Le clip de la semaine : Prokop -Tom Joad

Avec Prokop, on plonge dans un univers folk, rock ou encore blues, et le Strasbourgeois a profité du confinement pour nous concocter son premier album, logiquement intitulé The Confinement Tapes, sorti chez Deaf Rock. On sent chez l’artiste une volonté de s’affranchir des longs mois de contraintes, et il y a chez lui une furieuse envie de profiter du moment présent. Dans un esprit mi-punk mi-jazzy, il nous convoque à un road trip qui fait du bien, accompagné par la chanteuse Dr Rock!

 

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One Shot (James Nunn, 2021)

Sorti il y a 2 semaines en DVD, One Shot fait partie de cette longue liste de DTV anonymes qui pourraient se perdre dans la masse. Pourtant, le film de James Nunn (qui à une lettre prêt, aurait pu réaliser Les Gardiens de la Galaxie) mérite clairement que l’on s’attarde dessus, car il propose une plongée très immersive dans une mission à haut risque pour une unité de Navy Seals. Menés par l’excellent Scott Adkins (qui mériterait lui aussi d’atteindre plus souvent les écrans de cinéma), ces 5 hommes ont pour objectif d’accompagner une analyste chargée de récupérer un prisonnier sur une île-prison. Evidemment, tout ne vas pas se passer comme prévu, et l’ambiance va rapidement dégénérer…

Ca fait franchement plaisir de retrouver Scott Adkins, que l’on est habitué à retrouver dans diverses productions d’action et qui offre systématiquement une approche très réaliste en terme de combats. On sent nettement son expérience dans le domaine des arts martiaux, qu’il a commencé à pratiquer dès l’âge de 10 ans. Judo, taekwondo, kickboxing (dont il obtient une ceinture noire à 19 ans)… Mais il ne s’arrête pas là, et va perfectionner son art en s’initiant à la capoeira, au krav maga, au jeet kune do, au ju-jitsu, au karaté, au muay-thaï, au MMA, ainsi qu’au wushu. Et il a encore trouvé le temps de faire quelques entraînements de gymnastique! ^^  Adkins est un artiste martial très complet, et on le voit dans l’aisance avec laquelle il donne vie à des combats très brutaux et très réalistes!

Le principe de One Shot est simple : tout le film est un plan-séquence allant de l’arrivée des soldats en hélicoptère jusqu’à la résolution de cette attaque sur l’île. Le parti-pris à de quoi susciter une réelle curiosité, et même s’il s’agit d’un faux plan-séquence (je ne sais pas combien il y a eu de coupes, mais les raccords sont impeccables!), on est happé par le sentiment d’urgence conféré par ce procédé! Le film va donc en réalité additionner plusieurs plan-séquence, mais le travail titanesque demandé par le metteur en scène est déjà assez casse-tête pour que l’exploit soit souligné. Dès l’arrivée de l’hélico sur l’île, on admire la fluidité des cadrages et l’aisance des mouvements de caméra, qui vont permettre de s’immiscer immédiatement dans ce récit prenant. James Nunn gère admirablement l’ensemble de ses comédiens, dont les interactions sont brillamment chronométrées. Il y a toujours quelque chose de très ludique à suivre un plan-séquence, et je pense que le plaisir pour le spectateur doit être égal à celui de l’acteur, qui peut vraiment rester dans son rôle de manière durable.

Si le procédé est très attractif, le scénario va nous emmener dans une direction tendue, avec le débarquement dans cette prison ressemblant furieusement à Guantanamo. Mêmes combinaisons oranges et traitements similaires pour les prisonniers, on débarque ici dans une atmosphère pas franchement joyeuse, et un autre intérêt du film réside dans une absence de manichéisme qui fait du bien. On voit un traitement franchement hard pour les prisonniers, mais on ne va pas prendre de parti, juste souligner à la fois la cruauté et l’intérêt que peut représenter un tel endroit. Ca rejoint les fameux questionnements chers à Jack Bauer : la torture est-elle acceptable si elle permet de sauver une ville ou un pays? James Nunn ne va pas donner de leçon de morale, ni dans un sens ni dans l’autre, mais il va nous présenter une réalité très crue que l’on préfère généralement occulter. Cet aspect-là mérite lui aussi le détour dans ce film, car il va offrir une certaine complexité à plusieurs personnages.

