Le clip de la semaine : Dirty Deep – Bottleneck

La semaine dernière, je vous parlais d’Hoboken Division, un excellent groupe de rock qui nous livre une musique héritée du delta blues. Et bien ils ne sont pas les seuls à se revendiquer de ce mouvement cher à John Lee Hooker, et Dirty Deep nous convie lui aussi à un sursaut musical nostalgique et entraînant! Sous ce nom de scène, se cache Victor Sbrovazzo, un jeune artiste provenant d’Altkirch, qui a su se faire un nom tout d’abord seul sur scène, puis accompagné par le batteur Geoffroy Sourp et le bassiste Adam Lanfrey. Bottleneck est un parfait exemple des puissantes sonorités old school que l’homme-orchestre nous balance aux oreilles, et c’est sacrément bon, surtout accompagné d’un peu de houblon! 😉

 

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Equalizer 2 (Antoine Fuqua, 2018)

Il y a 4 ans, Antoine Fuqua et Denzel Washington nous livraient une brillante adaptation de série télévisée avec Equalizer, qui voyait un ex-agent secret repenti tenter de rééquilibrer la balance en aidant des inconnus à se sortir de situations désespérées. Fuqua a entre-temps mis en boîte l’excellent La Rage au Ventre avec Jake Gyllenhaal et Les Sept Mercenaires, et Washington a de son côté tourné dans Les Sept Mercenaires tiens, mais aussi Fences et L’Affaire Roman J.. Les 2 hommes se retrouvent donc pour cette nouvelle aventure de Robert McCall, et cette fois comme on dit, ça devient personnel!

La particularité d’Equalizer 1er du nom était la capacité de Fuqua a générer une tension palpable en jouant sur l’étirement temporel de ses scènes. L’attente de cette violence inévitable qui ponctue le film était savamment calculée et dosée, et quand arrivait l’explosion, elle agissait comme une libération tant pour McCall qui donnait libre cours à sa soif de justice, que pour le spectateur qui se la prenait en pleine face de manière cathartique. Il y avait bien quelques effets de style qui pouvaient paraître prétentieux, mais cela dénotait d’une pointe d’humour pas forcément malvenue. Je parle évidemment du coup de la montre, qui sera repris vite fait dans ce nouvel épisode.

Fuqua et Washington nous remettent en contact avec McCall en nous montrant à nouveau quel homme simple et bon il est, vivant dans un immeuble en portant toujours attention à ses voisins. Il aime lire, faire le taxi pour croiser de manière éphémère d’autres individus, et il voit de temps en temps son amie Susan, incarnée par Melissa Leo, qui travaillait avec lui dans la même agence. Les événements vont prendre le temps de se mettre en place, et on a l’impression de patiner pendant un moment, tout en ayant droit à quelques scènes violentes de temps en temps. On sent la rage qui anime McCall au vu de certaines situations, mais il semble la contrôler davantage que dans le premier film. C’est comme si la tristesse avait pris le pas sur cette violence intérieure, mais cela ne l’empêche pas de la faire exploser de temps à autre!

On sent une certaine facilité scénaristique dans l’élaboration de cette intrigue, avec un manque de suspense quant aux ramifications de cette affaire. Du coup, on passe une grande partie du film dans un écrin finalement classique, et qui s’avère moins travaillé que pour le premier film. Les années ont passé, McCall a eu le temps de se calmer un peu. Mais au final, quand on vient le titiller, il peut très vite repartir en mode bad-ass, et même si cela prend du temps, on apprécie de voir ce bon vieux Denzel repartir au combat. Et avec cette construction progressive, ce sont les 30 dernières minutes qui vont s’avérer relativement surprenantes, le point d’orgue étant un gunfight tout simplement excellent, qui va se dérouler dans des conditions climatologiques relativement difficiles! Cette séquence est tout simplement superbe, et pour ma part je n’avais encore jamais rien vu de tel! Il y a une gestion de l’espace et une utilisation des conditions climatiques exemplaires, et on se retrouve à retenir notre souffle dans cette confrontation vraiment originale!

Après le film n’a pas la même puissance que son aîné, qui dosait avec davantage de précision la tension et la violence. Mais Equalizer 2 vaut le coup d’oeil pour cette séquence magistrale de fin! Et même s’il n’apparaît pas beaucoup, ça fait plaisir de revoir ce bon vieux Bill Pullman! Et pour les fans de l’acteur, je vous conseille fortement de le retrouver dans la saison 2 de The Sinner, qui vient de débuter!

