A Cure for Life (Gore Verbinski, 2016)

Gore Verbinski. Le réalisateur du Mexicain, du Cercle: the Ring, de Pirates des Caraïbes – la Malédiction du Black Pearl, de Rango… Que des films devant lesquels je me suis profondément ennuyé… Et d’un coup, sans prévenir, il nous livre un chef-d’oeuvre absolu. Un film d’une beauté ténébreuse et d’une force d’attraction juste incroyable. Dire que je n’attendais pas un tel niveau de sa part serait un euphémisme, et j’ai été littéralement bluffé par cette proposition de cinéma d’un niveau tout simplement exceptionnel!

A Cure for Life est une pépite inespérée, qui a été créée en marge totale de la logique hollywoodienne! Quand on a un metteur en scène qui a livré des blockbusters Disney comme Pirates des Caraïbes – la Malédiction du Black Pearl, Pirates des Caraïbes – le Secret du Coffre maudit ou encore Pirates des Caraïbes – jusqu’au Bout du Monde, on peut se dire qu’il est confortablement installé dans une logique de cinéma commercial et de rentabilité maximale. Et pourtant, A Cure for Life va s’affranchir de toute cette torpeur et ce manque d’imagination caractérisant nombre de franchises, et va offrir une expérience cinématographique aussi captivante qu’inattendue!

C’est simple, du tout premier plan jusqu’au tout dernier, le film est d’une richesse juste incroyable! La mise en scène de Gore Verbinski est d’une perfection absolue, et se combine avec un travail sonore lui aussi parfait! Verbinski parvient à sublimer chaque moment, chaque action des protagonistes, en les filmant avec une inventivité juste démentielle! A Cure for Life est une succession incessante de scènes tout simplement magnifiques, et Verbinski nous plonge dans un cauchemar vénéneux à souhait et duquel on a aucune envie de sortir! Le récit de base, avec ce sanatorium isolé dans un château suisse, est d’un classicisme absolu dans le genre horrifique, et Verbinski va nous livrer un conte macabre qui va totalement jouer avec les codes du genre, en les triturant à sa manière bien tordue, et on va se retrouver devant un film qui n’a strictement rien à envier au Shutter Island de Martin Scorsese. A Cure for Life est clairement supérieur à celui de Scorsese, car il est tout simplement parfait tant dans sa forme que dans son fond.

Dane DeHaan, qui avait été révélé par le très bon Chronicle de Josh Trank, et qui jouait Harry Osborn dans The amazing Spider-Man: le Destin d’un Héros, incarne un jeune cadre arriviste, envoyé dans une clinique en Suisse afin de ramener un de ses supérieurs qui s’y est rendu depuis plusieurs semaines. Mais évidemment, tout ne va pas se passer comme il l’aurait souhaité… Ce château à l’histoire entachée de sang est devenu un sanatorium renommé, dirigé par Monsieur Volmer, un homme très attaché au bien-être de ses patients. Il est joué par Jason Isaacs, qui incarnait Lucius Malfoy dans la saga Harry Potter. L’acteur donne une très belle densité au personnage, qui gère sa clinique d’une main de fer sans jamais se départir de sa bonne humeur. Et quand Lockhart (Dane DeHaan) se retrouve dans cet immense château après avoir eu un accident de voiture, il va rapidement se rendre compte que l’apparence paisible des lieux cache de lourds secrets… On va suivre Lockhart dans les dédales de ce sanatorium, que Verbinski va nous faire découvrir dans une succession de tableaux juste incroyables! Sa mise en scène monumentale va nous plonger dans ce qui est censé être un havre de paix, et qui va se révéler très perturbant. Ca va commencer par de petits éléments, comme un bruit provenant de la chasse d’eau, un saignement de nez, mais le mal rôde dans ce château tel une maladie, et Gore Verbinski va nous offrir un travail visuel époustouflant dans son évocation de tout ce qui se passe ici… L’ambiance est pesante, et la beauté picturale est totale…

