Congo (Michael Crichton, 1980)

Entre les terres scandinaves du Royaume de Rothgar (1976) et les abysses de Sphère (1987), Michael Crichton nous emmène en balade en Afrique centrale, fidèle à son esprit vagabond et sa volonté de nous faire visiter des lieux très variés avec toujours le souci constant de mêler vérité historique et intrigue romanesque. Congo est encore une réussite de la part de l’auteur américain, dont le bouquin est bien supérieur au film réalisé par Frank Marshall sorti en 1995!

L’esprit résolument scientifique de Crichton va nous plonger dans une aventure en pleine jungle qui va revêtir différents aspects, et qui va être mise sur pied pour différentes raisons également. Quand une première expédition est soudainement décimée alors qu’elle venait de trouver la mystérieuse cité de Zinj, un second groupe va rapidement être envoyé vers la même destination. La jeune scientifique arriviste Karen Ross va s’imposer auprès de son supérieur pour enfin mener une mission sur le terrain, et elle va embarquer avec elle le primatologue Peter Elliot, ainsi que le mercenaire Charles Munro chargé de les amener sains et saufs à leur destination. Mais le scientifique Peter Elliot ne vient pas seul, puisqu’il emmène avec lui Amy, une femelle gorille a qui il a enseigné le langage des signes.

Crichton nous plonge comme d’habitude dans une atmosphère d’effervescence scientifique, avec cette équipe du STRT, le Service Technologique des Ressources de la Terre, un organisme indépendant qui est sur le point de faire une découverte scientifique majeure. L’auteur prend le temps d’organiser le fonctionnement du STRT, de mettre en place la hiérarchie, de nous présenter les locaux à sa manière habituelle, avec tous les systèmes de sécurité nécessaires pour protéger une telle entreprise. Ce n’est pas aussi extrême que pour La Variété Andromède ou La Proie, mais il se plaît à jouer avec ces gardiens des secrets!

Lors du décryptage de la dernière transmission de la première équipe, on va suivre le processus d’affinement de l’image et du son, avec termes techniques à l’appui pour plus de réalisme. Crichton utilisera un procédé du même ordre dans Soleil levant, qui démontre là encore sa passion pour le domaine scientifique, et une précision exemplaire qui intensifie le degré de réalisme de ses oeuvres. Mais il n’y a pas qu’un seul domaine scientifique, et la présence d’Amy va nous permettre d’en apprendre davantage sur la nature des primates, les différences entre les espèces, et l’apprentissage, notamment celui du langage des signes.

Pour Peter Elliot, ce voyage représente la possibilité de confronter Amy à son environnement naturel, elle qui est née aux abords de la rivière Congo. Un retour aux sources qui ne se fera pas sans mal, le gorille vivant en milieu non naturel depuis bien longtemps. Avec Ross et Munro, ils vont traverser des territoires hostiles en raison de leur situation géo-politique, des animaux dangereux qui les habitent, mais aussi des tribus indigènes cannibales. Une foule de problèmes va se placer entre eux et la cité de Zinj, et Crichton nous conte ce voyage périlleux avec son sens de l’organisation et sa soif d’aventures habituels. Le mélange de rigueur scientifique et de tension dramatique va créer une atmosphère très caractéristique de l’auteur, que l’on retrouve quel que soit l’environnement dans lequel il nous promène. Congo est très représentatif du style Crichton, et constitue une oeuvre très prenante!

Le réalisme du bouquin est inversement proportionnel à celui du film, et c’est tout à l’honneur de l’auteur, qui nous fait voyager dans la moiteur de la jungle africaine, aux abords d’un volcan, ou sur un cours d’eau des plus dangereux. Congo, c’est une aventure dépaysante que l’auteur nous fait vivre avec envie et suspense, jusqu’à découvrir ce qui a bien pu se passer lors de la première expédition. Le danger se resserre autour de la seconde équipe, qui doit en plus gagner une course contre la montre avec un autre groupe qui désire mettre la main sur les secrets de la cité de Zinj. Congo est un récit d’aventures bien prenant, qui nous plonge dans une jungle hostile et pleine de secrets!

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Les news de la semaine: There will be Blood!!!

