Get the Gringo (Adrian Grunberg, 2012)

Après ses derniers déboires, Mel Gibson s’est entouré de gens qu’il connaît bien pour produire un nouveau film qui lui donne la vedette, Get the Gringo. Il s’agit du premier long d’Adrian Grunberg, qui était assistant réalisateur sur Apocalypto et Hors de Contrôle. Et pour une première oeuvre, il frappe très fort avec un film de prison très rythmé et à l’humour décalé bien senti! Gibson et Grunberg, aidés de Stacy Perskie (assistante réal elle aussi sur Apocalypto et Hors de Contrôle), ont concocté un scénario tournant autour du personnage roublard de cet homme sans nom, voleur n’ayant pu échapper à la police. Et comme il a été appréhendé sur le sol mexicain, il va avoir droit à une prison exotique, sorte de village où les occupants peuvent vivre en famille et où une économie parallèle s’est développée. Il y fera la rencontre d’un jeune garçon qui vit ici avec sa mère, avant de découvrir les sombres desseins d’un prisonnier régnant sur la communauté.

Get the Gringo permet avant tout à Mel Gibson de retrouver un personnage fort, capable de se sortir de situations délicates avec style et humour. Il pourrait être une sorte de Martin Riggs un peu fatigué mais toujours vaillant, bien décidé à ne pas crever dans cette prison mexicaine. Le problème, c’est que les 2 millions de dollars qu’il avait volé ont été intercepté par les 2 flics véreux qui l’ont arrêté. Et qu’il y a un paquet de gens qui désireraient bien mettre la main sur ce pognon. Du coup, l’atmosphère se réchauffe très vite, et Mel va se retrouver dans la ligne de mire, tout en tentant de protéger le jeune garçon qui semble pourtant bénéficier d’un traitement de faveur ici…

De multiples personnages vont croiser la route de Mel, entre des cowboys tout droit sortis du Far-West, des taulards mexicains pur jus, une sorte d’avocat véreux, des porte-flingues sans cervelle… Le séjour en prison sera tout sauf reposant pour cet homme bien décidé à remettre la main sur son fric! La mise en scène affirmée d’Adrian Grunberg pose un rythme qu’il maintiendra tout le long du film, et qui donne lieu à des scènes d’action bien senties. Les fusillades fonctionnent vraiment bien, notamment celle de la prison où ça défouraille dans tous les sens sans que l’on perde les personnages et leur position. Evidemment, c’est typiquement le genre de film où l’on sait que le héros va s’en sortir, donc il y a un côté inoffensif, mais le tout est mené avec tellement d’entrain et de sérieux par toute l’équipe que ça fonctionne sans problème, et que ce Get the Gringo devient un spectacle vraiment prenant! Et on notera la présence de Dean Norris dans un tout petit rôle de flic posté à la frontière (tiens, comme dans Breaking bad!)

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The Hole (Joe Dante, 2009)

Si l’on excepte sa participation au film à sketches Trapped Ashes en 2006, Joe Dante n’avait plus donné de nouvelles cinématographiques depuis 2003 et Les Looney Tunes passent à l’Action! Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il fait un retour fracassant à la source même du cinéma qui l’a propulsé dans les années 80, à savoir le film fantastique! Honteusement ignoré chez nous (ni sortie ciné ni DVD), ce The Hole est un retour au film d’épouvante 80’s, et s’il n’y avait pas l’utilisation judicieuse d’une peluche Cartman et quelques téléphones portables, on se croirait tout droit revenu 30 ans en arrière! The Hole est ce qu’aurait dû être Super 8, à savoir une réussite totale tant au niveau du récit qu’au niveau nostalgique!

