Marvel Legacy : Deadpool 2

Après des débuts timides (voir Marvel Legacy : Deadpool 1), Gerry Duggan lâche la bride et nous convie à deux épisodes nettement plus dynamiques et prenants! L’affrontement entre Wade et Cable prend très rapidement fin, et ils vont s’allier contre Stryfe qui est derrière tout ça! Les 2 versions du guerrier du futur prennent la pose (Stryfe est un clone de Cable), des vampires et des dinos attaquent New York, on va croiser plein de Cable alternatifs, et on va arriver à la fin de l’univers!!! Rien que ça!!! Duggan est en fait très généreux dans ces épisodes qui proposent une belle densité scénaristique, et qui ont le mérite d’être originaux! Il est accompagné par un Scott Koblish toujours irréprochable, et les allers-retours dans le continuum spatio-temporel sont excellents! Mine de rien, on découvre un nouveau pan de la mythologie de Cable, et c’est vraiment intéressant!

 

2 épisodes également pour Spider-Man/Deadpool, et qui s’avèrent très différents dans leurs intrigues! On poursuit tout d’abord le combat contre le Caméléon à Tabula Rasa, ce qui va donner lieu à quelques moments bien piquants! Chris Bachalo est toujours génial au dessin selon moi, et Robbie Thompson se la joue vraiment décomplexé avec sa plume bien fun! On se retrouve dans un univers assez dingue, avec un robot infecté par un virus organique parlant, des requins qui n’ont pas forcément besoin d’eau pour nager (Sharknado??), Husk, Screwball, la Vache de l’Enfer… Il y a de la vie à Tabula Rasa, et ça fait bien plaisir de s’y retrouver! L’intrigue à base d’armes de pointe est un prétexte à des combats originaux dans ce dôme, et on en ressort avec les yeux emplis de couleurs et une fin bien traitée de la part de Deadpool!

Le second épisode, on le doit toujours à Robbie Thompson, mais accompagné cette fois par le dessinateur Scott Hepburn. Et franchement, là encore le résultat est vraiment classe! Ca s’appelle Les Vieux, et le principe est qu’on retrouve un Wade Wilson et un Peter Parker versions âgées en maison de retraite! Si ça part d’une intention humoristique, il faut bien avouer qu’il y a quelques apports de tendresse et de nostalgie bienvenus dans cet épisode! On se retrouve dans un monde où Spider-Man n’officie plus sous son costume depuis très longtemps, et voir Parker capturer la beauté de la nature avec son appareil photo à travers la fenêtre de sa chambre d’hospice, ça fait quelque chose… Wade lui, est par contre toujours aussi grande gueule! ^^ On est dans un récit sans super-vilain, et pourtant il est riche et prenant, car empreint d’une certaine gravité avec le traitement qu’il fait du temps qui passe et de la vieillesse… C’est franchement beau, et j’ai hâte de lire la suite!

Et on termine encore avec un excellent épisode, Cable 151! Le mutant du futur vit une aventure dans le passé, enquêtant sur le meurtre d’une Externelle, Candra. Ed Brisson et Jon Malin commencent de manière très classe, en nous brossant sur 2 pages l’histoire très compliquée de Cable! D’un coup, c’est très limpide, merci les gars! Cable se rend compte que Séléné n’est au courant de rien à propos du meurtre de Candra, et il va essayer de retrouver d’autres Externels, en continuant à renforcer son équipe. Il va recruter Armor, une jeune mutante qui n’est pas encore une X-Man, et X-23, que tout le monde connaît maintenant grâce à Logan 😉 La rencontre avec Burke va s’avérer très intéressante, car cet Externel, qui ne peut être tué que par un autre Externel, à un désir très particulier. Sa condition d’immortel lui pèse, et il souhaite en effet pouvoir mourir! Ed Brisson gère vraiment bien son récit, qui va nous mener dans des directions intéressantes et qui va au-delà de la simple confrontation entre gentils et méchants!