A Cure for Life est un sommet de noirceur, une sorte de thriller psychologique et métaphysique qui va puiser toute sa puissance dans sa capacité à faire ressortir des peurs inconscientes. Ce n’est pas à proprement parler un film d’horreur, mais il baigne dans une atmosphère macabre virant au glauque, tout en étant filmé avec la grâce absolue d’un peintre! Gore Verbinski est un visionnaire d’une puissance rare, et la plongée qu’il nous propose dans cet institut va nous ramener à nos propres terreurs inconscientes, avec des images très symboliques et très freudiennes. La bande-annonce laissait voir cette image marquante d’une jeune fille dans une baignoire remplie de vers géants, et l’impact de ce genre d’image est immédiat, avec ce contraste entre la beauté pure et le dégoût qu’inspirent ces vers, visions phalliques représentant la maladie. Et tout le film fonctionne de cette manière, en nous faisant découvrir progressivement ce qui se cache sous la surface, derrière les murs gothiques, derrière les apparences affables, derrière l’épiderme de ces personnes âgées arrivés ici pour prendre une cure de jouvence. La beauté de ce château avec les Alpes suisses en arrière-plan est aussi belle que la noirceur qui l’habite, Verbinski parvenant à filmer tout cela avec un sens graphique d’une richesse inouïe! Les compositions avec les reflets, la recherche de la symétrie, l’impact des couleurs… On pense au Shining de Kubrick, on a des hommages flagrants et magnifiques au Citizen Kane d’Orson Welles, on pense aussi au sublime Stoker de Park Chan-Wook qui partage la même folie créative, et le tout résonne d’une force qui lui est propre, et qui habite le film d’un bout à l’autre. Et c’est d’autant plus impressionnant que le film dure 2h30! A Cure for Life est sans conteste l’une des plus belles propositions cinématographiques de l’année!!!

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Le clip de la semaine: Kia Niro – Hero’s Journey

Pour les besoins de leur nouvelle pub, Kia a fait appel à l’actrice Melissa McCarthy (Spy, S.O.S. Fantômes), et le résultat est juste hilarant!

 

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Civil War II 2

2ème acte pour cette nouvelle confrontation entre héros, avec toujours Tony Stark comme élément perturbateur, 10 ans après le 1er Civil War. Mais cette fois-ci, il a vraiment des raisons de s’attaquer aux Inhumains! La situation dégénère rapidement, et les fameuses prédictions d’Ulysse sont catastrophiques! Brian M. Bendis semble bien décider à dynamiter l’univers Marvel, avec quelques répercussions titanesques! C’est tellement important que même Deadpool est de la partie! 😉 Bon, on se doute bien que ce qui arrive ne durera certainement pas, mais c’est plutôt bien tourné scénaristiquement parlant, et ça fonctionne au niveau émotionnel. Même si on sent clairement l’emprunt à certains éléments de Civil War 1er du nom…

Il y a dans cette suite une sorte de perpétuation philosophique et thématique de l’event de Mark Millar, qui avait déchaîné les passions il y a 10 ans. Aujourd’hui, on sent que la formule est reprise efficacement, mais avec une certaine lucidité dans son traitement: Bendis fait du comics qui pulse, avec toujours en arrière-plan cette volonté évidente d’attirer le lecteur par des retournements de situations fulgurants. Du coup, on se retrouve avec un comics de très bonne facture, mais que l’on sent également opportuniste… Il faudra voir comment tout cela évolue, en tout cas pour l’instant ça se suit agréablement, et David Marquez apporte un soin non négligeable à ses planches. La guerre entre Tony Stark et Carol Danvers est sur le point d’éclater, espérons que tout ça ne retombe pas rapidement après un très bon début!

On a ensuite droit à un court épisode tiré de Civil War II: Choosing Sides, qui met en vedette Nick Fury (le fils) face à des agents infiltrés. C’est Declan Shalvey qui gère les parties écrite et graphique, avec une histoire d’espionnage classique mais efficace. Fury Jr est aussi redoutable que son père (et que Samuel L. Jackson qui est clairement son modèle!), et il se retrouve dans une situation bien précaire! A suivre également!

 

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Les news de la semaine: Les Anges aux Poings serrés

Un nouveau trailer pour Iron Fist, qui devrait sacrément dépoter du côté de Netflix dès le 15 mars prochain!!! Un Arrow-like qui renverra probablement Oliver Queen dans les cordes!!! Colleen Wing et Claire Temple seront de la partie pour épauler Danny Rand! Allez on patiente encore un peu, et on aura les 13 épisodes d’un coup! 😉

 

Tomb Raider, c’est pas avant 2018! Mais on a un 1er aperçu de l’héroïne avec ces quelques images de tournage! Et on peut dire que la Suédoise Alicia Vikander donne de sa personne pour incarner la célèbre aventurière!!! J’ai hâte de découvrir le résultat!

