Mystery Road (Ivan Sen, 2013)

Après avoir découvert l’excellent Killing Ground de Damien Power, j’ai eu envie de poursuivre mon exploration du cinéma australien. J’ai donc fait quelques recherches, et je suis tombé sur ce Mystery Road dans lequel joue Aaron Pedersen, déjà à l’affiche de Killing Ground. Alors que ce dernier film était un thriller bien angoissant, Mystery Road s’engouffre dans la veine du polar contemplatif, et le metteur en scène Ivan Sen s’avère très efficace!

L’inspecteur Jay Swann est de retour chez lui après une longue absence, et il va se retrouver sur une affaire bien glauque avec le meurtre d’une adolescente locale. En proie à la méfiance des habitants, au ralentissement de ses collègues, et avec un trafic de drogue en pleine expansion, il va devoir lutter jour et nuit pour tenter de retrouver les coupables. Mystery Road n’a rien d’un film policier où les balles fusent constamment, mais offre un récit relativement calme dans lequel on sent une tension latente. En situant l’action en plein Outback, Ivan Sen nous invite à un voyage dans une contrée sauvage et reculée, où la chaleur accablante et les grands espaces renvoient au temps du western…

Avec la découverte du corps de cette jeune fille d’origine aborigène, le motif racial du crime n’est pas à exclure, et Jay va commencer une enquête de voisinage afin de déterminer si elle avait des problèmes personnels. On va au fur et à mesure découvrir les habitants de cette petite ville, qui ne sont pas tous très accueillants… Dans des endroits aussi isolés, les problèmes ne se règlent pas forcément avec l’appui de la justice, et il va falloir toute la persévérance et l’expérience d’un bon flic pour tenter de comprendre ce qui a bien pu arriver… Ivan Sen nous offre un récit prenant grâce à des personnages complexes, dont on ne connaît pas toutes les facettes, comme ce personnage principal de retour sans que l’on sache pourquoi il avait quitté les lieux. Qu’il s’agisse de ses collègues flics ou des voisins auxquels il rend visite, chaque personnage est écrit avec soin et possède une authenticité qui renforce le scénario. Les acteurs apportent eux aussi un grand réalisme à l’ensemble, Aaron Pedersen en tête, lui que je ne connaissais pas encore il y a quelques jours. Il se pose comme une sorte de Josh Brolin australien, en offrant une forte présence à l’écran. Hugo Weaving joue un de ses collègues flics, et s’avère aussi efficace que d’habitude! Tout comme Ryan Kwanten, qui jouait dans Dead Silence de James Wan et qui a incarné Eddie Brock dans le court métrage Venom: Truth in Journalism! Et on a même ce bon vieux Bruce Spence, le personnage déjanté qui aidait Mel Gibson dans Mad Max: le Défi, et qui avait également joué dans Mad Max:  au-delà du Dôme du Tonnerre!

Avec Mystery Road, Ivan Sen nous convie à une plongée dans les territoires profonds australiens, et à chacun de ses plans, on ressent l’omniprésence de cette nature sauvage. Il immisce ses personnages dans ces immensités, avec un sens de la mise en scène qui magnifie toute la beauté dangereuse de ces lieux. En regardant ce film, on pense à l’excellent Desierto de Jonas Cuaron, à l’atmosphère plus tendue mais qui possède de nombreuses similarités dans la gestion de l’espace et des paysages. Les chaudes nuits et les journées brûlantes recèlent bien des recoins sombres, dans lesquelles il se passe des événements pas très reluisants… Jay Swann entend remettre de l’ordre dans sa ville, tel un shérif d’une époque depuis longtemps révolue… Dans cette ville, on sent que le vernis social peut s’égratigner très vite, et que la nature sauvage de l’homme peut resurgir rapidement…

Mystery Road est une excellente découverte, et impose d’emblée le nom d’Ivan Sen, qui a d’ailleurs réalisé une séquelle en 2016, intitulée Goldstone. Cette suite est moins prenante que ce premier film, mais reste intéressante. Et Aaron Pedersen se place lui aussi comme une découverte de choix!

