Incendies (Denis Villeneuve, 2010)


Le 3ème film du réalisateur québéquois Denis Villeneuve est âpre et pas forcément facile d’accès, et je l’ai découvert dans le cadre du Palmarès Interblogs du Cinéma. Il fait partie de ces oeuvres qui se construisent progressivement, et qui après vous avoir fait ressentir une simple curiosité polie, commence à vous happer sans que puissiez vraiment dire à partir de quand le basculement s’est opéré. Incendies est dur, rugueux, et au final marquant.

A la mort de leur mère, Jeanne et Simon apprennent que leur père serait encore en vie, mais aussi qu’ils auraient un frère dont ils ne connaissaient pas l’existence. Afin de suivre les dernières volontés de leur mère, Jeanne se rend au Moyen-Orient afin de retrouver la trace de son père, et de faire la lumière sur le passé trouble de leur mère. Si ce récit basé sur des drames familiaux ne semble pas très original, le traitement qu’en fait Denis Villeneuve lui donne une consistance très solide. Son implication dans cette histoire lui donne une profondeur plaçant le film au-delà du simple drame; les événements racontés atteignent une dimension tragique sans pourtant que le réalisateur cède aux artifices faciles du pathos. Incendies se développe de manière lente et crue, dévoilant les éléments du récit sans les exagérer ou les adoucir.

C’est ce traitement frontal qui va progressivement amener le spectateur à s’impliquer dans cette histoire de famille, servie par d’excellentes comédiennes, Lubna Azabal et Mélissa Désormeaux-Poulin. Le caractère fragile du récit se ressent dans le jeu tout en finesse de ces deux actrices, qui parviennent à utiliser autant leur regard que leur parole pour susciter de l’émotion. Incendies n’est pas un film démonstratif, mais est une oeuvre complexe se construisant grâce à la superposition de deux époques, et au réalisme apporté par ses deux interprètes.

Lubna Azabal joue Nawal Marwan, la mère, et nous fait découvrir le passé de cette femme récemment décédée. En parallèle, nous suivons la quête de sa fille Jeanne, incarnée par Mélissa Désormeaux-Poulin. A travers ces deux époques et ces destins différents, l’histoire de Nawal se fait jour, faite de violence et de tragédies. Jeanne plonge de plus en plus dans le passé au fur et à mesure de ses recherches et de ses rencontres, et va découvrir des événements insoupçonnés.

Difficile de résumer un tel film sans paraître jouer avec des banalités, mais Incendies est bien supérieur aux drames intimistes que l’on a l’habitude de voir. L’intérêt véritable que Denis Villeneuve porte à son histoire déroutante se ressent par la sensibilité de sa mise en scène, naviguant entre ses protagonistes et les lieux qu’ils traversent avec une aisance évidente. Villeneuve nous offre une leçon de mise en scène au service d’un récit fort et touchant, l’un servant l’autre et les deux s’équilibrant parfaitement. Il en ressort un film étonnant et marquant, un film qui vous hante encore longtemps après sa vision.

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Le clip de la semaine: Carousel (Adam Berg, 2009)

Adam Berg est un réalisateur de clips et de pubs suédois, dont le coup d’éclat est sans conteste ce Carousel réalisé pour la sortie du nouvel écran Philips Cinéma 21:9. Cette séquence de 2,19 minutes va raconter un braquage, mais d’une manière totalement inédite! Je vous laisse découvrir cette prouesse technique doublée d’un excellent mini-scénario, qui a obtenu le Grand Prix lors du Festival international de la Publicité à Cannes!

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Le Tueur du Futur (Rachel Talalay, 1993)



Ce film plus connu sous son titre original Ghost in the Machine (ça claque un peu plus aussi!) date de 1993, tout comme Suture que j’ai vu juste avant! Par contre, l’ambiance est totalement différente, et Rachel Talalay, qui venait de réaliser La Fin de Freddy- l’ultime Cauchemar (6ème volet consacré au boogeyman), met en scène un film très étonnant visuellement (merci qui? Merci la Caverne!)

