En bref : Tatami

Tatami - Film 2023 - AlloCiné

En bref, j’ai vu Tatami de Zar Amir Ebrahimi et Guy Nattiv, film américano-géorgien qui va suivre une judoka iranienne lors des championnats du monde, à qui on va demander d’abandonner par peur qu’elle croise la judoka israélienne également en compétition. La première heure est assez distanciée, avec toutefois un beau rendu en noir et blanc, mais avec peu d’impact émotionnels vis-à-vis de la judoka. Les séquences de combats manquent de punch et de suspense. La 2ème heure s’avère plus intéressante avec l’étau qui se resserre autour de Leila et de sa coach Maryam (incarnée par la co-réalisatrice Zar Amir Ebrahimi).

Ce récit renvoie au cas réel du judoka iranien Saeid Mollaei aux championnats du monde de Tokyo en 2019, à qui on a intimé l’ordre d’arrêter la compétition afin qu’il ne croise pas son adversaire israélien. En filigrane, le film fait également écho aux récits de la boxeuse Sadaf Khadem, de la grimpeuse Elnaz Rekabi et de la taekwondoïste Kimia Alizadeh. La 2ème heure s’avère donc plus incisive et permet de mettre en avant le talent de l’actrice Arienne Mandi. Le film dénonce évidemment l’archaïsme de la vision de la femme par le régime démocratique islamiste iranien, dont on a encore eu un exemple récent avec l’étudiante Ahou Daryaei. Tatami aurait gagné à être plus condensé et plus impactant, mais il a le mérite de dénoncer des faits très graves qui malheureusement sont encore cautionnés de nos jours…

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En bref : Subteran

Subteran - Série TV 2025 - AlloCiné

En bref, j’ai regardé Subteran, une série qui va nous raconter les déboires d’une femme dont le copain policier a été tué, et qui devient la cible d’une organisation mafieuse. Cette série dispo sur Netflix nous vient de Roumanie et est une création du Britannique Steve Bailie. On navigue dans une atmosphère sombre plutôt bien travaillée, avec une Ana Ularu convaincante dans le rôle de cette femme qui voit sa vie s’effondrer, mais qui n’a pas le temps de s’apitoyer sur son sort. A ses côtés, Cezar Grumazescu joue son personnage de truand avec une belle ambivalence et un certain sentiment d’urgence. Irina Artenii s’amuse beaucoup avec son personnage bien border-line, et son duo avec Pana Cosmin Teo oscille habilement entre moments intenses, touchants et parfois drôles. Florin Piersic Jr solidifie son personnage au fur et à mesure des épisodes, surtout lorsqu’il entre dans un registre plus émotionnel. La mise en scène s’avère soignée, avec quelques recherches esthétiques régulières qui nous immergent davantage dans ce thriller pesant. Le récit n’est pas follement original, mais l’écriture des personnages et la tension permanente apportent une certaine épaisseur, et Subteran s’avère être une découverte plutôt sympathique!

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En bref : La Damnée

La Damnée de Abel Danan (2023) - Unifrance

En bref, j’ai vu La Damnée, un huis-clos horrifique signé Abel Danan, qui voit la jeune Yara être confrontée à des visions et des hallucinations de plus en plus inquiétantes. Le metteur en scène fait preuve d’une belle maîtrise visuelle et appose une certaine patte à son oeuvre avec de belles idées. Il y a quelques ralentissements par moment, mais l’ensemble se regarde comme une belle curiosité dans le paysage cinématographique français. On peut toutefois lui préférer le Kandisha de Maury et Bustillo, ou le Roqya de Saïd Belktibia, mais on appréciera l’investissement de Lina El Arabi dans un rôle très difficile, elle qui est présente sur quasiment chaque plan du film!

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En bref : Vol à Haut Risque

Vol à haut risque - A l'affiche - Cinéma Megarex à Haguenau

En bref, j’ai vu Vol à Haut Risque de Mel Gibson, qui est un objet hybride relativement étrange et qui va désarçonner plus d’un spectateur. Il ne faut pas s’attendre à un thriller angoissant et vertigineux, car on se retrouve pris dans un récit possédant des côtés résolument absurdes, et la tonalité pour évoquer la cohabitation de ces 3 personnages va s’avérer bien plus légère que ce que l’on a l’habitude de voir chez le grand Mel. D’ailleurs, ne vous attendez pas à voir un film de Mel, parce qu’il aurait été tourné par un réalisateur lambda, ce serait pareil… Mais ça n’est pas mauvais pour autant, simplement votre avis risque de différer selon l’humeur dans laquelle vous êtes au moment du visionnage ^^ Le résultat est déceptif par rapport aux oeuvres qu’il a pu nous livrer jusqu’ici, mais Gibson semble avoir voulu s’amuser en allant dans un registre où on ne l’attendait pas, et la prestation de Mark Wahlberg participe à cet aspect décalé. Vol à Haut Risque est une curiosité inoffensive, qui peut se voir comme une récréation sans prétention dans la carrière de l’acteur-réalisateur.

