Les news de la semaine: Poison-X

Coup dur pour la Fox, qui accumule les problèmes sur ses productions, alors que tout semblait plutôt bien se dérouler… La 1ère grosse annonce est le départ de Gore Verbinski (réal du génial A Cure for Life) du projet Gambit, qui se retrouve à nouveau orphelin… Le constat est terrible pour ce film perdu dans les limbes du development hell depuis de si nombreuses années! On a à peine eu le temps d’apprendre que le tournage était imminent, et voilà qu’il se retrouve à nouveau sans réalisateur! Rupert Wyatt, Doug Liman et maintenant Verbinski ont tour à tour abandonné le playboy cajun, et Channing Tatum va devoir serrer les dents jusqu’au 7 juin 2019, alors qu’il devait sortir à la base le 14 février 2019. Bon, le 7 juin, c’est dans le meilleur des cas, si un metteur en scène est retrouvé rapidement…

Le constat est encore plus terrible et incompréhensible pour The New Mutants, qui devait sortir ce 13 avril 2018, soit dans 3 petits mois, et qui est repoussé au… 14 février 2019!!! La stupeur est totale face à ce changement de planning, qui renvoie les jeunes mutants dans les cordes pour quasiment 1 an!!! Le tournage était déjà terminé, la promo jouait très intelligemment sur le statut horrifique du film, et la hype ne cessait d’augmenter. Autant dire que cette nouvelle fait l’effet d’une douche très très froide! On parle de la souris Mickey qui viendrait mettre son nez dans les affaires du renard de la Fox, mais on parle d’un autre côté de reshoots car le film ne serait pas assez flippant… The New Mutants était l’un des films que j’attendais le plus en 2018… Il va falloir patienter jusqu’en 2019.

 

Une bonne nouvelle (toute relative) pour terminer ce jeu des chaises musicales: Deadpool 2 sortira 15 jours avant la date prévue. Rien de ouf donc, et on ne sait pas si la Fox France avancera aussi la date ou conservera son 30 mai. Un sacré bordel juste après le rachat par Disney…

 

Runaways aura finalement été l’une des belles surprises en matière de série Marvel, enterrant sans souci Inhumans, The Gifted, Iron Fist ou encore The Defenders! Le show basé sur l’excellent comics Les Fugitifs de Brian K. Vaughan et Adrian Alphona surprend par sa solidité et son atmosphère très engageante, et c’est avec plaisir qu’on apprend qu’il est renouvelé pour une seconde saison, qui se verra augmentée de 3 épisodes supplémentaires (13 au total donc!). C’est Dentelle qui sera contente de revenir!

 

Alors que Scarlet Johansson et ses fans militent depuis des années pour un film solo Black Widow, voilà que Marvel vient d’engager une scénariste pour travailler sur le projet! C’est Jac Schaeffer (TiMER, le court Joyeuses Fêtes avec Olaf) qui a la pression pour nous conter des aventures dignes de Natasha Romanoff! Le lobbying de Time’s Up en ce moment sur Hollywood devrait certainement accélérer les choses! Il ne reste plus qu’à attendre maintenant!

 

Débarqué de Deadpool 2, le génial metteur en scène Tim Miller n’est en tout cas pas persona non grata chez la Fox, qui travaille actuellement avec lui sur un Untitled Kitty Pryde Spin-Off! Eh oui, les femmes prennent vraiment le pouvoir à Hollywood, et ce sera l’occasion de retrouver l’intangible avec peut-être son dragon Lockheed? Kitty avait précédemment été incarnée par Ellen Page, mais le personnage sera sans doute recasté. Bon, avec tout ces changements et annonces, j’en ai profité pour mettre à jour mon dossier Des comics à l’écran: les adaptations Marvel de 1944 à 2019!

 

La promo de Venom est vraiment très discrète pour l’instant, et la 1ère photo officielle du film ne casse pas des briques! Mais elle nous permet d’admirer le reporter Eddie Brock, personnifié par Tom Hardy! Bon, à quand un visuel de la bête??

