Les news de la semaine : ACAB

Premier long pour le metteur en scène malien Ladj Ly, Les Misérables est une extension de son court métrage éponyme réalisé en 2017. Il va raconter le quotidien de Stéphane, fraîchement débarqué à la brigade anti-criminalité de Montfermeil dans le 93. Un film qui promet d’être très percutant et qui devrait apporter un vrai regard de l’intérieur, tant du point de vue de la BAC que des habitants des cités. Le film semble habité par des personnages forts, et son intensité pourrait en faire une excellente surprise! Sortie le 20 novembre.


 

C’est ce mercredi soir que la NXT entamera sa mue, avec un passage à 2 heures et en live à la télévision US! Johnny Gargano en a profité cette semaine pour venir causer avec le public, et parler de son avenir. Après un petit moment de suspense qui a coûté cher à Shane Thorne, Johnny Wrestling a confirmé rester à NXT, et bordel c’est une excellente nouvelle ça!!! Et quand on voit le texte qu’il a tweeté hier, ça fait chaud au coeur et ça confirme à quel point la 3ème division de la WWE se démarque des 2 autres, tant dans l’esprit qui l’anime que dans la motivation de ses superstars à rester :

 »J’ai fait mon choix.

J’ai mis mon coeur et mon âme dans cette division depuis des ANNÉES. Tu crois que je vais partir maintenant alors que tout ce pourquoi j’ai travaillé arrive enfin ?

Aucune chance !

Le terme  »monter » dans le main roster est mort. Nous sommes LE roster principal maintenant. #NousSommesNXT et quand tu es à NXT, tu es NXT. » (source : Catch-Newz)

Et il est bien vrai que l’on pourrait modifier cette petite phrase, pour inviter les gens de Smackdown et Raw à monter à la NXT plutôt que l’inverse tant le niveau est supérieur!!!

Publié dans Les news de la semaine | Laisser un commentaire

Deux Moi (Cédric Klapisch 2019)

Avec Deux Moi, Cédric Klapisch va prendre le pouls d’une société qui se veut hyper-connectée et dont la solitude est une constante paradoxale. Un thème très moderne qui a déjà été abordé par le cinéma et qui fait partie des dérives contemporaines, et sur le papier on se demande bien ce que l’on va pouvoir rajouter de plus à ce sujet archi-rebattu. Mais c’est sans compter sur la délicatesse et la sensibilité de Klapisch, qui va prendre à témoins les personnages de Rémy et Mélanie pour radiographier la réalité d’une jeunesse actuelle qui n’a pas les outils pour se connecter aux autres…

Le film va suivre le quotidien de ces 2 êtres esseulés, à qui il manque ce quelque chose de fondamental pour avoir envie de se lever chaque jour. Rémy passe des nuits d’insomnie tandis que Mélanie peut dormir 13 à 14 heures d’affilée, et chacun sent que son corps et son esprit ne suivent pas leurs envies. Sans parvenir à mettre des mots dessus, ils subissent cette solitude et tentent de vivre leur quotidien dans lequel les moments de joie semblent bien diffus… Cédric Klapisch va aimer et va nous faire aimer ces 2 êtres isolés et pris dans une spirale d’échecs, et par le biais de ces 2 personnages, il va narrer la réalité d’une société contemporaine très décalée et qui s’avère finalement anxiogène pour les relations.

En traitant en filigrane de la réduction des coûts en entreprise, avec les replacements et les délocalisations que cela engendre, ou encore de cette volonté de jeunisme qui anime hypocritement d’autres entreprises, il va glisser quelques messages que l’on connaît malheureusement mais qui permettent de comprendre comment les êtres peuvent être étouffés par un système qui les dépasse. Comment parvenir à se trouver soi-même et à trouver un ou une autre qui nous corresponde quand la société se base sur des valeurs qui ne mettent pas l’humain au centre? Le principe de robotisation de l’usine, ou la standardisation et la déshumanisation dans les hot-line téléphoniques sont des exemples tellement évidents de ces dérives…

