Les Naufragés de l’Espace (John Sturges, 1969)

Toujours en attendant de voir Gravity, je continue mon immersion spatiale avec ces Naufragés de l’Espace signé John Sturges. Cet artisan chevronné nous a donné quelques oeuvres emblématiques du cinéma américain, comme Les sept Mercenaires ou La grande Evasion. Pour Les Naufragés de l’Espace, il réunit de grands noms pour une aventure palpitante, sortie quelques mois après la foulée historique de Neil Armstrong sur le sol lunaire.

D’entrée de jeu, Sturges place une ambiance de calme avant la tempête, avec cette vision matinale de la base de lancement empreinte d’une poésie diffuse. Il ne perd pas de temps, puisqu’il nous place directement au moment où la fusée habitée s’apprête à décoller. La maîtrise visuelle de Sturges s’avère efficace dès le début, et va pouvoir puiser dans le scénario captivant de Mayo Simon pour nous convier à un voyage hors normes!

C’est dans son approche très solide et très documentée que ces Naufragés de l’Espace fonctionne à merveille, jouant constamment sur des modifications psychologiques primordiales. En respectant un fort réalisme lors des phases techniques du déroulement de la mission, John Sturges permet d’augmenter considérablement l’impact dramatique des problèmes que vont rencontrer les trois astronautes. Richard Crenna, David Janssen et Gene Hackman vont renforcer cette intensité grâce à leurs interprétations très riches, qui vont mettre en lumière trois approches différentes des problèmes, et donc trois manières de réagir face à l’angoisse et à la peur.

Si cette mission spatiale est le point d’aboutissement du travail de centaines de personnes (dont un Gregory Peck impeccable en directeur de programme), ce sont Jim Pruett, Ted Dougherty et Buzz Lloyd qui sont coincés tout là-haut, avec des chances de regagner la Terre qui se dégradent progressivement. Sturges nous montre à la fois le travail incessant se déroulant à Houston afin de sauver les trois Américains, et il nous plonge dans les affres de ces derniers, confrontés à un problème qui met leur vie en danger.

Bien sûr, le film a pris un coup de vieux, mais les effets visuels fonctionnent encore, grâce notamment à la vision très sensible du metteur en scène, qui sait comment intensifier la tension! Les Naufragés de l’Espace constitue une pièce de choix dans le film spatial, et est une oeuvre véritablement maîtrisée dont la tension ne se relâche pas!

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Les news de la semaine: Un faucon en hiver

Ca y est, la 1ère bande-annonce de Captain America: le Soldat de l’Hiver vient de tomber, et le peu que l’on puisse dire, c’est qu’elle est sacrément captivante!!! Le récit semble s’être affiné jusqu’à un savant dosage d’action et d’espionnage, entériné par la présence de Robert Redford! La BA n’en dévoile heureusement pas trop, mais juste assez pour vraiment donner envie de le découvrir en salles le 26 mars, une date qui a d’ailleurs été avancée! Le Faucon devrait être bien modernisé, et le Soldat de l’Hiver s’annonce excellent!!!

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Europa Report (Sebastian Cordero, 2013)

L’avantage avec les films d’exploration spatiale, c’est qu’ils ne souffrent d’aucune limite et peuvent se permettre d’embarquer le spectateur vers une destination totalement inconnue et innovante. Entre un Sunshine magnifique et un Gravity qui promet d’être époustouflant, Europa Report fait office d’outsider de qualité grâce aux talents conjugués du metteur en scène équatorien Sebastian Cordero et d’une équipe d’acteurs très impliquée.

Exit l’habituelle mission vers Mars, ce film traite cette fois d’un voyage beaucoup plus lointain puisque l’équipage est en route vers Europe, l’un des satellites de Jupiter. Sa particularité est d’être entièrement recouvert de glace, et les scientifiques soupçonnent l’existence d’un vaste océan liquide sous cette couche, offrant une probabilité sérieuse d’y trouver une forme de vie extraterrestre. 6 astronautes sont donc envoyés en mission sur Europe afin de déterminer si la vie, même sous forme unicellulaire, existe dans ce monde gelé.

Sebastian Cordero va élaborer son récit à la manière d’un documentaire, fait d’images prises sur le vif par les caméras disséminées à bord. On est très rapidement plongé dans le quotidien de cette poignée d’êtres amenés à poursuivre une mission de la plus haute importance scientifique, et on va naviguer entre les missions de routine, les moments intimes et les tensions naissantes. Cordero avance crescendo et nous place au coeur de cet univers confiné en nous présentant les différents processus de leur travail de manière très réaliste.