Un excellent numéro, bien supérieur au 1er donc!

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Le clip de la semaine : Hail Mary Mallon – Meter Feeder

Hail Mary Mallon est un projet parallèle réunissant Aesop Rock, Rob Sonic et DJ Big Wiz. Ian Matthias Bavitz (Aesop Rock) et Robert Smith (rien à voir ^^, c’est Rob Sonic) sont 2 figures importantes du hip-hop underground US, et ils ont collaboré sur 2 albums, Are you gonna eat that? en 2011 et Bestiary en 2014. C’est donc sous l’appellation Hail Mary Mallon que cette association a eu lieu, avec DJ Big Wiz pour les accompagner. Le nom du groupe vient de Mary Mallon, une femme qui était porteuse saine de la fièvre typhoïde et qui a contaminé  plus d’une cinquantaine de personnes. Elle sera plus connue sous son surnom Typhoïd Mary.

Dans ce clip issu de leur 1er album (et à déconseiller aux épileptiques!), Bavitz et Smith prouvent encore une fois tout leur talent dans le domaine du hip-hop, et Aesop Rock est sans conteste l’un des meilleurs représentants du genre! Pour moi, c’est clairement LE meilleur!!! 😉

 

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Salem (Stephen King, 1975)

Suite au succès de son premier roman Carrie, Stephen King décide d’arrêter sa carrière d’enseignant et de se consacrer exclusivement à son métier d’écrivain. Pour son second roman, il va s’intéresser au mythe du vampire, qu’il modernise en le situant dans une petite tranquille d’Amérique, Jerusalem’s Lot. Tout comme pour Carrie qui se déroulait dans la paisible commune de Chamberlain, King aime à placer les événements extraordinaires de ses oeuvres dans des endroits que l’on ne soupçonnerait pas receler le Mal. Si dans Carrie, cette notion de Mal est subjective, puisque les impressionnants pouvoirs de la jeune fille lui ont servi à se venger à cause d’années passées à subir la tyrannie de sa mère et de ses « camarades » d’école, la version qui se cache à Salem est bien plus tranchée.

Sur les hauteurs de la petite commune, se dresse Marsten House, une vieille maison abandonnée qui appartenait autrefois à un riche propriétaire, et qui a été le théâtre d’événements funèbres. Quand il était enfant, Ben Mears et les jeunes de sa génération craignaient tous cette maison, et se lançaient des défis pour oser y entrer. Quand des années plus tard, le garçon devenu écrivain revient dans la ville où il a grandi, cela va coïncider avec de nouveaux événements funestes… Un chien est retrouvé empalé sur la grille du cimetière, un jeune garçon disparaît mystérieusement, tandis que l’atmosphère se fait de plus en plus pesante… Se pourrait-il que les nouveaux propriétaires de Marsten House soient responsables de ce qui arrive à la ville?

Stephen King n’a pas son pareil pour croquer les lieux et les gens, avec cette capacité à se glisser sous les surfaces pour dépeindre les tensions se cachant derrière les façades, et creuser dans l’inconscient pour faire ressortir les personnalités. Le personnage de Ben Mears est clairement une extension de l’auteur, puisqu’il est également écrivain, et sa rencontre avec Susan Norton va être traitée avec une très belle approche romantique. King se place dans une certaine continuité romanesque, les récits horrifiques classiques se parant souvent de certains atours plus intimistes, comme le fameux Dracula de Bram Stoker. King va apporter un souffle contemporain au mythe du vampire, et il va prendre le temps de dévoiler la menace planant sur la ville. Autour de Ben Mears vont se rallier quelques habitants commençant à être persuadés que des créatures aux dents longues s’en prennent à eux, et ils vont essayer de garder l’esprit clair tout en se dressant contre le Mal.

