Les news de la semaine: Nos Etoiles mutantes

Changement de ton radical pour Josh Boone, le metteur en scène de Nos Etoiles contraires! Il nous avait expliqué son intention d’orienter X-Men: the New Mutants dans une direction horrifique, mais il y a souvent de grandes différences entre les propos initiaux et le résultat final… Mais pour cette nouvelle itération mutante, il faut bien reconnaître qu’il avait 100% raison, et rien ne nous avait préparé à ça dans l’univers de la Fox!!! L’ambiance est sacrément glauque, et on croise les doigts pour que le résultat soit aussi innovant que la bande-annonce le promet!!!


 

Encore une série super-héroïque de plus? Oui, mais Raising Dion opte pour une approche radicalement différente, en traitant de la relation entre une mère qui élève seul son fils, et qui doit faire face aux difficultés qu’engendrent l’apparition des pouvoirs du petit Dion. En se basant sur un superbe court-métrage (je vous en parlais mardi juste ici), Netflix prépare l’après-Marvel, puisque les héros de la Maison des Idées vont être retirés de son catalogue! Ce show de 10 épisodes pourra compter sur la présence de Michael B. Jordan (oui, la Torche dans Les 4 Fantastiques) qui jouera le rôle du père décédé (dans des flashbacks donc). L’approche de Dennis Liu, qui a mis en scène cette petite pépite, devrait donner lieu à une très belle série!

 

Sam Show et Dustin Thomason, producteurs et scénaristes sur Manatthan, sont les showrunners de la série Castle Rock qui débarquera en 2018. Sous l’impulsion de J.J. Abrams, les 10 épisodes de ce nouveau show constitueront une adaptation originale des écrits de Stephen King, puisqu’ils se dérouleront dans la petite ville de Castle Rock, en créant des interconnexions entre tous les romans qui s’y déroulent, et dont une très grande partie a déjà eu l’ocasion d’être adaptée au cinéma! Dead Zone, Cujo, Stand by me, Ca, Salem, Les Evadés, Shining, La Ligne verte… Ca fait beaucoup de taf pour les scénaristes, et en regardant la bande-annonce, vous verrez quelques visages bien connus! Je vous laisse découvrir tout ça! Bon, ce sera pas diffusé avant fin 2018, donc patience…


 

L’attente touche à sa fin pour l’arrivée de Thor: Ragnarok (il débarque le 25 octobre avec son pote gladiateur Hulk!), et on a droit cette semaine à un très beau visuel nous présentant Heimdall, toujours incarné par Idris Elba. Et il aura du boulot en s’opposant à Hela… En tout cas, le personnage semble avoir opté pour une tenue plus terre-à-terre et moins clinquante, et ça claque plutôt pas mal!

Et Heimdall n’arrive finalement pas seul, puisque 3 nouvelles photos sont tombées: on y découvre Loki, le Grand Maître, et Valkyrie!

 

Marvel: les Agents du S.H.I.E.L.D. débarquera finalement le 1er décembre, juste après la fin de la 1ère (et dernière?) saison d’Inhumans. On apprend aujourd’hui que le voyage galactique de la bande à Coulson ne sera pas de tout repos, puisqu’ils seront opposés aux Krees! La race extraterrestre n’est pas totalement inconnue du MCU, puisque Ronan, l’ennemi des Gardiens de la Galaxie, est un membre du peuple Kree. Se dirigerait-on vers un choc cosmique avant Avengers: Infinity War?

 

Avec la Comic Con de New York qui battait son plein le week-end dernier, il y a eu pas mal d’annonces et surtout de bande-annonces concernant les prochaines séries! Marvel n’était pas en reste, puisqu’elle a dévoilé un teaser pour Runaways, qui semble très fidèle au comics de Brian K. Vaughan et Adrian Alphona, et ce n’est pas pour nous déplaire! Le show de Josh Schwartz et Stephanie Savage (qui ont travaillé ensemble sur Gossip Girl) débutera le 21 novembre!


 

Et de 11 pour Mulder et Scully! Après la déception de la saison précédente d’X-Files: aux Frontières du Réel, reviendrait-on vraiment vers tout ce qui a fait le succès de la série? Seul Chris Carter détient la vérité, et on la découvrira l’an prochain! Mais la BA est engageante!