J’ai également pensé à Marion Cotillard dans ce film, parce qu’on se moque souvent d’elle pour sa fameuse scène de mort dans The Dark Knight rises. Eh bien ici, impossible de se moquer tant certaines morts sont choquantes ou réellement émouvantes. C’est assez impressionnant de voir la justesse de ce type de séquence dans un film destiné juste à sortir en DVD… On a un récit reposant sur une trame très simple, qui est la survie d’un groupe de soldats et des gens qu’ils protègent, face à une attaque par des terroristes sur un terrain militaire. Et là encore, le réalisateur va nous plonger au coeur du terrorisme islamiste, en nous montrant quelques procédés spécifiques… La séquence où un des soldats ennemis est choisi pour aller se faire exploser fait franchement froid dans le dos, et l’acteur roumain Andrei Maniata (dont il s’agit du premier rôle) est lui aussi vraiment bon.

Il y a une précision réellement impressionnante dans le dispositif mis en place par Nunn, qui participe pleinement à la tension permanente de ce film. On a pas le temps de souffler puisque tous les événements se déroulent en temps réel, et le fait de ne pas déterminer les de plans de coupe augmente réellement l’intensité. On se retrouve plongé dans un film d’action qui emprunte beaucoup au jeu vidéo (Call of Duty peut-être? ^^) et qui est traité avec un intérêt sincère. Trop souvent, ce type de production est mis en scène par-dessus la jambe, juste pour potentiellement engranger un peu de dollars, mais avec James Nunn, on sent une véritable passion dans la mise en scène, et une vraie volonté d’offrir un spectacle décoiffant. On pourra comparer son travail à celui de John Hyams (Universal Soldier : Régénération et Universal Soldier : le Jour du Jugement, avec tiens, Scott Adkins!), ou encore à celui de Cary Murnion et Jonathan Milott sur Bushwick, voire à celui du Français Hugo König dans le film horrifique Night Shot. Sans oublier bien évidemment Gareth Evans avec ses plan-séquences de The Raid et The Raid 2, impossible de ne pas le citer! En tout cas, ça fait un bien fou de se prendre un film d’une telle ampleur dans la tronche, quand parallèlement le cinéma ne nous donne quasiment que des produits hyper calibrés et de plus en plus interchangeables…

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Les news de la semaine : Hey yo

C’est une légende de l’ère de la WWF qui s’est éteinte ce lundi 14 mars, avec la disparition de Scott Hall, plus connu sous son nom de scène de Razor Ramon. Le bad guy avait été hospitalisé pour une opération à la hanche, mais suite à des complications, il a effectué plusieurs arrêts cardiaques. Après avoir été placé sous respiration artificielle, sa famille a pris la difficile décision de le laisser partir. Hall était âgé de 63 ans.

Scott Hall débuta sa carrière en 1984 à la Jim Crocket Promotions, et c’est à l’AWA (American Wrestling Association) que les choses sérieuses commencèrent l’année suivante. Il a notamment fait équipe avec un certain Curt Hennig, alias Mr. Perfect, et est passé à la NWA et à la WCW de 1989 à 1992. Mais cette année 1992 fut décisive, car il intégra à l’époque la WWF (aujourd’hui devenue WWE) avec son personnage très populaire de Razor Ramon. Largement inspiré par le Tony Montana d’Al Pacino, ce heel d’origine cubaine est rapidement devenu un des personnages phares de la WWF, et il faut dire qu’il a été un athlète remarquable. On retiendra bien évidemment le ladder match de Wrestlemania X l’opposant à Shawn Michaels, lors duquel Ramon empocha le titre intercontinental.