 

On termine avec des photos surprenantes de Stan and Ollie, qui est un biopic sur les célèbres Laurel et Hardy! Ce film mis en scène par Jon S. Baird (qui a bossé sur les séries Babylon ou Vinyl) verra Steve Coogan et John C. Reilly endosser les rôles respectifs de Stan Laurel et Oliver Hardy, et les premières photos dévoilent une sacrée ressemblance!

 

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Deadpool 8: Donne-moi ta Tête

Nouvelle année, nouvelle formule pour le magazine Deadpool chez Panini, qui voit son volume augmenter pour atteindre les 128 pages! Avec la notoriété exponentielle du Mercenaire disert, on se retrouve pour la 1ère fois avec un mag qui ressemble à une vraie exploration du deadpoolverse, avec des séries dans lesquelles il n’apparaît pas mais qui sont plus ou moins proches de lui. C’est le cas avec les ajouts de la mini-série Deadpool kills the Marvel Universe again (dont le héros est un Deadpool alternatif), de The Unbelievable Gwenpool, et de la toute nouvelle série Cable!

Evidemment, on n’oublie pas notre Merc with a Mouth et on commence avec l’épisode 31 de la série Deadpool, toujours scénarisé par ce bon vieux Gerry Duggan. L’humoriste devenu auteur de comics flirte avec les événements de Secret Empire, puisque Wade est envoyé en mission top secrète par Captain America. Le montage parallèle entre les souvenirs de Deadpool et ceux de Phil Coulson est plutôt cool, et entretient tout le respect qu’ils ont pour la figure emblématique de Cap. Wade lui obéit aveuglément, tandis que Coulson commence à douter du bien-fondé des actes de Steve Rogers… Duggan va nous emmener sur un terrain très glissant, à l’image de ce qui est en train de se passer avec les événements actuels autour de l’Hydra, et il est accompagné par un Matteo Lolli toujours en belle forme, qui nous offre des planches dynamiques et prenantes. La foi aveugle de Wade en Steve Rogers va l’amener à commettre un geste choquant et irréparable!!!

On poursuit avec le 12ème épisode de Spider-Man/Deadpool, qui est un spécial Noël! Je m’attendais à un simple numéro de remplissage, comme c’est souvent le cas avec les épisodes de vacances, mais j’ai été sacrément surpris par la haute teneur du scénario de Nick Giovannetti et Paul Scheer!!! Je ne me rappelais pas de leur nom, mais c’est vrai que si je m’en étais souvenu, je me serais rappelé à quel point leur épisode Bi-Annual de Deadpool était juste génial!!! Ils nous balancent des vannes à chaque case, et avec une décomplexion qui frise l’impertinence! Ces gars ont un potentiel de dingue, et sont des noms à retenir dans l’industrie (je vais essayer de plus les oublier, promis ^^)! Quand Deadpool organise une fête de Noël chez lui, on a Captain Marvel qui râle à cause de son cadeau: « Non, je voulais Room avec Brie Larson. Pas The Room… » Beau clin d’oeil à l’actrice qui incarnera Carol Danvers dans le MCU! On a des vannes qui transcendent le 4ème mur ou qui jouent avec les références geek: « Banner reviendra. Les gentils reviennent toujours. Regardez Cap, il est mort plus souvent que Kenny dans South Park. »

On va même avoir droit à un cours d’histoire, avec l’apparition du dieu Saturne qui vient décimer la population qu’il estime nuire à sa fête des Saturnales, remplacée par Noël et son bon gros joufflu barbu tout de rouge vêtu. Wade va nous expliquer via Siri qui est Saturne et ce que sont les Saturnales, ce qui est en soi assez intéressant! L’idée est sacrément originale et la paire Giovannetti/Scheer va nous rédiger un script brillant ponctué de punchlines géniales! Par exemple, quand Spidey et Wade voient débouler une calèche en feu: « Tu as vu ça? – Le Ghost Rider version 19ème? – Mince. Tu crois qu’il se pointe parce qu’il s’est trompé de guerre civile? – J’espère que c’est un nordiste. Sinon, ça va pas lui plaire de recevoir des ordres d’un Captain America noir. » C’est pas savoureux ça? 😉 Bref, je ne vous raconte pas tout le bordel qu’il se passe dans cet épisode, mais c’est vraiment de l’excellent délire bien jouissif!