 

Publié dans 2010's, Cinéma | Laisser un commentaire

Les news de la semaine: Joi Harris

Un mois après la mort du cascadeur John Bernecker sur le tournage de The walking Dead, c’est celui de Deadpool 2 qui est endeuillé… Joi Harris, dont il s’agissait de la première participation en tant que cascadeuse, a trouvé la mort dans un accident de moto, alors qu’elle doublait Zazie Beetz lors d’une scène d’action. Ce drame nous rappelle abruptement à quel point l’immense terrain de jeu cinématographique n’est pas exempt de dangers, et que tout peut basculer en une fraction de seconde…

Harris avait réussi à s’imposer comme la 1ère femme afro-américaine dans le monde très fermé de la course professionnelle en moto, et entamait à 40 ans une nouvelle carrière, qui n’aura malheureusement pas de suite… Ryan Reynolds et David Leitch se sont chacun exprimé sur ce drame terrible:  « Aujourd’hui, nous avons tragique­ment perdu un membre de notre équipe alors que nous filmions Dead­pool. Nous avons le cœur brisé, nous sommes choqués et dévas­tés… mais ce n’est rien comparé à la douleur et à la peine inex­pli­cable que sa famille et ses proches doivent ressen­tir en ce moment. Mon cœur est tout entier dirigé vers eux et tous ceux touchés dans ce monde » (Ryan Reynolds sur Twitter).

David Leitch, à travers The Hollywood Reporter, s’est dit « profon­dé­ment attristé par la perte de l’un de nos casca­deurs » : « Aucun mot ne peut expri­mer ce que moi et le reste de l’équipe de Dead­pool 2 ressen­tons à propos de cette tragé­die. Nos pensées et nos prières vont à sa famille, ses amis et ses proches dans ce moment diffi­cile ».

 

Dredd était une pure tuerie visuelle qui voyait Karl Urban succéder de manière on ne peut plus léthale à Sylvester Stallone, et qui bénéficiait déjà de la présence d’une certaine Lena « Cersei » Headey en bad girl bien retorse! Malgré le succès tardif du film (sa sortie en DVD a été bien plus fulgurante que sa sortie salles), les producteurs n’avaient jamais donné de suite aux aventures du fameux Juge… Les projets d’une séquelle alimentent la toile régulièrement depuis de nombreuses années, et on se tourne cette fois-ci vers une possible extension au format série. Karl Urban se dit lui-même très intéressé par la reprise du rôle, si toutefois le script qu’on lui présentera vaut le détour. On découvre aujourd’hui des concept arts ambitieux pour cette hypothétique Judge Dredd: Mega-City One, signés par un certain Jack Eaves (Cousteau. Nan je déconne). Le 1er se nomme Democracy March, et le second Lowlife Arrival. De quoi patienter encore quelques années…

 

La saison 2 de Jessica Jones verra le retour de son bad guy préféré, à savoir Kilgrave! David Tennant le personnifiait avec un mélange d’élégance et de perversité qui en faisait un adversaire terrifiant pour la belle super-héroïne! Il était clairement un des atouts de cette saison 1, et le voir rempiler pour la suite est une excellente nouvelle!!!

 

Thor: Ragnarok nous livre chaque semaine qui passe de nouvelles images, et comme elles ne sont pas spoilantes, c’est parfait! Tu aimes les cheveux courts de Thor? Le look Trent Reznorien de Loki? L’air perdu de Bruce Banner? Patience, le 25 octobre, c’est bientôt…

 

On commence tout doucement à évoquer Avengers: Infinity War, avec un premier concept art destiné à nous montrer le look qu’arboreront les héros face à Thanos! Un Steve Rogers barbu, un Groot ado, un Spidey dans sa nouvelle combi, ça devrait le faire le 25 avril 2018!

 

Encore des visuels, pour la série mutante The Gifted cette fois-ci! On découvre Emma Dumont dans le rôle de Lorna Dane (alias Polaris dans les comics), Blair Redford dans celui de James Proudstar (alias Warpath), Jamie Chung en Blink, et Sean Teale en Eclipse (dans les comics, Eclipse est une version alternative de Solar, et les 2 partagent l’alter-ego civil de Roberto da Costa). Début des hostilités le 2 octobre!

 

Et un premier teaser pour la future série The Punisher, toujours sans date de sortie! Jon Bernthal va faire trèèèèès mal!!!