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Les news de la semaine: BlacKKKsploitation

 

Blakkklansman – j’ai infiltré le Ku Klux Klan, ça ressemble clairement à une pépite! Spike Lee semble s’être totalement lâché dans cette transposition de la vie du flic Ron Stallworth, un black qui pendant les années 70 s’est battu contre le Klan avec l’aide d’un autre policier, qui était blanc. Les deux hommes ont usé de stratagèmes ingénieux pour infiltrer le gang des capuches, et on devrait assister à un beau moment de blaxploitation au vu de la bande-annonce! Sortie le 22 août!

 

Pas une semaine ne se passe sans que l’on reparle de l’affaire James Gunn, et le tout premier défenseur du metteur en scène était Dave Bautista. Le guerrier Drax n’en a pas terminé et continue à clamer ouvertement ce qu’il pense, et le mec a de sacrées cojones!!! Sa position est très claire, et il la maintient sans faillir, en balançant encore une nouvelle salve à destination de Disney :

« Je ferai ce que je suis obligé de faire légalement, mais les Gardiens sans James Gunn n’est pas ce pour quoi j’ai signé. Les Gardiens sans Gunn, ce n’est pas les Gardiens. Et ça me donne la nausée de travailler pour quelqu’un qui a habilité une campagne de diffamation menée par des cybernazis fascistes. C’est ce que je ressens. » (Source : ComicsBlog)

Et encore une couche :

 « Personne ne défend ces tweets, mais il s’agit d’une vaste campagne de manipulation qui s’attaque à un homme bien. J’ai parlé à Chris Pratt le jour où c’est arrivé, et lui qui est un peu religieux voulait du temps pour prier et comprendre ce qui s’était passé, mais moi j’étais plus dans un esprit de ‘c’est débile’. C’est de la connerie. James est l’une des personnes les plus gentilles et les plus valables que je connaisse.

 Ma position actuelle est que, si Marvel n’utilise pas ce script (celui que James Gunn avait terminé pour ce film), je leur demanderais de me libérer de mon contrat, de me laisser partir et de me recaster. Je ne rendrais pas service à James autrement. » (Source : ComicsBlog)

Après des années à bouffer du Transformers, les producteurs ont décidé de varier la recette, et c’est vrai que le prochain Bumblebee semble receler des qualités assez attractives! En témoigne aujourd’hui cette nouvelle affiche lorgnant clairement du côté du Géant de Fer, et qui promet un traitement bien différent pour ce nouveau départ! Sortie le 26 décembre.

 

On va faire un point sur les projets de super-héros chez Sony, grâce à un long rapport de chez Variety qui apporte pas mal de nouvelles infos. La 1ère devrait faire grincer pas mal de dents, puisqu’il s’agit de la classification du film Venom : présenté comme un rated-R pendant des mois, Sony a en effet décidé de rester sur du PG-13… Ce retour en arrière semble bien incompréhensible au vu du potentiel du personnage et de son aspect résolument dark, mais il s’agit d’une manoeuvre visant à long terme la possibilité d’effectuer des crossovers avec Spider-Man. Le deal entre Sony et Marvel sur le Tisseur prendra en effet fin en 2019, ce qui permettrait de faire enfin se rencontrer Spidey et toute sa galerie de méchants en pleine construction! L’idée est séduisante, mais elle passe par une édulcoration du personnage de Venom pour qu’il puisse passer dans un futur film Spider-Man… Mais Sony vise bien plus loin, car après cet essai réussi de partenariat avec Marvel, le studio souhaiterait développer cela à l’ensemble de ses personnages, et on pourrait donc un jour espérer voir les Avengers croiser l’ensemble du Spider-Verse!!!

Autre nouvelle importante, la suppression du film Silver & Black, qui avait déjà disparu des calendriers de sortie depuis un petit moment. La raison n’est pas l’absence d’intérêt du studio pour ce projet, puisqu’il s’agit en fait du contraire! Sony est clairement confiant en ces 2 personnages, à tel point qu’il compte bien donner un film à chaque lady! C’est par la voix de Sanford Panitch, le président de Columbia Pictures (qui fait partie de Sony Pictures Entertainment), que l’on apprend cela: « Nous pensons que Black Cat est un personnage suffisamment solide par lui-même, avec une excellente backstory et largement de quoi faire pour justifier le fait qu’elle ait son propre film. » (Source : Ecran Large)

 

La Chatte Noire, qui est le pendant marvellien de Catwoman, aura donc droit à la première adaptation, et Silver Sable prendra sa suite. Mais là encore, ce n’est pas tout, puisque outre Morbius, Silk, Nightwatch ou Venom 2, un autre projet est également sur les rails : il s’agit de Jackpot, un personnage quasiment inconnu créé en mai 2007 par le scénariste Dan Slott. Il existe en fait 2 versions de ce personnage. La 1ère est Sara Ehret, une scientifique qui acquiert des super-pouvoirs suite à une expérience, et qui se lancera dans une courte carrière contre le crime; elle se lassera en effet rapidement de cette vie, et raccrochera son costume, non sans en parler à l’une de ses amies, très grande admiratrice de Spider-Man. Sara proposera donc à cette Alana Jobson de reprendre son costume, ce qu’elle n’hésitera pas à faire. Alana devient donc la 2ème Jackpot, sans que le public ne s’en aperçoive.