La particularité de l’auteur est de parvenir, encore une fois, à nous intéresser aux divers habitants de la ville, en en dépeignant certains avec juste quelques traits caractéristiques, d’autres en les creusant davantage, mais comme pour Carrie, cela crée des ramifications entre tous et permet d’avoir une vue d’ensemble de l’esprit de cette ville. L’un des passages marquants, et qui n’est pourtant que fugace, est la confrontation entre le caïd du lycée et le jeune et frêle Mark Petrie dans la cour d’école. On sent une fois encore cette acuité de l’auteur lorsqu’il dépeint le monde de l’enfance, comme s’il n’était lui-même qu’un enfant ayant grandi trop vite… Il y a un réalisme dans les pensées de Mark lors de cette confrontation, un sens aigu des enjeux dramatiques pour un jeune, mais qui paraîtraient ridicules pour un adulte… A chacun de ses bouquins, King souligne cette impossibilité de communication entre 2 mondes, celui de l’enfance et des adultes, celui où l’imaginaire permet tout, et celui où le carcan cartésien empêche tout…

C’est en cela que Salem est également intéressant, car il va mettre sur pied une équipe hétéroclite composée de personnes d’âges différents, et qui vont conjuguer leurs savoirs afin de contrer les vampires envahissant insidieusement la ville. Les disparitions vont se succéder, sans que personne ne puisse réellement comprendre ce qui se passe, jusqu’à ce que ce groupe décide d’accepter les faits, si incroyables qu’ils paraissent. Ils vont devoir non seulement lutter contre leurs ennemis, mais également contre eux-mêmes et leur propre volonté de ne pas croire en ce qu’ils pensent être vrai. C’est typiquement un combat entre la partie rationnelle et adulte du cerveau, et celle plus fantasque de l’enfance. A travers Salem, c’est à une acceptation des contes pour enfants et de notre imaginaire que nous convie Stephen King, en les adaptant à la réalité des années 70.

Ce second roman a lui aussi connu le succès, et tout comme Carrie, il a aussi eu droit à plusieurs adaptations; on se souvient du Carrie au Bal du Diable de Brian De Palma, et il y a eu Carrie 2 : la Haine en 1999, une suite au De Palma; un téléfilm Carrie en 2002; le film Carrie, la Vengeance en 2013. Il y a même eu une comédie musicale à Broadway en 1988, reprise en 2012 et 2015! Pour Salem, il y a eu un téléfilm de Tobe Hooper intitulé Les Vampires de Salem, une suite à ce téléfilm, cette fois au cinéma, avec Les Enfants de Salem en 1987, et une nouvelle version télévisée intitulée Salem en 2004.

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Les news de la semaine : Le Monde de Dora

Dans le registre des adaptations pas forcément nécessaires, Dora the Explorer, qui n’est autre que la transposition live de la série animée Dora l’Exploratrice, est bien réelle! C’est le metteur en scène James Bobin qui est en charge de cette superproduction, et il est connu pour avoir écrit et réalisé des épisodes de Da Ali G Show, avoir mis en scène Les Muppets, le Retour et Opération Muppets, ou encore Alice de l’autre Côté du Miroir, la suite d’Alice au Pays des Merveilles de Tim Burton.

Ce sera Isabela Moner, qui jouait dans Transformers : the last Knight et dans Sicario : la Guerre des Cartels, qui interprétera cette Lara Croft version soft. Une première photo a été partagée par la production, et je vous laisserai juger de l’intérêt d’un tel film… Dora ne sera plus une gamine mais une ado de 17 ans, peut-être découvrira-t-elle la drogue et qu’elle se fera chiper? Réponse le 7 août 2019!

 

La Nonne débarquera le 19 septembre prochain, et on a droit à une affiche du plus bel effet pour le prochain film d’horreur du Conjuring-verse! Avec un soupçon d’Exorciste et une ambiance gothique avérée, le métrage de Corin Hardy pourrait bien être surprenant!

