Baywatch: Alerte à Malibu (Seth Gordon, 2017)

Si le projet d’adaptation cinématographique de la célèbre série 90’s (qui s’est étalée sur 13 saisons, de 1989 à 2001!) avait de quoi faire peur sur le papier, la venue sur le projet de Dwayne Johnson et le parti-pris parodique avaient su rassurer le public. Il faut dire que toutes ces séries vintage passent régulièrement par la case comique en matière de réadaptation, comme ça a été le cas pour Charlie et ses drôles de Dames, Starsky et Hutch, L’Agence tous Risques, 21 Jump Street et 22 Jump Street, ou dernièrement CHIPS. Alors quand la bande-annonce est tombée, on a bien compris qu’on allait avoir droit à un mix entre hommage et parodie qui serait orienté vers l’action, et le potentiel était intéressant!

 

Il faut dire que Dwayne Johnson est sacrément bankable, et sa présence suffit déjà à attirer le public! L’ex-catcheur reconverti en star de ciné a le physique massif et la dose d’auto-dérision suffisants pour nous embarquer dans des histoires tirées par les cheveux, et il le fait très bien depuis de nombreuses années. Il endosse avec aisance le rôle de Mitch Buchannon, sans véritablement l’adapter puisqu’il fait du The Rock, et il le fait forcément bien! Mais au vu de ses prestations passées, on trouvera ses rôles dans No Pain, no Gain ou Agents presque secrets bien plus drôles… Et même dans Southland Tales tiens, je l’avais presque oublié celui-là! Mais il fait le job, et il assure en portant le film sur ses épaules. Par contre, un des choix pas forcément judicieux concerne le personnage de Zac Efron, qui n’est pas des plus palpitants… L’acteur non plus d’ailleurs, qui mis à part un physique impressionnant, n’est pas transcendant…

La première partie du film se déroule dans un esprit vraiment potache et fun, et on est pris dans une sorte d’humour à la American Pie qui fonctionne! Les vannes tapent bien en-dessous de la ceinture, mais elles sont assumées et franchement drôles! Le coup de CJ qui court au ralenti, c’est vraiment bon! Mais il est difficile de tenir sur la longueur dans ce style… Et on va peu à peu se rendre compte que le scénario est bien mince sous ce vernis humoristique… En soi, ce ne serait pas gênant, si le film jouait à fond la carte de la parodie, mais il va s’embarquer dans une pseudo-histoire policière dont on n’avait pas réellement besoin. La bad girl incarnée par Priyanka Chopra (Quantico) est à ce titre totalement lisse… On sent vraiment que les scénaristes (qui s’y sont mis à 6 quand même!!!) ont dû assembler des pièces de puzzle qui avaient été assez éparpillées…

Mais à côté de ça, on a un esprit barré qui fait souvent mouche, une Alexandra Daddario juste sublime (elle a joué dans True Detective saison 1, et avait déjà croisé Dwayne dans San Andreas où elle jouait sa fille!), une Kelly Rohrbach bien fun qui reprend le célèbre rôle de CJ, joué à l’époque par Pamela Anderson, et quelques répliques et séquences qui font mouche. Mais l’ensemble est finalement un mix trop éparpillé qui alterne le bon, l’excellent et le très moyen, du coup, on se sent quand même déçu au final… Le potentiel était là pour avoir une pure comédie bien barge à la Dodgeball – même pas mal!, mais Seth Gordon (Comment tuer son Boss?) rate le coche de pas grand-chose… On rigole, on s’ennuie un peu, The Rock est toujours efficace, mais le résultat final ne convainc pas totalement, et c’est bien dommage…

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Les news de la semaine: Maximum Carnage!!!

Après l’annonce de Tom Hardy dans le rôle-titre de Venom, voici que l’on apprend que le bad guy du film sera Carnage!!! Si Venom est connu pour être un prédateur de choix, c’est un enfant de choeur comparé à Cletus Kasady alias Carnage, qui est un réel psychopathe! Le personnage est apparu en 1991 dans Amazing Spider-Man 344, et est considéré comme le fils de Venom, puisque le symbiote originel a donné naissance à un nouveau, qui s’est mélangé au système sanguin de Cletus Kasady. Bref, tout ça pour dire que la confrontation entre les 2 symbiotes devrait être impressionnante!!! Il suffit maintenant de choper un acteur capable de tenir tête à Tom Hardy!!!

 

On continue dans le Spider-Verse, qui devrait encore s’étendre après Venom et Silver & Black (le film centré sur Silver Sable et la Chatte noire) : les 2 prochains personnages à être transposés sur grand écran seront Kraven le Chasseur et Mystério! On ne sait pas encore s’ils auront chacun leur film distinct, mais le plan de Sony est de construire son propre univers partagé, qui pourrait un jour déboucher sur une adaptation des Sinister Six, si tout se déroule correctement… Il faudra maintenant voir dans quelle mesure ces spin-off de Spider-Man pourront être autonomes, et si le Tisseur interagira avec eux! Parce que des films sur les bad guys de Spidey sans Spidey, c’est un peu dommage non?