De 1996 à 2000, il s’est à nouveau dirigé vers la WCW avec la création de la NWO (New World Order), le clan composé notamment de Kevin Nash, Hulk Hogan et X-Pac, qui allait avoir un impact retentissant dans le monde du catch. Il poursuit ensuite sa carrière à l’ECW, à la NJPW, à la TNA, après avoir également fait un retour à la WWE. Le personnage de Razor Ramon reste emblématique d’une époque, celle des années 90 qui voyait l’émergence des bad guys considérés avec un regard neuf, et Scott Hall a clairement participé à la popularisation des fameux heels du monde du catch. Il laisse une empreinte forte dans le milieu, et l’hommage de l’un de ses meilleurs amis, Kevin Nash, est chargé d’émotion : «Je vais perdre la personne avec qui j’ai passé le plus de temps que n’importe qui sur cette planète. Mon cœur est brisé et je suis très triste. J’aime Scott de tout mon cœur mais je dois maintenant me préparer à vivre sans lui. Je suis très reconnaissant d’avoir eu un ami qui m’a apprécié comme je suis, tout comme je l’ai apprécié.» (Source : (Jean-Marc Morandini.com)

 

Alors qu’on est dans les starting-block pour accueillir Moon Knight dans moins d’une quinzaine de jours, Marvel dévoile la date de lancement d’une autre série, Ms. Marvel. Ce show nettement plus orienté adolescent débutera le 8 juin, et s’étirera sur 6 épisodes menés par Iman Vellani dans le rôle-titre. On espère que les libertés prises avec le côté inhumain du personnage ne désintégreront pas totalement la portée du personnage. Après tout, certaines séries ados sont de très bonnes surprises, comme Marvel’s Cloak & Dagger l’a prouvé!

 

On termine avec une annonce qui va ouvrir à de nombreuses spéculations : dans les pages de Production Weekly, qui liste les projets en cours de travail ou en phase de pré-production, est apparue une ligne nommée « Daredevil Reboot« . Et après l’apparition de Charlie Cox dans le dernier Spider-Man : No Way Home, les attentes sur ce nouveau projet vont forcément être élevées!!!  Ce Daredevil Reboot étant listé comme étant une série pour Disney+, on peut légitimement espérer qu’il s’agisse d’une suite des 3 saisons précédemment produites du côté de Netflix. Une vraie saison 4? Ou alors un vrai reboot mais avec Charlie Cox toujours dans la peau de Matt Murdock? A l’heure actuelle, il est impossible de déterminer ce qu’il adviendra, mais la balle est dans le camp de Kevin Feige et de son crew… On va croiser les doigts pour une extension du Netflix Cinematic Universe, vu que jusqu’ici, toutes les séries étaient censées être canon avec le MCU!

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Les news de la semaine : Free Wade

Et le projet Deadpool 3 commence enfin à sortir du bois pour nous offrir des infos concrètes! Ryan Reynolds a trouvé le 3ème réalisateur de la saga, puisque après Tim Miller et David Leitch, Disney a embauché un gars qui a déjà oeuvré à 2 reprises avec l’interprète de Wade. Ce sera donc Shawn Levy qui prendra les manettes de l’épisode 3, et on espère qu’il s’adaptera davantage à la folie du personnage que son sympathique mais pas foufou Free Guy… La filmo de Levy fait dans la comédie familiale gentillette, il va donc falloir passer la seconde pour coller aux basques de Wade, mais l’entente entre Reynolds et Levy devrait permettre de faire coïncider leurs visions. Juste après Free Guy, les 2 ont tourné Adam à travers le Temps, qui vient de tomber sur Netflix. On va se pencher sur ce film histoire de voir ce que Levy a dans le ventre 😉

 

Et sinon, 3 nouveaux posters pour Moon Knight, qui n’arrête pas de démontrer à quel point un costume peut être vraiment classe!!!