 

L’excellente série Runaways avait été renouvelée pour une seconde saison, et celle-ci a désormais une date de diffusion! Ce sera donc le 21 décembre que l’on retrouvera la bande des Fugitifs, en espérant que Dentelle sera encore dans les parages! 😉 Et Hulu se la jouera Netflix sur ce coup-là, puisque les 13 épisodes seront disponibles instantanément!

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Carrie (Stephen King, 1974)

Je suis actuellement à la moitié de la première saison de Castle Rock, la série qui a pour ambition de s’inscrire dans l’univers étendu de Stephen King. Pour l’instant, elle ne tient pas l’ensemble de ses promesses, mais bénéficie d’une atmosphère et d’une intrigue assez intéressantes pour continuer à y croire. Mais l’un des effets secondaires de ce show, c’est de m’avoir donné envie de replonger dans les écrits de l’auteur du Maine. Adolescent, j’avais dévoré tous ses bouquins, et ils ornaient ma petite bibliothèque comme de fiers trophées. Mais un jour, sans que je sois prévenu, je me suis rendu compte que je n’arrivais plus à entrer dans ses oeuvres. Je l’ai alors laissé derrière moi, comme on dit adieu à une part aimée de son enfance, en gardant ce souvenir ancré quelque part avec nostalgie.

Avant la sortie de La Tour Sombre, j’avais déjà eu cette envie de renouer avec l’univers fantasmagorique du King, mais seulement pour cette oeuvre-fleuve qu’il avait écrit sur plusieurs décennies. La Tour Sombre – le Pistolero était déjà à l’époque l’un de mes bouquins préférés de l’auteur, et ça a été un réel plaisir de replonger dans cette quête aux confins des mondes! J’ai relu les 2 premiers tomes, avant de laisser tomber au début du 3ème, qui me semblait mû par une écriture davantage automatique que les 2 premiers. Mais aujourd’hui, c’est à un défi un peu plus conséquent que je m’attelle, parce que j’ai dans l’idée de reprendre l’ensemble de la bibliographie de Stephen King! Bon, on va avancer pas à pas, histoire de ne pas faire d’indigestion, et on verra bien où cela me mène! En tous cas, j’ai commencé en toute logique par Carrie, une oeuvre qui m’avait beaucoup marqué dans mon enfance, et qu’il a été plaisant de relire!

Il y a quand même eu une particularité à ces retrouvailles avec la jeune fille télékinétique, puisque tout au long de ma lecture, j’ai constamment été court-circuité par des images du Carrie de Brian De Palma! Il faut dire que son adaptation est l’une des plus fidèles et des plus réussies d’un ouvrage de King, et que Sissy Spacek était clairement marquante dans le rôle de la jeune fille si fragile! L’ambiance du film était faite d’une beauté éthérée et d’une violence sourde, parvenant à être une extension remarquable du livre, que j’ai donc feuilleté avec cette vision de De Palma tapie dans le cerveau! Avec Carrie, King nous livrait un premier roman à la fois épuré et prenant, qui nous présentait la jeune Carrietta White, élevée par une mère abusive et totalement perdue dans sa pratique de la religion. Carrie n’avait rien en commun avec les autres filles de son lycée, s’habillant comme une vieille femme, ne partageant pas les goûts et les joies de ses camarades. Elle est l’exclue à qui on fait de mauvaises blagues, de qui on se moque sur son passage, et sur qui on peut laisser se déchaîner cette part mauvaise de soi avec une certaine délectation.

