Les news de la semaine: Sel ou poivre

Oscar Rojos risque de frapper un grand coup avec son second film, Omnivoros! Ce film d’horreur espagnol révèle une atmosphère hautement malsaine qui ne semble pas du tout gratuite, et qui pourrait s’avérer être une révélation de taille! Quand un journaliste part enquêter dans le milieu des restaurants clandestins, il va découvrir des menus de plus en plus exotiques, et va plonger dans une sphère dont il ne pourra pas sortir indemne… Attention trailer hautement perturbant!

De nouvelles images pour Gravity, le périple spatial de George Clooney et Sandra Bullock!

 

 

Des news de Spidey par l’entremise de quelques photos, avec notamment l’ami Stan (qui est très doué en Parkour rappelons-le!).

 

 

 

 

Une image promo pour X-Men: Days of future Past, qui s’annonce très hippie!

 

Si Man of Steel s’avérait un film d’excellente facture, sa suite provisoirement intitulée Batman vs. Superman devrait elle aussi envoyer du lourd! Henry Cavill rempile dans la peau de Kal-El, tandis que c’est Ben Affleck qui enfilera la panoplie de chauve-souris! Une très bonne nouvelle pour le prochain film de Zack Snyder!

 

On connaissait Tic et Tac, les Rangers du Risque, mais nos amis les écureuils ont rarement eu l’occasion d’être des vedettes! Cet oubli est réparé par le barge Timur Bekmambetov, qui nous offre une note d’intention en bonne et due forme avec ce trailer efficace! Timur se chargera de produire ce Squirrels, mais on peut s’attendre à du gore décomplexé qui remettra les gentils rongeurs sur le devant de la scène!

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Du Sel et des Hommes (2002)

Ce très bel ouvrage ne parlera pas forcément beaucoup à ceux qui vivent en-dehors du département du Haut-Rhin, puisqu’il revient sur la grande histoire humaine et économique des mines de potasse qui ont façonné de manière durable l’environnement et le tissu social de nombreuses villes. Constitué de superbes images issues du fonds photographique des MDPA et du fonds Denis Schott, il est accompagné d’un texte (non crédité) retraçant de manière très détaillée et vivante cette révolution industrielle qui aura permis au Haut-Rhin de devenir un partenaire incontournable dans l’exportation.

En suivant cette première photo qui voit un homme ouvrir les grilles conduisant à la mine, nous sommes conviés à un voyage étonnant dans ce riche passé dû au rêve d’une femme visionnaire, Amélie Zürcher. Cette folle aventure industrielle et culturelle viendrait, selon la légende, d’un rêve très fort qu’elle aurait fait une nuit, lui montrant que le sous-sol haut-rhinois regorgeait de richesses insoupçonnées! On est en 1893, et cette riche héritière va tenter de convaincre l’industriel Joseph Vogt d’opérer des sondages, qui débuteront en juin 1904. C’est au mois d’octobre de la même année que les tentatives s’avèrent fructueuses, puisque les carottes remontées du sous-sol contiennent alors de la sylvinite, en partie composée de chlorure de potassium, élément très recherché dans l’industrie chimique! Le rêve était bien réel, et cette découverte fondamentale va métamorphoser à jamais le département!

Les images d’archives, les photos sublimes, les récits impressionnants et les anecdotes pleines d’humour vont émailler ce livre relatant une épopée qui redimensionnera le Haut-Rhin, et on replonge dans l’Histoire en naviguant entre deux nationalités, puisque l’Alsace a constamment changé d’appartenance, tantôt sous identité française, tantôt sous le régime allemand. Ces allées et venues poseront de nombreux problèmes quant à l’exploitation des gisements, puisque les sociétés et les financements changeront eux aussi… On assiste aux saccages causés par les deux guerres qui ont durablement meurtri la population, et on voit se développer une très forte immigration, avec les accords passés entre la France et la Pologne afin de redynamiser le secteur vers 1930. En 12 ans, ce sont près de  600 000 ouvriers polonais qui feront le déplacement, et 500 000 resteront après la seconde guerre.

Les MDPA (Mines de Potasse d’Alsace) vont mettre en place un système unique visant à asseoir le statut du mineur et à offrir une existence respectable alors qu’il supporte des conditions de travail extrêmement difficiles. La société va mettre en place des programmes d’urbanisme très importants, en créant des cités ouvrières destinées à l’épanouissement des travailleurs; c’est ainsi que les habitations seront dotées d’un jardin, que des églises seront bâties, que des centres socio-culturels permettront aux jeunes de participer à de très nombreuses activités, etc… En quelques dizaines d’années, des villes entières seront créées dans de vastes zones vierges, et la richesse présente dans les sous-sols rejaillira sur toute une population qui vivra de la mine de génération en génération.

