Sang froid (Hans Petter Moland, 2019)

Depuis Taken en 2008, Liam Neeson a pris goût au sang et a décidé de faire de sa filmographie un body count impressionnant! Taken 2, Non Stop, Balade entre les Tombes, Taken 3, Night Run, The Passenger… Il s’est résolument inscrit dans le genre du thriller en y apportant sa force tranquille efficace, et ce Sang froid semblait promettre les mêmes atours bien connus de ces séries B.

Mais comme je me suis intéressé à ce film sur le tard, je n’avais pas relevé qu’il s’agissait d’un remake du film norvégien Refroidis, mis en scène par Hans Petter Moland en 2014. L’aspect assez particulier de ce film ne m’avait pas spécialement enchanté, et c’est le même Hans Petter Moland qui réalise Sang froid… Et qui va du coup distiller son humour absurde dans ce récit de vengeance qui en devient très spécial… On est très loin des séries B habituelles chères à Liam Neeson, et ce film s’éloigne vraiment des Taken, Non Stop et autres, pour aller dans une direction beaucoup plus casse-gueule, et qui je trouve tire vraiment vers le bas…

On est prévenu par quelques détails au départ, mais ça commence comme un film de vengeance classique, avec quelques pétages de dents bien violents. Mais l’absurde va clairement gagner du terrain rapidement, ce qui va ôter toute tension et toute crédibilité à l’ensemble. On se retrouve face à un exercice de style sans relief, avec un Liam Neeson qui se retrouve malgré lui instigateur d’une guerre des gangs. Il y a quelques moments drôles, mais l’aspect répétitif de l’ensemble plombe rapidement ce film… Neeson (alias Nels Coxman) va remonter une filière de drogue en butant des gens de plus en plus importants, et va vouloir faire tomber le big boss, responsable de la mort de son fils. Tom Bateman est juste horrible dans le rôle ultra-caricatural de ce trafiquant, et ce ne sont pas les saillies humoristiques qui vont sauver le personnage…

On se retrouve dans une sorte de jeu de massacre sur fond neigeux qui se veut décalé et absurde. Ca l’est, sauf que ça sort complètement le spectateur de l’histoire, et que ça donne vraiment l’impression que tout ce beau monde s’active pour vraiment pas grand-chose. Toute la tension qui pourrait jaillir des situations est constamment désamorcée par ce côté absurde, et les rares scènes d’action n’ont aucun impact… Sang froid est une sorte d’anti-polar qui semble juste vouloir aller à l’encontre du schéma du thriller, et qui en devient interminable… L’absurdité est poussée à tel point que le personnage principal est complètement laissé de côté pendant un bon moment dans le film, au profit de personnages secondaires pas franchement palpitants. On a l’impression d’assister à une succession de sketches, ce qui n’est pas franchement la meilleure définition d’un thriller…

Tout ça pour dire que ce Sang froid est vraiment mauvais, et qu’il n’offre pas à Liam Neeson l’un de ses rôles les plus emblématiques…

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Le clip de la semaine : Syndrom – Fight back

Syndrom est un groupe relativement jeune (créé en 2016) mais qui assume déjà entièrement ses goûts et qui nous balance des sonorités metal avec une très belle maîtrise! La voix tour à tour envoûtante et sauvage de Clelia Hanser se conjugue parfaitement avec la basse bien lourde d’Anna Bourennane, la gratte qui claque de Nicolas Meyer et le rythme puissant de Louison Demange à la batterie!

Ces Mulhousiens sont certainement à suivre, et je vous invite à écouter leur excellent morceau Fight back qui donne clairement le ton bien énergique de leur prochain EP !!!

 

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Close (Vicky Jewson, 2019)

Si la débandade des séries Marvel est un coup dur du côté de Netflix, la plateforme travaille d’arrache-pied pour renouveler son catalogue super-héroïque avec des séries DC comme Titans ou indé comme The Umbrella Academy, et va carrément se faire pousser une légitimité en briguant les Oscar avec le Roma d’Alfonso Cuaron niveau ciné! Le bébé de Reed Hastings se porte donc plutôt bien, et nous livre régulièrement quelques petites surprises dans des catégories très variées. Le Close de Vicky Jewson est l’une de ces curiosités, film d’action en mode féminin porté par la toujours parfaite Noomi Rapace!

On avait été estomaqué par sa prestation dans la trilogie suédoise Millénium, et elle s’est rapidement imposée comme une figure incontournable dans le domaine de l’action teinté d’un filtre auteurisant! Sherlock Holmes : Jeux d’Ombres, Prometheus, Enfant 44, Conspiracy, Seven Sisters, et même un court passage dans la série Jack Ryan… Elle personnifie à merveille la dualité étonnante entre tension et émotion, maniant une large palette de talents pour être aussi crédible en combat rapproché qu’en scène intimiste! Elle ne déroge pas à la règle avec ce rôle de Sam Carlson, garde du corps rompue à l’art du contre-terrorisme, qui va se retrouver propulsée sur une mission à priori sans grands risques : protéger Zoe, une jeune fille de haut rang un peu border-line… Mais la mission va rapidement s’envenimer lorsque Zoe va se retrouver seule héritière de toute la fortune de son père… L’avidité des ennemis de la boîte de son défunt paternel va mettre en place un jeu de massacre bien violent, avec des tentatives pour kidnapper la jeune fille.