 

J’évoquais la semaine dernière le nouvel Halloween, qui bénéficiera des présences de John Carpenter à la production, de David Gordon Green à la mise en scène et de Jamie Lee Curtis à nouveau devant la caméra dans le rôle emblématique de Laurie Strode. Le film devait prendre place juste après Halloween II, en faisant abstractions des diverses suites (et évidemment des remakes). Carpenter lâche aujourd’hui une nouvelle info qui fait l’effet d’une petite bombe, puisque ce nouvel opus sera une suite directe de La Nuit des Masques!!!  « C’est difficile à décrire » a confié John Carpenter avant d’ajouter :  « C’est comme si le film se déroulait dans une réalité alternative. C’est la suite du premier volet, et il prétendra que les autres n’existent pas. Ça va être vraiment cool. Le réalisateur est très talentueux et le script est vraiment bon. Je suis impressionné ». (propos recueillis par Stereo Gum).

C’est Danny McBride qui scénarise le film, et il avait avoué récemment ne pas apprécier le fait que Laurie et Michael Myers soient frère et soeur, ce que l’on apprenait justement dans Halloween II. En prenant ce chemin parallèle, il y a une belle opportunité de réinventer le terrible boogeyman! Et pour la petite histoire, Danny McBride, c’est le mec qui construisait les rampes pour Rod dans Hot Rod, oui messieurs-dames! ^^ Sortie prévue le 19 octobre 2018!

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Avengers 4: Guerre ultime

Mark Waid est décidément l’un des scénaristes les plus importants du moment chez Marvel, et ses différents travaux sur les équipes d’Avengers sont franchement classes! Après avoir consacré il y a quelques mois un épisode complet à la Vision, voici qu’il réitère l’opération en se concentrant cette fois-ci sur Kang, le voyageur temporel! Et le résultat est tout simplement génial, avec une plongée dans les origines du plus grand ennemi des Avengers, bénéficiant de l’appui d’un Mike Del Mundo totalement inspiré qui nous livre des planches sublimes, avec uniquement des pages pleines ou des double-pages! Il faut oser balancer un épisode aussi différent alors que la confrontation n’est pas terminée, mais les dimensions dramatique et temporelle fonctionnent à merveille, et c’est un vrai régal pour le cerveau et pour les yeux! Visuellement, Del Mundo renvoie à une époque bien old school, et c’est une superbe idée de nous avoir offert cette introspection de Kang!

Waid est également aux commandes d’une série qu’il traite de manière totalement différente, Les Champions! Il se focalise cette fois sur de jeunes héros ayant fait partie des Avengers, et qui ont quitté le groupe car leurs idéaux ne correspondaient pas à ceux de leurs aînés. On a Spider-Man (Miles Morales), Miss Marvel (Kamala Khan), Nova (Sam Alexander), et ils se sont alliés à Hulk (Amadeus Cho), Viv Vision (la fille de la Vision), ainsi que Cyclope (la version des Jeunes X-Men). A la fin de l’épisode précédent, leur vaisseau venait tout simplement de se faire exploser par un missile! La coque a donc été sacrément endommagée, et ils vont tenter un atterrissage d’urgence… Contrairement à l’excellent épisode introspectif d’Avengers, Waid nous livre une partition très dynamique et aux dialogues bien sentis (avec notamment les vannes bien fun sur qui devrait être le leader de l’équipe!), et il impressionne par sa capacité d’adaptation à ses personnages! Si on ne le savait pas, on ne se douterait pas un seul instant que c’est le même scénariste qui travaille sur les deux séries! Les interactions entre ces jeunes héros sont excellentes, et ils vont devoir affronter le mystérieux ennemi qui leur a balancé un missile en pleine tronche… Et Humberto Ramos excelle visuellement!

Gerry Duggan connait une petite baisse de régime sur Uncanny Avengers, avec un épisode qui reste correct mais qui n’a rien de fou. Vif-Argent est sous le contrôle de Crâne rouge, qui va l’utiliser pour tenter de neutraliser l’Equipe Unité. Kevin Libranda gère plutôt bien sa partie graphique, et Deadpool est toujours aussi barge! C’est d’ailleurs très sympa de le voir faire équipe avec son pote Cable! Et mine de rien, la menace que représente Crâne rouge (qui possède toujours l’esprit du Professeur Xavier) et sa fille Sin est bien réelle. Cet épisode met d’ailleurs en avant Malicia, qui tente tant bien que mal de résister aux attaques psychique de Crâne rouge.