On plongera également dans les entrailles de la terre avec ces hommes à moitié nu, s’acharnant durant 6h par 45 degrés Celsius dans des conduits souvent étroits, aidé par des chevaux, puis par des machines au fil des évolutions technologiques… Ce labeur incessant, toujours accompagné de la peur de l’accident, va dessiner un profil typique qui tient à la fois de la gentille caricature mais finalement de l’absolue vérité: le mineur est un homme direct, fier d’accomplir son oeuvre, bravant le danger quotidiennement, et prêt à gueuler pour faire entendre ses idées! Il représente un symbole très fort du Haut-Rhin, qui prendra un coup très dur avec l’arrêt des exploitations en 2002… Mais l’image à la fois banale et héroïque du mineur perdure de manière forte dans le Haut-Rhin, et même avec le démantèlement des magnifiques et immenses structures des usines sorties de terre, on trouve encore de nombreuses traces attestant de ce passé riche et foisonnant qui a permis de bâtir toute une structure géographique et sociale extrêmement forte!

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Longmire saison 1 (John Coveny, Hunt Baldwin, 2012)

A l’opposé des séries aux aspects poseurs qui pullulent outre-Atlantique, Longmire est une immense bouffée d’air frais dans le domaine policier. Pas de gadgets high-tech, pas de flic roublard, pas de labos aseptisés où on analyse l’ADN au microscope avec une musique tendance faisant ressembler le tout à un clip… Longmire, c’est le shérif local bourru et secret, flanqué de ses adjoints aussi humains qu’attachants, qui vont prendre en charge des histoires variées semant le trouble dans la paisible communauté d’Absaroka.

Mise en scène très soignée, compo musicales envoûtantes et utilisée à bon escient, personnages creusés sans pour autant révéler tous leurs mystères, Longmire est assurément l’excellente surprise de la chaîne A&E! Menée par un acteur australien jusque-là inconnu, elle révèle tout le talent de Robert Taylor qui fait du personnage de Walt Longmire un compromis très subtil entre le vieux baroudeur inflexible et l’homme en proie à une profonde tristesse. Walt Longmire est le shérif du comté (fictif) d’Absaroka, situé dans le Wyoming. Veuf depuis 1 an, il tente de reprendre le cours de sa vie tant d’un point de vue personnel que professionnel, entre une fille qui aimerait le voir plus souvent et une future élection pour le poste de shérif.

Walt Longmire est le total opposé du flic typique des Experts, et c’est dans son réalisme et sa fragilité qu’il apparaît résolument captivant. Sa détermination à contrôler son comté est d’une simplicité renvoyant à un certain code de l’honneur hérité du far-west, et l’application avec laquelle il fait régner l’ordre lui vaut la confiance des habitants. Les détails concernant ce personnage, comme son besoin de ramasser les déchets qui traînent sur le bord de la route, construisent un personnage ancré dans des convictions que l’on pourrait qualifier de naïves mais qui le rendent attachant. Walt fait partie de cette vieille école vouée à disparaître, tel le vestige d’une époque où les cowboys faisaient la loi. Evidemment, il n’est pas toujours aisé pour ses adjoints de comprendre son mode de fonctionnement, et ces aspects constituent également une partie du très grand intérêt que suscite cette série.

On retrouve avec plaisir Katee Sackhoff dans le rôle de l’adjointe Victoria Moretti, et elle est tout simplement excellente dans la peau de cette flic récemment arrivée qui tente de s’intégrer à l’ambiance locale. Son caractère trempé cache quelques failles que l’on va approfondir au fil des épisodes, et sa relation avec Walt prend des airs de rapport père-fille protecteurs et touchants. C’est un vrai plaisir de retrouver Lou Diamond Phillips, second rôle emblématique des années 80 et 90 (Young Guns, Flic et Rebelle, Le Vent sombre…), dans le rôle d’Henry, le patron de bar et meilleur ami de Walt. L’acteur philippin a très souvent joué des rôles d’Indiens, et ne déroge pas à la règle ici. Son personnage d’Henry Standing Bear possède à la fois un sens de l’humour teinté d’un certain cynisme ainsi qu’une vision très profonde de la vie, comme il se doit pour un Indien d’un certain âge! Les dialogues échangés avec Walt comportent quelques moments bien sentis permettant de mesurer à la fois le respect entre les 2 hommes et les disparités entre leurs 2 peuples. On retrouve aussi avec plaisir Peter Weller, qui ne se contente pas de jouer dans un épisode, mais qui le met également en scène! Son personnage de vieux briscard est un régal, et sa relation avec Longmire est un très bon moment du show!

En prenant place au Wyoming, les créateurs de la série John Coveny et Hunt Baldwin laissent une belle place à l’aspect social et politique consacré aux Cheyennes vivant dans la réserve du comté. En se basant sur la série de bouquins de Craig Johnson, les récits développent une atmosphère où la nature et l’homme coexistent de manière bien plus prégnante que dans une grande ville, et les Cheyennes représentent une certaine vision de l’Amérique qui n’est pas forcément la plus plaisante. La coexistence pacifique s’avère tendue, et la lutte entre le shérif Longmire et l’officier indien de la réserve Mathias se règle parfois de manière violente. Entre les trafics de drogue, les meurtres, la prostitution et les viols, le paisible comté d’Absaroka ne s’avère finalement pas si tranquille, Walt et ses adjoints étant constamment sur la brèche.