Nous sommes à l’époque des balbutiements d’internet et de la réalité virtuelle, et on sent encore l’excitation de cette période de progrès technologique offrant des possibilités immenses! Talalay surfait sur une vague technologique en plein essor (son Freddy était le premier à être présenté en 3D) et se penche cette fois-ci sur les aspects négatifs de l’informatique. A la manière toute relative d’un Terminator dénoncant les dérives de la robotisation, elle met en scène un récit confrontant une mère et son fils à un tueur ayant intégré un système informatique. Dès lors, il est capable de se déplacer à travers les réseaux électriques et représente une menace extrêmement dangereuse! Il suffit de voir comment il s’occupe de la baby-sitter…

Le film propose des plongées dans l’univers virtuel avec des modélisations qui apparaissent évidemment datées à l’ère du numérique, mais qui offrent le charme et la nostalgie de la découverte. Révolutionnaires pour l’époque, ces visions permettaient de suivre les agissements du tueur à travers sa vision, et l’aspect coloré et résolument Amstrad est un régal!

Le tueur pixellisé ne peut évidemment pas rivaliser avec la fluidité du T-1000, mais on sent une véritable volonté d’innovation pour l’époque, couplée à un sens de la mise en scène véritablement performant. Les plans qui suivent la propagation de l’âme électrique du tueur sont excellents, et jamais un micro-ondes ne m’aura autant fait flipper!

Le Tueur du Futur s’avère une série B d’excellente facture, que ne gâche en rien la présence de l’excellente Karen Allen (l’éternelle Marion Ravenwood de la saga Indiana Jones!!!), ni celle de l’excellent Chris Mulkey (l’inquiétant Hank Jennings de Twin Peaks!!!). Une oeuvre datée, mais qui s’est chargée de nostalgie au fil du temps!

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Suture (Scott McGehee et David Siegel, 1993)


Suture
fait partie de ces films dont on découvrait des bribes dans Mad Movies et qui enflammaient l’imagination sans que l’on sache réellement de quoi ils traitaient. Une fois n’est pas coutume, c’est grâce à La Caverne des Introuvables que j’ai pu enfin mettre la main dessus, et je n’ai pas été déçu. Récit étrange, atmosphère envoûtante, noir et blanc clinique… Suture est une oeuvre atypique dont le potentiel reste intact malgré le passage du temps…

La bonne surprise vient de la présence au casting de Dennis Haysbert, qui avait 39 ans à l’époque et qui n’était pas encore devenu le fameux Président Palmer. Sa présence imposante fait face à la figure inquiétante de son frère, joué par l’inquiétant Michael Harris. Les deux hommes semblent former 2 côtés bien distincts de la même pièce, l’un étant pauvre et noir, l’autre riche et blanc. Le choix de filmer en noir et blanc renforce cette distinction raciale, tout en jouant sur la soi-disant ressemblance des deux hommes.
Le récit va en effet partir d’un postulat étrange où les deux frères se ressemblent, alors qu’à l’écran chacun est bien différent de l’autre. Lorsque Clay (Dennis Haysbert) vient rendre visite à son frère Vincent, il ne se doute pas qu’il va mettre les pieds dans un engrenage destructeur. Vincent a en effet des intentions néfastes, et Clay va se retrouver dans une position très particulière.

Film cérébral plus que démonstratif, Suture est une oeuvre qui va explorer les méandres de l’esprit humain, puisque Clay va tenter de faire remonter à la surface des souvenirs enfouis, avec l’aide du Dr. Max Shinoda (Sab Shimono), son thérapeute. L’atmosphère à la fois calme et menaçante du film est propice à cette exploration des rêves et de la psyché humaine, Clay découvrant des symboles cachés dans ses rêves. Mais est-il prêt à retrouver la vérité, et le veut-il seulement?

