John Wick 2 (Chad Stahelski, 2017)

En 2014, les metteurs en scène David Leitch et Chad Stahelski nous livraient un film d’action de toute beauté avec John Wick, qui permettait en plus à Keanu Reeves de se repositionner de manière capitale dans le genre. Après son excellent Man of Tai Chi (qu’il avait également mis en scène), Reeves démontrait d’excellentes aptitudes dans le combat au corps à corps! 3 ans après le premier opus donc, David Leitch s’en est allé vers d’autres horizons (il réalisera Deadpool 2!), et Chad Stahelski reste seul aux commandes de cette séquelle.

John Wick 2 démarre sur les chapeaux de roue, en nous plaçant directement dans l’action. John Wick entend bien récupérer sa voiture… L’intro fait le lien avec la fin du film précédent, et démontre encore une fois à quel point le personnage est invincible, en le définissant à nouveau comme le Croque-Mitaine! On a d’ailleurs droit à une apparition sympathique de Peter Stormare en gangster russe… Mais on sent un certain relâchement par rapport à la perfection du premier film. La mise en scène est moins précise, même si les impacts sont toujours percutants. On est clairement dans ce genre de films d’action où l’on se demande comment les mecs font pour ne pas se tuer vraiment lors du tournage, notamment quand ils chutent dans les escaliers! Il y a un aspect très asiatique dans la manière de travailler ces scènes, qui s’avèrent très réalistes!

Le problème, c’est qu’on a l’impression de revivre le même schéma qu’il y a 3 ans. Un bad guy s’en prend à un bien de John, qui va vouloir se venger. Et une nouvelle armada de tueurs sanguinaires va se retrouver face à un John Wick déterminé… On a des scènes de bagnoles, on a des combats rapprochés qui sont très bien chorégraphiés, mais qui ne changent pas fondamentalement par rapport au 1er film. On a des affrontements armés très violents, là encore efficaces, mais pas innovants par rapport à John Wick 1er du nom. Cette suite fait le job et constitue un film efficace, mais on a perdu l’élément de surprise qui faisait toute l’originalité du 1er, et Chad Stahelski recycle toutes les données présentes il y a 3 ans. Le résultat est un bon film, avec quelques belles trouvailles par-ci par-là, mais on ne retrouve pas la puissance de l’original.

John Wick fait partie de cette vague de films d’action que l’on pourrait qualifier de post-moderne, et qui selon moi a vu le jour avec l’excellent La Mémoire dans la Peau de Doug Liman en 2002. Là où les blockbusters hollywoodiens nous bombardent de montages hyper cut, Liman laissait tourner sa caméra pour que l’on puisse apprécier les chorégraphies des combats. Dans la même catégorie, on peut donc classer John Hyams avec ses sublimes Universal Soldier: Régénération (2009) et Universal Sodlier: le Jour du Jugement (2012), ainsi que Gareth Evans, le metteur en scène gallois des incroyables films indonésiens The Raid (2011) et The Raid 2: Berandal (2014). Et on peut ajouter Pete Travis et son excellent Dredd (2012), ainsi que Keanu Reeves avec son Man of Tai Chi (2013). Sans oublier bien évidemment Tim Miller avec son Deadpool (2016). Tous ces metteurs en scène ont en commun une approche innovante de l’action, et parviennent à insuffler un rythme impressionnant à leurs films.

Chad Stahelski nous livre donc un actioner efficace, auréolé de quelques moments bien jouissifs (l’opposition entre Keanu Reeves et Common dans le métro est franchement classe), mais qui n’atteint pas le niveau juste génial du premier opus. On sent aussi une certaine volonté de bien se placer avec l’ajout d’acteurs de renom, ce qui est certes sympathique, mais qui n’apporte pas grand-chose à l’histoire… C’est toujours un plaisir de croiser Peter Stormare, Ian McShane, Franco Nero, David Patrick Kelly, Laurence Fishburne, et bien sûr John Leguizamo, que des vraies gueules de ciné… Maintenant il y a un aspect légèrement artificiel à l’ajout de tout ce beau petit monde…

John Wick était une surprise totale et une bombe en terme de mise en scène et de film d’action. John Wick 2 est une suite qui utilise la même recette avec pour résultat un film réussi et dans lequel on ne s’ennuie pas. On sent toute la volonté de Stahelski de mettre sur pied une séquelle qui fonctionne, mais il se pourrait bien que David Leitch soit le metteur en scène le plus talentueux des deux finalement… Ce qui est de très bon augure pour Deadpool 2!!!

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Le clip de la semaine: Leningrad – Tattoo Man

Le groupe russe Leningrad nous livre avec Tattoo Man un clip sacrément impressionnant! L’homme derrière la caméra est Ilya Naishuller, qui sortait l’an dernier son premier film, Hardcore Henry. Ca commence à me donner envie de le voir finalement… Bon, c’est légèrement trash mais totalement inventif!

