Les news de la semaine: Arac Attack

C’était en 1990, un petit film sortait sur les écrans et allait nous donner de sévères démangeaisons et nous obliger à regarder partout où on mettait les pieds! C’est Frank Marshall, un habitué des tournages avec animaux (on lui doit Congo et Antartica, Prisonniers du Froid) qui nous livrait un Arachnophobie qui nous gratouillait partout, et le film accusant le poids des années, c’est le moment de parler remake! C’est donc tout naturellement que James Wan, le papa des sagas Conjuring et Insidious, va nous redynamiser le concept des petites bébêtes qui s’infiltrent dans tous vos vêtements! Il est en charge de la production, aucun réalisateur n’est nommé pour l’instant,mais perso, si John Goodman revient en chasseur de bestioles, ça va vraiment le faire !

 

On termine avec les habituels visuels promo pour Ant-Man et la Guêpe (ou ce titre moitié Anglais moitié Français est bien pourri), qui débarque dans un petit mois, le 18 juillet!

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Hérédité (Ari Aster, 2018)

Depuis 2011, le metteur en scène Ari Aster a réalisé 7 courts métrages, et Hérédité est sa première oeuvre pour le grand écran. Précédée d’une réputation plus que flatteuse outre-Atlantique (c’est devenu la norme pour une sortie de film horrifique), cette proposition est encore une fois en-dessous des attentes, mais reste néanmoins réussie et intéressante. Il faut dire que des « meilleurs films d’horreur de la décennie », on nous en balance tous les 6 mois environ, et ça devient vraiment n’importe quoi… Entre Dans le Noir, Get out, It comes at Night, Ca,  on a toujours l’impression qu’on va enfin tomber sur LE film qui va révolutionner le genre, et on se retrouve toujours devant un produit sympa mais qui n’a rien de transcendant… Ca en est devenu tel que la méfiance s’est installée naturellement à chaque fois que des critiques trop dithyrambiques fusaient. Cet Hérédité n’échappe pas à cette médiatisation surfaite, et c’est bien dommage, car cela amoindrit dans un sens ses véritables qualités.

Il faut dire qu’Ari Aster use d’une mise en scène très travaillée et qui permet de s’immerger pleinement dans ce récit étrange et étouffant. Hérédité met directement dans l’ambiance avec un enterrement qui a des répercussions sur l’ensemble d’une petite famille. Toni Collette endosse un rôle difficile et prouve encore une fois sa valeur, elle que l’on n’avait pas l’habitude de voir dans ce genre de films. Elle joue une mère tentant de gérer sa cellule familiale, mais qui a du mal à cause de plusieurs éléments. Gabriel Byrne lui ne sert absolument à rien dans le film, il joue un homme totalement effacé et franchement, le film aurait tout aussi bien pu se passer dans une famille mono-parentale… C’est le premier rôle de Milly Shapiro, qui s’avère elle très intense et bien flippante, jouant une gamine très perturbée et solitaire. Alex Wolff (vu dans Jumanji: bienvenue dans la Jungle) joue le fils, qui est en pleine adolescence avec toutes les perturbations que cela peut engendrer.

Hérédité est un film traitant du deuil et des différentes manière de l’encaisser, et Ari Aster gère plutôt bien ce propos. Les tensions familiales sont traitées avec soin et on se retrouve pris dans une sorte d’étau où l’amour et la haine fonctionnent de concert. Cette partie psychologique est correctement menée, avec une belle gradation dans la tension. C’est d’ailleurs cette tension permanente qui permet au film de garder son intérêt, car alliée à une belle mise en scène, elle permet de suivre ce récit sans ennui. Là où on pourra laisser des spectateurs sur le carreau, c’est que l’argument horrifique n’est pas des plus percutants. Là où certains s’extasiaient en hurlant qu’on avait trouvé L’Exorciste moderne, j’avoue me demander s’ils ont vu le même film… Mais là encore, je pense qu’il s’agit avant tout d’une volonté de créer le buzz, ce qui me paraît finalement bien plus malsain que l’ambiance du film…

Hérédité recèle des moments horrifiques, mais il est davantage un thriller psychologique, centré sur l’implosion d’une famille suite à des événements tragiques. Pris comme tel, on plonge dans ce récit sombre avec intérêt, mais la volonté d’en faire plus que ce qu’il est nuit à la réception de l’oeuvre. Ari Aster parvient à conserver une tension durant tout le film, et se permet quelques moments angoissant bienvenus. Mais le trip film d’auteur rebutera certainement de nombreux spectateurs, qui resteront de marbre face à la lenteur du récit. De mon côté, j’ai apprécié cette proposition à l’ambiance malsaine, même si je m’attendais évidemment à mieux au vu des louanges allouées à ce film. Finalement, je crois que mon dernier vrai bon flip horrifique, ça reste Mister Babadook de Jennifer Kent (c’était en 2014…) Ah non j’oubliais The Visit en 2015! Mais bon, ça fait loin quand même…

