Oblivion (Joseph Kosinski, 2013)

Joseph Kosinski poursuit son exploration du domaine de la science-fiction de manière passionnante avec cet Oblivion d’une très grande maîtrise. Après le superbe Tron- l’Héritage où il créait un univers visuel d’une beauté à couper le souffle et d’une densité exemplaire, Kosinski s’approprie diverses influences pour mettre sur pied une oeuvre étrange et très originale!

Après avoir été envahie par des extraterrestres, la Terre se retrouve dévastée et l’humanité est allée vivre sur Titan. Jack Harper est l’un des derniers habitants, chargé de la maintenance des drones contrôlant les sites d’extraction des ressources vitales de la planète. Avec Victoria, il forme une équipe de sécurité vivant sur une plateforme aérienne et effectuant des missions quotidiennes de surveillance. Lors d’une de ses descentes, Jack va découvrir quelque chose qui va bouleverser sa vie…

Oblivion est une démonstration puissante de la virtuosité de Joseph Kosinski, qui encore une fois nous éblouit par sa conception graphique! On plonge avec plaisir dans un univers étonnant fait d’avancées technologiques et d’immensités désertiques, avec une ambiance de fin du monde de toute beauté! On pense aux récits de Ballard dont ce film pourrait être une parfaite extension, et la solitude humaine prend ici tout son sens avec le récit de Jack Harper. Sa relation avec Victoria (la talentueuse Andrea Riseborough) ne semble pas complète, et il est hanté par des rêves où il croise une mystérieuse jeune femme… Jusqu’au jour où il se rend sur le site d’un crash et qu’il découvre cette femme dans un caisson de sommeil! A partir de ce moment, tout va s’accélérer, et Jack va devoir remettre en question tout ce en quoi il croyait…

Tom Cruise est plutôt bon dans ce film, même si l’on ne peut s’empêcher de se demander ce que ça aurait donné avec un autre acteur. Olga Kurylenko est excellente dans le rôle de Julia, et vole même la vedette à Tom! Joseph Kosinski met en place une histoire d’amour bouleversante dans ce monde en ruines, et la puissance émotive dont il fait preuve est impressionnante! Il y a dans cet Oblivion une forme de naïveté primaire qui n’a rien de péjorative, mais qui au contraire va toucher le spectateur au plus profond, et la combinaison d’une narration visuelle originale et de cet amour élémentaire fait de ce film un très grand moment de cinéma.

Comme pour Tron- l’Héritage, Kosinski innove dans le domaine technologique et nous plonge dans un futur passionnant; qu’il s’agisse des drones intelligents (on pense à Portal parfois) ou des armes de Jack, chaque élément s’avère réaliste et plausible. L’habitation de Jack et Victoria possède quant à elle cette beauté éthérée qui habitait déjà l’univers de Tron, et la façon dont Kosinski filme la rend encore plus impressionnante. La piscine est à ce titre plutôt sympa!

Oblivion puise dans diverses sources d’inspiration tout en les personnalisant par le biais de l’intelligence de Kosinski. Le récit bifurque vers un scénario à la Quatrième Dimension, et cette lecture moderne d’un récit classique de la SF est traité avec beaucoup de soin dans un mélange d’intimiste et d’action. Kosinski filme des scènes de combats bien captivantes et peut la seconde d’après se promener sur un panorama immense en en faisant ressortir toute la poésie tragique. D’un bout à l’autre, Oblivion se suit avec beaucoup de plaisir et prouve que la science-fiction a encore de beaux jours devant elle! Autant dire que le prochain volet de Tron est attendu avec beaucoup d’impatience!

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Les news de la semaine: Better call Saul!

Si la fin de la mythique série Breaking bad est pour bientôt (la fin de la saison 5 sera diffusée à partir du 15 juillet), il se pourrait bien que l’univers cher à Vince Gilligan perdure avec un spin-off consacré au génial Saul Goodman!!! Avocat véreux par excellence et manipulateur bien tordu, ce personnage clé de la série pourrait bien faire son retour dans une veine plus comique, dixit Gilligan. Bob Odenkirk devrait être ravi de rendosser le costume de Saul, et ce serait un vrai plaisir de suivre ses affaires sacrément louches!

 

Harry Houdini est un personnage hors du commun, mais mis à part le sympathique Houdini mis en scène par George Marshall en 1953 avec Tony Curtis dans le rôle-titre, il y a eu très peu d’adaptations lui étant consacrées. Un oubli qui est en passe d’être réparé puisque History Channel se lance dans la production d’une mini-série avec Adrian Brody dans le rôle du magicien!