Cédric Klapisch ne va pas frapper du poing sur la table, il va se poser en tant qu’observateur bienveillant, à la fois désolé des virages pris par le monde actuel, et qui refuse pourtant de laisser ses 2 personnages partir complètement à la dérive. Chacun va croiser un spécialiste qui va tenter de les aider à mettre le doigt sur leurs peurs et leurs problèmes, et à mettre des mots sur ce qu’ils traversent. Un mal moderne qui demande de la compréhension et de la remise en question, de l’ouverture et de la recherche quant aux racines de ce mal. Klapisch va nous présenter des scènes traversées par un humour léger mais aussi par de vraies émotions lorsqu’il va placer Rémy et Mélanie face à leurs psys. Des spécialistes interprétés avec une belle justesse par l’excellent François Berléand et la tout aussi excellente Camille Cottin!

François Civil n’en finit plus de gravir les échelons dans le cinéma français, et après Le Chant du Loup et Mon Inconnue, il retrouve donc Klapisch et Ana Girardot avec qui il avait tourné Ce qui nous lie en 2017. François Civil excelle dans ce rôle de l’homme moderne sensible et paumé, et il s’avère très touchant dans sa composition de Rémy. Ana Girardot apporte toute sa luminosité au personnage de Mélanie, dont la fragilité est elle aussi très touchante. Elle prouve encore une fois tout son talent et sa sensibilité dans ce rôle. On sent qu’une connection est possible entre ces 2 êtres pris dans leur solitude, il faut juste que chacun apprenne à s’ouvrir et comprenne le sens profond de leur mal-être… Deux Moi est une sorte de fable psychanalytique, et dit comme ça ça ne donne pas forcément envie, mais en fait il s’agit d’un superbe film qui va analyser avec une très belle précision ce mal-être qui touche tellement de personnes… Deux Moi n’est pas une comédie romantique, mais va en utiliser quelques codes et jouer avec, pour nous livrer une histoire captivante emmenée par 2 personnages à la fois anonymes et précieux, de ceux qui se fondent dans la masse par peur de vivre, et qui ne demandent au final qu’à aimer et à être aimés.

Deux Moi va osciller entre tendresse, poésie urbaine, humour et vrais moments d’émotions, et va se poser comme une vision d’une très belle acuité sur l’état social actuel. Il va user de très belles et subtiles méthodes pour chercher à connecter ses personnages, comme cette volute de fumée, ou cette musique entendue à travers les cloisons… Il y a en Deux Moi une vision à la fois très concrète des difficultés à se rencontrer, mais également quelques belles envolées naïves et crédibles qui font du bien! Touchant, simple et tellement beau, Deux Moi va susciter de l’émotion, mais il va le faire subtilement et en atteignant directement l’intimité des spectateurs. Parce qu’après tout, il nous connecte à nos propres envies et à nos propres peurs, et c’est en cela que Cédric Klapisch parvient brillamment à nous immerger dans son film!

Publié dans 2010's, Cinéma | Laisser un commentaire

Le clip de la semaine : Awol One and Factor – Celebrate

Sous le nom d’Awol One se cache Anthony Martin, un travailleur acharné dans le domaine du hip-hop alternatif, capable de sortir plusieurs albums par an et qui enchaîne en plus les collaborations avec quelques pointures du genre : Busdriver, Daddy Kev, Myka 9… Pas de repos pour les braves!

Factor, de son vrain nom Graham Murawsky, est un producteur tout aussi motivé qui multiplie lui aussi les albums! Rien qu’avec Awol One, ils se partagent 3 albums, et cet excellent Celebrate est issu de leur album Owl Hours de 2009, qui est une très belle découverte! Le label Fake Four Inc. regorge d’artistes à découvrir absolument, il va falloir creuser tout ça! 😉

 

Publié dans Le clip de la semaine | Laisser un commentaire

Deadpool 8 : Massacre au Parc

Il est grand temps que Skottie Young cède sa place de scénariste sur Deadpool… Et il va malheureusement falloir s’armer de patience, puisque Kelly Thompson n’officiera qu’à partir du mois de novembre, et qu’avec le décalage français, on ne sera impacté qu’à partir de mai 2020!!! Comme on en est au numéro 8 ce mois-ci, il faudra donc rester zen jusqu’au numéro 15… Allez, on plonge dans ce nouvel épisode qui n’apporte rien au personnage??

