Le Silence des Ombres (Mans Marlind, Bjorn Stein, 2010)

Le Silence des Ombres est un film totalement méconnu  sorti par chez nous en 2011 dans l’anonymat le plus complet, mis en scène par 2 réalisateurs suédois, Mans Marlind et Bjorn Stein. Le fait qu’on leur doit le dernier Underworld en date (Underworld: nouvelle Ere) ne doit pas être un frein à la découverte de cet excellent thriller à la lisière du fantastique, mené par les deux acteurs talentueux que sont Julianne Moore et Jonathan Rhys Meyers. Le Silence des Ombres, aka Shelter en VO, est une vraie réussite qui mérite largement d’être découvert!

 

L’intrigue repose sur la personnalité complexe d’Adam, qui s’est retrouvé confié au Dr Harding après avoir été découvert errant comme un vagabond. Cet individu semble en fait être un cas de personnalités multiples, et devant l’apparence unique de ce cas, le Dr Harding va demander à sa fille Cara, psychiatre, de venir découvrir cet individu. Marlind et Stein installent d’entrée de jeu un climat étrange et lourd typique de ce genre de thrillers à tendances psychanalytiques, mais ils vont suffisamment travailler leurs personnages et doser leurs effets pour faire de ce Silence des Ombres une oeuvre bien plus efficace que la plupart des films du genre. Il faut mettre en avant tout d’abord la prestation de Jonathan Rhys Meyers, qui s’avère être un acteur réellement doué et malheureusement sous-exploité à Hollywood! Sa composition d’Adam/David est tout simplement excellente, et la facilité déconcertante avec laquelle il passe de la bienveillance de l’un à la cruauté calculatrice de l’autre est impressionnante! Sachant que ce basculement entre les personnalités est le pivot du film, il fallait un acteur de la trempe de Rhys Meyers pour que ça fonctionne!

Face à lui, Julianne Moore campe une psychiatre bardée de convictions qui vont être mises à mal par la/les personnalité(s) d’Adam, et la découverte progressive du passé de son patient va la perturber de plus en plus. Là encore, le schéma typique du médecin qui ouvre la boîte de Pandore afin de trouver la solution aux maux de son patient est traité avec beaucoup de soin, tant au niveau de l’écriture que dans la caractérisation des personnages. D’ailleurs, chaque personnage secondaire prend son importance dans le film, qui va avancer en se dévoilant peu à peu, mais en maintenant toujours un suspense important jusqu’au bout. Il y a une réelle envie de pousser l’histoire jusqu’à ses limites, et les arguments scientifiques et fantastiques vont s’entrechoquer dans un final qui s’avère judicieux.

Le Silence des Ombres se suit avec beaucoup de plaisir en maintenant son atmosphère angoissante du début à la fin, et il offre un vrai moment de cinéma intense habité par des personnages forts, le plus impressionnant étant certainement celui incarné par Rhys Meyers!

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Du Plomb dans la Tete (Walter Hill, 2012)

Du Plomb dans la Tête est l’adaptation d’une bande dessinée française créée par Matz et Colin Wilson, dont les 3 albums sont parus entre 2004 et 2006. Avec ce vieux briscard de Walter Hill derrière la caméra (il a tout de même 71 printemps!), cette adaptation fleure bon le buddy movie old school, et il faut bien avouer que ce film est un vrai plaisir bourré de testostérone et d’humour! Si Walter Hill n’a plus réalisé d’oeuvre marquante depuis quelques décennies, il corrige le tir avec Du Plomb dans la Tête qui démontre à quel point le vétéran est à l’aise dans le film à tendance 80’s! Et il restera à jamais l’auteur du génial Les Guerriers de la Nuit

Du Plomb dans la Tête participe lui aussi au revival des stars d’action des années 80 initié par l’Expendables: Unité spéciale de Sylvester Stallone et entériné par sa suite magistrale! Schwarzenegger, Willis, Van Damme et d’autres encore se sont rapidement remis en selle pour remettre au goût du jour ces bandes qui mettaient souvent l’accent sur l’action au détriment du scénario, mais qui constituaient avant tout un bon gros spectacle rythmé et jouissif! Entre Le dernier Rempart avec Schwarzie, le Die hard: une belle Journée pour mourir qui voit Willis continuer à faire son McClane ou encore Van Damme qui enchaîne les DTV pas dégueus, le phénomène se poursuit de manière musclée et montre à quel point les icônes d’antan sont toujours aussi efficaces!