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Legion saison 2 (2018)

Quand on voit avec quelle aisance Noah Hawley triture les principes d’écriture, de musicalité, de narration, d’image et bien d’autres, on ne peut que reconnaître sa force de persuasion, sa force de caractère, et applaudir à un tel degré de liberté artistique. Dans un univers parallèle et sur un network différent, il n’aurait jamais été permis à Legion de s’aventurer aussi loin du sentier balisé de la série super-héroïque, et heureusement, c’est FX qui est en charge du programme! Dans un univers alternatif, Legion aurait eu de nombreuses ramifications avec les X-Men de Bryan Singer, et aurait certainement eu un ou deux crossovers avec The Gifted… Dans le genre balisé, cette dernière remplit son office sans prendre de risques. Tandis que Noah Hawley bénéficie chez FX d’une liberté de créativité qui fait totalement rêver!

Cette seconde saison s’avère plus immersive et réussie que la précédente, laquelle brillait le temps d’une poignée d’épisodes sublimes avant d’accuser le coup d’une écriture redondante. Mais visuellement, elle restait magnifique, et Hawley est parvenu cette année à davantage lier le fond et la forme, afin de moins se perdre dans des digressions inutiles. Cela ne signifie pas qu’il n’y a pas quelques scories, et on aurait pu se passer de deux épisodes poussifs… Mais la magie opère davantage car il y a une réelle cohésion structurelle, avec en point central le combat entre David Haller et Amahl Farouk. Après tout, Farouk a passé 30 ans dans la tête de David, à le manipuler et à le faire passer pour fou, il est bien temps que la vengeance se mette en place! La dualité entre ces personnages radicalement différents fonctionne vraiment bien, et  le show a trouvé un interprète de choix pour le très vieux mutant en la personne de Navid Negahban, l’acteur iranien transfuge de Homeland. Il endosse le rôle avec une prestance et une solidité impressionnantes, conférant toute la supériorité inhérente à un homme qui se croit au-dessus de l’humanité. Amahl Farouk est à la fois digne, érudit et flippant!

Face à lui, Dan Stevens poursuit sa personnification de David Haller de manière moins dingue que dans la première saison, puisqu’il a été reconnu qu’il n’était pas fou finalement. Au sein de la Division 3, il va tenter de comprendre et maîtriser ses pouvoirs psychiques, et il va pouvoir compter sur l’aide de sa petite amie Syd (Rachel Keller) et de leurs proches. Chaque épisode va cette année encore être l’occasion d’un trip unique, dans lequel on va être immergé d’un bout à l’autre avec pour seul regret d’arriver au générique de fin (sauf pour un ou deux épisodes). Il y a une telle richesse dans l’univers de cette série qu’on se retrouve fasciné par un mec qui a un panier en osier sur la tête (l’amiral Fukyama!) ou un trio de belles femmes à moustaches aux voix discordantes, qui rappellent furieusement la voix de l’ordinateur dans les mythiques Portal et Portal 2! Legion est un trip halluciné qui se déroule dans un univers parallèle aux films X-Men, et qui se permet du coup de s’affranchir totalement de la continuité. Une aubaine pour Noah Hawley qui en profite pleinement, et honnêtement, s’il n’y avait pas noté Marvel à un moment, on ne se douterait même pas qu’on est dans une adaptation de comics!

Hawley nous balade dans des lieux oniriques, avec notamment cet immense désert que David et Amahl parcourent dans une sorte de course contre la montre au ralenti… La Division 3 offre une vision très étrange d’un bâtiment gouvernemental dans lequel plane une certaine angoisse, avec notamment ces messages audio diffusés toute la journée… Et l’utilisation de la musique dans chaque épisode est parfait, avec même quelques passages en mode comédie musicale comme c’était déjà le cas dans la saison 1, et qui offrent un contrepoint absurde achevant de faire de l’ensemble de cette série une proposition unique! Et chaque plan est un régal pour les yeux, donc autant en profiter pleinement!

Pour moi, il n’y a que 2 personnages sans intérêt dans cette série, ce sont Melanie Bird et Oliver Bird. C’est justement quand le show s’intéresse davantage à eux qu’il perd en puissance, et lorsqu’il les remet de côté qu’il revient en force. Et on peut dire que cette saison a bien gagné niveau puissance, surtout quand on arrive à l’épisode final, qui là encore est d’une inventivité et d’une folie créative qui font bien plaisir! Je ne spoilerai évidemment pas, ce qui ne me permettra pas du coup de développer les idées mises en place par Noah Hawley, mais les qualités narratives et dramatiques du show sont incontestables! On en ressort très perturbé, et avec l’impression d’avoir assisté à quelque chose de très spécial, et c’est vraiment un gage de qualité pour le travail d’Hawley et de toute l’équipe! Et au vu de ce final, heureusement qu’on avait appris récemment qu’une saison 3 avait été signée! Malgré des audiences très faibles, cette série mérite de continuer, et j’espère que son succès critique lui permettra de se diffuser de plus en plus largement. En tout cas, la saison 3 risque bien d’être la plus passionnante!!!