Vous vous rappelez de la mini-série Deadpool kills the Marvel Universe? Eh bien voici débarquer Deadpool kills the Marvel Universe again! On a droit à un nouveau bain de sang made in Wade, avec une nouvelle version alternative! Ca commence de manière bien sévère, avec un Gambit qui s’est salement fait trucider, et on va remonter dans le passé où Deadpool faisait équipe avec Docteur Vaudou, Malicia, Synapse et Vif-Argent, dans une version alternative des Uncanny Avengers. Ils affrontaient un M.O.D.O.K. en mode Mister T, quand soudain, l’esprit de Deadpool déraille… Le changement graphique est soudain et perturbant (c’est le toujours excellent Dalibor Talajic qui officie), et on va rapidement comprendre que Deadpool est manipulé mentalement par un mystérieux ennemi! On a Jessica Jones, Kate Bishop, le Punisher, Cable, Moon Knight et Misty Knight qui mènent l’enquête sur cette vague de meurtres touchant la communauté super-héroïque, et le récit de Cullen Bunn s’avère plutôt bon! On va d’ailleurs apprendre l’identité du bad guy qui triture la cervelle de Wade en fin d’épisode, et la suite promet d’être intéressante!

Aaaaah Gwenpool, mon coup de coeur de septembre dernier!!! Ce personnage entre Gwen Stacy et Deadpool s’avère totalement addictif, avec sa capacité à briser le 4ème mur (comme un certain Wade!) de manière bien originale! Pour rappel, cette Gwen Poole vient d’une terre où les super-héros n’existent que dans les comics, et lorsqu’elle a débarqué sur la Première Terre, elle avait une connaissance approfondie des héros et vilains, puisque elle connaît par exemple les identités secrètes de tout le monde! Gwen sait qu’elle a rejoint un univers de comics, et se sert de sa geek attitude pour s’en sortir! Le Deadpool Hors Série 2 était juste génial, et c’est à la suite directe que nous avons droit dans ce Deadpool 8, avec les épisodes 15 et 16 de la série consacrée à Gwen! C’est toujours Christopher Hastings, le créateur du personnage, qui gère le récit, accompagné par Myisha Haynes et Gurihiru qui assurent la partie graphique (j’ai une nette préférence pour Gurihiru quand même…). Gwen veut venir en aide à Cecil, dont l’âme est coincé dans un cristal, et elle va être aidée par Hawkeye (version Kate Bishop) et Ghost Rider (version Robbie Reyes). Ensuite, son frère va ramener Gwen dans son monde, où on va suivre sa petite vie de geek. Le 1er épisode est clairement plus orienté action, et le second est plus calme. Ca reste bien fun, et je suis curieux de voir ce qui va advenir de Gwen dans la suite!

On termine par la toute nouvelle série Cable, consacrée au célèbre voyageur temporel! C’est James Robinson qui reprend les rênes, et il est accompagné par l’excellent Carlos Pacheco au dessin! Entre Far-West et Japon médiéval, Cable va avoir du boulot pour réarranger le continuum, et ça reste curieusement très basique… Ca n’est pas déplaisant, et c’est un vrai plaisir de retrouver Nathan Dayspring Summers, mais l’histoire n’est pas trop développée… On sent l’introduction tranquille, espérons que ça va ouvrir sur un récit plus complexe par la suite! Bon, et le coup de mettre une couverture totalement HS provenant de la mini-série Split Seconds, c’est limite quand même…

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Le clip de la semaine: Vyryl – Moon Dust

Cette semaine, on va porter notre attention sur le duo Vyryl qui nous vient tout droit de Besançon, une ville qui s’avère être un véritable vivier en matière d’électro/rock, ce que ne niera certainement pas Horskh! Lui aux machines, elle à la batterie, et c’est parti pour des morceaux dark electro avec une réappropriation des sonorités 90’s qui font du bien aux oreilles! Vocoder, synthé, ça sent bon le rétro mais ne vous y trompez pas, leur inspiration permet de moderniser le tout avec une vraie puissance sonore, et l’aura de Gesaffelstein n’est pas loin!