Tout commence par une mission délicate dans un pays du Moyen-Orient en proie à la guerre, et une présentation impressionnante de l’efficacité de Sam sur le terrain! On se retrouve à retenir son souffle tandis que tout semble perdu, et elle va gérer grâce à un sens tactique, une intelligence et une froideur que ne renierait pas Jason Bourne! Vicky Jewson va filmer le tout avec un sens de la mise en scène aguerri, consciente de l’impact optimal pour ses images! Il y a un côté austère et frontal qui colle au plus près du caractère de Sam, et on se retrouve dans une sorte de film d’action anti-spectaculaire qui paradoxalement frappe très fort!

On a un aspect série B qui semble se profiler, avec l’arrivée dans une villa perdue et totalement high-tech, bénéficiant d’un système de sécurité dernier cri. Quand on a un bâtiment capable de devenir un bunker, on sent qu’on va forcément devoir utiliser toutes les possibilités du système… Mais là encore, le tout est emballé avec une sorte d’ultra-réalisme dans lequel Noomi Rapace se déplace avec toute son aisance, conférant à ce récit une force et un impact impressionnants. Elle est réellement à l’aise dans ses scènes de fight, que ce soit en corps à corps ou l’arme au poing, et on passe de scène en scène avec le sentiment d’avoir trouvé le début d’une vraie franchise féminine badass! Mais se pose tout de même certaines contraintes, provenant d’un scénario qui part d’un coup vers une sorte de dérive… L’aspect politique du kidnapping tenté par les bad guys va se refléter d’une manière un peu trop tirée par les cheveux, et il y a quelques réactions de personnages elles aussi un peu abusées…

Du coup, cela empêche le film de conserver la ligne parfaite qu’il tient pendant un bon bout de temps, et l’intensité baisse à certains intervalles… Mais l’ensemble reste tout de même assez convaincant, grâce à une vraie mise en scène immersive et une Noomi Rapace très impliquée! Ca fait très plaisir également de retrouver Indira Varma, la fameuse Niobe de la série Rome, qui jouait également Ellaria Sand dans Game of Thrones. Elle apporte une certaine aura à un personnage un peu creux, permettant de lui insuffler ce qu’il faut pour la maintenir intéressante. Sophie Nélisse (Le Prodige) joue Zoe avec assez de conviction pour qu’on ait envie de lui mettre des claques! La jeune bourgeoise va devoir sérieusement repenser son mode de vie si elle veut survivre à ce périple infernal…

On a un réel sentiment d’urgence dans ce film, qui propose une bonne dose de tension et qui s’avère aussi nerveux qu’intelligent. Si on omet les quelques approximations scénaristiques, on se retrouve face à une oeuvre d’une belle intensité, qui prouve encore une fois tout le talent de l’actrice suédoise. Et on a bien envie de découvrir la filmo de Vicky Jewson, notamment son Born of War qui semble assez bourrin et sombre également!

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Les news de la semaine : Defenders : Endgame

L’aventure initiée en 2015 avec l’excellente première saison de Daredevil aura duré 4 ans, et prend définitivement fin officiellement cette semaine. Après avoir successivement mis un terme aux séries Daredevil, Luke Cage et Iron Fist, l’épée de Damoclès qui surplombait The Punisher et Jessica Jones vient de tomber, Netflix annonçant que les 2 derniers shows de ce partenariat avec Marvel succombaient eux aussi. Difficile de dire dans quelle mesure Reed Hastings regrette ce choix, car la prochaine création de la plateforme Disney + a très certainement pesé dans sa décision.

Jeph Loeb, le scénariste devenu responsable des adaptations télévisées chez Marvel, apporte quelques éléments quant à cette affaire, en précisant que Marvel n’a a aucun moment été approché à ce sujet, et que la décision de stopper les séries Defenders revient uniquement à Netflix. Avec toujours la problématique de l’impossibilité d’utiliser les personnages pour une durée de 2 ans, à cause d’une stipulation du contrat liant Marvel et Netflix, ça sent vraiment le sapin pour tous les personnages et surtout pour les acteurs qui nous ont livrés des prestations exemplaires, Jon Bernthal, Charlie Cox et Vincent d’Onofrio en tête!!! C’est clairement une page qui se tourne dans l’ère des séries Marvel…

 

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Le (2ème) clip de la semaine : Deadly Shakes – Reap what you sow

C’est à la fin de l’année 2014 que naissait le groupe The Stone Cox, qui s’inscrivait dans une veine rock bien pêchue et énergique! Le quatuor d’origine a évolué, avec plusieurs départs et arrivées, ce qui a donné lieu cette année à un changement de nom. Les Deadly Shakes n’ont rien perdu de leur talent dans cette métamorphose, et nous balancent un morceau dont la qualité est de très bon augure pour la suite! 😉

 

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