 

 

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Spider-Men

Avant de me lancer dans l’évocation de ce titre signé Brian Michael Bendis et Sara Pichelli, je vous invite à cliquer ici pour ceux qui ne sont pas familier avec le concept du Multivers, afin de bien saisir la différence entre l’univers classique et l’univers Ultimate. Ca m’évitera de me répéter et de gagner du temps d’introduction! ^^ Pile poil 1 an après sa toute première apparition dans Ultimate Fallout 4, Miles Morales va rencontrer le Spider-Man de l’univers classique, à cause (grâce?) à une manipulation transdimensionnelle de Mystério (je comprends mieux maintenant pourquoi il a été choisi dans Spider-Man : Far from Home pour évoquer le Multivers!).

après avoir passé 10 ans dans son coin à rédiger les aventures du Peter Parker de la Terre-1610, Brian Michael Bendis a décidé de supprimer purement et simplement le personnage, dont l’héritage perdurera grâce à Miles Morales! J’ai lu le 1er volume d’Ultimate Spider-Man consacré à Parker, et si la lecture restait sympathique, il n’y avait pas non plus de quoi fouetter une Chatte Noire… Par contre, les 3 volumes consacrés à Miles sont nettement plus funs et rafraîchissants, je vous les conseille vivement, surtout qu’en collection Next-Gen ils sont aux alentours de 11 euros pour plus de 10 épisodes, ça vaut vraiment le coup!

D’août à novembre 2012, Bendis et Pichelli vont oeuvrer sur cette mini-série en 5 épisodes qui va permettre une nouvelle fois de donner une belle bouffée d’air frais au monde Marvel, avec la rencontre improbable entre 2 figures arachnéennes mythiques appartenant à des univers différents! Si le concept en soi a déjà de quoi séduire, c’est l’approche particulière de Bendis qui va permettre d’aller bien au-delà du simple argument marketing, et de mettre sur pied un récit fonctionnant à des niveaux multiples. Le monologue de Spidey du début, lorsqu’il sillonne la ville et qu’il fait une déclaration d’amour à la Grosse Pomme, offre un mélange à la fois poétique et absurde, qui démontre à quel point Bendis est à l’aise dans ses systèmes narratifs. On a plein de petits détails nourrissant habilement le récit, avec notamment des pensées du type : « Je ne vais pas sauter direct sans savoir ce qu’il y a dedans. Incroyable ce que j’ai mûri. Il ne m’aura fallu que 3535 fois pour comprendre qu’il ne faut pas sauter direct dans un endroit sans savoir ce qu’il y a dedans. »

Bendis aura eu le temps de laisser mûrir son propre Spider-Man, et par extension l’univers dans lequel il évoluait, et il était donc temps pour qu’une incursion majeure se joue enfin en août 2012. Spidey version 616 débarque sur la Terre-1610. Et s’il ne s’en rend pas compte tout de suite, il va peu à peu s’apercevoir que les quelques modifications qu’il perçoit impliquent de sacrés changements… Et la plus grande réussite de Bendis sur ce coup-là passe par les différents aspects émotionnels de cette « intrusion » dans un monde différent. Peter Parker débarque vêtu de son costume de Spider-Man, dans un univers où Spider-Man est mort… Et où tout le monde avait appris l’identité de celui qui se cachait sous le costume. Cela va donner lieu à quelques quiproquos sympas, mais surtout à des moments véritablement émouvants… Car à travers le Multivers, si on trouve différents Peter Parker, on trouve également différentes Tante May, Gwen Stacy ou Mary-Jane… Et voir débarquer un Peter d’un autre monde alors qu’elles ont fait le deuil du leur, ça réveille forcément des émotions difficiles à contenir pour tout le monde…

Cet impact intimiste et émotionnel va permettre de donner une richesse réelle à ce titre, qui va jouer avec la sensibilité des personnages et avec l’héritage issu de décennies de comics. L’approche de Bendis est d’une beauté à la fois forte et intime, et on se retrouve face à des personnages pris dans une tourmente que l’on va se plaire à partager avec eux, entre incrédulité, pleurs et rires. Encore une fois, Bendis va exceller dans les dialogues qui font mouche, comme lorsque Peter discute avec le Nick Fury Ultimate : Il y a un Nick Fury là d’où tu viens? – Oh, oui. Et il est comment. Heu. Blanc. -Dommage pour vous. » Et je ne vous ai toujours pas parlé de la talentueuse Sara Pichelli! La dessinatrice italienne rend vraiment justice à Miles et Peter, en créant des planches dynamiques et en collant parfaitement au texte de Bendis. Le duo nous livre une mini-série de haute volée, qui sera suivie par un Spider-Men II que je devrais essayer de me procurer prochainement! 😉

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