U.S.Avengers, qui est la suite des New Avengers, propose une belle entrée en matière avec l’apparition de la Captain America 20XX, qui n’est autre qu’une version futuriste de Danielle Cage, la fille de Luke Cage et Jessica Jones. Elle a en effet endossé le costume patriotique, et provient d’un futur dévasté par Thanos! La vision du Titan fou avec le crâne de Steve Rogers est d’ailleurs tragiquement symbolique, et la double page voyant tous ses ennemis terrassés ne l’est pas moins! L’épisode est intéressant grâce à l’historique de différentes versions de Danielle Cage, qui étaient toutes devenues Captain America, ainsi que dans l’évocation des origines de son ennemi Crâne d’Or! On découvre aussi davantage toutes les ressources dont dispose Roberto da Costa, qui avait repris les rênes de l’A.I.M.! Al Ewing nous livre cependant un épisode un peu moins prenant que les derniers dont il nous avait gratifié, mais la confrontation promise pour le prochain numéro devrait faire des étincelles! Et Paco Medina assure toujours autant graphiquement!

David F. Walker s’occupe actuellement d’Hawkeye, à l’affiche de la série Occupy Avengers. L’archer qui en a lourd sur la conscience après avoir tué Bruce Banner, est en mode rédemption, et fait équipe avec Loup rouge afin d’enquêter sur une mystérieuse contamination de l’eau touchant une réserve indienne. Il faut dire qu’avec l’apparition d’Hydro-Man, il y a forcément quelque chose de louche là-dedans! Ce récit au départ très réaliste est quelque peu adouci par le choix de cet ennemi, et on aurait probablement préféré un ennemi plus terre-à-terre (sans jeu de mots) pour conserver l’ambiance polar qu’il y avait dans le 1er épisode. Walker avait en effet réussi à créer un équilibre très intéressant entre un scénario policier prenant place dans un coin paumé de l’Amérique, et l’intégration d’un super-héros comme Hawkeye, qui au final n’a pas de super-pouvoirs. Ca fonctionnait vraiment bien, et voilà qu’Hydro-Man annihile ça… Mais ça reste quand même bon, avec un Carlos Pacheco bien inspiré aux dessins! Franchement, on a du lourd dans ce numéro visuellement!

Et on termine par la série la moins intéressante, Avengers.1, qui est également scénarisée par Mark Waid! Alors ça n’est pas mauvais, vraiment, mais je ne vois juste pas l’intérêt de reprendre de vieilles histoires des premiers Avengers pour les ressortir de manière moderne… C’est simplement un éclairage nouveau sur de vieux épisodes des années 60, et notamment sur comment Steve Rogers a géré l’intégration d’Hawkeye, de Vif-Argent et de la Sorcière rouge. C’est sympa de les voir rencontrer les X-Men, et de les voir combattre l’Etranger, mais ça reste anecdotique au final. Mais chapeau à Mark Waid pour tout le travail qu’il abat chaque mois!!!

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Le clip de la semaine: Raising Dion

Dennis A. Liu a tenté une nouvelle approche du genre super-héroïque, et il faut bien avouer que son court métrage de 2 minutes 39 est vraiment excellent! On est très loin des habituels combats à base de super-pouvoirs, et il s’agit ici avant tout d’un combat familial… Celui d’une mère qui élève seule son fils de 7 ans, et qui va devoir apprendre à gérer les aptitudes hors normes de son fils. Le résultat est vraiment touchant, et on a envie d’en découvrir davantage! Ca tombe bien, Dennis A. Liu nous a également concocté un comics! Mais ce n’est pas tout… Et je vous en reparle samedi dans Les news de la semaine! 😉

 

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Focus: Shamsia Hassani, la révolution afghane par le street art

Née en Iran en 1988 alors que ses parents avaient fui la guerre, c’est lors de leur retour en Afghanistan en 2005 que Shamsia Hassani peut enfin exprimer sa passion pour le dessin, en étudiant l’art traditionnel à l’université de Kaboul. Mais la rencontre déterminante qu’elle fera se déroulera en 2010, avec l’intervention du street artist britannique Chu, venu donner un cours à l’université. Elle entame dès lors son propre chemin artistique dans les rues de la ville, et va créer des oeuvres magnifiques où la place de la femme et la liberté tiennent évidemment une place capitale.

