End of Watch (David Ayer, 2012)

Après Bad Times et Au Bout de la Nuit, David Ayer poursuit son exploration du thriller policier dans ce film qui suit 2 flics de Los Angeles dans leur lutte contre les gangs. La Cité des Anges revêt un caractère bien plus malsain que ce que l’on nous laisse voir d’Hollywood, et le tandem Jake Gyllenhall–Michael Pena nous plonge dans l’atmosphère bien tendue des rues prises entre les feux ennemis des Latinos et des Blacks. Brian et Mike vont tenter de s’opposer aux trafics de drogue et d’armes qui sont le fonds de commerce des gangs, et leur lutte quotidienne va revêtir un caractère d’urgence avec la mise en scène quasi-documentaire de David Ayer. En se servant du prétexte de la caméra que Brian emmène toujours avec lui, il va nous offrir une vision très réaliste de ce Los Angeles cru et violent, donnant un impact très fort à son récit.

Le found footage est très à la mode en ce moment, mais il s’avère ici judicieux par l’immersion totale qu’il apporte au spectateur, témoin malgré lui des exactions commises dans ces rues ensoleillées. La visite de maisons sordides et de planques aux allures banales va dévoiler à Brian et Mike la réalité sordide se cachant au sein même de leur ville. Jake Gyllenhall et Michale Pena jouent ces 2 flics amis qui témoignent de la fraternité existant entre les flics, dont l’amitié est renforcée par leur quotidien violent et glauque. David Ayer maîtrise vraiment son sujet et intensifie son récit par le schéma pourtant classique du film policier, à savoir l’aspect familial qui existe dans ces unités. Frank Grillo est à ce titre vraiment bon dans le rôle du flic paternaliste, qui engueule ses recrues quand elles le méritent, et qui les félicite après de bonnes actions.

Sous ses airs de film très moderne, End of Watch s’avère au final être un classique du film policier des années 2010, s’inscrivant dans un caractère contemporain très réaliste, et bénéficiant d’un soin d’écriture bienvenu. Les dialogues entre Brian et Mike, tant sur leur condition de flics que sur leur vision de l’existence, apportent une touche de réalisme bénéfique et complétant vraiment bien la dureté de certaines scènes. Brian et Mike ont un but en-dehors de leur métier, c’est ce qui les pousse chaque jour et leur permet de tenir, et la vision offerte par David Ayer fait d’End of Watch un excellent polar urbain.

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We need to talk about Kevin (Lynne Ramsay, 2011)

Sorti en 2011, We need to talk about Kevin est l’exemple typique du film indépendant américain qui fonctionne. Un sujet dramatique traité avec sensibilité, une atmosphère lourde du début à la fin, et des acteurs talentueux pour donner corps à ce récit poignant. Sans être inoubliable, il constitue la preuve que le circuit indépendant a toujours en réserve des films prenants et des histoires innovantes.

Ce 3ème film de Lynne Ramsay va nous plonger dans le quotidien sordide d’une femme ayant tout perdu, et tentant de comprendre les raisons de cette situation. Tout va tourner autour de son fils aîné, qui a commis un acte irréparable dont la nature n’est pas révélée de suite, mais dont les conséquences radicales modifieront à jamais la vie de ses proches. En suivant le quotidien de cette mère effondrée, Lynne Ramsay nous offre une approche très intéressante des conséquences funestes de l’acte du fils. D’habitude, le personnage central de ce type de récit est celui par qui le drame arrive, mais Ramsay a choisi de mettre à jour l’impact sur les proches, en choisissant la mère.

Tilda Swinton s’avère impressionnante dans ce rôle difficile et carrément pas glamour, luttant pour garder un semblant d’équilibre alors que tout a volé en éclat autour d’elle. Le combat permanent pour essayer d’avoir une vie normale est constamment gâché par ses rencontres, ses souvenirs et sa culpabilité, et le film s’avère parfois difficile. Mais cette plongée dans le désespoir revêt un caractère froid émanant de la personnalité calculatrice du fils… Eva tente de reconstituer le puzzle psychologique ayant conduit son fils à de tels actes, et elle passe en revue toute son existence, de la naissance de Kevin jusqu’à son adolescence, et l’on va découvrir un être extrêmement perturbé et diabolique. En fait, ce Kevin aurait tout aussi bien pu s’appeler Damien tant il est infernal!!! Le film va suivre la relation conflictuelle permanente entre la mère et le fils, l’incompréhension d’un père, et la pauvre petite soeur perdue au milieu…

2 acteurs vont incarner Kevin à différents âges, et ils sont sacrément doués l’un comme l’autre! Jasper Newell le joue à 6-8 ans, et il fait vraiment flipper avec sa maîtrise des émotions et sa façon de pousser sa mère à bout! Ezra Miller le joue ado, et il l’incarne de manière tout aussi provocante en rajoutant un aspect androgyne qui le rend encore plus insaisissable! Les deux acteurs apportent énormément au personnage, et en font quelqu’un de véritablement inquiétant! John C. Reilly joue le père, et lui que l’on a l’habitude de voir dans des rôles comiques s’avère tout aussi bon dans un registre plus sérieux!

Lynne Ramsay parfait sa mise en scène en distillant peu à peu les infos et en créant cet univers destructeur qui mine Eva, effectuant des aller-retour entre les époques afin de bien cerner tous les enjeux et toutes les implications qui ont conduit cette cellule familiale à se détériorer ainsi. Tout tourne autour de ce personnage détestable et fascinant de Kevin, représentatif du Mal insideux et joueur, qui va gangrener ses proches avec une délectation morbide et une absence de compassion impressionnante!