Cette jeune femme a appris à courber l’échine durant toute son enfance, à accepter qu’elle ne ferait jamais partie du monde des gens normaux, et à se résigner aux mauvais traitements infligés par sa mère. Mais un don sommeille en elle. Un don, une capacité, qui n’a rien de commun, qu’elle avait déjà aperçu dans sa prime enfance, et qui va se réveiller à nouveau suite à une expérience traumatisante. Il semble que Carrie soit capable de faire bouger les objets, de les plier à sa volonté si elle se concentre assez. Serait-ce là le début d’une nouvelle vie? Y aurait-il enfin un moyen de se démarquer des autres, et de leur faire payer toutes leurs moqueries et leurs blessures profondes? Ce pouvoir bouillonne en elle et ne demande qu’à sortir, alors que sa mère accentue ses maltraitances et que les filles du lycée se délectent de plus en plus de leurs moqueries envers elle. Mais soudain, tout semble basculer, lorsqu’elle est invitée par le garçon le plus populaire du lycée au bal de fin d’année! Est-ce qu’elle peut enfin se permettre de relâcher la tension, et croire à une vie possiblement heureuse, ou est-ce encore une ruse pour la faire tomber dans un piège sordide?

Stephen King n’a pas son pareil pour décrire les affres de l’enfance, et sa vision de celle de Carrie White est dure et réaliste. Carrie représente l’enfant délaissé qui existe dans chaque collège ou chaque lycée, le canard boiteux dont on aime se moquer car on est trop soulagé de ne pas être celui-ci. Carrie est la souffre-douleur de toutes les filles de sa classe, et ce depuis sa plus tendre enfance. Elle n’a jamais connu de moments de répit, et King nous brosse un portrait sans concessions de cette jeune fille abandonnée de tous. Il y a un aspect révoltant, triste et terriblement véridique dans sa caractérisation du personnage, et on va la suivre dans son quotidien morne et sans espoir avec une envie féroce que tout s’arrange pour elle. King est capable de se mettre dans la peau de cette jeune femme avec une aisance déconcertante, et il nous livre les affres et les tourments d’une adolescente esseulée avec un sens du réalisme et un pragmatisme impressionnants!

La vie avec sa mère est un vrai cauchemar, les 2 femmes étant emprisonnées dans un carcan religieux des plus étouffants. King interroge avec acuité le poids que peut représenter la croyance, et démontre à quel point elle peut détourner les gens des valeurs initialement présentes dans sa pratique. Margaret White est ce que l’on peut appeler une illuminée, une personne totalement perdue s’étant réfugiée dans la religion et en ayant fait une sorte d’armure qui la coince totalement dans cette posture irréversible. Elle punit constamment sa fille pour des péchés passés, souhaitant par là même l’empêcher de commettre les mêmes erreurs, mais effaçant de ce fait sa personnalité et l’empêchant de s’épanouir. Mais quand une occasion inespérée d’être heureuse se présente à Carrie, elle va rejeter sa mère, et va le faire avec une force insoupçonnée qui va totalement la griser…

La grande réussite de ce bouquin, c’est de parvenir à nous attacher à une jeune femme totalement réelle, avant de nous lancer dans un récit où le surnaturel semble agir. King agit un peu à la manière de Stan Lee avec ses super-héros : en nous présentant des personnages comme vous et moi, en proie aux affres de la vie, avant de découvrir qu’ils ont des pouvoirs insoupçonnés. Et en termes de pouvoirs, ceux de Carrie vont s’avérer très impressionnants, et d’autant plus puissants qu’ils vont sortir après des années de rage contenue… Le déchaînement de violence qui va s’ensuivre sera inattendu et ravageur… Mais si vous ne l’avez pas lu, je ne vais pas vous spoiler, on est d’accord? 😉 Et pour vous donner un exemple de l’excellent style de King : « Elle ouvrit la porte, il était là, presque aveuglant, en veste de smoking blanc et pantalon noir. Ils se regardèrent sans échanger un mot. Elle se dit que si jamais le moindre son déplacé franchissait ses lèvres, son coeur se briserait et que s’il riait elle mourrait. Elle sentit réellement, physiquement, toute sa pauvre vie se contracter, se réduire en un point qui pouvait être la fin de toute chose ou l’accès à un univers nouveau et lumineux. »

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