 

Bryan Singer révèle le nouveau look du Fauve dans le prochain X-Men: Days of future Past!

 

Très belle affiche pour Wolverine: le Combat de l’Immortel!

 

Le tournage de Thor: the dark World à peine terminé, Marvel enchaîne avec celui de Captain America: the Winter Soldier qui vient de démarrer cette semaine! L’occasion de confirmer la présence de Robert Redford au casting, qui interprétera l’un des dirigeants du S.H.I.E.L.D! Et on a droit aussi à un concept art sur le prochain costume du Cap!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Uwe Boll nouveau arrive, et devrait encore une fois surfer sur une vague polémique (gentillette) puisque son personnage principal est une victime de la crise économique qui va prendre les armes pour se venger des financiers! Un concept plutôt sympa en ces temps difficiles dans lequel le père Boll devrait s’en donner à coeur joie pour trucider du yuppie de la plus belle manière! Ca s’appelle Assault on Wall Street et ce sera mené par Dominic Purcell et Edward Furlong!

La bande-annonce de Carrie, la Revanche devrait faire taire les amateurs du film de De Palma qui s’opposent à cette relecture signée Kimberly Peirce! Avec une Chloë Moretz hallucinante et une Julianne Moore très convaincante, ce film pourrait bien être une vrai réussite!

Si District 9 m’avait déçu au plus haut point, j’avoue que la BA du prochain Neill Blomkamp est énorme! Cet Elysium semble révéler un potentiel de SF moderne sacrément bluffant!

Insaisissables est un film signé Louis Leterrier qui s’annonce lui aussi bien original avec son équipe de magiciens pilleurs de banques!

Quelques news concernant la série S.H.I.E.L.D., qui sera en fait rebaptisée Marvel’s Agents of Shield et qui sera diffusée sur ABC. Le synopsis a été révélé et est le suivant:

Tout droit sorti du carton au box office, Marvel’s The Avengers, l’Agent Phil Coulson (Clark Gregg) revient dans l’organisation internationale du SHIELD. Il monte une petite équipe hautement entraînée d’agents pour gérer les situations encore non classées concernant l’étrange et l’inconnu. L’équipe est composée de l’Agent Grant Ward (Brett Dalton), expert du combat et de l’espionnage; l’Agent Melinda May (Ming-Na Wen), pilote et experte en arts martiaux; l’Agent Leo Fitz (Iain De Caestecker), scientifique brillant mais loin d’être expert en interactions sociales et l’Agent Jemma Simmons (Elizabeth Henstridge). Ils seront rejoints par une nouvelle recrue civile, la hackeuse Skye (Chloe Bennet).
Préparez-vous pour une aventure épique qui met en avant l’espoir et les merveilles de l’esprit humain. C’est un monde de super-héros, d’aliens et d’inconnu, d’action, de spectacle et d’histoires qui changent le monde. La série abordera la condition humaine à travers le prisme de nos très humains agents du SHIELD, eux dépourvus de super-pouvoirs, qui travaillent ensemble pour le plus grand bien et peuvent faire une différence dans ce monde.

De quoi patienter jusqu’à la diffusion qui devrait être prévue pour la prochaine rentrée! Le seul truc, c’est maintenant de savoir comment sera intégré l’agent Coulson, lui qui avait connu une fin tragique dans Avengers
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Argo (Ben Affleck, 2012)

Si The Town ne m’avais pas franchement emballé et que je n’avais pas encore vu Gone Baby gone, j’ai été totalement surpris par Argo qui démontre une maîtrise hallucinante de la part de Ben Affleck, qui est sans conteste un très grand metteur en scène! Sans vraiment savoir dans quoi je m’embarquais, je me suis retrouvé happé par ce récit palpitant d’une reconstitution exemplaire!

Argo relate la crise iranienne des otages d’un point de vue bien spécifique, puisqu’il se concentre non pas sur les 56 personnes retenues à l’ambassade des Etats-Unis à Téhéran, mais sur 6 diplomates ayant réussi à sortir du bâtiment pour trouver refuge à l’ambassade canadienne. La tension est à son comble dans le pays, puisque les quelques 400 étudiants ayant pris d’assaut l’ambassade traquent tous les ressortissants américains, les Etats-Unis ayant accepté l’hospitalisation de l’ancien dirigeant iranien Mohammad Reza Pahlavi. Les Iraniens réclament le retour du Shah dans leur pays afin d’être jugé et veulent mettre la pression avec cette prise d’otages.

