X-Men Extra 5 : Le Gibier

Matthew Rosenberg signe le dernier épisode d’Astonishing X-Men, que l’on aurait pensé plus chargé en émotions. Les X-Men sont pourchassés par les Reavers, qui se sont emparés de robots Sentinelles pour l’occasion, histoire de placer ces ennemis emblématiques des Mutants! Rosenberg a envie de mettre Havok en avant, l’ancien X-Man faisant partie de ces personnages en marge qui ont oscillé entre le bon et le mauvais côté de l’échiquier, et il a dans cette histoire une belle possibilité de rédemption. Mais mis à part l’excellent dessin de Greg Land, ça reste quand même assez simple comme récit, et on est certain que l’immense Jonathan Hickman relèvera le niveau! Ca fait toujours plaisir de revoir Dazzler (qui a un temps de présence plus important que son caméo tout pourri dans X-Men : Dark Phoenix…), le Hurleur, ou encore Warpath!

L’épisode d’Old Man Logan consacré à l’étrange Glob est plutôt sympa, puisqu’il est manipulé par les Purificateurs pour perpétrer un attentat à l’école des X-Men! Mais Logan veille et le combat contre ces anti-mutants va faire rage, avec quelques personnages très secondaires comme Shark-Girl par exemple. Les deux épisodes suivant sont bien plus basiques, avec cette traque de Logan par Kraven le Chasseur! Le personnage mort il y a bien longtemps a été ressuscité il y a quelques années, et il a toujours autant envie de trophées! Direction la Terre Sauvage du coup, pour une partie de chasse où Logan est le gibier. Franchement, rien de bien neuf dans le monde des comics, et Kraven n’a pas évolué depuis les années 60…

On relève le niveau avec Weapon X, et je ne dis pas ça parce qu’il y a Deadpool! ^^ Greg Pak et Fred Van Lente nous livrent un épisode fun qui ne lésine pas sur la violence, et qui voit Weapon X tenter de contrer le Révérend Stryker et Mentallo. Et ils jouent habilement avec la technique du 4ème Mur de Deadpool ^^ « Ils peuvent rien. En plus, on est dans d’autres séries. » « Ah, OK… Sauf toi… Et toi. Mince. Toi aussi. » C’est plutôt bien amené, et on part pour un tournoi de gladiateurs où les héros vont affronter une floppée de super-vilains, comme Sauron, Pyro et plein d’autres. Le trait de Luca Pizzari est bien dynamique, et ça promet d’être très bourrin pour la suite!

 

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Les news de la semaine : ACAB

Premier long pour le metteur en scène malien Ladj Ly, Les Misérables est une extension de son court métrage éponyme réalisé en 2017. Il va raconter le quotidien de Stéphane, fraîchement débarqué à la brigade anti-criminalité de Montfermeil dans le 93. Un film qui promet d’être très percutant et qui devrait apporter un vrai regard de l’intérieur, tant du point de vue de la BAC que des habitants des cités. Le film semble habité par des personnages forts, et son intensité pourrait en faire une excellente surprise! Sortie le 20 novembre.


 

C’est ce mercredi soir que la NXT entamera sa mue, avec un passage à 2 heures et en live à la télévision US! Johnny Gargano en a profité cette semaine pour venir causer avec le public, et parler de son avenir. Après un petit moment de suspense qui a coûté cher à Shane Thorne, Johnny Wrestling a confirmé rester à NXT, et bordel c’est une excellente nouvelle ça!!! Et quand on voit le texte qu’il a tweeté hier, ça fait chaud au coeur et ça confirme à quel point la 3ème division de la WWE se démarque des 2 autres, tant dans l’esprit qui l’anime que dans la motivation de ses superstars à rester :

 »J’ai fait mon choix.

J’ai mis mon coeur et mon âme dans cette division depuis des ANNÉES. Tu crois que je vais partir maintenant alors que tout ce pourquoi j’ai travaillé arrive enfin ?

Aucune chance !

Le terme  »monter » dans le main roster est mort. Nous sommes LE roster principal maintenant. #NousSommesNXT et quand tu es à NXT, tu es NXT. » (source : Catch-Newz)

Et il est bien vrai que l’on pourrait modifier cette petite phrase, pour inviter les gens de Smackdown et Raw à monter à la NXT plutôt que l’inverse tant le niveau est supérieur!!!