Comme évoqué dans de précédents numéros, la série Deadpool peine franchement à décoller et à trouver son rythme. On y croyait au début grâce à la fun attitude de Young et aux dessins plutôt réussis de Nic Klein, mais force est de constater que si les épisodes s’enchaînent, Deadpool reste à la ramasse et n’avance pas du tout… Chaque mois, on a droit à un épisode mineur et inoffensif qui n’a strictement aucun impact sur le personnage ni sur sa mythologie. On poursuit donc sur cette lancée inodore et indolore avec ce récit qui voit Deadpool se rendre au parc de Silly Seal World, où il est embauché par Silly Seal, le propriétaire et mascotte du parc. Petit détail : il s’agit d’un phoque qui parle. Jusque-là, rien de bien grave dans le petit monde de Deadpool, et le revival de personnages Marvel datant des années 1940 est plutôt fun en soi. Mais la mission pour buter Zaggy Pig (le cousin de Ziggy Pig) n’a finalement rien de fun, et est juste une énième tentative de faire du comics méta… Et franchement, après des décennies à jouer sur ce schéma, et avec les films qui ont intensifié ce procédé, on arrive à une dangereuse saturation…

C’est surtout dans le traitement de la rencontre entre Deadpool et sa fille Ellie qu’on se rend compte à quel point tout cela est devenu tellement artificiel. Wade s’est effacé la mémoire pour protéger sa fille, et il ne la reconnaît donc pas, tandis qu’elle va rentrer dans son jeu et ne rien dire. Du coup, cette rencontre n’a quasiment aucun impact émotionnel et n’aura aucune incidence sur la suite des événements. Comme si on replaçait vite fait le personnage d’Ellie pour ensuite l’oublier à jamais. Skottie Young ne se foule pas et semble survoler ses scénarios sans s’y intéresser, et il n’a même pas envie de respecter ses personnages… Résultat : encore un épisode qui fait du surplace, et qui se veut drôle mais qui a de plus en plus de mal à y parvenir. Kelly Thompson, vite!!! On se consolera avec la qualité graphique de Nic Klein…

Constat similaire pour Spider-Man/Deadpool, qui sous la plume de Robbie Thompson, fait dans le mainstream sans âme depuis un bon moment… L’affrontement avec Blastaar est sans saveur, les éternels retournements de situation « les héros sont mentalement contrôlés par l’ennemi » sont passés de mode depuis 60 ans, et le dessin de Jim Towe est sans relief… Il n’y a franchement rien à sauver dans cet épisode, où les vannes entre Spider-Man et Deadpool ne fonctionnent pas non plus. Et au final, tout l’épisode n’est qu’un affrontement, donc niveau scénario, ça ne va pas casser des briques!

Déception avec le dernier épisode de Deadpool Assassin! L’excellente mini-série de Cullen Bunn se rate dans son ultime épisode! Le retournement en mode Rosemary’s Baby avec la trahison de Thrénodie fait vraiment baisser le niveau, et même la mort de la Fouine ne parvient pas à générer de l’émotion! C’est assez étrange au vu du travail précédemment fourni par Bunn, mais cela manque cruellement d’ambition et de folie, bien qu’encore une fois il ne lésine pas sur la violence graphique! C’est d’ailleurs la seule série qui se permet de ne pas se contenter du PG-13…  Et au niveau de l’humour, ça reste très limité, Deadpool ne sortant pas de vannes inoubliables mais étant assez soft finalement.