Si l’impact historique de l’événement est déjà fort en lui-même, Ben Affleck le magnifie avec sa mise en scène à la fois sobre et haletante, nous plongeant sans ménagement dans cette réalité terrible pour les citoyens américains qui se trouvaient là à ce moment fatidique. D’entrée de jeu, Affleck nous balance toute la tension du moment et ne va pas relâcher la pression jusqu’à la fin du film, offrant une crédibilité et une intensité incroyables dans ce récit qui va bien au-delà de la simple reconstitution historique. Argo est une vraie pépite cinématographique s’appuyant sur des codes du cinéma de genre pour donner tout son sens à l’oeuvre incroyable perpétrée par un héros ordinaire, Tony Mendez.

Cet homme travaillant pour la CIA va mettre au point un dispositif d’exfiltration d’une simplicité à la fois absurde et géniale; après avoir entendu les divers plans concoctés pour faire sortir les 6 ressortissants du pays, il a l’idée de les faire passer pour des membres d’une équipe de cinéma en repérage dans le pays pour le tournage d’un film de science-fiction. La Guerre des Etoiles et La Planète des Singes ont conquis les salles obscures à la fin des années 70, et le projet fou de Tony Mendez est de se rendre sur place et de repartir avec les membres de l’équipe du film Argo, obscur script de seconde zone qui sera utilisé afin de monter ce projet bidon. Mendez se met en relation avec John Chambers, spécialiste du maquillage ayant oeuvré sur la série Star Trek, les 5 films de la saga La Planète des Singes, Halloween II, Blade Runner… Chambers va travailler avec le producteur Lester Siegel afin de monter un projet crédible tout en sachant que le film ne se fera jamais!

La relation particulière entre le cinéma et la politique et n’a jamais été aussi proche, à tel point que le non-film Argo pourrait bien permettre de sauver des vies humaines! Quand on voit les essais en costumes bien héroïc-fantasy lors de la lecture du scénario, on se dit qu’on est à des années-lumière d’une quelconque implication politique voire émotionnelle avec la prise d’otages se déroulant en Orient… Mais ce projet périlleux prend forme grâce à la volonté de Tony Mendez, qui se rend alors à Téhéran afin de sortir les diplomates du pays.

Ben Affleck est un réalisateur magistral, mais il est également un acteur extrêmement talentueux. On est bien loin des récréations à la Daredevil, et la densité de son personnage est réellement impressionnante, Mendez étant une sorte de héros discret qui ne va reculer devant aucun obstacle afin de tenter de mener sa mission à bien. La reconstitution de la fin des années 70- début des années 80 est vraiment remarquable, et Affleck/ Mendez porte plutôt bien la coupe et la barbe de rigueur à l’époque! A ses côtés, une bande d’acteurs géniaux complètent le casting, avec entre autres Bryan « Walter White » Cranston qui l’appuie dans les locaux de la CIA, John Goodman qui campe un John Chambers vraiment cool, Alan Arkin qui joue un nabab d’Hollywood avec tout ce que cela comporte d’attitude excessive, et les 6 otages ainsi que le couple d’ambassadeurs canadiens sont également joués par d’excellents acteurs, dont Kerry Bisché, qui jouait dans le Red State de Kevin Smith (aux côtés de John Goodman tiens!).

C’est dans sa forme brute qu’Argo séduit, car il se débarrasse de toute superficialité pour aller droit à l’essentiel, à savoir comment sortir 6 personnes d’un pays en proie aux violences et à la haine, sachant que s’ils se font repérer, ils se feront lyncher sans aucune forme de procès. La tension est permanente dans ce film incroyable, et Ben Affleck joue avec les nerfs du spectateur avec un savoir-faire des plus réjouissants! Son film bat au rythme stressant de la situation catastrophique du Téhéran ce cette période, et c’est toute la machinerie CIA-gouvernement américain et gouvernement canadien qui va être mise à nu pendant 2h de la manière la plus palpitante qui soit! Ben Affleck a probablement appuyé certaines séquences pour que l’impact dramatique soit plus prégnant, mais la virtuosité de son propos et l’épure parfaite du scénario livré par Chris Terrio (qui s’appuie sur le bouquin de Tony mendez) font d’Argo un moment de cinéma rare et intense! Toute la beauté, la densité et la cruauté du monde vue à travers le prisme de la caméra d’une rare intelligence de Ben Affleck, ça donne un film qui va bien au-delà de ses 3 Oscar pourtant largement mérités!

