Bad Chili (Joe R. Lansdale, 1997)

Après des emmerdes causées par une ex, des hippies et un sacré psychopathe (Les Mécanos de Vénus), des dealers locaux et une sombre histoire de pédophilie (L’Arbre à Bouteilles), et des suprématistes blancs dans un trou paumé du Texas (Le Mambo des deux Ours), Hap Collins et Leonard Pine ne vont certainement pas rester tranquilles à La Borde! Quand Leonard est suspecté du meurtre d’un biker, et que de surcroît il disparaît de la circulation, Hap va mettre sa santé en danger pour retrouver sa trace. Il faut dire qu’Hap vient de se faire mordre par un écureuil enragé, c’est pas forcément le meilleur moment pour quitter l’hôpital… Surtout qu’il y croise une jolie rouquine au caractère bien trempé!

Encore une fois, Joe R. Lansdale nous a concocté un roman bien déjanté mêlant humour, action et noms d’oiseaux pour le plus grand plaisir des lecteurs! La scène de l’attaque de l’écureuil vaut son pesant de cacahuètes, avec son côté totalement surréaliste! « On se mit à courir. Mais l’animal avait de la suite dans les idées. Je jetai un coup d’oeil par-dessus mon épaule : merde, il gagnait du terrain! Les insultes de Leonard n’avaient absolument aucun effet – sinon, peut-être, de l’exciter davantage. Beebo devait avoir des penchants baptistes. » Encore une fois, c’est dans sa vision très colorée de l’univers d’Hap & Leonard que Joe R. Lansdale excelle, usant d’une plume à l’humour ravageur et plaçant ses personnages favoris dans les pires situations!

Mais il y a également beaucoup d’amour dans ce bouquin, et Lansdale traite ce sujet avec le même humour, ce qui donne un premier rencard assez dingue entre Hap et Brett, la jolie infirmière! « J’espère que je suis agréable à regarder, dit-elle. Au départ, j’avais décidé de chier sur la gueule de toutes les féministes du pays et de mettre des fringues luxueuses en polyester moulant comme le péché, du genre baise-moi-à-mort – et pas de culotte. Mais avec ça, quand je marche on dirait que je casse des noix avec ma chatte… » Brett a un sacré caractère et un passif qui lui a demandé beaucoup d’efforts et de sacrifices, et la rencontre avec Hap est à la fois très crue et très belle. C’est une vraie belle histoire qui commence pour celui qui a souvent été malheureux dans ce domaine…

Bon, sinon, cette fois, c’est à un trafic de vidéos bien dégueulasses que vont s’attaquer les 2 potes. Des gays se font passer à tabac et violer, et le tout est filmé puis distribué dans des chaînes de vidéoclubs aux 4 coins du pays. Et il semble que Raul, l’ex-petit ami de Leonard, soit impliqué de près ou de loin dans cette merde. Et évidemment, il faut bien qu’un ex-catcheur bien balaise, nommé Big Man Mountain, fasse partie des bad guys, sinon ce serait trop facile… Et à intervalles réguliers, Hap et Leonard vont pouvoir garder la forme en mettant une branlée à quelques autochtones, comme c’est le cas avec des vigiles, dont les descriptions valent elles aussi le coup d’oeil : « L’un des deux avait à peu près la taille d’un élan – l’autre aussi, mais sans les bois. – On nous a prévenus que vous faisiez des histoires, dit Vrai Elan. Il mâchouillait un cigare pas allumé avec la nonchalance d’un ruminant. L’autre, Sans Bois, avait une expression à peu près aussi intelligente qu’une plante en pot -la vivacité en moins. Il pensait peut-être à des mutilations et des meurtres, à la pause-déjeuner et une clope, au sexe et à une gerbille lui broutant le cul… Son visage ne révélait rien de rien. »

La petite surprise de ce bouquin, c’est la réapparition de Jim Bob, un personnage apparu dans Juillet de Sang et qui venait en aide au personnage principal dans une sombre histoire de cassettes vidéos pornos. Il faut croire qu’il aime s’occuper d’affaires similaires, ce bon vieux détective au caractère bien trempé… Jim Bob va même sauver la vie d’Hap, alors qu’il se faisait tranquillement griller les couilles par Big Man Mountain… « Voilà ce que je vais faire, annonça Big Man. Je verse la glace dans la bassine, et puis on enlève ton falzar, on pose la bassine sur la chaise, et on t’assoit sur ce coussin, et on plonge tes minuscules oranges là-dedans et devine quoi? – Mes couilles ont froid? Vraiment froid. Normalement, ça doit finir par endormir la douleur. Mais voilà, elles sont mouillées, aussi. Alors on te file un petit coup d’électricité par là-dessus, et crois-moi, y a rien de tel. Tu sais où j’ai appris ce petit tour? – Ta maman? »