Difficile de croire qu’un acteur de 66 ans puisse encore porter un film d’action sur ses épaules, mais il est indéniable que celles de Stallone n’ont rien de frêle. L’homme bosse encore activement le physique qui l’a fait connaître avec Rocky et Rambo, et il n’a pas à avoir honte face au « jeunot » Jason Momoa (33 ans), qui campe un bad guy avec classe et sauvagerie! Le face-à-face entre les 2 générations est savoureux, et comporte son lot de violence bien sèche et de punchlines bien senties! Sung Kang joue le flic avec lequel Stallone sera obligé de coopérer, et son rôle sert surtout de faire-valoir à un Sly qui s’amuse avec son propre côté bad guy!

Du Plomb dans la Tête déroule un récit à base de tueurs à gages qui se sont fait trahir, et va partir dans une virée folle à travers la Nouvelle-Orléans, où Stallone, alias Jimmy Bobo, va faire des rencontres pas trop catholiques. Christian Slater est à ce titre vraiment bon dans la peau de ce milliardaire festif adepte des opérations immobilières frauduleuses, et là encore le face-à-face avec Stallone s’avère prenant! Le film suit avec beaucoup d’expérience les préceptes en vigueur il y a 3 décennies, et développe un récit qui se bâtit sur des explosions de violence bien puissantes et une progression de l’enquête teintée d’un humour bien senti. Du Plomb dans la Tête est un pur film bad ass comme il est bon d’en redécouvrir, et tout le savoir-faire de Walter Hill permet au film d’aller au-delà du simple hommage à un genre en pleine résurrection, puisqu’il l’inscrit totalement dans cette veine d’un bout à l’autre! Du Plomb dans la Tête est une pure tuerie bien jouissive dans laquelle Stallone s’amuse comme un petit fou avec toute une bande d’acteurs qui a pleinement saisi le bon esprit du concept!

 

 

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Les news de la semaine: Paranormal Activity

La bande-annonce qui fait sursauter, on la doit à James Wan et son prochain The Conjuring qui s’annonce très efficace! Alors, plus flippant qu’Insidious?

Après le sympathique House of the Devil et sa participation au sublime V/H/S, Ti West est actuellement en post-production pour The Sacrement qui a été tourné en Géorgie l’an passé, et qui suivra une équipe partie mettre en scène un documentaire et débarquant en pleine cérémonie de suicide collectif. C’est produit par Eli Roth, et ça devrait prendre les formes d’un found footage bien gore comme on les aime!

 

Fort du succès de son Drive et dans l’attente du prochain Only God forgives, Nicolas Winding Refn enchaîne avec Button Man: the killing Game, l’adaptation d’un comics qui voit des mercenaires s’affronter dans un jeu mortel organisé par une bande de millionnaires en mal de sensations fortes. Une relecture des Chasses du Comte Zaroff à la sauce danoise, ça a de quoi piquer la curiosité! Ryan Gosling sera-t-il de la partie?

 

On parle toutes les semaines de lui, mais c’est que la sortie d’Iron Man 3 se rapproche (24 avril)! 3 nouveaux clichés cette semaine donc, avec un magnifique character poster pour Pepper, un t-shirt de l’AIM (!) pour Stark, et une autre affiche qui nous dévoile Tony et ses doubles!

 

 

 

On en découvre davantage sur The Amazing Spider-Man 2, avec une photo nous présentant le nouveau costume que portera Peter! A gauche, celui du 1er film, à droite, le nouveau, et l’on peut voir que Marc Webb revient à quelque chose de plus classique, notamment au niveau des yeux!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On apprend aussi que Chris Cooper a hérité du rôle de Norman Osborn, qui apparaîtra donc dans ce second film! Portera-t-il le costume du Bouffon vert? Wait and see…

 

 

 

 

 

 

 

 

3 nouvelles affiches pour l’Oblivion de Joseph Kosinski!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chloe Moretz devrait nous faire flipper dans Carrie, la Revanche, et une nouvelle photo vient de tomber!

 

Evil Dead nous fait bien baver, et voici 4 nouveaux clichés pour patienter! Carnage le 8 mai!

 

 

 

Le classique 80’s L’Expérience interdite aura droit à son remake, et c’est Niels Arden « Millenium » Oplev qui a été choisi pour le remettre au goût du jour! Va falloir s’accrocher pour rivaliser avec le casting 4 étoiles de l’époque!

