Marvel Universe 5: La Guerre des Identités

Ce Marvel Universe 5 s’éloigne des récits cosmiques habituels, pour nous offrir des annuals consacrés à 3 héros Marvel constituant une histoire complète. C’est ainsi que l’Amazing Spider-Man Annual 38, le Deadpool Annual 1 et l’Incredible Hulk Annual 1 forment un triptyque répondant au nom de La Guerre des Identités, écrit par un scénariste que je ne connais absolument pas, John Layman. Pour la petite histoire, un annual est un récit supplémentaire aux 12 ou 24 numéros d’une série sortant chaque année, une sorte de bonus qui n’a pas forcément lieu tous les ans, mais qui permet souvent de développer une histoire se libérant de la continuité.

Ici, on a donc affaire à 3 annuals, une sorte de team-up entre Spider-Man, Deadpool et Hulk, alors qu’ils se retrouvent projetés dans une dimension parallèle par la grâce de John Layman. On peut s’attendre à un coup marketing avec la réunion de ces 3 poids lourds, mais la crainte d’un récit inepte ou fade est balayée dès les premières pages, Layman assumant parfaitement son rôle d’outsider et libérant toute son énergie dans un récit diablement inspiré et carrément surprenant! Cet Identity Wars est une petite bombe que l’on avait pas vu venir!


Le coup des mondes parallèles est une constante dans l’univers Marvel, et si elle permet la plupart du temps de se libérer de la continuité acquise depuis 60 ans, elle est souvent aussi propice à des relectures simplistes et sans profondeur des héros classiques. Layman démontre quant à lui une dose conséquente de savoir sur les personnages, et se plaît à déconstruire cette fameuse continuité de manière ultra-savoureuse!!! C’est un pur régal de découvrir ce monde dans lequel Spidey est un héros populaire adulé par tous, même par ce vieux briscard de Jameson! S’il n’avait pas voulu se fouler, John Layman en serait resté là, mais il va aller bien plus loin que ce passage à travers le miroir, en développant un récit bien complexe, ponctués de clins d’oeil follement intelligents! Et la réunion des 3 super-héros n’a rien d’artificiel, chacun jouant un rôle très précis dans la construction narrative!

Quand le Peter Parker de l’Univers 616 (le classique) échoue dans celui où Spidey est une star, il va revêtir le costume du héros local afin de le remplacer le temps qu’il se remette de ses blessures. Parker va donc découvrir avec étonnement les joies de la popularité. Il va surtout aussi faire des rencontres qu’il ne pensait plus pouvoir faire, et c’est là que tout le génie de Layman prend son sens. Il va jouer avec la mythologie du Tisseur pour développer des éléments très personnels de la vie de Spidey de manière très touchante! Et par-dessus tout ça, il va nous offrir des rebondissements de dingue qui fonctionnent à merveille!

Le récit va également s’articuler autour d’un bad guy nommé Death Mask, et possédant des similitudes certaines avec notre bon vieux Fatalis. Mais là encore, Layman prend un plaisir tout particulier à multiplier les pistes et à sortir du carcan de la simple relecture, en nous faisant découvrir des personnages très surprenants! Le double de Deadpool est à ce titre vraiment bon, répondant au doux patronyme de Death Wish! Et que dire du Bruce Banner de cette dimension, qui a réussi à dompter son Hulk? Là encore, les trouvailles scénaristiques sont extrêmement savoureuses, John Layman s’intéressant au moindre détail tout en construisant un récit global qui se tient parfaitement! Le délire est énorme, et la qualité indéniable! Chaque chapitre est dessiné par un autre artiste, et c’est Lee Garbett, Juan Doe et Al Barrionuevo qui officient pour mettre en images cette aventure déjantée de manière très efficace!

Et pour finir ce numéro, on a droit à un épisode bonus qui est Le Leurre, où Wolverine fait équipe avec Wade afin de contrer la menace d’un robot alien. C’est Stuart Moore qui écrit, accompagné de Shawn Crystal au dessin, et c’est un délire bien sympathique! Ce récit n’a pas la complexité du précédent, mais il permet de voir une nouvelle alliance entre Logan et Wade qui fait forcément des étincelles, et Moore s’éclate vraiment à écrire ça! Les vannes de Wade fusent et sont excellentes, et le pauvre Wolvie doit supporter tout ça…

Bref, de l’excellent niveau pour ce Marvel Universe 5, avec un DP en forme olympique, accompagné de coéquipiers de choix! Et surtout, des scénaristes qui prennent plaisir dans leur travail et qui le communiquent!