 

Cela fait des mois que l’on espérait sans trop y croire, et la news est tombée de manière bien inhabituelle, mais dans le plus pur style du Merc with a Mouth! Après l’annonce d’un classement PG-13 le 1er avril, on a donc appris dans la foulée qu’il s’agissait d’un poisson d’avril, et que Deadpool sera bien classé R!!! Un soulagement pour les fans, et une raison supplémentaire de croire en cette adaptation, puisqu’on sait maintenant que Tim Miller a tous les atouts pour coller au plus près de l’ambiance trash et déjantée du comics!!! Ryan Reynolds, qui se bat pour ce projet depuis de si nombreuses années, a milité longtemps pour ce classement, et le film prend assurément de l’ampleur avec cette excellente nouvelle!!!


 

La suite du sublime Tron – l’Héritage, qui se fera sous la direction de Joseph Kosinski, vient de dévoiler son titre, qui sera Tron: Ascension! Sortie prévue en 2016!

 

X-Men: Apocalypse verra le retour d’Angel, qui prendra cette fois les traits de Ben Hardy. Il s’agira du premier long pour le jeune acteur qui a déjà joué dans la série anglaise EastEnders.

 

From the Dark pourrait passer pour un film lambda avec son concept ultra-classique et son titre passe-partout, mais comme c’est l’Irlandais Conor McMahon qui s’y colle, on est en droit d’attendre un travail un peu plus élaboré que la moyenne! Le metteur en scène de l’excellent Dark Clown laisse tomber l’humour noir et nous trimbale dans les errements d’un jeune couple qui, après une panne de voiture, se retrouve pris en chasse par une mystérieuse créature dans la campagne irlandaise…


 

Jake Gyllenhaal est impressionnant dans cette bande-annonce de Southpaw, qui le voit métamorphosé en bête du ring pour les besoins du film d’Antoine Fuqua! Auréolé du succès de son très bon Equalizer, Fuqua nous plonge dans les affres d’un boxeur brisé par la vie avide de vengeance! La paire Gyllenhaal/Fuqua risque de faire de sacrées étincelles!!!


 

On termine par le teaser de The Walk signé Robert Zemeckis, qui raconte l’exploit absolument dingue accompli par le Français Philippe Petit le 7 août 1974, la traversée sur un fil entre les tours jumelles du World Trade Center. Un film documentaire était déjà sorti sur le sujet en 2008, intitulé Le Funambule, retraçant de manière intéressante cet événement. Zemeckis a choisi l’angle de la fiction pour nous raconter cette aventure, qui avait été réalisée en toute illégalité. C’est l’excellent Joseph Gordon-Levitt qui endosse le rôle de Petit, et le teaser donne bien envie! Sortie le 30 septembre.

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Deadpool 11: Il n’y aura pas de Lune de Miel

Après un Deadpool Hors Série correct mais appauvri par le dessin de John Lucas, on retrouve avec plaisir Scott Koblish et Mike Hawthorne, entre autres! Ce Deadpool 11 nous présente les numéros 34 et 35 de la série régulière, et 4 courts récits faisant partie du numéro 27 spécial mariage (à voir ici) et qui n’avaient pas encore été publiés.

L’épisode 34 est un nouveau retour dans le passé de Wade, cette fois-ci dans les années 90. Du coup, l’excellent dessinateur caméléon Scott Koblish (qui a déjà utilisé les styles 50’s, 60’s, 70’s et 80’s avec classe dans des épisodes précédents) se la joue Rob Liefeld en exagérant les proportions des armes et des abdos des protagonistes! Le résultat est un vrai parfum old school qui met en plus en lumière un pan du passé de Wade! Gerry Duggan et Brian Posehn poursuivent leur exploration du passé mystérieux de Deadpool, et révèlent notamment un élément pour le moins perturbant…

Wade fait équipe avec Dents-de-Sabre, affronte la Division Alpha, fait un sale boulot pour Butler, apprend sa paternité… Un épisode chargé en événements, qui oscille entre humour et noirceur, encore une fois mené avec brio par le duo de scénaristes. Et on découvre un Deadpool capable d’une grande tendresse, même s’il aime bien faire des vannes trash à sa fille, comme sa brillante réinterprétation du coup du « tire sur mon doigt »!