Elle a créé de nombreuses oeuvres à travers le pays, qui relèvent d’une très belle symbolique. En dessinant les femmes plus grandes qu’elles ne sont réellement, elle souhaite montrer la volonté d’élévation de la condition féminine. En apposant la couleur bleue sur les burqas, elle donne un ton libertaire à cette tenue traditionnelle, dont elle précise qu’elle n’est pas un problème en soi: Beaucoup de personnes à travers le monde pensent que la burqa est le problème. Ils croient que si les femmes enlèvent la burqa, elles n’auront plus de problèmes. Ce n’est pas vrai. Quand les femmes n’ont pas accès à l’éducation, c’est un problème plus grand que la burqa […] » (voir sur le site Kabul Art Project).

Mais si la guerre est terminée dans le pays, les difficultés que représentent le street art ne sont pas pour autant absentes, surtout pour une femme. Elle ne parvient à réaliser une fresque qu’une fois tous les 2 ou 3 mois, car elle doit le faire de manière très rapide, pour ne pas être prise à partie par les hommes qui pensent qu’elle n’à pas à faire ça… Mais celle qui est la 1ère street artist afghane reste combative et optimiste, comme elle l’expliquait au Art Radar Journal: « Dans mes dessins, il y a beaucoup de mouvement. Je veux montrer que les femmes sont de retour dans notre société, sous une forme nouvelle et plus forte. Elles ne se contentent plus de rester à la maison. Ce sont des femmes modernes, pleines d’énergie, qui veulent prendre un nouveau départ. Comme on le voit dans mes créations, je veux changer l’image des femmes. J’en fais des personnages hors du commun. Et j’ai l’impression qu’aujourd’hui les gens les regardent différemment. »

Parfois des personnes m’entourent, me demandent d’arrêter ou me balancent des insultes. La plupart ne sont pas d’accord avec cette forme d’art. L’art moderne est un concept nouveau ici et les Afghans sont contre. Ils disent que c’est quelque chose que font les occidentaux. Pour moi, si l’artiste est afghan, alors le concept est afghan.

Je n’ai pas toujours l’opportunité de faire du graffti. Parfois c’est seulement tous les deux ou trois mois. Il peut y avoir des problèmes de sécurité ou je ne peux pas aller dans certaines zones à cause des personnes qui y sont. (propos rapportés à The Independant).

Elle opte alors pour sa série Dream Graffiti, en prenant des photos d’immeubles et en utilisant Photoshop pour réaliser des montages virtuels. Elle aura peut-être l’opportunité d’en réaliser quelques-uns, qui sait? Shamsia Hassani est actuellement professeur à l’université de Kaboul, et peut donc partager avec ses élèves sa passion pour le street art, entre 2 sessions sur les murs afghans…

Je vous invite à lire de très bons articles sur cette artiste, sur Konbini, sur le Huffington Post, ou encore sur Opnminded!

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Blade Runner 2049 (Denis Villeneuve, 2017)

Hier après-midi, j’ai eu l’impression de remonter le temps et de me retrouver à nouveau dans le futur. En 1982, Ridley Scott réalisait l’une de ses plus belles oeuvres avec Blade Runner, et 35 ans après, le metteur en scène canadien nous livre une séquelle que l’on croirait tournée juste après. Blade Runner et Blade Runner 2049 sont 2 pièces d’une oeuvre que l’on jurerait avoir été pensé comme un diptyque dès le départ. Il fallait bien tout le talent et l’inventivité du metteur en scène canadien Denis Villeneuve pour parvenir à cette suite-extension tout simplement sublime!

Ridley Scott a marqué son époque avec Blade Runner, film d’anticipation aux thématiques fortes et à l’atmosphère hypnotique, habité par des personnages perdus dont le seul but est de trouver une raison à leur existence. Blade Runner 2049 va prendre le relais avec une facilité déconcertante, et nous replonger dans cet univers désincarné et pourtant captivant, en nous présentant un nouveau blade runner dénommé K. La filiation entre Harrison Ford et Ryan Gosling est parfaite, chacun étant hanté par sa propre condition dans ce monde en perdition. Gosling confère à son personnage une sorte de neutralité qui lui pèse, et lui aussi est à la recherche d’un moyen d’atteindre son idéal. Dans cette Los Angeles futuriste où la neige a remplacé la pluie, en ressemblant à de la cendre qui tomberait perpétuellement, les rapports entre humains et réplicants sont toujours aussi tendus… Surtout que les anciens modèles Nexus 8 sont toujours traqués afin d’être retirés.