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X-Men Universe 10: Humain

Excellente surprise que ce X-Men Universe 10, qui rehausse le niveau de la revue de manière considérable après des baisses de régime conséquentes les mois passés!

On commence par X-Men qui obtient un regain d’intensité avec ces 2 derniers épisodes signés Brian Wood, qui quitte la série de fort belle manière! Un chant du cygne sur fond de branche proto-mutante passionnante et une crise très réaliste  au sein de l’équipe de Tornade! Quand la super-héroïne israélienne Sabra met la main sur le mystérieux Gabriel Sheperd, il se pourrait bien que l’on tienne là l’un des proto-mutants encore en vie depuis des siècles! Loin des manipulations génétiques de David Michael Gray sur l’ADN proto-mutant, les X-Men rencontrent cette fois l’unique représentant de son espèce encore en vie! Du coup, le récit est centré davantage sur les questions et les énigmes que sur l’action pure, et Wood maîtrise à la perfection le suspense concernant cet homme solitaire. La tension émanant des différences de point de vue va se cristalliser de manière violente, qu’il s’agisse de malentendus entre Sheperd et les X-Men ou même de dissensions sévères dans l’équipe elle-même.

Le cas Colossus est évoqué de manière très intelligente par Wood, qui dépeint un Piotr fatigué de subir tous les coups sous prétexte de sa plus forte capacité d’encaissement. Blessé physiquement et moralement, Colossus ne supporte plus la manière dont il est traité et dont Tornade fractionne l’information au détriment de Cyclope. Le ton monte dangereusement entre les deux et l’affrontement est inévitable. Si les brèves altercations entre équipiers  sont monnaie courante dans les comics, celle entre Piotr et Ororo prend un sens vraiment sérieux avec le ras-le-bol de Colossus. Wood nous donne 2 épisodes très matures qui font office de final à la fois discret et imposant.

Bonne surprise également pour Astonishing X-Men qui n’en menait carrément pas large après le dernier épisode, où Iceberg mourrait tout simplement sans que le lecteur se sente impliqué plus que ça! Après le ratage du mois dernier donc, Marjorie Liu nous livre un récit plus dense grâce à une évocation du passé difficile de la mystérieuse Susan Hatchi. L’affrontement entre les Astonishing X-Men et une fausse équipe d’X-Men s’avère sympathique, et le passé resurgit de manière troublante pour Karma. Ca n’est pas inoubliable, mais ça a le mérite de relever le niveau.

X-Force enfin, avec 2 épisodes d’Exécution finale qui est probablement le grand-oeuvre de Rick Remender! Sachant qu’il s’agit de son dernier arc sur la série, on peut imaginer que cet artiste généreux s’est totalement impliqué dans ce récit! Sa gestion des multiples personnages de la série est encore une fois exemplaire, et le dessin de Phil Noto rend parfaitement justice à toute la complexité de l’histoire.

Le jeune Evan a été capturé par la nouvelle Confrérie des Mauvais Mutants, qui compte bien extirper tout son potentiel de destruction en lui expliquant les mensonges de Fantomex et en le poussant à bout. Evan parviendra-t-il à résister à l’appel du Mal? Remender nous plonge dans une véritable entreprise de destruction dans laquelle Dents de Sabre et Daken prennent un malin plaisir à torturer psychologiquement Evan, et le temps est compté pour l’équipe d’X-Force avant que celui-ci explose…

Remender et Noto ne lésinent pas sur la violence dans cette histoire dont les conséquences risquent d’être néfastes pour l’ensemble de l’humanité! Deadpool prend ses responsabilités, lui qui est resté traumatisé par la mort du jeune garçon censé devenir Apocalypse, et dont Evan est un clone. Wade est bien décidé à ne pas commettre la même faute, et il prend des risques très importants, puisque son facteur guérisseur ne fonctionne plus. Ces 2 épisodes palpitants sont parmi ce qui se fait de mieux actuellement chez Marvel, et il est difficile de se dire que tout sera terminé dans 3 épisodes!

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Le clip de la semaine: Everybody wants to kill Bruce

Pierre-Alexandre Chauvat nous offre un condensé d’action avec cet excellent mix de plusieurs films, qui voit Bruce Willis tenter d’échapper à une horde d’assassins de renom! Entre 90 et 100 heures passées pour ce court de 10 minutes qui déboîte! Enjoy! 😉

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