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Misfits saison 4 (Howard Overman, 2012)

Il aura fallu subir une atroce saison de transition avant de pouvoir retrouver une atmosphère presque digne des débuts de la série! La saison 3 était franchement catastrophique, et Howard Overman est parvenu à redresser la barre en ne réitérant pas l’erreur de vouloir à tout prix se rapprocher de la personnalité unique des saisons 1 et 2, mais en faisant un véritable nettoyage par le vide et surtout, en laissant ses personnages évoluer à leur manière, grâce à une bande d’acteurs très talentueux.

Nettoyage par le vide donc avec l’éviction de Simon et Alisha perdus dans une boucle temporelle, tandis que Kelly s’est envolé pour un pays d’Afrique. Ne subsiste finalement que Curtis (Nathan Stewart-Jarrett), qui n’était pas franchement le plus indispensable… Le premier épisode de cette nouvelle saison s’avérait bien délirant, tout comme l’était celui de la saison 3 d’ailleurs… Et exactement comme l’était le second épisode de la saison 3, le 2ème de cette année s’avérait très poussif, et prometteur d’une saison sans intérêt… Hésitant à poursuivre, j’ai quand même laissé une chance au 3ème épisode, sans grande conviction… Et c’est là que cette saison 4 a commencé à prendre tout son sens!

Difficile de lâcher des personnages de la trempe de Nathan (Robert Sheehan a définitivement marqué de son empreinte l’histoire des séries avec sa composition de dingue!!!), et c’est très probablement cet attachement aux 2 premières saisons qui aura causé la perte de la saison 3. Aujourd’hui, Overman a bien compris que Rudy (Joseph Gilgun) ne serait jamais le nouveau Nathan, et c’est tant mieux! Du coup, Gilgun a pu se lâcher et s’ouvrir à ce personnage bien déjanté dont il assume l’identité. L’aspect carrément glauque et pervers du personnage a été abandonné, et il ne fait plus dans la surenchère afin de dépasser la folie de Nathan. En fait, il devient beaucoup plus intéressant depuis qu’il se détache de sa volonté de singer Nathan, gagnant en profondeur à un point que je n’aurais pas soupçonné!

A ses côtés, Curtis persiste, mais le reste du casting est entièrement composé de nouveaux venus aux personnalités bien variées; on a la jolie et fonceuse Jess (Karla Crome), le timide Finn (Nathan McMullen), et le playboy Alex (Matt Stokoe). 3 nouveaux personnages qui après 2 épisodes de rodage parviennent à instaurer une cohésion que l’on n’attendait plus, et surtout à offrir une nouvelle dynamique au show! Les imbrications des différents pouvoirs et secrets en présence sont traités avec un sens de l’écriture qui nous ramène quelques saisons en arrière, et c’est paradoxalement dû au fait que l’on ne cherche plus à tout prix à s’en rapprocher! Si l’équipe originelle était tout simplement géniale, il fallait prendre la difficile décision de totalement s’en détacher, ce qui a permis de repartir sur de nouvelles bases. Le concept reste le même, l’environnement également, et les auteurs ne peuvent pas écrire autre chose que du Misfits. Mais du coup, ils reviennent à du bon Misfits, et pas cette pâle copie qu’était la saison 3! La saveur se répand à nouveau, et l’on se surprend à rire à certaines répliques qui claquent, ou a des situations totalement barges! La magie se remet à opérer, et ça fait un bien fou de se rendre compte qu’une résurrection est possible!

Les 2 premières saisons resteront à jamais mythiques, et cette 4ème n’atteint pas le niveau hors norme des origines; mais elle possède une personnalité très forte qui donne envie épisode après épisode d’y retourner, et de poursuivre ces aventures totalement barges! C’est un renouveau total pour la série, et c’est un vrai plaisir de retrouver une fraîcheur que l’on croyait perdue! Avec une mention spéciale pour le nouvel agent de probation, sacrément ravagé lui aussi! Shaun Dooley en fait un être vraiment particulier, et il se place dans la lignée des précédents avec classe!