J’ai eu la chance de pouvoir écouter les 4 morceaux de leur prochain EP A Point, dont l’énergie et la persistance n’a rien à envier à leurs travaux précédents! 4 titres bien pêchus donc avec lesquels ils nous convient à un trip sonore dense, complexe et addictif, doublé d’une très belle maîtrise! Pour les chanceux qui seront du côté de Besançon le jeudi 18 janvier, Vyryl lâchera sa toute nouvelle salve lors d’une release party à l’Antonnoir, ce sera l’occasion d’aller vous décrasser les guibolles sur de l’EBM de qualité! Et l’EP sera dispo en téléchargement libre fin janvier sur Bandcamp!

En attendant, je vous laisse avec le morceau Moon Dust joué en live, et qui devrait vous donner un bel aperçu des capacités de ce duo à surveiller de près!


 

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Avengers 7: Mise au Point

Un Avengers pré-Secret Empire en grande partie scénarisé par Mark Waid, comme c’est de coutume chaque mois. Après l’excellente guerre contre Kang où Waid a actionné le mode Jonathan Hickman avec beaucoup de classe, on se retrouve aujourd’hui dans un registre bien plus léger, avec une aventure où les Avengers vont devoir infiltrer un camp de vacances pour jeunes filles! On est donc très loin des thématiques temporelles et de destruction des mondes, mais Waid a probablement envie de souffler un peu, et il est aidé dans cette tâche plus fun par le scénariste Jeremy Whitley. Il y a une alchimie plutôt efficace entre Spider-Man, Vision, Hercule, Captain America, la Guêpe et Thor, et l’apparition de Fatalis va donner lieu à quelques réactions très partagées!

Il faut dire que Victor Von Fatalis est le nouvel Iron Man, et après des décennies passées à lutter contre lui, les Avengers sont très réservés quant à sa soudaine envie de passer du côté des gentils! Seule Nadia Pym est carrément enthousiaste à l’idée de le rencontrer, puisqu’il est vrai qu’elle est un petit génie en herbe, et que Fatalis est un scientifique de renom. C’est plutôt incongru de voir les Plus grands Héros de la Terre inviter Fatalis à prendre le thé chez eux! Mais il a une mission pour eux, ou plus précisément pour Nadia, qui va devoir infiltrer le camp de jeunes filles afin de trouver ce qui s’y trame. Phil Noto assure une belle partie graphique ainsi que la colorisation, et si cet épisode est moins captivant que les précédents (il faut dire que le niveau était bien élevé!), il reste un bon moment d’action et d’humour, qui en profite pour mettre encore une fois en avant ce personnage haut en couleur qu’est cette nouvelle Guêpe.

Waid enchaîne ensuite avec les Champions, et ce qui claque d’emblée c’est le changement de tonalité au niveau des couleurs, avec un rendu bien plus chaud servi par Edgar Delgado et un graphisme bien dynamique signé par l’excellent Humberto Ramos. Les Champions doivent faire face à une accusation très grave, puisqu’ils sont interrogés sur le passage à tabac de 2 SDF! Il s’agit évidemment d’un coup monté fomenté par les Freelance, leurs tous nouveaux ennemis jurés, et ils vont devoir prouver leur innocence. On est dans un registre teen plutôt sympa, avec quelques trouvailles intéressantes comme le personnage de Cass la Maudite, qui peut entrer dans une baraque avec une ceinture d’explosifs et en ressortir indemne! Son invulnérabilité et son caractère renfermé en font un des personnages les plus intéressants du groupe de super-vilains! Par contre, le twist de fin est un peu naze je trouve…