On se rend surtout compte avec cette multitude de projets que les femmes sont clairement mises à l’honneur du côté d’Hollywood, ce qui démontre les changements majeurs qui s’y passent et qui permettent d’accentuer la représentativité de la diversité. Maintenant, un film sur Jackpot n’a potentiellement pas grand-chose d’excitant, donc il va falloir bosser pour nous vendre le truc et nous embarquer en salles! 🙂 Avec toutes ces news, j’en ai profité pour mettre à jour mon dossier sur les adaptation Marvel de 1944 à 2099! 😉

 

Une rumeur évoquait une scène post-générique très particulière pour Deadpool 2, qui avait été supprimée du montage final. Et bien, cette séquence où Wade retourne dans le passé pour retrouver Adolf Hitler alors qu’il n’était qu’un bébé existe bel et bien! Vous pouvez la voir juste ici! ^^


 

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Marvel’s Cloak & Dagger saison 1 (2018)

Si de très nombreux personnages Marvel ont été créés par les légendaires Stan Lee, Jack Kirby et Steve Ditko, d’autres scénaristes et dessinateurs ont pris le relais au fil des décennies pour développer le catalogue de l’éditeur. La Cape et l’Epée sont deux héros indissociables apparus pour la première fois dans Spectacular Spider-Man 64 datant de mars 1982, où ils affrontaient le héros arachnéen. Leur origine sombre et urbaine est due au scénariste Bill Mantlo (qui a adapté les jouets les Micronautes et Rom en comics chez Marvel) et au dessinateur Ed Hannigan. Dans les comics, Tyrone Johnson (la Cape) et Tandy Bowen (l’Epée) sont des adolescents kidnappés par la mafia et sujets à des expériences scientifiques, ce qui leur donnera leurs pouvoirs complémentaires.

Le succès des adaptations Marvel ne fléchissant pas, que ce soit au cinéma ou à la télévision, il est intéressant de commencer à voir apparaître des personnages moins connus de la Maison des Idées, et pour lesquelles la pression est moindre. Quand Stephanie Savage et Josh Schwartz se sont occupés de la production de Runaways, l’adaptation du comics Les Fugitifs, ils n’étaient pas attendu au tournant comme Steven S. DeKnight et sa première saison de Daredevil! Et quand on voit le résultat de leur série ado, on se rend compte que même si les personnages sont mineurs comparés à Captain America, Iron Man ou Hulk, ils ont de très belles histoires à raconter et avec des auteurs impliqués, il y a de quoi faire rêver même sur petit écran! Runaways était une très belle surprise de la part de la chaîne Hulu, et le constat est similaire avec ce Marvel’s Cloak & Dagger provenant de chez Freeform!

On sent une écriture libérée et une très grande latitude laissée à Joe Pokaski, scénariste et producteur sur Heroes et tiens, Daredevil notamment, ce qui a pour résultat de teinter ces 10 épisodes d’une très belle ambiance. Et quand en plus on délocalise l’action de New York à La Nouvelle-Orléans, la caution culturelle et dépaysante s’avère très rafraîchissante! Au fil des épisodes, l’histoire et l’atmosphère si particulière de cette ville vont prendre de l’importance, et là encore, il y a un constat similaire avec Runaways, qui nous livrait une très belle dimension de Los Angeles. Les auteurs des shows respectifs ont chacun pris leur temps pour se concentrer sur cette dimension, et pour raconter un récit s’immisçant pleinement dans les lieux où s’agitent les protagonistes, et cette attention aux détails est un atout précieux. Marvel’s Cloak & Dagger va elle aussi prendre le temps de nous présenter ses personnages, qui vont appréhender leurs pouvoirs au fur et à mesure des épisodes, à un rythme qui est très bien maintenu. Les allées et venues entre le présent et le passé sont très bien menées, et on découvre par petites touches le duo alors qu’ils étaient enfants, scellant leur destin une tragique nuit. L’exploration des psychés est l’une des très belles réussites du show, et le choix des acteurs enfants est là encore judicieux.