Suture bénéficie d’une mise en scène de toute beauté, composée de lents travellings et de cadres très travaillés dans lesquels les acteurs s’insèrent tels des personnages dans un rêve. Cette nappe atmosphérique baignant la demeure de Vincent Towers achève d’en faire une extrapolation de l’inconscient, Clay se mouvant à l’intérieur en essayant de trouver des indices sur sa vie passée.

Une oeuvre aux antipodes des standards habituels, qui est un premier film remarquable de la part de Scott McGehee et David Siegel, qui l’ont également co-écrit ensemble. Un film pas forcément facile d’accès, mais dont l’intelligence et le suspense mérite largement des efforts!

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Les news de la semaine: Back to the Future!


Cette semaine, on va naviguer entre passé et présent, avec des escales dans les années 60, 80 et 2000. On va remonter le temps dans l’histoire et la fiction, les deux n’étant pas forcément très éloignées…

 

 

On commence par le teaser du nouveau Juan Carlos Fresnadillo, qui nous avait fait trembler avec son excellent 28 Semaines plus tard. Cette fois-ci, c’est Clive Owen qui s’y colle pour les besoins d’Intruders, dans lequel il devra protéger sa petite fille de 11 ans de démons tentant de l’arracher à son monde. Le teaser est banal, mais avec le réalisateur espagnol, on peut parier que le résultat devrait être flippant!


 

Robert Zemeckis semble sur le point de revenir au cinéma traditionnel, nom de Zeus! Et il le ferait avec Replay, un script de Jason Smilovic basé sur un roman de Ken Grimwood, narrant les aventures d’un homme qui meurt d’une crise cardiaque en 1988, et qui se réveille en 1963, dans son corps de 19 ans, mais doté de sa mémoire de 43 ans! Un scénario intriguant, surtout que le personnage va encore mourir en 1988 et qu’il sera a nouveau renvoyé en 1963! Une boucle temporelle que ne renierait pas Phil!
Dans son infatiguable soif de remake, Alexandre Aja s’est décidé à donner une apparence réelle à la vieille série japonaise Cobra, et nous offre cette semaine le tout premier concept art avec cette affiche. Je reste perplexe face à ce projet, mais Aja est doué, donc on verra bien ce que ça donne…
La nouvelle de la semaine, et probablement de l’année 2011, c’est bien sûr la mort d’Oussama Ben Laden. Celui qui aura fait souffrir l’Amérique il y a 10 ans a été éliminé par les services secrets américains, et une page tragique de l’histoire du pays est en train de se tourner. Plus prosaïquement, le projet Kill Bin Laden de Kathryn Bigelow (qui semble dorénavant orienter sa carrière vers le film de guerre réaliste) est touché par cette actualité, puisqu’elle va devoir adapter son film! En fait, elle devra simplement ajouter un happy end, alors qu’à la base le film racontait l’échec de la traque du terroriste! Mais loin d’être opportuniste, le film devrait être une plongée sans concessions dans le quotidien des forces spéciales en guerre contre le terrorisme.
On va ensuite rendre hommage à de grands noms de la BD avec 2 classements effectués par CBR (Comics Books Resources), celui des 125 meilleurs scénaristes de tous les temps, et celui des 125 meilleurs dessinateurs. Au total donc, les 250 plus grands artistes du 9ème art! Ce classement est principalement axé sur les comics donc, mais il y a quelques surprises comme Hergé ou Goscinny!
Le prochain projet de Danny Boyle (avant la cérémonie d’ouverture des JO de Londres) se nommera Trance, et sera un thriller situé à Londres. Il sera dans la veine de ses premières oeuvres et prendra la forme d’un thriller situé dans le monde du cambriolage d’oeuvres d’art. Michael Fassbender est actuellement en négociations pour un rôle.

 

Et une petite image du tournage de Spidey, ça fait toujours plaisir!


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