 

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All-new Avengers 9: L’Affrontement (4/4)

L’Affrontement s’achève à Pleasant Hill! Tous les Avengers sont présents pour contrer la menace des troupes du Baron Zémo, et l’enjeu est de taille puisque la jeune Kobik est capable de modifier la réalité! Un Captain America rajeuni mène la bataille, entraînant dans son sillage de très nombreux héros, dont Deadpool, qui rappelons-le fait partie des Uncanny Avengers! La baston en elle-même est relativement classique, c’est davantage les répercussions sur certains personnages qui sont intéressantes… Comme pour Maria Hill, qui a quand même mené son projet en secret sans en référer à ses boss du S.H.I.E.L.D.… Ou Zemo qui se retrouve géographiquement très loin, mais qui ne se départit pas de sa volonté de fer! Et Kobik dans tout ça? Qu’advient-il de cette puissance juste énorme?

2 épisodes bien différents pour les All-new Avengers! Le 1er va nous faire découvrir un tout nouveau personnage, qui est en fait une nouvelle Guêpe! Elle a un lien avec Hank Pym, le fameux Ant-Man originel, et va mener la vie dure aux Avengers lors de sa « présentation »! On est toujours en plein jeunisme du côté de chez Marvel, qui n’arrête pas de redonner des costumes connus à des héros ados! Mais la formule s’essouffle outre-Atlantique, et un sérieux retour en arrière semble sur le point de se faire jour… Le second épisode ouvre sur quelque chose de bien plus prenant, avec une petite balade dans l’espace destinée à retrouver le père de Nova (le jeune, Sam Alexander). Les Avengers arrivent sur une planète où de nombreux vaisseaux se sont déjà échoués, et vont devoir lutter contre un ennemi mystérieux s’ils veulent repartir! On nage d’un coup en pleine SF bien intriguante, et la fin est sacrément prometteuse!!!

On termine par les New Avengers, avec toujours la volonté du scénariste Al Ewing de marcher sur les plate-bandes d’Ales Kot, en lui empruntant sa narration absurde. C’est finalement sympa même si anecdotique, et on est là dans du comics qui ne se prend pas trop au sérieux. Mention spéciale au Pillard, un bad guy de 4ème zone qui va évidemment s’en prendre plein la gueule face à Hawkeye et Songbird!

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Les news de la semaine: Gojira

Je n’ai pas pu résister, et je vous mets le 2ème trailer de Colossal, le film de monstre what the fuck de Nacho Vigalondo! Je ne sais pas trop comment vous le décrire, il faut regarder pour comprendre la folie du projet… Avec Anne Hathaway, Dan Stevens, et une sorte de Godzilla franchement étrange… Je ne sais pas ce que ça peut donner, mais j’ai très envie de découvrir le résultat de ce pari juste dingue! Sortie le 7 avril aux USA, pas de date encore par chez nous!

 

Thor: Ragnarok débarque au mois d’octobre (le 25 plus précisément), et la hype va sévèrement continuer à grandir avec ces concept arts juste sublimes! Oui, Hulk sera bien transformé en gladiateur, et combattra un Thor privé de son marteau dans l’arène d’un monde despotique! Et Hela, la déesse de la mort incarnée par Cate Blanchett, promet d’être terriblement imposante! Le film de Taika Waititi va enfin donner toute sa dimension aux Dieux asgardiens!!!

 

Black Panther quant à lui arrivera bien plus tard, le film de Ryan Coogler étant prévu pour le 14 février 2018! Mais la pré-production fonctionne à plein régime, avec des concept art là aussi très enthousiasmants, qui nous permettent de découvrir à quoi ressemblera la nation du Wakanda! Je vous laisse admirer!

 

Le mystérieux Untitled X-Men Project de la branche TV de la Fox continue de faire parler de lui, avec une toute 1ère annonce casting. L’acteur Blair Redford, vu dans Les Feux de l’Amour en 2005-2006, ou encore dans 90210 Beverly Hills – nouvelle Génération, a été sélectionné pour interpréter Sam, un « natif américain déterminé et qui dirige un réseau souterrain ». On semble bel et bien se diriger vers un récit qui nous fera découvrir les Morlocks, ces fameux Mutants vivant comme des parias sous terre, rejetés pour leurs difformités et leurs pouvoirs. On espère que la folie Legion fera du bien à cette prochaine série, et que Matt Nix créera lui aussi un show original et prenant!

 

 

2ème épisode pour la série Legion, qui se place d’emblée comme LA bombe télévisuelle de l’année! Une mise en scène démentielle, un récit d’une fluidité et d’une complexité juste dingues, un Dan Stevens génial… Incroyablement magnifique!!!

 

Et pendant ce temps, les Defenders patientent…

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A Cure for Life (Gore Verbinski, 2016)

Gore Verbinski. Le réalisateur du Mexicain, du Cercle: the Ring, de Pirates des Caraïbes – la Malédiction du Black Pearl, de Rango… Que des films devant lesquels je me suis profondément ennuyé… Et d’un coup, sans prévenir, il nous livre un chef-d’oeuvre absolu. Un film d’une beauté ténébreuse et d’une force d’attraction juste incroyable. Dire que je n’attendais pas un tel niveau de sa part serait un euphémisme, et j’ai été littéralement bluffé par cette proposition de cinéma d’un niveau tout simplement exceptionnel!