 

 

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Raid dingue (Dany Boon, 2016)

Dans la vie, il est important de savoir prendre des risques. Même si des fois, on peut croire que c’est davantage de l’inconscience… Quoi qu’il en soit, je me suis fait avoir par la bande-annonce de ce film, qui laissait quand même présager une éventuelle comédie sympathique avec un soupçon d’action pour pimenter l’ensemble… On sait que Dany Boon se fait régulièrement descendre par la critique pour ses films trop légers, et j’avais peut-être besoin de me rendre à l’évidence par moi-même… Bref, Raid dingue ne va pas pas innover et va simplement utiliser la même recette convenue qui fonctionne depuis le succès surprise de Bienvenue chez les Ch’tis… Et le capital sympathie de la bande-annonce a vite fait de s’envoler à la découverte du film…

Le fait de rendre hommage aux agents du Raid est certes louable, mais ça ne suffit clairement pas à faire un bon film. La comédie policière annoncée tourne très rapidement en rond, et dispense un humour qui atteint parfois sa cible, mais qui la rate aussi pas mal… On sent que Dany Boon apprécie les grandes comédies de l’époque, celles avec Bourvil, De Funès ou Belmondo, mais il n’en retrouve certainement pas la saveur… Raid dingue est une sorte de comédie trop rétro s’appuyant sur un sujet trop moderne, d’où un constant décalage… Avec un sujet aussi bouillant que le terrorisme, le ton léger et très naïf qui est appliqué ne fonctionne pas, et on aimerait vraiment un humour bien plus percutant et trash, à la Jérémy Ferrari tiens, ça aurait été beaucoup plus fort et original! Mais là, on baigne dans un comique vaudevillesque désuet, qui ne retrouve pas le charme des films d’antan auxquels il aimerait être affilié…

Le film fonctionne cependant un court instant, et ce grâce à Alice Pol, qui parvient à rendre son personnage de grande fille maladroite attachante, malgré le côté caricatural de l’écriture. Elle a l’habitude de travailler avec Dany Boon, puisque elle jouait dans Un Plan parfait ou Supercondriaque, et elle s’en sort plutôt pas mal au final… Un autre acteur sort du lot, c’est François Levantal (Les Lyonnais), qui joue le supérieur de Dany Boon, et qui gère son personnage efficacement. Mais c’est tout… Yvan Attal en caricature terroriste, c’est franchement moyen, et les habituels Michel Blanc ou Sabine Azéma font du Michel Blanc et du Sabine Azéma, sans surprise…

Le gros souci de ce film réside dans son écriture, qui nous balance des raccourcis scénaristiques assez incroyables! Quand on nous balance une rupture de couple en 10 secondes, ou quand on crée une love story totalement artificielle en 30 secondes, on peut dire qu’il y a un manque évidement de finesse dans tout ça… Les personnages sont brossés d’une manière totalement caricaturale, ce qui rend complètement inefficace les moindres tentatives de jouer sur les émotions… Raid dingue repose sur un simple postulat, celui d’une femme très maladroite dans un milieu implacable composé principalement d’hommes. On a donc droit à toutes les vannes classiques et éculées sur le sujet, tout en restant très correct car le film est familial après tout… Donc autant dire qu’on ne va pas faire dans le subtil, et heureusement qu’Alice Pol parvient à s’en sortir comme elle peut avec son personnage. On peut avoir du mal à croire à un tel degré d’approximation quand on sait que le film est destiné à toucher des milliers de spectateurs… Mais le spectacle proposé est clairement vain, et ne redonnera pas ses lettres de noblesse à la comédie française… Ce qui ne l’empêche pas d’attirer les foules… On n’est pas près d’oublier l’excellent Intouchables d’Eric Toledano et Olivier Nakache! Et si vous voulez voir un vrai bon film traitant d’une unité d’élite, je vous conseille le chef-d’oeuvre du cinéma d’action qu’est The Raid! Et ensuite, vous pourrez enchaîner avec un autre chef-d’oeuvre, The Raid 2: Berandal! 😉

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