L’épisode 35 se déroule dans le présent, et voit un Dracula amoindri utiliser un Anti-Araignée afin de tenter de vaincre Deadpool! Duggan et Posehn adorent les références, et l’utilisation de cette combinaison-robot renvoie aux tout vieux épisodes de Spider-Man, quand un inventeur nommé Spencer Smythe créait ces machines destinées à détruire le héros arachnéen! On remet donc au goût du jour cette vieille boîte de conserve, et le résultat est un combat bien fun dans les rues de New York!

En parallèle, on suit les rencontres entre Wade et sa fille Ellie, qui vit chez l’agent Preston par mesure de sécurité. Il essaie de jouer son rôle de père avec sa finesse habituelle (« Ellie s’est déjà brossé les dents. J’ai surveillé. Et pas comme un pervers. Elle a tout bien fait. Elle n’a même pas eu besoin de mon aide. -J’ai huit ans, Deadpool! J’ai pas besoin d’aide pour me laver les dents! – Eh, crie pas sur ton père! »), et on sent une certaine responsabilité percer sous ses traits d’humour. Sa rencontre avec la grand-mère d’Ellie est elle aussi à la fois drôle et triste, puisqu’elle en veut à Deadpool pour la mort de sa fille.

Et comme s’il n’y avait pas déjà assez d’éléments, Duggan et Posehn poursuivent leur histoire débutée avec ce qui constitue certainement leur meilleur arc, Le Bon, la Brute et le Truand. On retrouve les pseudo-X-Men créés par Butler dans un camp coréen, puisque Deadpool leur vient en aide en les amenant chez les X-Men. Les Coréens sont en train de mourir à petit feu, et Wade espère que le Fauve et ses alliés pourront les sauver. Encore un aspect très touchant de la personnalité de Wade, qui ne fait pas dans le pathos, mais qui démontre une certaine noblesse d’âme.

On termine par les 4 récits consacrés aux précédents mariages de Deadpool, qui sont anecdotiques, mais sympathiques. On le retrouve à l’ère post-Agent X alors qu’il épouse la sublime Inez; par contre, il ne se doutait pas que l’appétit sexuel de sa partenaire allait véritablement l’esquinter! Un épisode bien maso signé Gail Simone! Les autres histoires voient Wade épouser Domino pour les besoins d’une mission, puis convoler en injustes noces avec le Dr Betty lors de la période où il se baladait avec la tête du Deadpool zombie; et enfin, on le retrouve avec l’extraterrestre Orksa qu’il avait épousé lors d’un bref séjour dans l’espace.

La série régulière, lorsqu’elle est accompagnée d’un bon dessin, est vraiment très convaincante, et les aventures de Wade se suivent avec beaucoup d’intérêt! En attendant le début des hostilités pour Axis en mai!!!

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Le clip de la semaine: Original Bike Tricks from Tim Knoll

Quand on mélange BMX et Parkour, ça peut donner un mix très intéressant, surtout quand c’est le très talentueux et inspiré Tim Knoll qui s’y met! Il crée des figures impressionnantes et résolument originales, qui ne devraient pas vous laisser indifférents! Enjoy! 😉

 

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Interstellar (Christopher Nolan, 2014)

Enfin un film captivant de la part de Christopher Nolan! Je ne suis pas du tout fan du metteur en scène anglais, dont les films me laissent soit totalement indifférent (Memento, Insomnia, Batman begins, Inception, The dark Knight rises), soit m’intéressent juste assez, sans que je m’emballe non plus (Following – le Suiveur, The dark Knight: le Chevalier noir). Je n’ai pas vu Le Prestige sinon… Mais avec Interstellar, Christopher Nolan bouscule toutes les idées reçues sur son cinéma trop froid et hermétique, pour nous plonger dans une épopée humaine bien plus palpitante que l’ensemble de sa filmographie! Interstellar est un voyage spatial et ô combien humain de toute beauté, puisant sa source dans un récit totalement inventif et original!

