Man of Tai Chi (Keanu Reeves, 2013)

Après nous avoir mis l’eau à la bouche avec quelques magnifiques featurettes et bande-annonces, il faut bien se rendre à l’évidence: avec son premier long métrage en tant que réalisateur, Keanu Reeves déchire tout et nous livre un pur film d’arts martiaux aussi inventif que généreux!!! Man of Tai Chi est une vraie bombe qui parvient à retranscrire les traditions ancestrales tout en se mouvant avec une vraie élégance dans une modernité à la violence viscérale! Un must qui devrait faire date dans le genre!

On va commencer par une déception, puisque Reeves n’a pas pu utiliser la caméra Bot N Dolly avec laquelle il avait filmé des essais de combats véritablement impressionnants! Pour des raisons logistiques, il n’a pas pu trimballer le matériel en Chine, et c’est vraiment dommage au vu de la qualité exceptionnelle des mouvements qu’elle permettait! Mais Reeves ne s’est pas laissé abattre, et a poursuivi son rêve de réaliser un pur film d’arts martiaux dans un esprit Tai Chi, et la virtuosité de sa mise en scène se cale avec efficacité à la philosophie et à la gestuelle de cet art martial.

Les chorégraphies du légendaire Yuen Woo Ping ne sont pas surdécoupées, et sont au contraire mises en valeur de manière exemplaire par un Keanu Reeves totalement libre et inspiré. C’est un pur bonheur que d’assister à ces combats stylisés et originaux, et même les quelques effets de câbles ne gâchent pas l’ensemble! Il y a un rythme incessant et une visualisation de la puissance qui est vraiment réussie, et Reeves se place d’emblée comme un metteur en scène avec lequel il faut compter dans le genre action movie, à l’instar d’un Gareth Evans! D’ailleurs, Iko Uwais, le personnage principal de The Raid, fait une apparition dans ce film!

Tiger Hu Chen, qui joue le héros du film, était cascadeur sur Matrix reloaded et Matrix Revolutions; et Yuen Woo Ping a conçu les combats de la trilogie Matrix. Autant dire que le film est une histoire de famille, et on sent que chacun s’est impliqué à fond dans le projet! On retrouve Simon Yam, qui de The Mission à Nightfall poursuit une carrière très prolifique, et on a droit à quelques combattants aux styles bien différents mais très efficaces! Tiger Hu Chen utilise le Tai Chi avec une vraie maîtrise, et voir cet art martial qui n’est pas destiné au combat devenir une arme surpuissante s’avère original!

Man of Tai Chi se veut très frontal, en usant d’une histoire classique d’ascension, de chute et de rédemption, qui va servir de colonne vertébrale à un film de genre totalement jouissif dans lequel Keanu Reeves libère toute sa passion des arts martiaux. Il n’oublie pas les films de Hong-Kong et leur rend hommage de manière très subtile (les zooms rapides lors du premier combat par exemple, la figure du Maître), tout en faisant de son Man of Tai Chi une référence moderne du film martial. Il ne joue pas avec le second degré, et son film enchaîne les combats avec un sens graphique exceptionnel, offrant au spectateur une vision de la violence d’une brutalité très percutante! L’évolution qu’il offre au personnage de Tiger est passionnante, et ouvre à chaque fois sur une iconographie vraiment forte, ponctuée par des choix musicaux qui la renforcent à merveille! Quand l’innocent Tiger se met à devenir un combattant implacable, on ressent sa rage, et Keanu Reeves filme le tout avec une aisance et une profondeur déconcertantes!

Le réalisateur se fait aussi plaisir avec un rôle de bad guy très convaincant, et son combat contre Tiger est très efficace! Il y a véritablement une beauté du mouvement qui traverse tout ce film, qu’il s’agisse de la nature des chorégraphies, de la mise en scène des combats ou de la vision très immersive des personnages dans leur environnement (l’excellent plan qui passe de la vue de la ville à la pièce où se trouve Tiger). On sent véritablement les variations de rythme avec toujours une sorte de mouvement circulaire, un rythme qui ne s’arrête jamais mais qui évolue au gré des scènes. Man of Tai Chi est déjà une référence, et il faut espérer que Keanu Reeves poursuive dans la mise en scène après cet essai de maître!!!

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Les news de la semaine: Electro dépote!