 

Eh ben pour une prod Asylum, ça s’annonce plutôt pas mal! Ce Rise of the Zombies promet d’être pas dégueu visuellement, et avec la présence du bad ass Danny Trejo, ça pourrait bien le faire!

On termine par une image d’une simplicité géniale, c’est la pochette d’un préservatif à laquelle il fallait penser!!!

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The Impossible (Juan Antonio Bayona, 2012)

Après un Orphelinat très travaillé graphiquement mais sans aucune consistance dramatique, la méfiance était de mise face à ce projet de film catastrophe axé sur l’histoire vraie d’une famille prise dans le tsunami qui a ravagé Phuket en 2004. Et pourtant, ce sujet très délicat semble avoir totalement inspiré Juan Antonio Bayona, qui nous livre un film qui va au-delà des espérances en développant un récit poignant qui nous prend aux tripes pendant presque 2 heures! Du 1er au dernier plan, Bayona maîtrise son propos avec un sens visuel impressionnant doublé d’un sens de la dramaturgie captivant!

 

La caractérisation des personnages nous dévoile une famille américaine typique et heureuse, partie en vacances en Thaïlande histoire de décompresser et de profiter d’instants privilégiés entre le père, la mère et les 3 garçons. Juan Antonio Bayona met en avant les plaisirs simples qui sont d’autant plus précieux avec l’imminence du drame. Et c’est là que l’on découvre à quel point Bayona est finalement un immense metteur en scène: sa vision du tsunami dévastant l’hôtel est la séquence catastrophe la plus impressionnante que j’ai pu voir au cinéma, le réalisateur parvenant à créer une intensité maximale grâce à un sens du montage et une composition visuelle bluffants, mais aussi grâce au réalisme apporté par les acteurs qui font de cette séquence une réussite totale, tant sur le point technique que dramatique! On est littéralement plongé avec les personnages dans cet enfer soudain, et l’on va suivre avec angoisse la progression de Maria et de son fils Lucas emportés par les eaux. C’est très difficile de retranscrire à quel point le film frappe fort, mais le metteur en scène espagnol est parvenu à toucher au plus profond de l’âme du spectateur, ce qui est tout de même inespéré après avoir vu L’Orphelinat! Bayona met en avant les pulsions de survie les plus intimes et nous confronte à nos propres réactions en une telle situation, parvenant à nous bouleverser comme rarement au cinéma.

La justesse est également présente dans l’interprétation des acteurs, qui semblent tous habités par l’intensité dramatique de cet événement arrivé en 2004. C’est avec un dénuement total et l’expression de sentiments profonds que les acteurs parviennent à donner un sens à cette histoire, qui a aucun moment ne tombe dans le voyeurisme. C’est là le plus grand écueil qu’il fallait éviter, et à la place, on a une immense aventure humaine qui nous touche sans que l’on puisse l’en empêcher. Naomi Watts est encore une fois impressionnante, Ewan McGregor nous révèle à quel point il peut être parfait avec un directeur d’acteurs comme Bayona, et les gamins vont eux aussi au-delà de ce que l’on pouvait attendre d’eux, mention spéciale à Tom Holland qui joue le fils aîné et qui est véritablement impressionnant!

Là où le film démontre ses immenses qualités, c’est dans le fait que la séquence catastrophe n’est pas distincte du reste, mais qu’elle va permettre de développer des émotions intenses qui ne s’estomperont à aucun instant. Les recherches de Lucas et de son père afin de retrouver la famille sont tout simplement poignantes, et créent une émotion d’une intensité rarement atteinte au cinéma! Avec The Impossible, Juan Antonio Bayona nous livre une oeuvre magistrale qui devrait durablement marquer le monde du 7ème art, rendant palpable cet événement tragique en démontrant la force imparable de la nature déchaînée, mais en magnifiant la force de caractère d’une poignée d’humains qui ne veut pas renoncer! The Impossible est une date marquante du cinéma!

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Le clip de la semaine: Move (Rick Mereki)

1 minute pour faire le tour du monde avec un sens de l’esthétique et de la poésie tout simplement génial! Une idée brillante pour un résultat sublime qui donne juste envie de préparer son sac et de partir à l’aventure! C’est signé Rick Mereki, et c’est la 1ère partie d’un triptyque que vous pouvez découvrir sur le site de l’artiste, en même temps que d’autres oeuvres! Enjoy! 😉

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