Bad Chili est donc encore un excellent roman de la part de Lansdale, bourré de personnages hors normes et de dialogues bien barges, le tout baignant des des situations décalées et dangereuses! Hap et Leonard vont devoir ruser pour se sortir de ces nouvelles emmerdes, et c’est à chaque fois un vrai plaisir de les voir plonger dedans!!!

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Le clip de la semaine : SEGFAULT – THEBES 2242

C’est du côté de Lyon qu’a pris naissance le projet SEGFAULT, qui est une proposition qui va bien plus loin que la simple idée de groupe. Dans les ombres électroniques se sont en effet alignés les codes nécessaires à l’élaboration de tout un univers, fait de sonorités résonnantes et de projections visuelles envoûtantes. SEGFAULT officie dans la veine du post-rock, apportant des variations étonnantes à des strates électro, pour un résultat très immersif.

Le 10 mai dernier est sorti Hello World, leur nouvel EP, qui en 4 titres va nous guider vers des destinations qui ne déplairaient pas à The Black Dog, Global Communication ou Ubikar! Un clip avait été présenté en amont de cette release, et THEBES 2242 est une composition qui devrait ravir les amateurs de musique electro aux relents cyber-punk! Quand on lit la note d’intention du groupe, c’est plutôt engageant, avec un p’tit côté Deltron 3030 pas déplaisant!

« 2242, les états unifiés d’ENIS font face à une rébellion menée par un groupuscule nommé SEGFAULT.

Les trois scientifiques à l’origine du mouvement ont conçu une Intelligence Artificielle baptisée EUTERPE dans le but de déchiffrer des données extraites d’une sonde revenue s’échouer sur Terre, le Golden Records.

Saturée de connaissances et désormais élevée à l’état de conscience autonome,
l’IA répand aujourd’hui son message psyché-numérique à travers un laboratoire scénique aux multiples moniteurs… » (Source)

Anthony Masson, Benjamin Danies et Guillaume Sinelle sont les têtes pensantes de ce projet très ambitieux, qui devrait faire parler de plus en plus fort sur la scène underground, et c’est tout le mal qu’on leur souhaite!!! Et pour découvrir cet excellent nouvel opus, rendez-vous sur Soundcloud!!!

 

 

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Les news de la semaine : The Night comes for us

Cela faisait 5 longues années que l’on n’avait plus de nouvelles de Jennifer Kent, la réalisatrice de l’impressionnant Mister Babadook! Elle revient enfin aux affaires avec The Nightingale, un revenge movie qui va raconter la traque opérée par une jeune irlandaise afin de tuer un officier britannique qui a ravagé son existence. Aisling Franciosi, qui jouait Lyanna Stark le temps de 2 épisodes de Game of Thrones, incarnera Clare, tandis que Sam Claflin (la saga Hunger Games, chacun son jeu en fait ^^) jouera l’officier traqué.  L’action se déroulera en 1825, et prendra place dans les contrées sauvages de Tasmanie, et on peut certainement compter sur le talent de la réalisatrice pour nous offrir une atmosphère bien étouffante et jusqu’au-boutiste!!! Pas encore de date de sortie pour ce film!

 

Quelques news intéressantes pour l’avenir télévisuel de Marvel, avec des précisions concernant Falcon & Winter Soldier : le show en 6 épisodes est prévu pour août 2020, et il verra le retour de 2 personnages secondaires du MCU. Zemo, le bad guy de Captain America : Civil War, sera de la partie, toujours sous les traits de Daniel Brühl. Et Sharon Carter, jouée par Emily VanCamp, sera également aux côtés des 2 héros vengeurs. Et le tout sera bien postérieur à Avengers : Endgame, narrant donc les aventures du nouveau Captain America incarné par Sam Wilson alias Falcon!

 

John Wick Parabellum à peine sorti, voilà qu’on apprend qu’un John Wick : Chapter 4 est déjà officialisé, avec une date de sortie calée au 21 mai 2021! Il est un peu tôt pour avoir des infos sur l’équipe, mais on se doute que Keanu Reeves devrait retrouver le metteur en scène Chad Stahelski! A suivre donc.

