Mission: impossible – Protocole fantôme (Brad Bird, 2011)

Quand le réalisateur des Indestructibles et de Ratatouille s’attaque à la saga Mission: impossible, ça donne un résultat étonnant de finesse et de fluidité. Exit les 3 épisodes initiaux dont la filiation est ici pure affaire de convention, ce Mission: impossible 4 se démarque de ses prédécesseurs par un sens du rythme et une vision innovants, pour aboutir à un film qui aurait très bien pu se situer en-dehors de la saga!

Ethan Hunt doit enquêter sur une menace nucléaire suite au vol de codes de lancements d’une ogive, et il se rend au Kremlin afin de mettre la main sur un dossier secret concernant Cobalt, identité derrière laquelle se cache le commanditaire du vol. L’échec de la mission va mener au démantèlement de l’agence, le gouvernement américain niant toute implication sur l’attaque terroriste au Kremlin. Mission: impossible n’existe plus, et Hunt se retrouve coupé de tous, ayant pour seuls partenaires son fidèle technicien Benji Dunn (Simon Pegg), Jane Carter (Paula Patton) qui était sur la mission avant lui, et un homme impliqué malgré lui, William Brandt (Jeremy Renner). De Russie en Inde, en passant par Dubaï, les membres de cette cellule fantôme vont tenter de mettre un terme à la menace nucléaire planant sur le monde…

La scène d’intro donne immédiatement le ton, avec la fuite d’un agent qui s’est emparé des codes et qui se retrouve poursuivi par des tueurs. Brad Bird met en scène un moment d’action bien intense qu’il réalise avec une fluidité qu’il conservera tout au long du film. L’ambiance est posée, et si le réalisateur en est à son premier film live, il ne se laisse pas démonter par l’enjeu et assure sacrément derrière la caméra! Mission: impossible – Protocole fantôme joue la carte de l’infiltration et de l’action en dosant le tout pour atteindre un mélange s’avérant très immersif, et évitant les débordements exagérés de ce genre de film. En s’éloignant de la saga originelle et en conservant juste ce qu’il faut du mythe Mission: impossible (le fameux thème musical est discrètement décliné dans différents styles), Brad Bird réalise un opus bien meilleur que les 3 premiers, s’avérant intense dans son scénario et brillant dans ses scènes d’action. Bird joue avec la figure d’Ethan Hunt qui se retrouve obligé d’être encore plus discret que d’habitude, et il intègre les nouveaux agents Carter et Brandt avec soin aux côtés de Dunn. En épurant au maximum le récit, il se retrouve avec l’essentiel de ce dont il a besoin: une trame classique mais au suspense intelligent, des scènes d’action impressionnantes et réalistes, et une dose d’émotion qui se mêle à tout ça de manière subtile.

Simon Pegg a droit à un rôle plus élaboré que d’habitude, ce qui fait bien plaisir pour l’excellent acteur de Shaun of the Dead! Jeremy Renner prouve sa valeur d’étoile montante à Hollywood, mêlant humour et action dans un rôle qu’il maîtrise efficacement. Paula Patton est l’atout charme du film, et son personnage est lui aussi bien construit, avec ce qu’il faut de background dramatique pour justifier son implication dans cette mission. Et Tom Cruise s’avère lui aussi plutôt bon dans la peau de l’agent Hunt, donnant à son personnage une sobriété bienvenue (on est loin du côté poseur de Mission: impossible 2!).

Mission: impossible- Protocole fantôme est une très bonne surprise, et certainement le meilleur film de la saga!

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Les news de la semaine: Cronenberg VS Stone

Le teaser de l’adaptation de Cosmopolis est tombé il y a quelques jours, et comme avec Ballard, il semble que l’univers de Don DeLillo corresponde parfaitement à celui de David Cronenberg! Avec un Robert Pattinson qui change radicalement de registre après ses twilighteries, le résultat pourrait être très étonnant!

La BA de Savages annonce elle aussi un retour en force pour Oliver Stone, avec une histoire bien violente sur fond de cartel de drogue et de kidnapping!