Quoi?? Dans le dernier épisode d’Uncanny Avengers, Malicia et Deadpool s’embrassaient?? Hmm cette love story peut paraître très étrange effectivement, mais elle a surtout eu pour effet de faire ressortir Wonder Man qui était enfermé dans le corps de Malicia! Le retour de Simon Williams est accueilli avec joie par son ami le Fauve, et Malicia semble bien avoir augmenté ses pouvoirs par la même occasion! Bon, on ne sait pas si cette romance durera, puisque Deadpool quitte l’équipe dans ce numéro, tout comme le scénariste Gerry Duggan, qui s’offre même un caméo! Pendant ce temps, Synapse va tenter de sauver Cable qui se trouve dans un état entre le coma et la mort, en se connectant à l’intelligence artificielle de son bras cybernétique. Elle va alors explorer la psyché de Cable tout en ayant des visions très personnelles, notamment sur son futur possible… Cable est bien placé pour saisir la complexité et la précarité du flux temporel, et Gerry Duggan nous livre un épisode sympathique. Bon, c’est là que Steve Rogers vient chercher Wade pour une mission top secrète…

Alors que le transfert de Brian Michael Bendis chez DC a été officialisé, ses épisodes d’Invincible Iron Man sortent toujours, et prouvent tout le talent du bonhomme! Ce numéro 7 consacré à la jeune Riri Williams s’avère très riche, et on va suivre cette ado-génie qui s’est construite sa propre armure d’Iron Man avec beaucoup d’intérêt, entre son quotidien et sa surveillance par le S.H.I.E.L.D. qui veut à tout prix la faire rentrer dans le moule. Sharon Carter n’a d’ailleurs rien à envier à Maria Hill dans sa façon de gérer l’agence gouvernementale… Il y a une vraie finesse et un bel humour dans le scénario de Bendis, qui s’appuie sur de très bons dessins de Stefano Caselli! Riri va affronter le redoutable Feu Follet et va bien se faire rétamer… L’approche psychologique est très intéressante, et la discussion entre la mère de Tony Stark, Mary-Jane Watson, et l’I. A Friday et celle de Tony Stark s’avère finalement riches en émotions! Savoir que Bendis va quitter le navire est finalement triste…

On termine avec 2 épisodes d’Avengers.1, la série qui revient sur les origines de l’équipe en y incluant quelques nouveautés. C’est le cas avec Cressida, alias Avenger X, qui fait partie de l’équipe mais qui monte les membres les uns contre les autres, dans une volonté de destruction évidente. Barry Kitson, Mark Bagley, Sean Izaakse et Ro Stein nous livrent des planches old school, optant pour une approche nostalgique dans le design. Maintenant il ne s’agit pas d’épisodes indispensables, mais ils offrent toutefois un contenu intéressant, notamment dans la gestion de la menace que représente Cressida. Mark Waid est vraiment un homme très occupé, et il s’en sort bien sur l’ensemble des séries qu’il traite!

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Black Mirror saison 4 (2017)

La série de Charlie Brooker s’est rapidement imposée comme une proposition ultra-inventive la plaçant dans la droite lignée des récits de Rod Serling! On trouvera en effet de très nombreuses similitudes avec La Quatrième Dimension, notamment dans l’aspect souvent sans concessions des récits présentés, et l’aspect anthologique s’avère très intéressant, surtout dans cette approche très moderne sur les réseaux de communication. Black Mirror est une extrapolation de toutes les peurs liées aux évolutions technologiques, et l’acuité du regard de Brooker est très pertinente, nous conviant à des histoires dans lesquelles l’humour n’est pas totalement absent, mais qui s’avèrent la plupart du temps très sombres…

Si la saison 3 recelait 2 épisodes parmi les moins intéressants de la série, elle restait néanmoins d’un très bon niveau grâce aux 4 autres. Cette saison 4 se présente bien différemment, puisqu’un seul épisode s’avère vraiment prenant, tandis que les 5 autres sont intéressants, mais ne sont pas dingues non plus… On commence donc avec le délirant USS Callister signé Toby Haynes, qui a notamment bossé sur Doctor Who, et qui nous livre une relecture de Star Trek des plus réjouissantes! Enfin réjouissant, le mot est peut-être balancé un peu vite, mais l’évolution de cet épisode s’avère vraiment captivant! L’hommage à Gene Roddenberry est excellent, mais on ne va pas en rester là, et Haynes va explorer une technologie moderne qui fait froid dans le dos, et l’humour va soudain faire place à quelque chose de bien flippant… La tenue de cet épisode est exemplaire, et Jesse Plemons est vraiment bon dans son rôle! La gradation est parfaitement maîtrisée, et on assiste à un space opera dont les répercussions sont très importantes, et qui visuellement nous balance dans un univers chaudement old school des plus réussis! La réflexion sur les réalités virtuelles est très profonde et complexe!