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Deux Moi (Cédric Klapisch 2019)

Avec Deux Moi, Cédric Klapisch va prendre le pouls d’une société qui se veut hyper-connectée et dont la solitude est une constante paradoxale. Un thème très moderne qui a déjà été abordé par le cinéma et qui fait partie des dérives contemporaines, et sur le papier on se demande bien ce que l’on va pouvoir rajouter de plus à ce sujet archi-rebattu. Mais c’est sans compter sur la délicatesse et la sensibilité de Klapisch, qui va prendre à témoins les personnages de Rémy et Mélanie pour radiographier la réalité d’une jeunesse actuelle qui n’a pas les outils pour se connecter aux autres…

Le film va suivre le quotidien de ces 2 êtres esseulés, à qui il manque ce quelque chose de fondamental pour avoir envie de se lever chaque jour. Rémy passe des nuits d’insomnie tandis que Mélanie peut dormir 13 à 14 heures d’affilée, et chacun sent que son corps et son esprit ne suivent pas leurs envies. Sans parvenir à mettre des mots dessus, ils subissent cette solitude et tentent de vivre leur quotidien dans lequel les moments de joie semblent bien diffus… Cédric Klapisch va aimer et va nous faire aimer ces 2 êtres isolés et pris dans une spirale d’échecs, et par le biais de ces 2 personnages, il va narrer la réalité d’une société contemporaine très décalée et qui s’avère finalement anxiogène pour les relations.

En traitant en filigrane de la réduction des coûts en entreprise, avec les replacements et les délocalisations que cela engendre, ou encore de cette volonté de jeunisme qui anime hypocritement d’autres entreprises, il va glisser quelques messages que l’on connaît malheureusement mais qui permettent de comprendre comment les êtres peuvent être étouffés par un système qui les dépasse. Comment parvenir à se trouver soi-même et à trouver un ou une autre qui nous corresponde quand la société se base sur des valeurs qui ne mettent pas l’humain au centre? Le principe de robotisation de l’usine, ou la standardisation et la déshumanisation dans les hot-line téléphoniques sont des exemples tellement évidents de ces dérives…

Cédric Klapisch ne va pas frapper du poing sur la table, il va se poser en tant qu’observateur bienveillant, à la fois désolé des virages pris par le monde actuel, et qui refuse pourtant de laisser ses 2 personnages partir complètement à la dérive. Chacun va croiser un spécialiste qui va tenter de les aider à mettre le doigt sur leurs peurs et leurs problèmes, et à mettre des mots sur ce qu’ils traversent. Un mal moderne qui demande de la compréhension et de la remise en question, de l’ouverture et de la recherche quant aux racines de ce mal. Klapisch va nous présenter des scènes traversées par un humour léger mais aussi par de vraies émotions lorsqu’il va placer Rémy et Mélanie face à leurs psys. Des spécialistes interprétés avec une belle justesse par l’excellent François Berléand et la tout aussi excellente Camille Cottin!

François Civil n’en finit plus de gravir les échelons dans le cinéma français, et après Le Chant du Loup et Mon Inconnue, il retrouve donc Klapisch et Ana Girardot avec qui il avait tourné Ce qui nous lie en 2017. François Civil excelle dans ce rôle de l’homme moderne sensible et paumé, et il s’avère très touchant dans sa composition de Rémy. Ana Girardot apporte toute sa luminosité au personnage de Mélanie, dont la fragilité est elle aussi très touchante. Elle prouve encore une fois tout son talent et sa sensibilité dans ce rôle. On sent qu’une connection est possible entre ces 2 êtres pris dans leur solitude, il faut juste que chacun apprenne à s’ouvrir et comprenne le sens profond de leur mal-être… Deux Moi est une sorte de fable psychanalytique, et dit comme ça ça ne donne pas forcément envie, mais en fait il s’agit d’un superbe film qui va analyser avec une très belle précision ce mal-être qui touche tellement de personnes… Deux Moi n’est pas une comédie romantique, mais va en utiliser quelques codes et jouer avec, pour nous livrer une histoire captivante emmenée par 2 personnages à la fois anonymes et précieux, de ceux qui se fondent dans la masse par peur de vivre, et qui ne demandent au final qu’à aimer et à être aimés.

Deux Moi va osciller entre tendresse, poésie urbaine, humour et vrais moments d’émotions, et va se poser comme une vision d’une très belle acuité sur l’état social actuel. Il va user de très belles et subtiles méthodes pour chercher à connecter ses personnages, comme cette volute de fumée, ou cette musique entendue à travers les cloisons… Il y a en Deux Moi une vision à la fois très concrète des difficultés à se rencontrer, mais également quelques belles envolées naïves et crédibles qui font du bien! Touchant, simple et tellement beau, Deux Moi va susciter de l’émotion, mais il va le faire subtilement et en atteignant directement l’intimité des spectateurs. Parce qu’après tout, il nous connecte à nos propres envies et à nos propres peurs, et c’est en cela que Cédric Klapisch parvient brillamment à nous immerger dans son film!

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Le clip de la semaine : Awol One and Factor – Celebrate

Sous le nom d’Awol One se cache Anthony Martin, un travailleur acharné dans le domaine du hip-hop alternatif, capable de sortir plusieurs albums par an et qui enchaîne en plus les collaborations avec quelques pointures du genre : Busdriver, Daddy Kev, Myka 9… Pas de repos pour les braves!