Enfin la 1ère bande-annonce du prochain The amazing Spider-Man 2: le Destin d’un Héros! Et oui, les distributeurs français ont choisi de rallonger le titre de manière complètement naze… Bon, si Electro semble plutôt bien traité, le Rhino version mécanique, ça le fait beaucoup moins… Verdict le 30 avril.

 

 

 

 

Avec la mort tragique de Paul Walker samedi dernier, la franchise Fast and furious en prend un sacré coup, d’autant plus que l’opus 7 était en plein tournage. Walker avait encore des scènes importantes à tourner, et le studio a décidé de suspendre la production le temps de trouver comment gérer ce drame. L’ambiance n’est évidemment pas au travail pour les partenaires de l’acteur, et le film va être difficile à continuer…

 

Une news qui n’est pas encore officialisée, mais qui émane de Rob Liefeld, le co-créateur du personnage de Deadpool. Liefeld a eu sous les yeux le premier jet du scénario écrit par Jeff Wadlow pour la peut-être future adaptation du comics X-Force, et il a apparemment été bluffé par ce qu’il a lu! Il explique en passant que les fans de Cable et Deadpool devraient être aux anges, et dévoile donc une partie très intéressante du casting!!! DP sur grand écran, c’est donc encore possible, et Liefeld renchérit en expliquant que le film consacré à Deadpool pourrait suivre de quelques mois celui sur X-Force! Bref, l’avenir pourrait être radieux pour Wade! 😉

 

La Fox semble définitivement conquise par les voyages dans le temps, puisque Bryan Singer a annoncé la suite d’X-Men: Days of future Past de manière très concise: « X-Men Apocalypse 2016! » On se dirige donc très probablement vers une Ere d’Apocalypse prometteuse, et les ambitions du studio sont vraiment impressionnantes avec cette annonce! Le tout premier mutant Apocalypse confronté aux X-Men dans une ambiance post-apocalyptique, c’est une vraie bombe lâchée par Singer!

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The Agent (Ryoo Seung-Wan, 2013)

Scénariste, réalisateur, acteur et producteur sud-coréen, Ryoo Seung-Wan est un passionné de cinéma qui parvient à contaminer le spectateur par son énergie et sa vitalité. Pour The Agent (plus connu sous son titre original The Berlin File), il écrit et réalise un film d’espionnage de très grande qualité, puisant dans une thématique qu’il connaît bien, à savoir l’opposition entre la Corée du Nord et la Corée du Sud, menée avec un vrai sens du suspense et une très belle maîtrise cinématographique.

Jong-Seong, incarné par un Jung-Woo Ha inspiré, est un agent secret nord-coréen en poste à Berlin. Lors d’une vente d’armes illégale, il se retrouve pris entre deux feux, ses supérieurs doutant de sa loyauté et différents services internationaux se lançant à sa recherche. Lorsque la piste d’une possible trahison de la part de sa femme s’esquisse, il va tout faire pour que la vérité éclate. The Agent part d’un postulat très Jason Bourne pour nous livrer un polar très efficace qui parvient à rester crédible dans son déroulement.

Les faux-semblants et les trahisons vont se succéder autour de Jong-Seong, qui va se retrouver de plus en plus seul pour comprendre ce qui lui arrive. Entre des gunfights très réussis et des combats au corps-à-corps vraiment bien chorégraphiés, The Agent nous plonge dans le quotidien complexe d’un agent spécial, avec toute la dualité qu’implique son statut. On visite Berlin au gré de l’avancée de sa mission, et Ryoo Seung-Wan filme cette ville avec une grande habileté, nous plongeant dans son métro et dans ses rues avec une belle acuité visuelle. Seung-Wan maîtrise totalement son sujet, et il intensifie l’impact de l’action grâce à une mise en scène claire et incisive, qui nous plonge véritablement au coeur du mouvement, nous offrant quelques beaux moments de bravoure, comme la séquence sur le toit en verre.

The Agent n’est pas un film d’action non-stop dans la lignée de The Raid, mais il navigue entre séquences de suspense et explosions de violence, nous offrant un mélange très maîtrisé qui n’a rien à envier aux films américains du même genre. La tension se relâche peu, et on suit avec beaucoup d’intérêt cette quête de vérité d’un homme pris dans un piège implacable. La radicalité du propos et le réalisme de la violence permettent à Ryoo Seung-Wan de créer une très belle surprise avec ce film!