En 1982, ce sont Hampton Fancher et David Webb Peoples qui avaient eu la lourde tâche d’adapter le roman de Philip K. Dick, Les Androïdes rêvent-ils de Moutons électriques?. Hampton Fancher est de retour en 2017, aidé par Michael Green, et ils nous livrent une partition inespérée, en déroulant une intrigue s’appuyant sur le premier film, et offrant des ramifications tout simplement magnifiques! C’est dans la tenue exemplaire de ce script que l’on a l’impression que tout a été pensé au départ comme un diptyque, et c’est tout simplement impressionnant! Et quand on a un metteur en scène du niveau de Denis Villeneuve pour donner corps à ce scénario, on ne peut qu’adhérer au concept. La peur initiale de ce projet fait place à une plongée envoûtante dans ce futur tragique, en explorant de manière encore plus approfondie les thématiques mises en place dans le premier volet.

Blade Runner 2049 va nous interroger sur les notions fondamentales que sont l’humanité, l’amour, la mort, la liberté, et il va le faire avec une aisance et une intelligence rares. C’est difficile de pouvoir développer le propos sans spoiler, donc je ne m’attarderais pas trop là-dessus, mais Villeneuve nous offre des moments de grâce tout simplement sublimes et jamais vus, parvenant à faire surgir l’émotion dans ce futur aseptisé. Ana de Armas est tout simplement sublime, et offre une vision tellement intense de ce qu’est l’amour! L’actrice cubaine, vue dans le Knock Knock d’Eli Roth ou plus récemment dans Overdrive, est tellement touchante… C’est un plaisir aussi de retrouver Jared Leto, dans un rôle qui pour plusieurs raisons s’apparente énormément à celui de Marlon Brando dans Apocalypse now! Il possède une présence imposante et presque christique, en sa qualité de concepteur… Il y a une galerie de personnages qui ont chacun leur importance, et qui sont joués par des acteurs très impliqués, comme Robin Wright, Sylvia Hoeks, Mackenzie Davis ou encore l’incontournable Dave Bautista! La gestion de tous ces êtres est faite avec beaucoup d’intelligence également, et Blade Runner 2049 parvient à rendre justice à chacun d’eux.

Et il ne fallait évidemment pas oublier Harrison Ford, qui après son retour dans Star Wars: Episode VII – le Réveil de la Force, revient également dans un autre de ses rôles emblématiques, celui de Rick Deckard. Ce retour n’est pas simplement un hommage au personnage originel, mais une vraie réussite avec une implication totale du personnage dans ce scénario inventif. Du début du film jusqu’à sa résolution, il y a une logique implacable dans toute l’élaboration du récit, et Harrison Ford constitue un rouage essentiel de cette machine. Il apporte une touche d’humanité supplémentaire, en incarnant la fuite du temps avec un mélange de cynisme, d’humour et de tragique, et c’est en cela que l’on reconnait la grande classe de l’acteur.

Denis Villeneuve est parvenu à recréer l’univers si complexe mis sur pied par Ridley Scott, et à en explorer des recoins inconnus jusqu’alors. Sa manière de poursuivre ce récit tragique opposant humains et réplicants est exemplaire, et sa mise en scène est sublime. Je ne suis pas un fan absolu de l’auteur, n’ayant pas adhéré à PrisonersEnemy ou Premier Contact, mais je trouve que Blade Runner 2049 rejoint l’excellence que l’on avait déjà pu déceler chez lui dans Polytechnique, Incendies et Sicario. Blade Runner 2049 est une oeuvre envoûtante, parfois difficile d’accès, mais qui en présentant ce monde déshumanisé, parvient à générer des émotions intenses! Et il faut bien évidemment souligner le travail colossal de Roger Deakins, chef-opérateur qui est presque un magicien tant l’ensemble se tient de si belle manière!

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