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Guerre et Spray (Banksy, 2005)

Sorti chez nous en 2010, Guerre et Spray évoque l’art de Banksy dans un bouquin principalement axé sur ses oeuvres. Pas de bio, pas de pages explicatives sur les méthodes de l’artiste, mais des instantanés qui se succèdent pour mettre en lumière les préoccupations du mystérieux Anglais. Mis à part quelques anecdotes drôles ou touchantes sur son travail, il est dommage que ce livre n’offre pas plus de détails sur Banksy lui-même. En même temps, sa véritable identité étant inconnue, difficile d’écrire sur sa vie… L’oeuvre prime sur l’artiste, et c’est finalement logique pour quelqu’un qui refuse le copyright sur ses créations!

Guerre et Spray (Wall and Piece en VO) a été édité en France en 2010 pour accompagner la sortie de l’excellent documentaire Faites le Mur réalisé par Banksy lui-même, et qui révélait les coulisses du street art. Le bouquin reprend une partie importante du travail de l’artiste, qui se fond dans la nuit pour réaliser des graffitis où se mêle poésie, émotion et humour noir. Son fait le plus connu date de 2005, lorsqu’il se rend à Bethléem afin de peindre sur le mur séparant Israël de la Palestine. La simplicité et l’impact immédiat de ses oeuvres donnent tout son sens à ce projet à la fois naïf et courageux. Mais comme il l’explique dans Guerre et Spray, son art n’est pas forcément du goût de tous, comme lorsqu’un vieil homme vient lui dire: « Vous embellissez le mur », il lui répond « merci, c’est gentil », et le vieil homme continue: « On ne veut pas que ce mur soit beau, on ne veut pas de ce mur, rentrez chez vous ».

Banksy fait partie de ce milieu underground contestataire qui semble créé par les métropoles elles-mêmes, et dans lesquels s’épanouissent des artistes plus ou moins reconnus, et plus ou moins réfractaires à l’idée de l’autorité. L’un des meilleurs exemples est Shepard Fairey et son fameux Obey à l’effigie d’André le Géant, qui renoue avec une tradition carpenterienne du totalitarisme gouvernemental. Le street art est une bouffée d’air frais nocturne dans un monde consumériste, et les graffeurs exprimant leurs idées sur les murs, les trains et les camions sont autant de designers de rue, remodelant les façades afin de leur donner un sens plus appuyé. Le street art est un art noble, ce qui n’empêche pas ses pratiquants de se faire courser par les flics! Des idées apparaissent, des images se forment, la ville se transforme, et des messages sont relayés à travers cet art souvent éphémère et toujours rapide.

Banksy est aussi connu pour être allé accrocher ses oeuvres à la Tate Gallery à Londres, ou au Louvre à Paris! Sa version des peintures rupestres est même restée 8 jours sur les murs du British Museum à Londres! Banksy multiplie les supports, et à côté des graffitis, il crée des oeuvres qui touchent à la sculpture, comme sa fameuse cabine téléphonique vandalisée, ou au détournement de panneaux, comme ses avertissements sur Hyde Park à Londres signalant une interdiction de se baigner à cause de la présence d’alligators! Banksy joue avec les conventions et les normes, et propose une relecture du milieu urbain forcément salvatrice!

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Tenacious D- To be the Best

Rize of the Fenix, c’est le titre du nouvel album du groupe mythique Tenacious D, composé de Jack Black et Kyle Gass! La sortie de ce qui s’annonce comme un pur joyau metal est prévue pour le 15 mai, et ce court métrage dépeint les retrouvailles des 2 compères 6 ans après l’excellent film Tenacious D in the Pick of Destiny! L’humour ravagé de Black et Gass fonctionne à merveille, et leur putain de son est toujours une tuerie!!! Enjoy! 😉

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Les Mains du Miracle (Joseph Kessel, 1960)

Les Mains du Miracle est un bouquin étonnant racontant l’histoire tout simplement incroyable de Felix Kersten, un masseur finlandais des années 30. Ce récit de Joseph Kessel est une biographie romancée d’un homme admirable, et cette histoire est d’autant plus forte que tous les faits relatés sont réels! En lisant cet ouvrage, on découvre un destin hallucinant et un homme d’un courage exceptionnel!