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Le clip de la semaine: Suckablood

Suckablood, c’est un excellent conte gothique mis en scène par Ben Tillett qui suit l’aventure horrifique d’une jeune fille qui doit arrêter de sucer son pouce, sinon… Je vous laisse découvrir ce très beau court à la mise en scène à la fois classique et inventive! Enjoy! 😉

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No Pain no Gain (Michael Bay, 2013)

Avec son budget microscopique de 26 millions de dollars (en comparaison aux 150 à 200 millions des films de la franchise Transformers), No Pain no Gain fait figure de film de vacances pour Michael Bay! La pression des studios doit être nettement inférieure, et le metteur en scène s’est vraiment fait plaisir en narrant cette histoire improbable pourtant basée sur une histoire vraie! No Pain no Gain est un pur moment de plaisir cinématographique avec un dosage parfait entre action, humour, personnages complètement barrés et réalisation impressionnante!

Tout d’abord, il faut resituer le contexte: Daniel Lugo est entraîneur dans une salle de fitness de Miami dans les années 90, et il va orchestrer un kidnapping afin de renflouer ses caisses. Sauf que rien ne va se passer comme prévu, et que Lugo va être constamment rattrapé par la réalité dans sa tentative foireuse d’atteindre son rêve américain… Alors oui le récit est forcément romancé, mais les faits relatés sont bien réels sous cette couche d’humour noir qui sied à merveille à Michael Bay. Le metteur en scène transcende un fait divers sordide pour en faire un démantèlement en règle de toute cette imagerie véhiculée depuis toujours par les Etats-Unis, avec le culte du corps et le soleil californien qui en prennent un sacré coup!

Pour réussir son kidnapping, Lugo, incarné par un Mark Wahlberg excellent, s’entoure de deux bras cassés de haute volée, incarnés par Anthony Mackie et The Rock, alias Dwayne Johnson. Il faut dire que Lugo ne brille pas non plus par ses qualités intellectuelles, et le trio va méticuleusement foirer chaque étape de son objectif, dans des proportions franchement aberrantes. Michael Bay joue sur une certaine distanciation avec sa mise en scène ultra-dynamique et son montage rythmé, et parvient à rendre drôle des scènes qui normalement devraient être sacrément glauques!

Déjà, The Rock est tout simplement génial dans ce rôle de gentil naïf bodybuildé, et le voir proclamer sa foi en portant des T-shirts moulant Team Jesus, c’est vraiment énorme! Il est totalement dans le personnage, et tient une bonne partie du film sur ses larges épaules! Il vole même la vedette à Mark Wahlberg, mais le trio s’avère vraiment savoureux dans sa manière de mener ce plan à sa perte. En fait, l’histoire est tellement too much qu’il y a plein de moments où ils auraient pu stopper le processus, mais non, ils s’enlisent et s’embourbent de plus en plus, à un tel point qu’un scénariste de film n’aurait jamais osé écrire ça! Et pourtant, ça s’est bien passé…

Michael Bay soigne ses personnages avec l’aide des scénaristes Christopher Markus et Stephen McFeely, duo qui oeuvre ensemble depuis des années et à qui l’on doit l’excellent Captain America: first Avenger et le prochain Captain America: le Soldat de l’Hiver (et le moins réussi Thor: le Monde des Ténèbres, mais bon…). L’écriture est vraiment savoureuse et s’adapte parfaitement au dynamisme de Michael Bay, le trio insufflant une véritable énergie à cette histoire incroyable! Le casting est à l’avenant avec Tony « Monk » Shaloub qui est excellent dans le rôle du businessman kidnappé et Ed Harris toujours aussi impeccable en détective. L’absurdité de l’ensemble est transcendée par l’approche visuelle de Bay, et No Pain no Gain est une comédie sombre totalement réussie! La manière dont le réal souligne l’intensité dramatique perçue par Lugo, comme lors de la première scène, est magistrale! No Pain no Gain (c’est le titre français d’ailleurs, l’original c’est Pain & Gain, pour souligner la connerie des distributeurs en passant) fait souffler un vent de folie 90’s sur Miami, et il le fait avec classe tout en démontant de manière radicale l’odyssée improbable du Sun Gym Gang!

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