 

Des news de la suite de Jurassic World! On apprend cette semaine son titre définitif, qui sera Jurassic World: fallen Kingdom. Evidemment, ça annonce un vrai carnage… C’est toujours J. A. Bayona (The Impossible, Quelques Minutes après Minuit) aux commandes, et il est prévu pour le 22 juin 2018! Et une affiche en prime bien sûr!

 

Enfin! Après des semaines de rumeur, David Fincher est bel et bien officialisé à la mise en scène de World War Z 2!!! Ce sera la 4ème fois qu’il collabore avec Brad Pitt, après Seven en 1995, Fight Club en 1999 et L’étrange Histoire de Benjamin Button en 2008! Avec un réal de sa trempe, cette suite devrait être apocalyptique!!!

 

Le tournage de Deadpool 2 a enfin commencé!!! C’est Wade lui-même qui l’annonce, en postant cette photo avec une mention on ne peut plus cristalline: « Passé au Manoir-X. Grosse p***** de surprise. Il n’y a personne. » C’est le début d’une nouvelle campagne de promo qui devrait égayer la toile jusqu’au 2 novembre 2018!

 

Les affiches se suivent et se ressemblent pour Spider-Man: Homecoming

 

The Defenders, c’est pour le 18 août! En attendant, on a droit a une nouvelle affiche bien classe, qui rappelle la toute 1ère des Gardiens de la Galaxie 2!

 

 

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It comes at Night (Trey Edward Shults, 2017)

La bande-annonce laissait augurer d’un film de genre totalement démentiel et novateur, il faudra toutefois tempérer ses ardeurs afin d’apprécier ce second film signé Trey Edward Shults (après Krisha en 2015). Tout comme It follows il y a 2 ans, le résultat final n’est pas exceptionnel, mais reste intéressant. Trey Edward Shults va dérouler un récit intriguant, en s’appuyant sur une mise en scène solide et un casting efficace, pour au final nous livrer un film d’auteur horrifique qui ne révolutionnera pas le genre, mais qui s’y intègre plutôt bien.

Paul, Sarah et Travis vivent dans une maison isolée, et doivent faire face à un événement tragique. D’entrée de jeu, on est plongé dans une ambiance horrifique, tout en ignorant les raisons de ce qui est en train de se passer. L’atmosphère est immédiatement tendue, et elle perdurera tout au long du film, en passant par des moments d’accalmie avant de remonter soudainement. Shults parvient à une gestion de l’anxiété bien efficace, et il va développer ce récit presque en huis-clos en y instillant des éléments de tension qui vont perdurer. Paul est le père, et est joué par l’excellent Joel Edgerton (Warrior, Midnight Special, Loving). Il vit avec sa femme Sarah (Carmen Ejogo, vue dans American Nightmare 2: Anarchy et Alien: Covenant) et leur fils Travis (Kelvin Harrison Jr., vu dans The Birth of a Nation), mais leur équilibre précaire va être remis en question quand ils vont accueillir une autre famille. La menace planant à l’extérieur va constamment peser sur leurs rapports, et les liens qui se créent vont s’avérer fragiles…

La mise en scène de Shults s’avère immersive, accentuant bien les éléments dramatiques et parvenant à capter toute la tension de cette lutte psychologique permanente. la bande-son signée Brian McOmber est bien efficace également, et on se retrouve face à un film qui certes n’est pas aussi puissant que ce qu’il aurait pu être, mais dans lequel on plonge en voulant savoir comment tout cela va évoluer. On entre au sein de cette famille qui a vu soudainement sa tranquillité remise en question, et on se demande comment ils vont réussir à s’en sortir…

It comes at Night ne va pas faire dans l’horreur spectaculaire, mais va davantage jouer sur l’aspect psychologique des personnages. La situation est telle que le père est prêt à tout pour protéger sa famille, et Trey Edward Shults va jouer sur les notions d’urgence et de mystère entourant les événements qui se déroulent. On va se retrouver dans une sorte de récit survivaliste, où des règles très strictes ont été mises en place pour éviter le danger. Si Shults est davantage dans une version auteur du film d’horreur, il parvient néanmoins à créer des scènes de tension prenantes. It comes at Night va jouer sur la tension permanente avec laquelle luttent les protagonistes, et on est dans un film d’horreur intimiste qui s’avère solide.

