers de la police secrète chilienne, suite au putsch d’Augusto Pinochet. Un film qui allie efficacement Histoire et thriller pour nous montrer la vérité tragique sous cette dictature.

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En bref, j’ai aussi vu In the Deep de l’Anglais Johannes Roberts, dans lequel 2 soeurs se retrouvent coincées dans une cage d’observation à 47 mètres de profondeur. Elles n’ont pas beaucoup de réserve d’oxygène, et les requins rôdent dangereusement aux alentours… Un film qui fonctionne efficacement, même si on lui préférera la mise en scène bien plus soignée de Jaume Collet-Serra sur Instinct de Survie!

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Vous ne connaissiez peut-être pas son visage, mais vous connaissez certainement son rôle le plus emblématique. Kenny Baker, l’acteur de petite taille qui interprétait le célèbre droïde R2-D2, est décédé samedi 13 août à l’âge de 81 ans. Outre le rôle qui l’a rendu célèbre (et qu’il a interprété dans les 6 premiers films!), il a également joué dans Flash Gordon de Mike Hodges, Elephant Man de David Lynch, Bandits, Bandits de Terry Gilliam, ou encore Labyrinthe de Jim Henson. Le dessinateur du New Yorker Benjamin Schwarz lui a rendu un très bel hommage avec ce dessin.

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Outcast saison 1 (2016)

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Robert Kirkman, le scénariste et créateur des comics The walking Dead et Outcast, prend actuellement du galon, puisque après avoir été seulement producteur exécutif sur la série The walking Dead, il a ensuite été co-créateur (avec Dave Erickson) de Fear the walking Dead. Et cette année, il adapte tout seul et comme un grand Outcast sur la chaîne Cinemax, à qui l’on doit la sublime série Banshee!!!

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Kyle Barnes revient dans sa ville natale de Rome, aux Etats-Unis, hanté par de sombres souvenirs et de vieux démons… Des phénomènes très violents et morbides secouent la communauté, et Kyle pourrait bien être celui capable de mettre un terme à tout ça… Le 1er épisode jette directement le spectateur dans une ambiance glauque et dérangeante, et ce dès l’intro qui s’avère très impressionnante! Le potentiel de cette série est alors énorme, et on se dit qu’on tient là un show qui pourrait bien renouveler le genre horrifique. Patrick Fugit (Gone Girl) incarne le personnage principal avec une bonne dose de retenue et de discrétion, tout en laissant sourdre la tension interne qui bouillonne en lui. Kyle Barnes est un homme qui a morflé, et son retour à Rome est nécessaire pour comprendre tout ce qui s’est passé, et pour savoir ce qu’il va devoir faire à l’avenir.

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Après les morts-vivants, Robert Kirkman s’attaque donc aux démons, et leurs manifestations s’avèrent bien flippantes! Il faut dire que le 1er épisode est mis en scène par le génial Adam Wingard (You’re next, V/H/S, The Guest, rien que ça…), et que les autres réals effectuent un travail visuel très réussi également. Le générique de début est juste sublime, et s’avère très significatif quant à l’ambiance globale du show. Les promesses de Kirkman sont énormes, mais malheureusement elles ne seront pas totalement tenues… Le 1er épisode est d’une très belle puissance, et parvient à attirer très efficacement le spectateur dans ses filets, mais la tension qui y est créée ne sera plus que rarement atteinte dans les autres épisodes. On reste dans une atmosphère bien sombre et travaillée, mais qui se disperse dans les diverses intrigues secondaires…

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Le staff de scénaristes (au nombre de 9) va alterner entre cas de possessions et histoires personnelles, ce qui va finalement réduire la portée de cette ambiance mise en place au début. Le duo Kyle Barnes/Révérend Anderson fonctionne pendant un moment, jusqu’à ce que le second personnage, interprété par Philip Glenister, perde pas mal de crédibilité… Outcast a un potentiel vraiment énorme, mais ne va pas tenir la longueur, et va laisser son ambiance se diluer… Pourtant, on reste intéressé par ce qui se passe dans cette ville, notamment grâce à la mise en scène vraiment très soignée de chaque épisode. L’introspection de Kyle est traitée avec soin également, et on sent que cet homme à fleur de peau hésite avant chaque action… La peur qui le tenaille est compréhensible, mais s’il veut comprendre ce dont il est capable, il va devoir aller au-delà…

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On sent un travail réellement sincère de la part des auteurs, et c’est grâce à cela que la série se suit tout de même avec intérêt. Il est dommage cependant de ne pas avoir gardé cette frontalité du début, pour digresser dans des intrigues moins captivantes… Plus on approche de la fin de saison, plus on s’éloigne d’une certaine logique, et on commence à ne plus comprendre certaines réactions des personnages… Jusqu’à un dernier épisode qui s’avère bien laborieux… Outcast laisse un goût mitigé, avec de si belles idées de mise en scène, une ambiance bien lourde et prenante, mais sous cet habillage de toute beauté, l’histoire se délite malheureusement trop rapidement… A voir par curiosité, mais je ne me pencherai pas sur la seconde saison…

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