Le clip de la semaine : Suzane – La Flemme

Suzane c’est mon gros coup de coeur de ce début d’année (son morceau SLT est dingue!), et ça fait vraiment du bien d’écouter son album Toï Toï en ces jours confinés! Et puis un titre pareil, ça me parle! ^^

 

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Jusqu’au Déclin (Patrice Laliberté, 2020)

Je n’ai pas vu beaucoup de films canadiens dans ma vie, et encore moins de films québécois. Ceux-ci ont la particularité de souvent faire rire au départ, le temps qu’on s’habitue à l’accent, et il faut constamment tendre l’oreille afin de bien comprendre les dialogues. Et encore, sans sous-titres, c’est souvent compliqué et on perd pas mal quand même… Mais qu’à cela ne tienne, le pitch de Jusqu’au Déclin était très intriguant et je me suis lancé dans ce récit d’un père de famille qui se rend en pleine forêt enneigée pour un stage de survivalisme, ce qui est quand même vachement d’actualité.

Guillaume Laurin (Mommy) campe Antoine, le personnage principal adepte de méthodes de survie, qui va donc rencontrer d’autres pratiquants lors d’un stage organisé par Alain (Réal Bossé), un spécialiste du domaine qui a notamment une chaîne sur internet pour prodiguer des conseils. Ils vont être 7 participants, et vont passer plusieurs jours à assimiler les méthodes de dépeçage des animaux, de fabrication de bombes artisanales, de tir sur cible, de jardinage, bref tout ce qui peut s’avérer utile en cas d’attaque ou d’épidémie. Le but est d’être capable d’être auto-suffisant et de protéger sa famille.

Ca commence tranquillement, avec une certaine rigueur militaire mais une convivialité fraternelle, jusqu’au jour où un événement tragique va tout faire s’emballer. A partir de là, le film va plonger dans une veine thriller impressionnante et hyper-réaliste, que l’on sentait s’esquisser au préalable à travers quelques plans… Et Patrice Laliberté nous livre en fait un survival enneigé carrément maîtrisé, et qui est capable de nous surprendre à plusieurs reprises! Je m’attendais à un petit film sans prétention, et je me retrouve avec un film estomaquant sorti de nulle part, à la violence sèche et froide, mettant tous les personnages en position très délicate. Il y a une forme d’urgence et de radicalité que l’on voit très peu au cinéma, et l’âpreté du propos et de son traitement force le respect, avec des séquences à la violence dépouillée et d’autant plus frappantes! Patrice Laliberté joue à merveille avec la topologie des lieux et va être très précis dans ses compositions tout en extrayant des émotions viscérales des différentes séquences qu’il nous livre!

On retrouve au casting Marc-André Grondin, qui avait notamment joué dans 5150 Rue des Ormes et Les Affamés (ce qui boucle presque la totalité des oeuvres québécoises que j’ai vues ^^), et on a une approche sensitive qui est similaire à celle du metteur en scène Robin Aubert dans Les Affamés : une vision frontale et naturaliste du propos, avec une plus grande propension à des cadrages plus « picturaux » pour Aubert, et une immersion plus captivante pour Laliberté. Le film de zombies de Robin Aubert était intéressant et beau, mais le film de Patrice Laliberté est plus poignant dans son genre, plus vif et plus brutal. Mention spéciale à Marie-Evelyne Lessard, qui offre au personnage de Rachel une rage et une résistance impressionnantes! Elle s’inscrit parfaitement dans le registre extrêmement tendu du film, et est capable d’exprimer les émotions intenses qui la traversent en un seul regard bien appuyé! Jusqu’au Déclin est une très belle surprise, et place Patrice Laliberté comme un auteur à suivre!

