American Nightmare 3: Elections (James DeMonaco, 2016)

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Après un 1er film confidentiel et sympathique en 2009, Little New York, James DeMonaco allait entamer en 2013 la trilogie qui le rendrait célèbre. Il confie le rôle principal d’American Nightmare à Ethan Hawke, déjà présent dans Little New York, et nous livre un home invasion plutôt bien foutu, fonctionnant grâce à un gimmick scénaristique d’une efficacité redoutable: chaque année à la même date, tous les actes criminels deviennent légaux durant 12h! Ce principe, appelé la Purge, a été instauré par les nouveaux dirigeants des Etats-Unis, et va donner lieu à des scènes de massacre à travers tout le pays! Le but est de purger l’âme humaine de ses pulsions les plus viles durant une nuit, où la violence et la folie prennent le pouvoir!

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Après un premier opus qui se déroulait quasi-intégralement en milieu clos, American Nightmare 2: Anarchy (2014) élargissait son propos en dévoilant ce qui se passait dans les rues dès que la sirène annonçant le début de la Purge annuelle retentissait. Plus abouti et plus violent que le 1er, ce second film mettait l’excellent Frank Grillo (Warrior, End of Watch, Captain America: le Soldat de l’Hiver, Captain America: Civil War) en tête d’affiche dans un rôle digne du Punisher, lui faisant arpenter la jungle urbaine au volant de sa caisse spécialement préparée. Plus abouti graphiquement et bien plus percutant, American Nightmare 2: Anarchy se révélait être une excellente série B au tempérament bien jouissif et qui allait jusqu’au bout de son propos bien bourrin!

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James DeMonaco nous livre 2 ans plus tard un 3ème opus qui réintègre Frank Grillo au casting, son personnage travaillant désormais comme garde du corps pour la sénatrice Roan, une fervente opposante à la Purge qui vise la présidence des Etats-Unis. Régulièrement critiquée par le pouvoir en place, elle trouve de plus en plus de soutiens au niveau de la population, ce qui la met véritablement en danger. Et lorsque la nuit de la Purge arrive, tout va sévèrement déraper… Le réalisateur poursuit ce qu’il avait commencé sur le second opus, et on va encore une fois se retrouver dans les rues dangereuses de cette métropole, où Leo Barnes (Frank Grillo) va tout faire pour que la sénatrice sorte indemne de cette terrible nuit!

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Alors que le 1er et le second film offraient des ambiances bien différentes, ce 3ème segment ressemble beaucoup au second, et va perpétuer la tradition macabre tout en jouant sur l’efficacité du principe. On se retrouve en territoire connu, dans lequel James DeMonaco va se faire plaisir en nous offrant quelques séquences très fortes visuellement, et on va arpenter ces rues de l’horreur en y croisant tous les psychopathes et autres dégénérés qui les peuplent pour mieux décimer la population. Il y a d’excellentes trouvailles au niveau des masques, des maquillages et des costumes, et on sent une volonté de marquer le spectateur par une imagerie développée et forte. Les costumes patriotiques et les voitures lumineuses sont des exemples de ces réussites.

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On notera cependant une certaine perte de vitesse dans les thématiques, le point faible du film étant très clairement les dirigeants et leur aspect sectaire, qui tourne même au ridicule… Mais DeMonaco gère son scénario pour y apporter des éléments intéressants qui permettent de conserver une certaine force au métrage. Leo Barnes s’avère moins captivant que dans le second épisode, où il était l’incarnation du vigilante par excellence, et le voir en garde du corps adoucit toute la rudesse et l’implacabilité du personnage. Alors qu’on sentait sa soif inextinguible de vengeance, il oeuvre cette fois-ci non pas pour lui mais pour sauver la sénatrice, et le pays par la même occasion. Il manque l’aspect totalement badass de l’anti-héros, mais heureusement on a droit à quelques séquences bien barrées tout de même, notamment avec le personnage de Laney Rucker, qui exprime un penchant pour la violence bien jouissif!

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American Nightmare 3: Elections n’est pas aussi surprenant et implacable que son prédécesseur, mais la recette est assez travaillée pour rester intéressante, malgré les facilités scénaristiques. Elizabeth Mitchell (Lost – les Disparus, Once upon a Time) joue la sénatrice Roan avec une belle conviction, et on a quelques acteurs secondaires qui font le job, avec des personnages parfois caricaturaux. Mais c’est surtout dans le caractère explosif des rencontres que le film parvient à être convaincant, et on assiste à des oppositions efficaces. Entre des néo-nazis, un gang de rue, des touristes étrangers venus purger, des ados belliqueuses et d’autres encore, le bestiaire est plutôt élaboré et va donner lieu à quelques belles séquences. On pardonnera donc les quelques approximations, James DeMonaco nous livrant une copie énergique et réalisée avec envie!

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