Aux prémices des séries Marvel/Netflix, il y avait cette propension à prendre le temps de développer les schémas, les personnages et les intrigues. Les dernières saisons se sont voulues plus classiques et construites de manière moins travaillées, et ça fait plaisir de revenir à une élaboration plus attentionnée envers les héros. Les branches adolescentes sont donc momentanément devenues les plus intéressantes du catalogue télévisuel marvellien, et au final, cela est dû à un choix qui avait été fait il y a bien longtemps par Stan Lee lui-même, celui d’offrir des personnages denses en proie à des tourments personnels ou sociétaux. La refonte des origines de Tyrone et Tandy s’avère très judicieuse, et va immédiatement nous impliquer aux côtés de ces personnages lumineux. Ils sont tous deux marqués par la vie, traînant un poids datant de nombreuses années, et qui les ont forgé de manière plus dure que ce qu’ils auraient pu être. Il y a une tristesse profonde en chacun d’eux, ce qui crée tout de suite une empathie, et surtout, ce background est créé de manière très sensible et réaliste. On ne sent pas l’artificialité des constructions scénaristiques à la Inhumans (voilà, c’est dit, je n’en rajouterai plus sur eux ^^).

Si vous vous attendez à une débauche d’action et de super-pouvoirs, il faudra passer votre chemin, mais si vous appréciez les origin stories ciselées et prenantes, cette série est faite pour vous. Le ton est parfois très sombre, puisqu’on y parle de mort, de suicide, de drogue et de viol, ce qui en fait un teen drama finalement dense et captivant. On y parle également de racisme et de bavures policières, offrant des résonances directes avec l’actualité américaine… La relation entre Tyrone et Tandy, faite de méfiance et d’incompréhension, va peu à peu évoluer vers une appréciation et une complicité leur permettant de dévoiler tout leur potentiel. La visualisation de leurs pouvoirs (téléportation pour Tyrone, dagues de lumières pour Tandy) est montrée avec un côté plus intimiste que décoiffant, et les auteurs vont explorer les possibilités qu’ils ont de sonder l’âme des gens qu’ils touchent, donnant des séquences entre rêves et cauchemars qui sont vraiment bien réalisées. Et la personnalisation de la cape de Tyrone est très touchante également, l’objet tenant à la fois du rite et de l’intime.

Olivia Holt a tourné dans plusieurs séries Disney et elle est également chanteuse. Elle est parfaite dans le rôle de Tandy, grâce à une interprétation à vif et son côté baroudeuse qui fait du personnage un être à la fois paumé et débrouillard . On a pu croiser Aubrey Joseph aux côtés de Liam Neeson dans Night Run, et Tyrone est à son jour son plus grand rôle. Tout comme Olivia Holt, il apporte une belle sensibilité à son personnage, et en fait un héros torturé mais toujours capable de poursuivre son chemin. Les deux acteurs nous donnent une très belle alchimie, ce qui est essentiel pour une série de ce type. A leurs côtés, on a toute une galerie de très bons acteurs et de très bons personnages, ce qui permet d’intensifier l’intérêt du show. On notera par exemple la présence d’Emma Lahana dans le rôle d’une flic débarquée de New York, et qui va s’intéresser de près à Tyrone. Pour la petite histoire, cette actrice incarnait le Ranger jaune dans les séries Power Rangers des années 2000 ^^ Elle s’avère être un personnage très intéressant, et l’actrice offre une prestation réussie. On pourra regretter toutefois que certains soient présentés et juste mis de côté par la suite, ou on pourra encore regretter le petit creux des épisodes 5 et 6 avec des facilités scénaristiques étonnantes (c’est le cas notamment pour un personnage qui change subitement d’attitude, ce qui est très artificiel). Mais ce ne sont que des détails mineurs dans une très belle construction, et on souhaite que les auteurs conservent cette tonalité pour la saison 2! Et vu que les séries sont très proches dans leurs visions, ce serait intéressant d’avoir un crossover avec Runaways!

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Le clip de la semaine : HOboken Division – Desertion

Photo : François Duffait

C’est avec un grand plaisir que j’ai découvert HOboken Division, un groupe originaire de Lorraine et qui distille un blues/rock tantôt intimiste, tantôt plus pêchu mais toujours habité. En les écoutant, on sent les vibrations des grands espaces entrecoupés de zones industrielles, on ressent la profondeur de ces contrées isolées que l’on croirait endormies, mais sous la surface desquelles bouillonne une énergie captivante!

Ce Desertion représente avec justesse la tonalité du groupe, et ce clip nous présentant un danseur compulsif que l’on croirait égaré dans le temps est vraiment excellent! Il y a une beauté calme se dégageant de ces images et un rythme atypique avec ces mouvements de danse répétitifs! ^^ Une très belle première approche qui devrait vous donner envie de découvrir davantage leurs compositions!

 

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