The Hole transpire l’amour de Dante pour un certain cinéma à l’ancienne, et la lumière utilisée, la précision des cadrages, la direction d’acteurs, tout renvoie à une époque révolue que certains cinéastes s’évertuent parfois à recréer. On retrouve Bruce Dern dans un petit rôle, lui qui jouait déjà pour Dante dans Les Banlieusards. Le reste du casting est inconnu, avec 3 jeunes excellents acteurs. Chris Massoglia joue Dane, le grand frère; Nathan Gamble joue Lucas, le petit frère; et Haley Bennett (qui a joué dans Kaboom tiens!) joue Julie, la jolie voisine. Et Teri Polo (la femme de Ben Stiller dans la série des Beau-Père et moi) joue la mère des 2 garçons.

Quand Dane et son petit frère débarquent avec leur mère dans une petite ville sans histoire, ils ne vont pas tarder à découvrir une trappe dans le sous-sol de leur maison, qui renferme… un trou! Un trou apparemment sans fond, que le précédent propriétaire avait pris soin de fermer et de cadenasser… Mais la curiosité des 2 frères, ainsi que de la voisine, ne va pas tarder à laisser la porte ouverte à d’étranges événements… Le principe de base du récit est d’une simplicité absolue, et pourtant tout est bon à prendre dans ce film! Le scénariste Mark L. Smith semble avoir très bien ingurgité toutes les astuces des films d’épouvantes 80’s, et en réutilise les codes avec un plaisir et une aisances évidents. On nage en terrain connu, ce qui est d’autant plus captivant, et on se retrouve parfois surpris par ce qui se passe à l’écran.

Joe Dante a réussi à créer un spectacle où la nostalgie se mêle à l’épouvante, parvenant à rendre certaines scènes bien flippantes! L’image de ce trou béant dans le sol semble être une porte vers l’Enfer, et le réalisateur la filme comme telle! Ses cadrages ne sont évidemment pas laissés au hasard, et il filme ses 3 protagonistes avec une vision qui rappelle elle aussi le passé… Et la cave dans laquelle s’aventurent les jeunes ressemblent pas mal à celle d’Explorers du même Dante!

Le final est magnifique, avec cet hommage à peine voilé au mythique Paperhouse de Bernard Rose, qui traitait lui aussi de thèmes similaires. Tout ça pour dire que The Hole est un excellent film tout droit sorti d’une autre époque!

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Le clip de la semaine: Die Antwoord – Baby’s on Fire

Cette semaine, un clip totalement déjanté signé Die Antwoord, groupe de hip-hop sud-africain composé de Ninja, Yo-Landi Vi$$er et DJ Hi-Tek. Baby’s on Fire est un excellent morceau doté d’un clip complètement barge, qui n’est pas sans rappeler (en beaucoup mieux!) un certain New Kids Turbo! Merci à Freaky BabyDoll pour cette incroyable découverte! Enjoy! 😉

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Les Rats (James Herbert, 1973)

Premier roman du britannique James Herbert, Les Rats prend place dans l’East End londonien, quartier pauvre que l’auteur connaît très bien puisqu’il y a grandi. Herbert va nous balader dans ces lieux familiers en y intégrant une menace sournoise et vicieuse, faite du grouillement de centaines de rongeurs avides de chair humaine!

Ecrit en 1973, ce roman d’épouvante étonne par sa modernité, le style de l’auteur pouvant presque faire croire que le bouquin a été écrit récemment! C’est dans son rythme également qu’il parvient à donner une solide impulsion à son récit, puisque cette histoire très courte (128 pages en édition classique) va directement à l’essentiel. Dès la 7ème page, les rats attaquent de manière violente et le ton est donné! Herbert n’épargnera personne, et les enfants subiront les mêmes assauts que les adultes. Il décrira des moments tragiques et funestes avec un style très accrocheur, parvenant à rendre chaque séquence unique grâce à des modifications de points de vue très intéressantes. L’attaque de la rame du métro est à ce titre vraiment prenante, avec ce jeune homme sans histoire qui va tenter de prendre les choses en mains afin d’aider deux femmes qui se trouvent dans sa rame à échapper au carnage. La scène de l’attaque de l’école est elle aussi impressionnante, et l’on se retrouve dans une configuration très visuelle, James Herbert nous plongeant dans ces scènes grâce à des descriptions très fouillées.