Michael Nyqvist (le Mikael Blomkvist de la saga Millénium originale) campe un personnage intéressant qui va passer par des émotions complexes, et le reste de l’équipage est à l’avenant, avec notamment un Sharlto Copley bien plus crédible que dans le décevant District 9 de Neil Blomkamp. Il y a un travail d’écriture sincère de la part de Philip Gelatt, qui permet de faire progresser la tension de manière imperceptible et solide. L’homme n’est jamais allé aussi loin dans le système solaire, et les difficultés inhérentes à un tel voyage vont s’avérer à la fois techniques et conflictuelles, les personnalités variées réagissant chacune à leur manière face aux imprévus et difficultés. Mais le groupe est loin de s’imaginer à quel point cette aventure va être bouleversante…

Europa Report est traité avec beaucoup d’intelligence par une équipe qui ne cherche pas le sensationnel à chaque séquence, mais qui applique une grande crédibilité quant à la narration et aux implications d’un tel récit. Je n’en dévoilerai pas plus, mais les options choisies par Cordero et son staff s’avèrent très intéressantes, et le traitement visuel s’avère lui très immersif, avec ces multiplications de visions issues des caméras de bord, qui donnent un rendu proche du documentaire des événements. Leses émotions affleurent de manière évidente, et l’on se prend peu à peu au jeu, surtout que la survie des personnages est dans la balance. Sans atteindre l’intensité émotive et narrative d’un Sunshine qui reste un mètre-étalon du genre, Europa Report bénéficie d’une solide ligne de conduite qui en fait une très belle découverte. On pourra regretter que la fin ne soit pas à la hauteur des ambitions présentes durant tout le reste du métrage, mais il constitue une tentative de SF ambitieuse qui parvient à trouver ses marques et sa personnalité, et  Sebastian Cordero a suffisamment de talent pour nous offrir un voyage dépaysant et étonnant.

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Les news de la semaine: Say my name

Strictement rien à se mettre sous la dent cette semaine niveau news, c’est assez impressionnant! Je passe sur les rumeurs constantes niveau casting vu que je préfère attendre que les infos soient solides! Sinon, les prochains jours vont être très calmes pour raisons sportives, du coup je devrais redonner quelques news fin de la semaine prochaine!

Par contre, on a droit à un très bel hommage de la part d’Anthony Hopkins, qui ne tarit pas d’éloges sur Breaking bad, et en particulier Bryan Cranston. Hopkins a enchaîné les 5 saisons en l’espace de 2 semaines (!!!), et il a été totalement bluffé par la série de Vince Gilligan. Voici la traduction du mail qu’il a envoyé à Cranston après avoir terminé le show:

« Cher Monsieur Cranston,

Je viens de finir un marathon « Breaking bad», de l’épisode 1 de la première saison jusqu’aux 8 derniers épisodes de la saison 5 (j’ai téléchargé la dernière saison sur Amazon). Un total de deux semaines (addictive) de visionnage.

Je n’ai jamais rien vu de tel. Brillant ! Votre performance en tant que Walter White était la meilleure que j’ai pu voir de ma vie.

Je sais qu’il y a beaucoup d’hypocrisie et de conneries dans ce business et j’ai en quelque sorte perdu la foi en tout. Mais votre travail est spectaculaire, absolument stupéfiant.

Ce qui est extraordinaire, c’est la puissance pure de chaque personne dans la production. C’était quoi ? Cinq ou six ans de conception ? La façon dont les producteurs (vous-mêmes étant l’un d’entre eux), les scénaristes, les réalisateurs, les cinéastes… chaque département, casting, etc. ont réussi à garder la discipline et le contrôle du début jusqu’à la fin est incroyable.

Ce qui a commencé comme une comédie noire est descendue dans un labyrinthe de sang, de destruction et d’enfer. C’était comme une grande tragédie Jacobéenne, Shakespearienne ou grecque.

Si jamais vous en avez la chance, pourriez-vous passer mon admiration à tout le monde, Anna Gunn, Dean Norris, Aaron Paul, Betsy Brandt, R.J. Mitte, Bob Odenkirk, Jonathan Banks, Steven Michael Quezada, tout le monde, tout le monde a délivré une performance de maître. La liste est infinie.

Merci. Ce genre de travail/art est rare et quand, une fois de temps en temps, il se produit, comme dans ce travail épique, il restaure la confiance.

Vous et le reste du casting êtes les meilleurs acteurs que je n’ai jamais vus. Ca peut paraître comme très hypocrite, mais ça ne l’est pas. Il est presque minuit ici à Malibu et je me sentais obligé d’écrire cet email.

Félicitations et mes plus grands respects. Vous êtes sincèrement un très, très grand acteur.

Cordialement,

Tony Hopkins. »

C’est tout simplement beau de voir une telle admiration chez un acteur de la trempe d’Hopkins, qui a littéralement été conquis comme un gamin par cette série géniale! Une lettre emplie d’une sincérité à la fois naïve et touchante qui fait chaud au coeur!

 

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Le clip de la semaine: Tuto Cupkake

Je viens de découvrir ces petites merveilles que sont les Tutos (merci David!), c’est bourré de folie, d’injures et d’amour aussi! Le format est hyper court, et ça donne un résultat vraiment dynamique avec ce personnage hyper-actif à qui une ou deux consultations chez un psy ne feraient pas de mal… J’adore!!! Enjoy! 😉

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