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Le clip de la semaine: Led Zeppelin – Traveling Riverside Blues

Parce que ça fera toujours du bien de se glisser du Led Zeppelin dans l’oreille

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Cat’s Eye (Lewis Teague, 1985)

Après sa première incursion dans l’univers de Stephen King avec l’excellente adaptation du roman Cujo, Lewis Teague retrouve l’écrivain en 1985 en mettant en scène ce film à sketches narrant 3 histoires de suspense et de fantastique. C’est King lui-même qui écrit le scénario, basant les 2 premiers récits sur des nouvelles extraites de son recueil Danse macabre, et écrivant un scénario original pour le dernier.

Le premier sketch adapte la nouvelle Desintox, Inc. et offre à James Woods le rôle d’un homme décidant d’arrêter de fumer, et prenant pour cela contact avec une société aux méthodes très radicales.  Lewis Teague instaure une ambiance à la fois paranoïaque et absurde, le personnage principal (et le spectateur du coup) ne pouvant imaginer arriver à de telles extrémités simplement pour arrêter de fumer. On sent la filiation avec l’humour noir de l’écrivain Roald Dahl, qui nous offrait lui aussi des histoires savoureuses et tordues comme dans son recueil Bizarre! bizarre!. Le récit de King était déjà réussi à la base, et Lewis Teague est parvenu à le retranscrire efficacement grâce à sa mise en scène inspirée. On a droit à une scène onirique bien barge où James Woods voit des gens fumer à outrance lors d’une soirée mondaine, ce qui apparaît comme une variation soft et annonciatrice de la fameuse scène orgiaque du Society de Brian Yuzna!

La seconde histoire est encore plus simple: un jeune homme est enlevé par un riche homme d’affaire, qui veut se venger du départ de sa femme avec le premier. Il lui propose un marché pour rester en vie: faire le tour de la corniche de son immeuble. Adapté de La Corniche donc, ce récit met en scène Robert Hayes qui n’a d’autre choix que d’accepter ce pari fou. Il va franchir la balustrade du balcon de son ennemi, et entamer un périple dangereux sur ce mince rebord faisant le tour de l’immeuble, situé à une hauteur vertigineuse. Là encore, la nouvelle de Stephen King jouait savamment sur le suspense, et Lewis Teague a réussi à la transposer de manière cinématographique en faisant ressortir tous les éléments intéressants; si le début de la folle ballade du pauvre Johnny est difficile, elle le devient encore plus lorsqu’il se retrouve sur le flanc du bâtiment balayé par le vent… Teague parvient à maintenir son suspense jusqu’au bout, Johnny étant aux prises avec des éléments perturbateurs naturels, mais étant également constamment suivi par son hôte, qui tente par tous les moyens de le faire basculer dans le vide. Un récit très prenant!

La dernière histoire est donc la pièce originale du film, qui suit le combat du chat du titre contre un ennemi féroce, un lutin qui s’est introduit dans la maison d’une famille, et qui va tenter de tuer la petite fille. Celle-ci est incarnée par Drew Barrymore, enfant-star depuis E.T., l’Extra-Terrestre, et qui joue avec conviction la petite Amanda aux prises avec ce sale lutin. Les effets visuels sont datés, mais le réalisme de la créature reste convaincant. Le charme des 80’s opère toujours dans cette aventure fantastique aux allures de conte cauchemardesque…

Cat’s Eye est une réussite dans le genre, qui s’amuse lors du savoureux générique d’entrée à faire des clins d’oeil à l’oeuvre du King, notamment avec Cujo qui poursuit le chat! Ce chat qui va faire le lien entre les 3 sketches, passant d’un récit à l’autre au gré de ses errements, jusqu’à trouver la petite fille à qui il va tenter de venir en aide. Encore une fois, Lewis Teague parvient à faire ressortir la tension et le suspense des oeuvres de Stephen King, même si son Cujo reste sa meilleure adaptation!

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Les news de la semaine: Living in Oblivion

 

Oblivion, c’est le projet tant attendu de Joseph « Tron-l’Héritage » Kosinski, film de science-fiction ambitieux qui verra Tom Cruise arpenter une Terre abandonnée (sortie le 10 avril). L’affiche est magnifique, et l’on espère une vision futuriste tout aussi aboutie que sa précédente oeuvre! D’ailleurs, la BA semble bien aller dans ce sens!