Jonathan Nolan, le petit frère, et Christopher Nolan, se partagent l’écriture des scénarios depuis de nombreuses années, et ils ont travaillé ensemble sur Le Prestige, The dark Knight: le Chevalier noir et The dark Knight rises. Avec Interstellar, leur collaboration donne vie à un long métrage épique et envoûtant qui plonge au coeur de la galaxie et de l’âme humaine. Un voyage interstellaire dont le but est de permettre la survie de l’humanité, et qui va en parallèle constituer une aventure personnelle des plus éprouvantes pour chaque personnage.

Dans un futur proche où la Terre se meurt, il n’y a plus beaucoup d’espoir pour la survie de l’espèce. Les récoltes s’amaigrissent, la poussière prend possession de tout, et la lutte semble de plus en plus vaine… Mais quand Cooper, un pilote qui a dû laisser ses talents de côté pour se lancer dans l’agriculture, se voit proposer une participation à un vol spatial destiné à trouver une planète habitable, il est tiraillé entre son envie de faire partie de l’aventure et la tristesse de laisser ses enfants derrière lui. Mais si un avenir est envisageable pour eux, il est bien obligé de partir…

Interstellar va nous plonger dans un voyage captivant, qui va nous mener dans des directions jusque-là inexplorées. Tout le périple des astronautes va être un voyage dangereux et de toute beauté, nous faisant découvrir des régions de l’espace grandioses et inexplorées. Il est difficile de décrire tout ce que l’on va traverser lors de ce film, et en même temps ce serait dommage de tout révéler. Mais Christopher Nolan appose un traitement visuel impressionnant au scénario qu’il a écrit avec son frangin, et Interstellar se révèle être une aventure aux confins de l’univers d’une grande maîtrise visuelle et émotionnelle.

Le sous-texte scientifique de ce voyage apporte un réalisme fort, et les théories qui paraissent souvent absurdes comme la distorsion de l’espace-temps prennent tout leur sens ici. C’est le cas notamment du fameux Paradoxe des Jumeaux, qui explique que si un jumeau se trouve sur Terre et un autre dans l’espace, les deux ne vieillissent pas de la même manière du fait de la relativité restreinte. Celui qui se trouve dans l’espace paraîtra plus jeune lors de son retour sur Terre. Christopher Nolan visualise ce concept avec tout ce qu’il implique émotionnellement, et il poursuit son exploration spatiale avec le même soin apporté aux différents faits scientifiques.

L’exploration des galaxies, le voyage dans le temps, la traversée d’un trou noir… Christopher Nolan nous donne des réponses cinématographiques fortes à ces questions qui passionnent les scientifiques depuis toujours. Sa vision de cette exploration se teinte de touches beaucoup plus humaines que dans ses précédents films, et ça fait plaisir de percer enfin ce côté hermétique uniquement cérébral. Avec Interstellar, il ne délaisse pas l’aspect cérébral, au contraire, mais il le renforce en travaillant également la dimension humaine. La froide rigueur scientifique trouve des échos dans les liens familiaux, et dans une volonté de survie fondamentale à l’être humain. Christopher Nolan va toucher du bout du doigt le lointain espace mystérieux, mais aussi sonder les profondeurs de l’âme humaine, en découvrant à des niveaux macroscopique et microscopique ce qui fait toute la beauté de l’existence. Même s’il n’est pas exempt de quelques scories qui peuvent paraître prétentieuses, Interstellar constitue un film qui impressionne par sa force d’attraction, nous plongeant dans un trip de 2h48 complètement maîtrisé et réussi.

Matthew McConaughey excelle comme d’habitude dans les rôles différents, et son personnage de Cooper, désabusé et cinglant, s’avère très intéressant. A ses côtés, Anne Hataway est nettement mieux servie que son rôle de Selina dans The dark Knight rises, et joue une scientifique à la fois brillante et sensible. Avec encore Michael Caine, John Lightgow, Wes Bentley, Casey Affleck et Jessica Chastain, c’est un casting haut de gamme qui a été convoqué pour ce film résolument novateur, qui nous emmène dans un voyage qui va bousculer toutes les convictions de Cooper, et qui va lui apprendre beaucoup sur sa propre nature. Un très grand Christopher Nolan, enfin!

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