Factor, de son vrain nom Graham Murawsky, est un producteur tout aussi motivé qui multiplie lui aussi les albums! Rien qu’avec Awol One, ils se partagent 3 albums, et cet excellent Celebrate est issu de leur album Owl Hours de 2009, qui est une très belle découverte! Le label Fake Four Inc. regorge d’artistes à découvrir absolument, il va falloir creuser tout ça! 😉

 

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Deadpool 8 : Massacre au Parc

Il est grand temps que Skottie Young cède sa place de scénariste sur Deadpool… Et il va malheureusement falloir s’armer de patience, puisque Kelly Thompson n’officiera qu’à partir du mois de novembre, et qu’avec le décalage français, on ne sera impacté qu’à partir de mai 2020!!! Comme on en est au numéro 8 ce mois-ci, il faudra donc rester zen jusqu’au numéro 15… Allez, on plonge dans ce nouvel épisode qui n’apporte rien au personnage??

Comme évoqué dans de précédents numéros, la série Deadpool peine franchement à décoller et à trouver son rythme. On y croyait au début grâce à la fun attitude de Young et aux dessins plutôt réussis de Nic Klein, mais force est de constater que si les épisodes s’enchaînent, Deadpool reste à la ramasse et n’avance pas du tout… Chaque mois, on a droit à un épisode mineur et inoffensif qui n’a strictement aucun impact sur le personnage ni sur sa mythologie. On poursuit donc sur cette lancée inodore et indolore avec ce récit qui voit Deadpool se rendre au parc de Silly Seal World, où il est embauché par Silly Seal, le propriétaire et mascotte du parc. Petit détail : il s’agit d’un phoque qui parle. Jusque-là, rien de bien grave dans le petit monde de Deadpool, et le revival de personnages Marvel datant des années 1940 est plutôt fun en soi. Mais la mission pour buter Zaggy Pig (le cousin de Ziggy Pig) n’a finalement rien de fun, et est juste une énième tentative de faire du comics méta… Et franchement, après des décennies à jouer sur ce schéma, et avec les films qui ont intensifié ce procédé, on arrive à une dangereuse saturation…

C’est surtout dans le traitement de la rencontre entre Deadpool et sa fille Ellie qu’on se rend compte à quel point tout cela est devenu tellement artificiel. Wade s’est effacé la mémoire pour protéger sa fille, et il ne la reconnaît donc pas, tandis qu’elle va rentrer dans son jeu et ne rien dire. Du coup, cette rencontre n’a quasiment aucun impact émotionnel et n’aura aucune incidence sur la suite des événements. Comme si on replaçait vite fait le personnage d’Ellie pour ensuite l’oublier à jamais. Skottie Young ne se foule pas et semble survoler ses scénarios sans s’y intéresser, et il n’a même pas envie de respecter ses personnages… Résultat : encore un épisode qui fait du surplace, et qui se veut drôle mais qui a de plus en plus de mal à y parvenir. Kelly Thompson, vite!!! On se consolera avec la qualité graphique de Nic Klein…

Constat similaire pour Spider-Man/Deadpool, qui sous la plume de Robbie Thompson, fait dans le mainstream sans âme depuis un bon moment… L’affrontement avec Blastaar est sans saveur, les éternels retournements de situation « les héros sont mentalement contrôlés par l’ennemi » sont passés de mode depuis 60 ans, et le dessin de Jim Towe est sans relief… Il n’y a franchement rien à sauver dans cet épisode, où les vannes entre Spider-Man et Deadpool ne fonctionnent pas non plus. Et au final, tout l’épisode n’est qu’un affrontement, donc niveau scénario, ça ne va pas casser des briques!

Déception avec le dernier épisode de Deadpool Assassin! L’excellente mini-série de Cullen Bunn se rate dans son ultime épisode! Le retournement en mode Rosemary’s Baby avec la trahison de Thrénodie fait vraiment baisser le niveau, et même la mort de la Fouine ne parvient pas à générer de l’émotion! C’est assez étrange au vu du travail précédemment fourni par Bunn, mais cela manque cruellement d’ambition et de folie, bien qu’encore une fois il ne lésine pas sur la violence graphique! C’est d’ailleurs la seule série qui se permet de ne pas se contenter du PG-13…  Et au niveau de l’humour, ça reste très limité, Deadpool ne sortant pas de vannes inoubliables mais étant assez soft finalement.

La série Domino s’achève, et c’est tant mieux! Gail Simone ne sera pas parvenu à hisser ses récits vers des sommets, et ses aventures de la mutante chanceuse sont purement anecdotiques. Le trio girly composé avec Outlaw et Diamondback n’apporte rien au genre, et la générale wakandaise Shoon’Kwa fait elle aussi dans le cliché. Mais au final, on a un dernier sursaut avec l’épisode qui va se balader dans le Mojoverse, avec la mission de Domino de stopper Longshot! Ca n’est pas dingue que ce soit clair, mais c’est moins soporifique que les épisodes précédents. Bon, la mini-série Domino : Hotshots qui devrait suivre sera elle aussi scénarisée par Gail Simone, donc ce n’est pas gagné…

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