 

Une fournée de posters pour Spider-Man : far from Home.

 

Une affiche pour Terminator : dark Fate.

 

Et comme vous l’avez certainement raté dans Avengers : Endgame, voici un cliché prouvant qu’Howard le Canard était bien présent dans la bataille finale!!! Un easter egg qui aura mis du temps à émerger, mais ça fait plaisir quoi! 😉

 

 

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Le clip de la semaine : The Hu – Wolf Totem

The Hu est une proposition assez atypique dans l’univers du heavy-metal, puisque ce groupe originaire de Mongolie propose du chant guttural, du violon à tête de cheval, de la guitare mongole, de la harpe à mâchoire, de la basse et des tambours, pour un résultat étonnant alliant tradition et modernité! La mise en ligne de leurs vidéos a permis une belle exposition à ces musiciens, et je vous invite à découvrir Wolf Totem!

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John Wick Parabellum (Chad Stahelski, 2019)

Initiée en 2014, la saga John Wick est passée de statut d’outsider à actioner de premier plan, permettant par la même occasion un retour en grâce à un Keanu Reeves qui était alors en perte de vitesse. Budgetté à 20 millions de dollars, John Wick avait rapporté 88 millions, tandis que sa suite, dotée d’une enveloppe 2 fois supérieure, avait quant à elle ramenée 171 millions de billets verts. La bonne petite surprise du 1er film se transformait donc bel et bien en franchise avec laquelle il fallait désormais compter!

C’est ainsi qu’un John Wick Parabellum voyait le jour, se plaçant comme indispensable au vu de la fin juste dingue de John Wick 2! Si le second chapitre était loin d’être aussi abouti que le 1er film, il restait néanmoins intéressant, mais c’est surtout dans son ouverture finale qu’il offrait son plus bel atout. Cet effet d’annonce devrait permettre d’attirer pas mal de spectateurs, sur un principe finalement similaire à ce qui était déjà proposé à l’époque dans Matrix Reloaded et annonçant Matrix Revolutions, ou dans un genre plus récent avec un Avengers : Infinity War annonçant la couleur pour un Avengers : Endgame. Le principe d’une fin de film ne terminant pas l’histoire est à la fois frustrant et intriguant, donnant tout simplement envie de se précipiter en salle pour voir la tournure que prendront les événements!

La fin de John Wick 2 marquait donc l’excommunication du personnage, après qu’il ait tué l’un de ses ennemis dans l’enceinte de l’hôtel Continental, brisant ainsi la règle de neutralité existant en ce lieu. Le directeur Winston (Ian McShane) lui laisse un délai d’une heure avant de décréter cette excommunication, qui lorsqu’elle prendra effet, verra un contrat de 14 millions de dollars être mis en place pour la mort de John Wick! Autant dire que toutes les fines gâchettes entreront dans la partie pour honorer ce contrat, et John Wick va se retrouver bien seul face à la horde de tueurs lâchés à ses trousses! Une promesse de série B sacrément badass et un potentiel de destruction bien massive!

John Wick Parabellum (« parabellum » signifie « prépare la guerre », et vient de l’expression « qui veut la paix, prépare la guerre ») va donc nous conter la guerre rangée entre Wick et l’ensemble de ses ennemis, avec une entame véritablement impressionnante! Le film démarre alors qu’il reste une demi-heure à John avant que le contrat soit ouvert, mais les hostilités vont rapidement démarrer pour lui. La scène de la bibliothèque est juste dingue, et prouve de manière étonnante que la littérature peut tuer!!! La suite avec la scène dans l’armurerie est encore plus impressionnante, avec des innovations dans les séquences de combat juste exceptionnelles, et une violence d’une cruauté quasi-insoutenable par moment!!! John Wick Parabellum commence très fort, et on se dit alors qu’on tient le film qui pourrait supplanter John Wick 1er du nom dans le coeur des fans!