Il y a une réelle force évocatrice dans cette série, qui prend les approches modernes à revers pour créer une atmosphère très prenante et très riche. La nature est constamment présente, et les changements climatiques apportent leur propre charge émotive, appuyant la puissance des histoires développées. Les plaines désertiques, les sommets enneigées, les forêts impénétrables sont autant d’éléments primordiaux dans le développement du récit, car ils composent à la fois les lieux où se déroulent les crimes, mais créent en même temps l’ambiance si particulière du show. Walt Longmire est un pur produit du Wyoming, tentant de redonner un sens à son existence, se rattachant à des détails paraissant anodins, mais finalement chargé de beaucoup de sens. Construite sur des bases vraiment solides, cette série promène ses personnages dans un climat de toute beauté, les faisant interagir afin d’élucider la nature humaine à travers des enquêtes savamment ficelées. Une vraie bonne surprise, qui donne quelques pistes pour la suite en ayant l’intelligence de garder certains secrets au chaud, ce qui donne encore plus envie de replonger dans cette Amérique profonde d’une très grande richesse!

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Le clip de la semaine: Mozinor: la demande en mariage de Baboulinet

Comme Baboulinet a la cote en ce moment chez Marvel, on se refait un classique!

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American Nightmare (James DeMonaco, 2013)

Succès surprise aux Etats-Unis, ce film à petit budget compense son manque de moyens par un scénario ingénieux qui, après avoir posé des bases on ne peut plus simplistes, va les respecter jusqu’au bout. Dans un futur proche, le taux de criminalité a baissé jusqu’à 1%, et l’économie du pays est des plus florissantes. Pourtant, on est loin du Paradis, puisque ces évolutions sociales ont été permises par une mesure très radicale. Chaque année à lieu la Purge, durant laquelle chaque individu à le droit de commettre des crimes pendant 12 heures. Tout est légal, même le meurtre, et ce système permet d’enrayer la frustration et la rage des concitoyens en leur permettant d’y donner libre cours; parallèlement, cette Purge permet de nettoyer les rues des individus inadaptés, rendant le pays plus sain.

James Sandlin, patron d’une entreprise de systèmes d’alarme qui lui permet de vivre dans un quartier huppé, s’apprête à passer cette Purge annuelle barricadé dans sa grande demeure avec sa famille. Mais toute l’horreur qu’il voulait laisser loin de chez lui va s’inviter à sa porte, et la nuit va être très longue pour tous… Avec ce point de départ très simple et qui attise la curiosité, James DeMonaco va bâtir une série B qui ne va pas s’embarrasser de fioritures mais qui va aller droit à l’essentiel. American Nightmare mérite son succès car il ne fait pas dans l’esbroufe, mais est pris très au sérieux par un metteur en scène totalement impliqué. La mise en place du récit dans ce quartier aisé dessine une atmosphère prenante, et la tension va se mettre en place progressivement. Les images d’archive du générique et les commentaires audio du journal télévisé vont anticiper le bain de sang auquel tous les Américains ont le droit de participer, et lorsque retentit la sirène, c’est le début de la Purge. Et derrière leur blindage, les Sandin ne seront pas aussi en sécurité qu’ils le pensaient…

James DeMonaco nous fait son Chiens de Paille à lui, avec beaucoup d’efficacité et avec des personnages très bien écrits. Ethan Hawke joue le père de famille, qui veut à tout prix protéger ses proches. Lena Headey (la géniale Ma-Ma de Dredd) est excellente dans le rôle de la mère, tandis qu’Adelaide Kane joue Zoey, la fille qui en veut à son père. Max Burkholder s’avère excellent dans le rôle du fils Charlie, un féru de technologie qui va jouer un rôle important lors de cette nuit. C’est lui qui va ouvrir la porte à un inconnu, et qui va mettre en branle un processus mortel qui va impacter sa famille.

D’un bout à l’autre, American Nightmare fonctionne grâce à un vrai sens du suspense et à des explosions de violence réalistes. Mais surtout, il dépeint un univers totalement schizophrène où les plus bas instincts se révèlent une fois l’an, où la Purge est un exutoire à tous les freins imposés par la société. Cette immense maison de riches pourrait être symbolique d’une lutte pour résorber les différences de classe, mais il n’en est rien. James DeMonaco ne cherche pas à politiser ou à donner une dimension sociale à son film, il ôte simplement le vernis bien-pensant empêchant les gens de passer à l’acte, et regarde ce qui se passe dans ce cas. Rhys Wakefield personnifie de manière géniale ce mal révélé, jouant à la perfection un jeune homme bien flippant malgré son sourire permanent! Il représente cette contamination par la violence, et va s’en donner à coeur joie lors de cette nuit macabre.

La mise en scène oppressante de James DeMonaco achève de faire de ce film une vraie réussite, qui nous offre des images fortes, avec notamment ces excellents masques représentant bien toute l’hypocrisie sociale volant en éclat cette nuit-là!

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