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Wolf Man (Leigh Whannell, 2025)

Wolf man (2025) - IMDb

Je n’ai pas vu son Insidious : Chapitre 3, mais j’ai grandement apprécié ses Upgrade et Invisible Man, ce qui m’a convaincu d’aller voir le dernier effort de Leigh Whannell en salle malgré les critiques majoritairement négatives. Et je me félicite de cette décision, ayant assisté à un excellent film de genre qui offre un regard très intéressant sur le mythe du loup-garou.

Blumhouse's Wolf Man Sets the Stage for 2025's Must-See Horror - Trailer -  Nerdtropolis

Leigh Whannell possède cette capacité fondamentale à donner corps à des récits intimistes là où on s’attendrait à des débauches d’action, et il applique donc une recette similaire à celle utilisée sur Invisible Man, sans pour autant ressasser les mêmes thématiques. Là où Elisabeth Moss combattait un ennemi implacable dans un registre metoo très bien articulé, Wolf Man va se concentrer sur la cellule familiale primordiale à laquelle appartiennent Blake, Charlotte et Ginger. On va se familiariser avec cette petite famille de manière très touchante, leurs relations étant rédigées avec beaucoup de sensibilité et un zeste d’humour. Il faut croire que Leigh Whannell, en écrivant avec son épouse Corbett Tuck, a puisé dans leur propre vie familiale, puisqu’ils partagent leur existence avec 3 enfants. L’actrice qui jouait dans Insidious et Insidious : Chapitre 3 apporte clairement une belle sensibilité au récit, qui va logiquement gagner en intensité avec la proximité que l’on a avec les personnages. Parallèlement à leur amour pour la petite Ginger, on sent que Blake et Charlotte ont quelques difficultés à trouver un équilibre entre eux, et le dialogue qu’ils ont pour se dire les choses s’avère très réaliste et très beau.

15/01/2025 – Vieille Carne

Mais on n’en oublie pas pour autant d’aller puiser dans le film de genre, et l’introduction du film est là pour nous rappeler à quel point Leigh Whannell est un superbe conteur horrifique. Sa façon de nous plonger dans ce récit macabre lui permettrait de se placer en priorité au coin du feu pour nous faire flipper ^^ Il maîtrise parfaitement la grammaire cinématographique horrifique, et l’évocation primordiale du Mal rôdant dans ces forêts perdues de l’Oregon possède une sorte de classicisme savoureux mêlé à une modernité bienvenue dans le rythme. Ca n’a jamais paru aussi simple de faire monter le stress, et Whannell gère sa partition de main de maître.

Le réalisateur de Wolf Man prévient : la conception du monstre pourrait ne  pas plaire à tout le monde, mais il y a une raison valable.

Le travail qu’il va effectuer sur le son va s’avérer très important pour l’immersion totale du spectateur, et il va prendre le temps de développer les capacités sensorielles du personnage qui va peu à peu se métamorphoser. Ca fait plaisir de voir un cinéaste qui aime prendre le temps de construire son film, et qui parvient à gérer les différentes phases de transformation de sa créature en devenir. La difficulté à communiquer qui va se mettre en place peut se lire à un autre niveau, et l’on a l’impression d’assister à l’acceptation de la maladie d’un de ses proches, avec la mort rôdant dans les parages. Les séquences tournantes de tentatives de dialogues sont excellentes, et outre l’aspect sonore, elles se développent également sur un niveau visuel tout aussi bien traité. A ma connaissance, on a rarement vu ce genre de procédé sur un film horrifique, et cela m’a fait penser à la vision spéciale acquise par Matt Murdock dans la saison 1 de Daredevil (procédé qui à ma grande incompréhension, n’a jamais été réutilisé dans les saisons suivantes).

Wolf Man : garou plutôt loupé [critique] | Premiere.fr

L’aisance avec laquelle Whannell traite son sujet fait que ce film n’offre aucun temps mort, et le mélange d’intimité et d’action s’avère très convaincant. Sa façon de jouer avec la menace est excellente, et on à le palpitant qui accélère régulièrement! Whannell sait exactement comment éclairer et filmer ses personnages, les faire se fondre dans les ombres inquiétantes et les voir apparaître avec leur potentiel létal. Je n’avais pas du tout reconnu Christopher Abbott, que j’ai pourtant vu très récemment au ciné, puisqu’il jouait l’Etranger dans le très bon (oui j’assume ^^) Kraven the Hunter. Il jouait également dans l’excellente saison 1 de The Sinner ou encore dans It Comes at Night. Il n’est pas un acteur très connu, mais sa prestation dans Wolf Man s’avère de plus en plus viscérale, aidée par des effets visuels assez bluffants. Il est capable de faire passer de belles émotions tout en sachant également se rendre très inquiétant. Julia Garner, la révélation de la série Ozark, s’avère très convaincante dans le rôle de cette mère dépassée par les événements, et Matilda Firth impressionne par la justesse de son jeu, alors qu’elle n’a que 10 ans!

Is Wolf Man 2025 a remake? Details explored

Wolf Man s’avère être une excellente production Blumhouse, grâce à un Leigh Whannell très inspiré capable de diriger efficacement ses acteurs qui de leur côté sont très motivés! On se retrouve donc dans un récit faussement classique, qui se permet de retravailler un mythe vieux comme le monde afin de le moderniser et d’offrir des strates de lecture différentes.

Wolf Man (2025) | MovieFreak.com

 

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