On a beaucoup parlé de l’épisode Arkangel car Jodie Foster l’a mis en scène, mais personnellement je ne le trouve pas plus captivant qu’un autre. Le récit est intéressant, avec là encore une approche très précise des innovations technologiques, mais après 3 saisons à explorer ce domaine, on sent que ça tourne un peu en rond… Le concept est certes intéressant avec ce système permettant de surveiller les enfants à distance, et qui est là pour rassurer les parents et sécuriser les jeunes. Mais quand les jeunes grandissent, cela peut se retourner contre eux… Il y a de quoi alimenter les débats sur la sécurité et sur l’aspect Big Brother que représente la technologie Arkangel, mais c’est quelque chose qu’on a déjà pu voir auparavant dans des saisons précédentes, et en plus percutant… L’analyse sur le choix de masquer la violence du monde aux enfants est pertinente, et est bien retranscrite visuellement…

Crocodile propose là encore un concept très intéressant, à savoir une machine capable de faire resurgir les souvenirs des gens pour les besoins d’une enquête. Mais au-delà de ça, il s’agit d’un récit sacrément étouffant et sans concessions, que John Hillcoat gère avec sa radicalité coutumière (il a quand même réalisé La Route, qui est loin d’être joyeux), et qui enferme véritablement le spectateur dans une ambiance des plus glauques. Alors oui ça reste intéressant, mais ça fait du bien quand on arrive au terme de l’épisode et qu’on peut reprendre sa respiration… Je ne suis pas spécialement fan des ambiances anxiogènes à ce point, et même si je reconnais le travail intransigeant d’Hillcoat, ça n’est pas ce que je préfère…

Hang the DJ va offrir une vision innovante des speed dating, avec une appli révolutionnaire qui va permettre de trouver le partenaire idéal à 99,8 %, ce qui est plutôt encourageant! Là encore, le récit se suit agréablement, mais offre quelques moments répétitifs, tout en nous donnant quelques notes d’émotions bienvenues. Le concept est intéressant, mais aurait pu s’avérer bien plus intense, et Timothy Van Patten (à qui l’on doit quelques épisodes des Soprano ou de The Boardwalk Empire) emballe le tout avec une belle forme. Mais le récit aurait pu être encore plus captivant…

Metalhead va offrir un constat similaire à la plupart des épisodes de cette saison, avec un récit sympathique, mais qui n’entraîne pas davantage… Ce post-apo avec robots tueurs démarrait plutôt bien, avec une belle colorisation en noir et blanc, mais l’histoire stagne un peu, et reste au final assez classique dans le genre. David Slade (Hard Candy, 30 Jours de Nuit) gère sa partition de manière efficace, mais ça ne va pas plus loin.

On termine avec Black Museum, qui est presque une anthologie à lui tout seul, puisqu’il va nous balancer plusieurs récits interconnectés relatant des avancées technologiques révolutionnaires. Le transfert d’âme est un concept très intéressant, qui va devenir un vrai cauchemar pour la personne transférée… Charlie Brooker joue avec la notion d’esprit et de ce qui fait la personne, pour nous livrer une histoire très sombre à travers les différents éléments de ce musée paumé… On rejoint une certaine radicalité que l’on a pu avoir dans l’épisode Crocodile, et qui donne une dimension infernale à ce Black Museum, avec une approche résolument sans concessions. Là encore, certains crieront au génie, perso je ne suis pas trop friand de ces ambiances extrêmes, mais Colm McCarthy (The last Girl – celle qui a tous les Dons) nous livre un épisode intéressant et qui va questionner les notions d’humanité et de conscience avec un regard innovant, celui de Charlie Brooker, qui a oeuvré sur tous les scénarii. Espérons que la salve de 2018 soit plus enthousiasmante, mais celle de 2017 reste toutefois à voir.

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