Publié dans Les news de la semaine | Laisser un commentaire

Atomic Blonde (David Leitch, 2017)

Ne vous fiez pas à son titre qui laisserait croire que le film est une parodie, Atomic Blonde est un pur film d’espionnage alternant scènes d’action et interrogatoires tendus, le tout baignant dans une ambiance de Guerre Froide des plus réussis! Adapté du comics The coldest City, il prend place à Berlin en 1989, au moment du soulèvement de la population allemande qui veut faire tomber le Mur de la Honte

 

Les films d’action modernes proposent des schémas narratifs bien percutants, et les metteurs en scène parviennent à innover en nous offrant encore plus de réalisme tout en chorégraphiant le tout avec un soin du détail impressionnant! L’un des précurseurs était Doug Liman avec son excellent La Mémoire dans la Peau, dont John Wick est clairement un descendant. Et on peut voir dans le Deadpool de Tim Miller une attention similaire dans la fluidité de l’action et la précision de l’impact. Du coup, quand j’ai appris que c’était David Leitch qui allait officier sur Deadpool 2, j’étais très enthousiaste vu qu’il avait participé à la mise en scène de John Wick avec Chad Stahelski. Puis Stahelski a mis en scène seul John Wick 2, sympathique mais clairement en-dessous du 1er volet. Et Atomic Blonde me confirme qu’entre les 2, c’est bien David Leitch qu’il fallait choisir pour Deadpool 2!!!

 

Leitch fait preuve d’une aisance et d’un sens du rythme qui le place clairement comme un réalisateur à suivre, et des premières minutes jusqu’aux toutes dernières, il va nous balader dans un trip d’espionnage des plus captivants! Lorraine Broughton est une agent du MI-6, qui doit entrer en contact à Berlin avec un autre agent du service britannique, David Percival, afin de mettre la main sur une liste qui, si elle fuite, pourrait nuire à l’ensemble du renseignement anglais. Mais les Russes, les Français et les Américains sont aussi sur le coup, et la ville regorge d’espions prêts à tout pour récupérer cette liste. Kurt Johnstad, scénariste sur 300 et 300: la Naissance d’un Empire, adapte le comics signé Anthony Johnston et en tire un récit tendu et brumeux, où les faux-semblants sont nombreux, à tel point qu’il est impossible de savoir à qui se fier! Riche et complexe, ce scénario permet d’offrir une très belle densité au film.

 

Charlize Theron n’a pas à rougir face à Jason Bourne ou John Wick, elle possède des aptitudes similaires au combat! Elle est impressionnante dans les scènes d’action qui rythment le film, et n’a pas peur de fracasser sa belle image! Quand elle se retrouve avec le visage tuméfié, ensanglanté, ça n’est clairement pas glamour, mais ça démontre toute l’efficacité du personnage! Les chorégraphies des combats sont menées avec intelligence, et il y a des moments sacrément impressionnants! Je ne vous en dirai pas plus, je vous laisserai découvrir, mais David Leitch signe une partition des plus impressionnantes! Il gère tout autant l’aspect visuel que l’aspect sonore, habillant son film avec des morceaux cultes des années 80, du Blue Monday de New Order à l’Under Pressure de David Bowie & Queen, en passant par Fight the Power de Public Enemy, 99 Luftballons de Nena, le Personal Jesus de Depeche Mode, ou le démentiel Stigmata de Ministry! En fait, en tout, il y a plus d’une trentaine de morceaux presque tous cultes, placés de manière très intelligente et qui assurent une continuité narrative sacrément bien rythmée!

Aux côtés de l’impressionnante Charlize Theron, on a un James McAvoy bien loin de son rôle du gentil professeur Xavier dans la saga X-Men! Il incarne un agent du MI-6 un brin dépravé, qui se vautre dans la luxure qu’offre cette Berlin en pleine chute, et on sent qu’il prend plaisir à le jouer! On retrouve le génial John Goodman, qui traverse les décennies avec toujours le même charisme, et on a également le solide Toby Jones. Et ça fait bien plaisir de retrouver la Française Sofia Boutella, qui a vraiment la côte en ce moment, puisqu’on a pu la voir récemment dans La Momie!

Atomic Blonde est donc bien plus intéressant que ce que pourrait laisser entendre son titre, et constitue un excellent thriller, mené de main de maître par David Leitch, et qui parvient à mêler la fiction à une réalité historique très importante! Les films racontant cette période sont rares, et c’est d’autant plus impressionnant d’avoir réussi à traiter ce sujet de manière aussi décomplexée!!!