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Le clip de la semaine: Blase et les Puritaines – Les Filles qui ont des Chats

La chanson française, ça peut être franchement drôle finalement, Blase et les Puritaines le prouve! Le groupe strasbourgeois met le doigt dans l’engrenage, avec un texte résolument engagé! Vous aimez les chats? Ou pas? Vous allez quand même apprécier Blase et les Puritaines! 😉

 

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The Belko Experiment (Greg McLean, 2016)

A force de bouffer de la pellicule, on devient forcément plus difficile. Et à force de fouiner, on voit très souvent des films qui se suivent et se ressemblent… Alors quand on a la chance de tomber sur une excellente surprise, on l’apprécie réellement à sa juste valeur. C’est le cas de ce film signé Greg McLean, metteur en scène de Wolf Creek, Solitaire, Wolf Creek 2 ou encore The Darkness. La BA laissait penser à une variation du sympathique Severance de Christopher Smith, avec lequel il partage en effet quelques éléments cruciaux, comme la notion d’entreprise et la manière de faire exploser tout ce microcosme. Mais The Belko Experiment s’avère bien plus maîtrisé que ce que l’on osait espérer, et McLean nous convie à un bain de sang généreux en gore, baignant dans une tension bien palpable, et se permettant quelques accès d’humour aussi discrets qu’efficaces!

Auréolé des succès consécutifs de ses Gardiens de la Galaxie et de ses Gardiens de la Galaxie 2, le réalisateur James Gunn nous a pondu un scénario bien jouissif dans lequel il va évidemment se la jouer antisocial, en nous livrant une satire bien grinçante et sans appel du monde corporatiste. Le film se situe dans l’immeuble d’une société américaine basée à Bogota, en Colombie, où 80 employés américains travaillent depuis environ 1 an. L’ambiance de bureau est bon enfant, des amitiés se sont créées, des rivalités également, on se checke pour faire classe, on mate la jolie demoiselle du bureau d’en face, bref, la vie classique dans une entreprise lambda. Mais tous les codes sociaux et les règles morales vont être soudainement remis en question quand l’immeuble va se retrouver fermé hermétiquement par des parois métalliques, et qu’une voix va ordonner aux employés de s’entretuer… Un concept proche de Battle Royale il est vrai, mais tellement mieux utilisé!

Dans ce type de scénario, le metteur en scène hésite très souvent entre une approche résolument frontale ou un second degré histoire de se mettre les spectateurs dans la poche. Greg McLean, en s’appuyant sur l’excellent script de James Gunn, va nous livrer un film finalement très tendu et de plus en plus viscéral! Il va assumer avec beaucoup d’intelligence la continuité de ce récit, passant de moments réellement gores à des phases plus calmes, mais en conservant une atmosphère toujours aussi prenante! Un des points faibles récurrents des productions horrifiques réside dans l’absence de profondeur des personnages (qui a dit Alien: Covenant??), mais ici, James Gunn nous caractérise en un tour de main toute une galerie d’employés qui s’avèrent tout de suite sympathiques, drôles ou cons, permettant de s’intéresser à eux avant le début des hostilités. Et ensuite, chacun va réagir en fonction de sa personnalité aux événements tragiques qui vont suivre…

John Gallagher Jr. (10 Cloverfield Lane) joue Mike Milch, un employé standard qui va devoir lutter pour sa survie aux côtés de ses collègues, dont la belle Leandra (Adria Arjona, vue dans True Detective saison 2). A leurs côtés, on a du beau monde, avec Tony Goldwyn (oui le méchant dans Ghost!), John C. McGinley (Platoon, Wall Street, Seven, Rock, et bien d’autres!), Owain Yeoman (Rigsby dans Mentalist), Sean Gunn, le frangin de James Gunn, qui jouait déjà les déjantés dans la saga des Gardiens de la Galaxie, ou encore Michael « Yondu » Rooker! Tout ce beau petit monde va se retrouvé divisé, entre ceux qui ne veulent pas entrer dans le jeu de la mystérieuse voix, et ceux qui sont prêts à sacrifier des collègues pour s’en sortir! Dans ce microcosme représentant parfaitement le système hiérarchique et les échelons sociaux, une scission va avoir lieu et des solidarités vont naître et se défaire, pour le meilleur et pour le pire… Et au-delà de l’argument purement ludique au départ, on va se sentir mal à l’aise face à ce jeu de massacre qui prend des proportions bien réalistes, et qui démonte les mécanismes des rapports de dominants-dominés dans la société… Quand un individu s’arroge le droit de choisir qui doit mourir et qui doit vivre, ça secoue quand même…

The Belko Experiment est une vraie réussite dans le genre, un film qui parvient à vous prendre aux tripes, qui assume son propos, qui se fait plaisir dans le gore et le suspense, et qui saupoudre le tout avec quelques notes d’humour absurde bienvenues! On ne l’avait pas vu venir, et il nous aura d’autant plus agréablement surpris!

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