On continue avec Kosinski, puisque pour Tron 3, il pourra à nouveau compter sur l’excellent Garrett Hedlund! Sam Flynn sera donc de retour, mais la question qui se pose maintenant, est-ce que Kevin Flynn sera lui aussi de la partie? Ce serait génial de revoir Jeff Bridges dans la Grille!

 

Pain and Gain racontera l’histoire du Sun Gym Gang, bodybuilders criminels ayant commis leurs méfaits entre décembre 1999 et janvier 2000. Une histoire vraie donc pour Michael Bay, qui officie sur un registre plus intimiste que ses productions habituelles. Un film d’auteur avec The Rock et Mark Wahlberg par le réal de Transformers? On peut en tout cas espérer un bon film d’action survitaminé! sortie le 28 août.

 

Terrence Howard rejoint Denis Villeneuve (Incendies) sur son nouveau film, Prisoners, qui verra Hugh Jackman tenter de faire justice lui-même afin de sauver sa fille kidnappée. Howard rejoint Wolvie, Jake Gyllenhall, Melissa Leo et Paul Dano dans ce thriller très attendu!

 

Nouvelle affiche pour le délirant Hansel et Gretel (13 mars) de Tommy Wirkola, porté par les excellents Jeremy Renner et Gemma Arterton!

 

Nouvelle affiche également pour l’ultra-attendu The Wolverine, et le résultat est somptueux! D’ailleurs, le titre français du film a été trouvé, et il est bien pourri: Wolverine: le Combat de l’Immortel

 

Affiche également pour Du Plomb dans la Tête, qui sortira le 27 février!

 

Réalisé par l’inconnu Richie Smyth, The Mulbury Project s’annonce comme un croisement dévastateur entre post-apocalyptique et invasion extraterrestre, le tout semblant mené avec un véritable sens de la dramaturgie. Même s’il est encore tôt pour juger, Smyth est parvenu à attiser la curiosité, et ce mystérieux projet est à suivre!

La science-fiction est définitivement revenue en force, et M. Night Shyamalan n’y échappe pas, lui qui nous convie à un Avatar-like avec Will Smith et son fils Jaden Smith! La bande-annonce d’After Earth semble promettre un spectacle ambitieux, mais combien de fois a-t-on déjà été déçu par celui qui nous avait pourtant pondu l’un des plus beaux films de super-héros avant la vague déferlante Marvel avec le magnifique Incassable? On croise très fort les doigts, résultat le 5 juin!

Le Man of Steel de Zack Snyder se dévoile un peu plus, et le réalisateur de Watchmen risque de nous mettre une baffe monumentale le 19 juin avec sa nouvelle relecture DC!

Encore un trailer pour Le dernier Rempart de Kim Jee-Woon qui s’annonce de plus en plus explosif! Sortie le 23 janvier

G. I. Joe: Conspiration se réveille doucement, et nous offre un nouveau trailer qui fait saliver! (27 mars)

Un Daylight à la russe par un certain Anton Megerdichev, ça s’appelle Metro et ça semble plutôt emballant!

BA française pour l’énorme Universal Soldier: le Jour du Jugement qui sortira directement en DVD le 23 janvier malgré les excellentes critiques l’accompagnant dans tous les festivals! Ce film de John Hyams est tout simplement génial, tout comme le précédent qu’il avait aussi mis en scène lui-même! Si vous pensez que Van Damme + Lundgren, ça donne forcément un nanar sympa, mattez ces péloches démentielles et révisez vos jugements! 😉

La vague horrifique espagnole semble s’être tarie depuis les fameux [REC] et autres Scary Stories, et c’est une agréable surprise de découvrir la BA d’Insensibles, film signé Juan Carlos Medina qui explore à nouveau les tréfonds macabres de l’enfance avec l’ambiance caractéristique des productions ibériques, et qui semble en tout cas très prometteur! Insensibles sortira directement en DVD le 13 février.

On termine par la nouvelle BA complètement dingue de Chinese Zodiac! Cette suite d’Opération Condor et Mr. Dynamite va vraiment tout faire péter!!! Avec une affiche bien plus sympa que celle de la semaine dernière!

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