Initié par un moine aux techniques de massages tibétains, le doué Felix Kersten acquiert une aisance naturelle et une grande renommée dans son domaine. Ce bon vivant à l’embonpoint prononcé s’élève à un niveau de vie aisé et fort appréciable, et tout lui réussit pendant un bon moment. Mais en Allemagne, Adolf Hitler est de plus en plus populaire, et l’ombre du national-socialisme s’étend chaque jour davantage… L’existence paisible du bon docteur va être remise en question par le hasard- ou le destin- lorsqu’il est sollicité auprès d’Heinrich Himmler, lequel souffre de maux de ventre violents et récurrents. La réaction première de Kersten, homme de paix avant tout, est de refuser de prêter assistance à un homme aux élans si destructeurs. Mais il va être finalement amené à rencontrer Himmler, et à entrer à son service en tant que médecin personnel. S’engagent alors des tête-à-tête aussi intimes qu’incroyables, Kersten mettant à nu, au sens propre comme au figuré, le pire bourreau que la Terre ait portée. La relation complexe entre les 2 hommes va voir un Himmler tantôt colérique, tantôt extrêmement doux envers le seul homme capable d’apaiser ses douleurs, et un Kersten qui a l’intuition qu’il doit rester au service de ce fou…

C’est lorsqu’il parvient à faire changer d’avis à Himmler suite à une séance de massage, que Felix Kersten va comprendre la portée de ses actes et le privilège de sa fonction. A partir de cet instant, il comprend pourquoi il doit rester, et comment il va pouvoir influencer Himmler dans le bon sens. C’est le début d’un récit extraordinaire, celui d’un médecin dont la bonté d’âme et les ruses vont permettre de sauver des milliers de vie durant la seconde guerre mondiale… Aidé en secret par le secrétaire même d’Himmler, Rudolf Brandt (photo de gauche) , et aussi par le général Gottlob Berger (photo de droite) et le colonel Walter Schellenberg, Kersten parviendra à éviter la déportation de tout un peuple et à faire détourner des convois destinés aux chambres à gaz…

 

 

 

 

 

 

 

La figure de Kersten est finalement inconnue du grand public, alors qu’il a tant oeuvré afin d’inverser la politique de destruction d’Himmler. J’ai été complètement estomaqué par ce que cet homme a réalisé, mêlant courage et abnégation (la vie de sa famille s’est retrouvée en jeu à plusieurs reprises) pour mener cette croisade secrète contre le Mal. Joseph Kessel nous livre un récit certes romancé, mais qui retrace les lignes principales de la vie de Kersten. Kessel et Kersten se sont rencontrés, et si l’auteur semblait dubitatif par rapport aux faits imputés au médecin, il a bien dû se rendre à l’évidence devant les innombrables preuves accumulées…

Les Mains du Miracle est un témoignage saisissant pris dans l’antre et dans les entrailles mêmes du Mal, les douleurs infligées à Himmler étant comme des réponses à celles qu’il distribuait à travers l’Europe avec délectation. Voir un médecin soigner un tel individu peut sembler ignoble de prime abord, mais Kersten s’est très intelligemment servi du pouvoir grandissant qu’il avait sur Himmler, afin d’en tirer parti de la manière la plus noble qui soit. Les tractations entre les deux hommes sont à la fois très terre-à-terre et empreintes d’une sorte de surréalisme tant tout cela paraît incroyable! Le sort de milliers de vies se décidait dans le bureau d’Himmler, à la faveur de la disparition du mal qui le rongeait de l’intérieur… Les élans de bienveillance qu’il avait alors pour le docteur ont été mis à contribution par ce dernier dans un but humanitaire primordial, qui mérite d’être davantage connu… Tout comme Oskar Schindler, Felix Kersten fait partie de ces héros  ayant oeuvré dans l’ombre afin de faire prévaloir les notions d’humanité dans une période cauchemardesque.

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