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Donnybrook (Tim Sutton, 2018)

4ème film du réalisateur Tim Sutton, Donnybrook s’annonce comme un film d’action mais il n’en est en fait rien. Avec son accroche centrée sur des combats clandestins, on était effectivement en droit de s’attendre à un film de fight bien violent. Contre toute attente, Tim Sutton va nous mener dans une autre direction, avec un drame intimiste social bien prenant. Jamie Bell (Billy Elliot, vous vous rappelez? ^^) incarne un homme lambda qui en a marre de se débattre pour gagner sa croûte chaque jour, et qui décide de participer à un tournoi clandestin, le Donnybrook. Le film va suivre son périple à travers les états afin de rejoindre le terrain sur lequel a lieu le tournoi. Il est accompagné de son jeune fils, à qui il souhaite enseigner des valeurs combatives et lui donner confiance en lui.

En lieu et place d’un film de baston, on a une odyssée intime qui lorgne du côté de L’autre Rive de David Gordon Green, avec tiens, déjà Jamie Bell! C’est étonnant de voir les similitudes existant entre ces 2 films auxquels a participé l’acteur, avec une même esquisse contemplative de leur histoire. Le film va avoir son lot de séquences tendues, et il va constamment inscrire ses personnages dans leur environnement, rehaussant à la fois la force émotionnelle et narrative du récit. On se trouve face à un film anti-spectaculaire, qui va paradoxalement approfondir son propos par la nature même de ces choix que l’on pourrait qualifier de naturalistes. On sent le vent souffler dans les séquences, la caméra s’attarde sur les éléments pris dans la nature… Tim Sutton propose une radiographie de l’Amérique profonde, avec des êtres esseulés et perdus qui se débattent pour garder le moindre espoir, et qui sont entièrement liés à leur environnement. Le parti-pris est audacieux et donne lieu à une oeuvre étrange et faussement calme.

Aux côtés de Bell, on a l’excellent Frank Grillo (Warrior, Captain America : le Soldat de l’Hiver, American Nightmare 2 : Anarchy) qui s’avère toujours efficace tant dans le domaine de l’action que dans son jeu d’acteur, et il campe ici un personnage pas franchement angélique. Margaret Qualley (la nana déjantée de la pub Kenzo World, qui jouait la belle inconnue dans Once upon a Time… In Hollywood) prouve ici tout son talent, avec un rôle difficile et quelques scènes bien marquantes! Sa capacité à générer de l’émotion impressionne, et elle tient tête aux 2 mâles du film!

Le film est scénarisé par Sutton lui-même, qui adapte un roman de Frank Bill. Son écriture s’avère similaire à son talent de mise en scène, avec une vision brute et réelle de l’existence de ses personnages. Donnybrook bénéficie d’une patine mélancolique et intimiste, tout en proposant une vision directe et radicale. Si les scènes de combats ne sont pas nombreuses, elles ont le mérite d’être âpres et frontales, avec une soudaineté et un réalisme qui surprend. Tim Sutton sait comment manier la tension, pour la faire monter rapidement ou plus calmement, et surtout il en gère également les explosions sèches. Avec sa brochette de personnages tous aussi paumés les uns que les autres, il nous livre une descente en mode redneck triste et brutale, pas aussi violente que ce que l’on pouvait penser au départ, mais où se mêle une poésie contemplative bienvenue.

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Les news de la semaine : Messiah Supa Crew

Messiah avait été une excellente surprise l’an passé sur Netflix, posant des questions très pertinentes sur les croyances contemporaines et les enjeux géopolitiques qui en découlent. L’acteur belge Mehdi Dehbi incarnait à la perfection ce mystérieux jeune homme sorti de nulle part, qui laissait planer le doute quant à la vraie nature de son personnage. Le show de Michael Petroni restera finalement un one-shot, puisque l’acteur Will Traval a annoncé qu’il n’y aurait pas de saison 2. En même temps, cette unique saison se suffisait déjà à elle-même, bien que Petroni affirmait avoir des idées très intéressantes pour la suite. En tout cas, pour ceux qui ne l’ont pas vu, je vous conseille d’y jeter un oeil!

 

Il est évidemment trop tôt pour savoir si Morbius conservera sa date de sortie du 5 août, mais Sony continue sa promo, en nous balançant une affiche terriblement laide… Je vous laisse juger.