Publié dans 2010's, Cinéma | Laisser un commentaire

Le clip de la semaine: Skateboard Parkour in 8K – Streets of San Francisco!

C’est toujours sympa de visiter une grande ville, surtout quand c’est de manière aussi originale qu’avec José Angeles! Cet athlète mixe ses 2 passions, le skateboard et le Parkour, pour un résultat sacrément impressionnant!!!

 

Publié dans Le clip de la semaine | Laisser un commentaire

Annabelle 2: la Création du Mal (David F. Sandberg, 2017)

La saga Conjuring se développe au fil des ans, et après les succès de Conjuring: les Dossiers Warren (2013), du spin-off Annabelle (2014) et de Conjuring: le Cas Enfield (2016), voici qu’un 4ème métrage vient s’ajouter à la liste. Annabelle 2: la Création du Mal est une préquelle racontant les tous premiers méfaits de la poupée maléfique, et se place chronologiquement avant le premier film Annabelle. Ca commence déjà à ressembler à la saga Star Wars tout ça… ^^

Je ne suis pas un fan de James Wan, mais j’ai apprécié ses films sans les trouver d’une grande originalité. S’il possède un solide sens de la mise en scène, les scénarii restent relativement basiques et n’offrent pas de grandes trouvailles… Du coup, j’avais été très agréablement surpris par Annabelle, signé par le vétéran John F. Leonetti, qui proposait lui aussi un travail de mise en scène intéressant, et qui sous un certain classicisme, réussissait à nous plonger dans un récit prenant, grâce à des personnages touchants. Du coup, je partais plutôt confiant pour cette préquelle, qui bénéficiait cette fois des services de David F. Sandberg. Le metteur en scène suédois nous avait livré en 2016 un Dans le Noir sympathique, un peu bavard mais visuellement plaisant. L’idée de départ toute simple donnait lieu à une poignée de scènes bien flippantes, et si le métrage n’était pas inoubliable, il se suivait agréablement, surtout avec la présence de l’excellente Teresa Palmer (Point Break, Tu ne tueras point, Berlin Syndrome).

On va découvrir la famille Mullins, vivant dans une petite communauté sans histoires, mais qui va se retrouver confrontée à un drame terrible. 12 ans plus tard, les Mullins vont accueillir une bonne soeur ainsi que les 6 pensionnaires d’un orphelinat ayant été détruit. L’arrivée de ces jeunes filles dans cette grande maison va réveiller une force obscure, qui semble résider dans une poupée effrayante… Annabelle 2: la Création du Mal va donc développer un récit se déroulant presque intégralement dans cette demeure, et on va assister aux apparitions classiques des films du genre. David F. Sandberg gère sa partition, et déroule un récit sans surprise mais efficace. On aurait cependant apprécié davantage d’originalité, et on sent que ce film a été surtout produit pour sa rentabilité… C’est pourtant le même scénariste que le 1er volet, Gary Dauberman, qui est en charge du script, mais on ne sent pas la même implication… Espérons qu’il ait été plus percutant pour celui de Ca, puisqu’il en est aussi un des 3 scénaristes!

On baigne dans une ambiance classique de film horrifique, avec les fameuses portes qui grincent et qui claquent, les apparitions fantomatiques, et l’ensemble fonctionne plutôt bien, même si on ne peut pas s’empêcher d’être un peu déçu vis-à-vis du premier Annabelle, qui était plus prenant. Au niveau du casting, on bénéficie des présences d’Anthony LaPaglia (FBI – portés Disparus) dans le rôle de M. Mullins, de Miranda Otto (Eowyn dans Le Seigneur des Anneaux: les deux Tours et Le Seigneur des Anneaux: le Retour du Roi, 24: Legacy) qui joue Mme Mullins, Stephanie Sigman (007 Spectre, Narcos) dans le rôle de soeur Charlotte, et de Talitha Bateman (La 5ème Vague) qui joue Janice, la petite fille qui va être confrontée le plus directement au Mal. Du haut de ses 15 ans, elle est déjà douée et crée un personnage intéressant.

On attendra les prochains spin-off The Nun et The crooked Man qui viendront encore compléter la saga ces prochaines années!

Publié dans 2010's, Cinéma | Laisser un commentaire