Mais voilà qu’arrive l’Adjudicatrice… Un personnage qui va rapidement devenir très irritant, et qui représente la Table, les gens au-dessus de tout qui dirigent le Continental, et qui interviennent par son biais afin de remettre de l’ordre après le chaos initié par John. Cette Adjudicatrice va donc représenter une forme de pouvoir, et sa suffisance ainsi que ses dialogues vont vite plomber les quelques séquences où elle apparaît… Alors que le rythme initial était juste dingue, ses interventions vont à chaque fois ralentir ce rythme. On va découvrir peu à peu le fonctionnement de l’organisation, ce qui est finalement logique en soi, mais pas franchement nécessaire au vu de la note d’intention du film, qui s’annonçait comme un pur produit de série B jouissif à mort! Après les 3 séquences énormes du début du film, on va donc faire retomber la tension avec des digressions sur la Table et sur le Continental, et on sent que la saga prend une route plus bankable avec le besoin de faire apparaître quelques personnages secondaires comme dans les James Bond.

On va donc avoir droit au passage de Sir Bronn de la Nera, puisque Jerome Flynn est devenu un acteur en vue depuis Game of Thrones. Il va jouer un bad guy intermédiaire sans intérêt, une sorte de pseudo-méchant à la James Bond justement qui aime s’écouter parler. son monologue sur l’origine du mot « assassin » n’a strictement aucun intérêt, et on sent que le travail sur les dialogues n’est certainement pas des plus aboutis… Pareil pour Saïd Taghmaoui, qui va également justifier sa présence en incarnant un bad guy important, mais sans grande aura. On a l’impression d’avoir du placement d’acteurs à intervalles réguliers, comme pour donner une légitimité à la saga en indiquant qu’elle grandit… Mais tout cela est bien artificiel au final…

Et entre 2 scènes de dialogues fades, on a quelques morceaux de bravoure comme cette séquence marocaine, où Keanu Reeves fait équipe avec une Halle Berry survoltée, avec l’utilisation de chiens de combat comme on en avait jamais vu jusqu’alors! La séquence est énorme et fait partie des meilleurs moments du film! On a droit à une scène de combat au sabres à moto, « volée » au film The Villainess de Byung-gil Jung. Celle du film sud-coréen reste toutefois supérieure dans sa mise en scène, n’en déplaise à Chad Stahelski. Mais la réalisation de Stahelski a plutôt bien évolué en mode solo depuis John Wick 2 (le 1er film était mis en scène par lui-même et David Leitch). Il nous offre quelques très belles séquences, et d’autres qui vont un peu se perdre dans une volonté d’action à outrance, comme la scène finale qui n’en finit plus de péter des vitres… On oscille entre des séquences dans lesquelles on sent les impacts violents et le réalisme des coups portés, et d’autres où on se concentre plus sur les chorégraphies, avec un impact amoindri… Mais John Wick Parabellum reste très généreux dans ses propositions en terme d’action, et il est surtout dommage de devoir se farcir des plages de joutes verbales bien pauvres qui assurent l’entre-deux…

Une autre déception notable : le fait de reléguer Cecep Arif Rahman et Yayan Ruhian au 3ème plan, alors que ce sont 2 artistes martiaux juste incroyables! On se rappelle tous de la scène de la cuisine de The Raid 2 pour le 1er, et on se rappelle du rôle de Chien Fou et du rôle de Prakoso pour le second, respectivement dans The Raid et The Raid 2! Les 2 Indonésiens sont des figures incontournables dans le domaine de l’action, et leur combat ne rend pas justice à leurs qualités martiales hors normes. Yayan Ruhian dans la scène finale de The Raid, c’était quand même un sacré bordel!!! Il faut dire que la mise en scène de Gareth Evans était bien ultime sur les 2 volets, et offrait une puissance jusque-là jamais égalée en terme d’action!

Ce John Wick Parabellum est donc une belle proposition, mais qui reste entachée par cette envie de jouer à quelque chose de supérieur à ce qu’est la saga, au lieu de pleinement se concentrer sur ses atouts majeurs, à savoir de l’action qui claque!!! La figure même de John Wick en pâtit, puisque on s’éloigne du personnage de Baba Yaga, le Croquemitaine, et qui donnait une aura de malade à Keanu Reeves dans le 1er volet!!! C’est dommage de ne plus jouer sur cet aspect mythique du héros, et de simplement le cantonner à ce rôle d’ange déchu après son excommunication. Mais cela n’empêchera pas de passer un bon moment et de s’en prendre plein les yeux lors de pas mal de séquences d’action, qu’il s’agisse de corps-à-corps, de combats à l’arme blanche, au sabre ou aux armes à feu de toutes catégories!

Publié dans 2010's, Cinéma | Laisser un commentaire