A Cure for Life est une pépite inespérée, qui a été créée en marge totale de la logique hollywoodienne! Quand on a un metteur en scène qui a livré des blockbusters Disney comme Pirates des Caraïbes – la Malédiction du Black Pearl, Pirates des Caraïbes – le Secret du Coffre maudit ou encore Pirates des Caraïbes – jusqu’au Bout du Monde, on peut se dire qu’il est confortablement installé dans une logique de cinéma commercial et de rentabilité maximale. Et pourtant, A Cure for Life va s’affranchir de toute cette torpeur et ce manque d’imagination caractérisant nombre de franchises, et va offrir une expérience cinématographique aussi captivante qu’inattendue!

C’est simple, du tout premier plan jusqu’au tout dernier, le film est d’une richesse juste incroyable! La mise en scène de Gore Verbinski est d’une perfection absolue, et se combine avec un travail sonore lui aussi parfait! Verbinski parvient à sublimer chaque moment, chaque action des protagonistes, en les filmant avec une inventivité juste démentielle! A Cure for Life est une succession incessante de scènes tout simplement magnifiques, et Verbinski nous plonge dans un cauchemar vénéneux à souhait et duquel on a aucune envie de sortir! Le récit de base, avec ce sanatorium isolé dans un château suisse, est d’un classicisme absolu dans le genre horrifique, et Verbinski va nous livrer un conte macabre qui va totalement jouer avec les codes du genre, en les triturant à sa manière bien tordue, et on va se retrouver devant un film qui n’a strictement rien à envier au Shutter Island de Martin Scorsese. A Cure for Life est clairement supérieur à celui de Scorsese, car il est tout simplement parfait tant dans sa forme que dans son fond.

Dane DeHaan, qui avait été révélé par le très bon Chronicle de Josh Trank, et qui jouait Harry Osborn dans The amazing Spider-Man: le Destin d’un Héros, incarne un jeune cadre arriviste, envoyé dans une clinique en Suisse afin de ramener un de ses supérieurs qui s’y est rendu depuis plusieurs semaines. Mais évidemment, tout ne va pas se passer comme il l’aurait souhaité… Ce château à l’histoire entachée de sang est devenu un sanatorium renommé, dirigé par Monsieur Volmer, un homme très attaché au bien-être de ses patients. Il est joué par Jason Isaacs, qui incarnait Lucius Malfoy dans la saga Harry Potter. L’acteur donne une très belle densité au personnage, qui gère sa clinique d’une main de fer sans jamais se départir de sa bonne humeur. Et quand Lockhart (Dane DeHaan) se retrouve dans cet immense château après avoir eu un accident de voiture, il va rapidement se rendre compte que l’apparence paisible des lieux cache de lourds secrets… On va suivre Lockhart dans les dédales de ce sanatorium, que Verbinski va nous faire découvrir dans une succession de tableaux juste incroyables! Sa mise en scène monumentale va nous plonger dans ce qui est censé être un havre de paix, et qui va se révéler très perturbant. Ca va commencer par de petits éléments, comme un bruit provenant de la chasse d’eau, un saignement de nez, mais le mal rôde dans ce château tel une maladie, et Gore Verbinski va nous offrir un travail visuel époustouflant dans son évocation de tout ce qui se passe ici… L’ambiance est pesante, et la beauté picturale est totale…

A Cure for Life est un sommet de noirceur, une sorte de thriller psychologique et métaphysique qui va puiser toute sa puissance dans sa capacité à faire ressortir des peurs inconscientes. Ce n’est pas à proprement parler un film d’horreur, mais il baigne dans une atmosphère macabre virant au glauque, tout en étant filmé avec la grâce absolue d’un peintre! Gore Verbinski est un visionnaire d’une puissance rare, et la plongée qu’il nous propose dans cet institut va nous ramener à nos propres terreurs inconscientes, avec des images très symboliques et très freudiennes. La bande-annonce laissait voir cette image marquante d’une jeune fille dans une baignoire remplie de vers géants, et l’impact de ce genre d’image est immédiat, avec ce contraste entre la beauté pure et le dégoût qu’inspirent ces vers, visions phalliques représentant la maladie. Et tout le film fonctionne de cette manière, en nous faisant découvrir progressivement ce qui se cache sous la surface, derrière les murs gothiques, derrière les apparences affables, derrière l’épiderme de ces personnes âgées arrivés ici pour prendre une cure de jouvence. La beauté de ce château avec les Alpes suisses en arrière-plan est aussi belle que la noirceur qui l’habite, Verbinski parvenant à filmer tout cela avec un sens graphique d’une richesse inouïe! Les compositions avec les reflets, la recherche de la symétrie, l’impact des couleurs… On pense au Shining de Kubrick, on a des hommages flagrants et magnifiques au Citizen Kane d’Orson Welles, on pense aussi au sublime Stoker de Park Chan-Wook qui partage la même folie créative, et le tout résonne d’une force qui lui est propre, et qui habite le film d’un bout à l’autre. Et c’est d’autant plus impressionnant que le film dure 2h30! A Cure for Life est sans conteste l’une des plus belles propositions cinématographiques de l’année!!!

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