S’il va droit au but, il n’en oublie pas pour autant l’aspect psychologique de ses personnages, et l’on croise donc divers protagonistes aux personnalités elles aussi très travaillées. Le personnage principal, Harris, est un jeune professeur s’occupant d’élèves de primaire avec un côté rebelle un peu émoussé mais toujours présent; sa compagne Judy est une femme intelligente et douce; et les divers protagonistes auront eux aussi leurs particularités. Mais ce qui frappe, c’est le soin apporté à chacun, car même les victimes vont avoir droit à leur petite biographie, comme c’est le cas pour la toute première, ancien représentant déchu dont l’histoire triste et tragique aura un terme encore plus abominable. James Herbert prend le temps et le respect de traiter chaque personnage avec soin, ce qui est agréable.

Il se fait plaisir à laisser son quartier d’East End être envahi par une multitude de rats géants et mortels, qui vont attaquer les humains avec intelligence et sans peur. D’où proviennent ces rats, et comment se fait-il qu’ils attaquent l’homme? D’abord isolés, les cas d’attaques deviennent de plus en plus fréquents, et les autorités mettent en place des solutions d’éradication. Mais les bestioles sont futées et difficiles à neutraliser, et l’aide d’Harris va être demandée par la mairie, lui qui a eu affaire à plusieurs reprises à ces rats tout en en sortant indemne. Herbert ne va pas hésiter à transformer son quartier en zone retranchée, et à faire intervenir les militaires face à une situation qui dépasse tout le monde. L’auteur n’hésite pas à remettre en cause les pouvoirs en place, eux qui ont laissé une situation d’insalubrité perdurer dans ces quartiers pauvres…

Les Rats est un roman d’épouvante très prenant, dont le seul défaut est d’être aussi court! Mais c’est le point de départ d’une trilogie, donc tout va bien!

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Les news de la semaine: Pontypool 2??

Après l’excellente surprise qu’était le Pontypool de Bruce McDonald en 2008, voilà que l’on apprend qu’une suite pourrait être en préparation! Une affiche nommée Pontypool changes vient en effet de tomber, et avec son style mêlant RKO, Hitchcock et Dali, ça donne bien envie de voir ce que les auteurs (avec le scénariste et auteur du roman originel Pontypool changes everything, Tony Burgess) vont créer après le très étonnant film initial!

Cela fait un peu plus de 10 ans que je n’attends plus grand-chose de Tim Burton, et je dois dire que j’ai été agréablement surpris par la bande-annonce de son long métrage d’animation Frankenweenie, qui renoue avec une nostalgie que l’on pourrait comparer à Ed Wood tout en revêtant un caractère plus enfantin. Il y a de belles idées dans ce film, et les personnages semblent très attachants! Cette variation sur le roman de Mary Shelley pourrait s’avérer vraiment sympathique!

Je ne suis pas fan de DC, mais je dois dire que le trailer du Man of Steel de Zack Snyder est sacrément prometteur! Tout en subtilité et en retenue, il annonce une relecture de la mythologie du fils de Krypton vraiment novatrice et efficace! Après Watchmen, Snyder mettra-t-il encore une fois tout le monde d’accord?

Vous reprendrez bien un peu de Colline à des Yeux? Après le succès du film d’Alexandre Aja en 2006, les variations sur le même thème fleurissent encore de nos jours, et voici donc l’effort de Jonas Stolpe intitulé Dead Stop, qui voit une bande de jeunes se perdre dans le désert et se retrouver en mauvaise posture face à une méchante créature. Ca ne semble pas devoir révolutionner le genre, mais ça a le mérite d’être efficace, à suivre donc.

Et on termine par une affiche pour Machete kills, qui nous dévoile un nouveau personnage et une nouvelle actrice… Lady Gaga! Eh oui, Rodriguez poursuit l’élaboration d’un casting très hétéroclite avec la chanteuse déjantée, qui devrait s’accommoder sans peine à l’univers barré du réalisateur!

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