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Le (2ème) clip de la semaine: VYRYL – Dale Cooper

On avait déjà eu l’occasion de parler du duo provenant de Besançon en début d’année, et Vyryl fait à nouveau l’actualité avec son EP A Point qui sera téléchargeable gratuitement sur Bandcamp dès demain! L’occasion de replonger dans leur univers électro avec le morceau Dale Cooper, et rien que pour cette référence, ça vaut le coup!

^^

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Yeruldelgger (Ian Manook, 2013)

C’est sous le pseudonyme de Ian Manook que le journaliste et écrivain français Patrick Manoukian signe sa saga littéraire consacrée au commissaire Yeruldelgger, dont le premier volume est paru en 2013 sous le titre Yeruldelgger. Il sera suivi en 2015 par Les Temps sauvages et en 2016 par La Mort nomade. La particularité de ce polar réside dans son origine géographique, puisque l’action prend place en Mongolie, au coeur des vastes steppes sauvages et des villes qui se sont occidentalisées. Lorsque 3 corps sont retrouvés sauvagement mutilés dans une usine, et que le même jour, à des centaines de kilomètres de là, le cadavre d’une petite fille est déterré, le commissaire Yeruldelgger sait qu’il ne va pas chômer les prochains temps…

Ian Manook (ou Patrick Manoukian donc) nous immerge très rapidement dans ce roman à l’atmosphère particulière, nageant entre l’ancien monde et le nouveau, toujours à cheval entre les traditions ancestrales et l’innovation moderne. Le commissaire Yeruldelgger apparaît comme une sorte de brute épaisse, un ours bougon réfractaire, qui n’a pourtant pas son pareil pour mener à bien ses enquêtes. Cet élément incontrôlable est une belle épine dans le pied pour sa hiérarchie, qui ne sait jamais comment le gérer. Les menaces n’ont aucune prise sur lui, et ce d’autant plus depuis qu’il traîne avec lui un vieux drame qui le hante… On va découvrir peu à peu les différents éléments de son existence, et les relations très spéciales qu’il entretient avec ses proches et ses collègues.

A ses côtés, il peut compter sur la jeune et efficace inspectrice Oyun, qui lui fait entièrement confiance, et sur la médecin-légiste Solongo, qui travaille avec lui depuis de nombreuses années. La relation entre elle et Yeruldelgger est ambiguë,  et offre un sous-texte intéressant pour développer la psychologie du héros. Il doit par contre lutter contre d’autres collègues, dont son supérieur qui se fait appeler Mickey (car ça fait plus américain!) ou encore Chuluum, un flic qui aimerait bien l’envoyer à la retraite. Avec ce microcosme, on va découvrir une Mongolie moderne qui semble perdue entre deux époques, avec les yourtes posées dans la steppe et la cité de béton, qui cache sa misère dans ses sous-sols. On apprend notamment que de très nombreuses personnes vivent dans des tunnels glauques et dangereux, car les tuyaux alimentant le chauffage de la ville passent dans ces lieux, ce qui leur permet de dormir dans des endroits avec une température correcte quand il gèle dehors… Et on découvre le mode de vie des nomades qui arpentent les steppes tels des voyageurs…

L’enquête de Yeruldelgger va le mener dans des directions qui vont l’étonner, et il va se retrouver en réel danger au fur et à mesure de sa progression. Entre une bande de faschistes, des chefs d’entreprise étrangers et des flics corrompus, l’étau se resserre autour des responsables des meurtres, mais aussi autour du commissaire et de ses proches… D’ailleurs, on ne peut pas dire que la relation avec sa fille soit au beau fixe… Yerruldelgger, c’est une tranche de vie sauvage qui nous projette loin de ce qu’on a l’habitude de lire, et même si le récit se fend bien de quelques facilités scénaristiques, c’est un polar finalement intéressant et dépaysant, qui ne fait pas réellement de concessions à ses personnages. L’écriture est à la fois brute et belle, embrassant la vision du monde du commissaire, cet homme voulant à tout prix respecter les traditions dans ce monde en perdition, et qui cherche chaque jour une lueur d’espoir pour les siens. Manook traite du temps qui s’écoule entre nos doigts sans que l’on puisse le stopper, des regrets qui nous minent et des fantômes qui sont toujours derrière nous… L’enquête est un beau prétexte à une étude de caractère poussée, et ce commissaire Yeruldelgger est un personnage intéressant.

Ian Manook nous livre donc un roman très réussi, que les amateurs de polar devraient apprécier!

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