La série Domino s’achève, et c’est tant mieux! Gail Simone ne sera pas parvenu à hisser ses récits vers des sommets, et ses aventures de la mutante chanceuse sont purement anecdotiques. Le trio girly composé avec Outlaw et Diamondback n’apporte rien au genre, et la générale wakandaise Shoon’Kwa fait elle aussi dans le cliché. Mais au final, on a un dernier sursaut avec l’épisode qui va se balader dans le Mojoverse, avec la mission de Domino de stopper Longshot! Ca n’est pas dingue que ce soit clair, mais c’est moins soporifique que les épisodes précédents. Bon, la mini-série Domino : Hotshots qui devrait suivre sera elle aussi scénarisée par Gail Simone, donc ce n’est pas gagné…

Publié dans Deadpool | Laisser un commentaire

La Vie scolaire (Mehdi Idir, Grand Corps Malade, 2019)

3 ans après le sublime Patients, Mehdi Idir et Grand Corps Malade nous livrent leur second long métrage, qui promettait d’être une comédie franchement drôle au vu des extraits délivrés sur la toile. Après le quotidien émouvant d’un centre de réadaptation, ils choisissent de nous raconter la vie ordinaire dans un collège de Seine-Saint-Denis. Mais si les extraits mettaient en avant l’humour loufoque du film, le résultat est une oeuvre douce-amère qui va osciller entre moments drôles et instants plus dramatiques.

Comme souvent avec les bande-annonces ou les teasers, les scènes les plus drôles ont déjà été dévoilées, et c’est bien dommage, car le spectateur est mis sur une fausse piste vis-à-vis de ce film. Le ton léger adopté au départ va rapidement évoluer pour proposer des variations plus sérieuses. Samia Zibra a été mutée d’Ardèche en Seine-Saint-Denis, et elle va découvrir un milieu scolaire difficile dans lequel elle va tenter de faire au mieux son travail de conseillère d’éducation. Zita Hanrot (Fatima, L’Ordre des Médecins) incarne avec une belle conviction ce personnage qui va tenter de s’adapter à ses nouveaux collègues et à des élèves plus compliqués que ceux qu’elle côtoyait jusqu’à présent. Dans son équipe de surveillants, on peut compter sur Alban Ivanov, qui n’arrête plus de monter et qui est également à l’affiche d’Inséparables!

Le casting du film est plutôt bon, avec des rôles secondaires intéressants et avec des mômes convaincants. Liam Perron, dont il s’agit du premier rôle, est d’une belle justesse dans sa composition de Yanis, cet élève intelligent mais perturbateur. La relation entre lui et Samia va être à la fois électrique et touchante, les 2 partageant des problèmes similaires. La Vie scolaire va suivre en fil rouge la bataille de Samia pour convaincre Yanis qu’il vaut mieux que ce qu’il croit, et pour l’aider à prendre sa scolarité en main. Un argument des plus sérieux qui est traité avec réalisme, tout en mettant en avant les difficultés sociales inhérentes à la banlieue. C’est là que le film part réellement dans un cadre quasi-documentaire, avec une mise en lumière du fonctionnement de cet établissement du point de vue de l’équipe encadrante mais également des élèves. La Vie scolaire est une sorte de radiographie du milieu collégien en banlieue dans les années 2010, et en ce sens il est on ne peut plus crédible. Il n’est pas exempt de quelques facilités scénaristiques, mais il pose un regard sincère et bienveillant tout en étant impartial.

Si on s’attendait à une pure comédie bien hilarante, ce choix d’opter pour une approche mélangeant drame et humour peut surprendre, et le résultat s’avère moins percutant. Après les immenses qualités de Patients, on attendait un film du même niveau, et on regrette qu’il soit en-dessous. Le récit est plus dispersé et se contente au final d’aligner les scènes avec des protagonistes différents, tout en conservant en filigrane le parcours de Yanis. Mais on a des personnages qu’on aurait aimé voir approfondi, certains qui ne font au final que de la figuration alors qu’ils auraient mérité davantage de visibilité, et on a une poignée de jeunes acteurs franchement bons qui passent rapidement à l’écran pour disparaître ensuite. La scène du jeune qui vient parce qu’il s’est fait voler sa gomme est géniale, et le jeune acteur est vraiment drôle! On aurait aimé le recroiser plus tard! Ce choix narratif de film-chorale va dans le sens du melting-pot réaliste de ce collège parisien, mais du coup il y a des personnages auxquels on s’attache moins. Mais dans l’ensemble, La Vie scolaire reste intéressant et va nous offrir quelques moments touchants également. Mais on est loin de la perfection de Patients!

Publié dans 2010's, Cinéma | Laisser un commentaire