 

 

 

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Le Cri (Nicolas Beuglet, 2016)

Après avoir travaillé sur M6 durant une quinzaine d’années, où il a gravi les échelons en passant de présentateur à producteur, Nicolas Beuglet a obliqué vers le statut de romancier en 2011, année où il a publié son tout premier bouquin, intitulé Le premier Crâne. La particularité de ce livre est qu’il a été publié sous un pseudonyme, celui de Nicolas Sker. Il entame ensuite en 2016 sa « trilogie norvégienne« , mettant en avant les enquêtes de l’inspectrice Sarah Geringën, avec Le Cri, qui sera suivi en 2018 par Complot, et l’année suivante par L’Ile du Diable.

Il faudra donc que je me procure son tout premier roman, car la découverte de ce Cri m’a amené à côtoyer un auteur à la plume aisée et aux intrigues passionnantes! Le point de départ de cette première aventure de Sarah Geringën nous mène dans un lugubre hôpital psychiatrique perdu dans les alentours d’Oslo, la capitale norvégienne. Dans cet établissement habité par des âmes perdues, a lieu un drame des plus mystérieux : un patient est retrouvé mort avec sur le visage l’expression figée d’un cri de terreur pure, alors qu’il se serrait lui-même la gorge dans un élan suicidaire. Comment un individu peut-il vouloir mettre un terme à sa vie de cette manière? Quel élément si abominable a-t-il pu le mettre dans un état de peur si intense? L’inspectrice Geringën va rapidement se rendre compte que l’enquête sera bien plus complexe qu’il n’y paraît…

Nicolas Beuglet nous embarque dans un roman qui s’intéresse réellement à ses personnages, avec une Sarah Geringën bien malmenée dès le début du récit. En proie à des tourments personnels bien violents, elle va devoir compter sur toute sa force intérieure afin de poursuivre une enquête aux ramifications très profondes. On est d’emblée pris par la tourmente dans laquelle elle se trouve, et on la suit à deux doigts de se noyer, le meurtre de l’hôpital psychiatrique représentant finalement la seule motivation valable pour ne pas sombrer. Sarah va se lancer à corps perdu dans son investigation, afin de surmonter ses échecs privés. Et elle va être plutôt servie en terme de changements d’idées pour le coup…

Impossible de vous raconter les tenants et aboutissants de cet incroyable roman sans vous en dévoiler la teneur et finalement vous spoiler, donc je vais rester très évasif car ce serait dommage de vous gâcher les nombreux éléments de surprise amenés par Beuglet. L’auteur parvient à gérer une narration au rythme effréné, qui se permet quelques facilités qui sont utiles pour la progression du récit. Mais l’ensemble est d’une cohérence et d’une complexité qui forcent le respect, la capacité de Beuglet à croquer des personnages forts et auxquels on s’attache immédiatement permettant d’immerger rapidement le lecteur. Sarah va croiser sur sa route plusieurs protagonistes, qu’il s’agisse de collègues policiers ou de civils, et elle va remonter le fil ténu de cet étrange suicide afin de déterrer un secret inavouable qui semble très protégé.

Impossible de se rendre compte au départ de la dimension vers laquelle va aller le récit, et c’est un vrai plaisir de plonger totalement dans l’inconnu de cette façon! La richesse thématique sera d’autant plus frappante, et on découvre un auteur qui n’est pas simplement un amoureux des polars, mais un passionné de bien d’autres domaines, qui va puiser dans des faits bien réels afin d’appuyer ses propos! Son enquête fait véritablement froid dans le dos, en mentionnant des faits réels perpétrés dans le passé à l’hôpital de Gaustad, et en extrapolant certains faits à partir de faits toujours réels, notamment avec ce patient « 488 »… Il va totalement nous surprendre dans la construction de son récit et dans l’élaboration de ses sous-intrigues, donnant une dimension unique à ce premier roman de sa trilogie norvégienne. L’intensité de cette enquête, couplée à la densité du propos, donne immédiatement envie de se procurer la suite!!!

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