We need to talk about Kevin fait froid dans le dos, et apporte un éclairage très intéressant sur la genèse du Mal, en évitant tout didactisme mais en privilégiant les faits bruts et leur impact immédiat et futur. Un très bon film qui mérite d’être découvert!

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Le clip de la semaine: Die hard 12: die hungry

En 1992, Ben Stiller parodiait efficacement la franchise Die hard avec ce sketch issu du Ben Stiller Show, où il reprenait avec beaucoup d’humour les codes du film d’action cher à ce bon vieux John McClane. Un sketch qui prend encore plus de sens 20 ans après, quand on voit à quel point la franchise est massacrée… Enjoy! 😉

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Le Philosophe qui n’était pas sage (Laurent Gounelle, 2012)

3ème bouquin de l’auteur en 3 ans (il a publié L’Homme qui voulait être heureux en 2010 et Les Dieux voyagent toujours incognito en 2012), Le Philosophe qui n’était pas sage poursuit son exploration de l’âme humaine à travers des personnages en pleine crise existentielle, faisant face à une remise profonde de leur mode de vie. Spécialiste en sciences humaines et vouant une affection particulière à la psychologie ainsi qu’au domaine philosophique, Laurent Gounelle nous livre à chaque roman un récit initiatique qui bouleversera fondamentalement ses personnages.

Ici, le dépaysement sera également géographique puisque le personnage principal quitte son univers new-yorkais feutré pour le couvert étouffant de la jungle amazonienne, dans une quête vengeresse afin de soulager son désespoir. Sandro est prof de philosophie, et sa femme est décédée dans des circonstances mystérieuses alors qu’elle effectuait un reportage sur une tribu amazonienne pour le compte d’un journal. Tenant la tribu pour responsable, Sandro met en place un plan bien tordu afin de leur faire payer…

Laurent Gounelle nous livre un nouveau roman philosophique étant encore une fois une subtile critique de notre société en confrontant le groupe d’Occidentaux et les membres de la tribu indienne, dont les modes de vie sont diamétralement opposés. La découverte de ces habitants de la forêt amazonienne apporte une grande fraicheur, les Indiens faisant preuve d’un entrain et d’un sens de la réalité d’une grande justesse et d’une grande simplicité. Forcément, la complexité permanente des Occidentaux en prend un coup, et tout le vernis superficiel de ces derniers ne tient pas face à la vision limpide des Amazones.

Gounelle nous donne un récit qui prend la forme d’une parabole, opposant ces 2 types d’existence en prenant bien soin de démontrer à quel point notre société moderne se trouve engluée dans des circonvolutions inutiles. En pénétrant dans cette immensité verte si éloignée des rumeurs urbaines de New York, Laurent Gounelle déstabilise totalement le personnage de Sandro qui choisit de mener son plan machiavélique à distance, lui restant isolé dans sa hutte à l’écart des villageois afin de n’avoir aucun contact direct avec eux, et envoyant le groupe de Krakus et ses hommes faire son sale boulot. Sandro souhaite saper la confiance et le sens des valeurs des indiens, en leur offrant une vision individualiste du monde. La connexion permanente des indiens entre eux et avec la nature va se retrouver malmenée par les tentatives de Sandro, qui va créer de subtils pièges dans lesquels la tribu va commencer à tomber. Le premier essai consistera à réunir les indiens le soir pour un briefing dans lequel les messages transmis véhiculeront pour la plupart des points négatifs, afin de changer la vision que la tribu a de la nature. En évoquant les dangers permanents plutôt que la beauté des lieux, Sandro parvient à immiscer une certaine crainte dans le groupe, qu’il va cultiver par d’autres stratagèmes. La machine diabolique est lancée…

Le personnage de Sandro est en souffrance permanente, et a besoin de punir les coupables pour donner un semblant de sens à ce qui lui reste d’existence. Sa détermination vengeresse souligne surtout à quel point l’homme est au bout du rouleau, et à quel point il se perd dans cette souffrance… La nature même des plans qu’il élabore renvoie directement au déracinement du réel que l’on vit quotidiennement en Occident, à l’image de ce vidophore créé pour apaiser les esprits, et qui n’est finalement qu’une représentation de notre sacro-sainte télévision! Chaque piège nous met face à nos propres paradoxes, comme le choix de définir tel objet comme étant indispensable et luxueux, afin de créer un besoin impérieux chez les sauvages de l’obtenir… En passant la journée à réunir de quoi l’acheter, mais en n’étant toujours pas plus heureux après l’acquisition de l’objet en question…

3ème réussite pour Laurent Gounelle, qui traite toujours des mêmes sujets mais qui parvient à se renouveller à chaque bouquin, Le Philosophe qui n’était pas sage est une plongée captivante dans la jungle amazonienne et dans l’inconscient occidental!

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Les news de la semaine: Han Solo contre-attaque!

L’annonce de nouveaux films Star Wars avait de quoi susciter la crainte comme l’espoir pour les fans de la franchise intergalactique, mais voilà qu’une excellente nouvelle tombe pour eux, puisque Harrison Ford revient dans le rôle d’Han Solo! Pas d’infos pour l’instant quant à la nature même du rôle que jouera Solo dans les prochains films, espérons qu’il ne soit pas simplement utilisé en tant que guest marketing…

 

Outre le Spiders 3D de Tibor Takacs qui devrait sortir courant de l’année, il faudra aussi compter sur le Big Ass Spider de Mike Mendez, qui pointera lui aussi le bout de sa mandibule en 2013! Chez Mendez, la menace sera unique et verra une araignée géante échappée d’un complexe militaire et bien décidée à détruire Los Angeles! Ca s’annonce bien fun, et n’en déplaise aux Chinois, cette année ne devrait pas être celle du Serpent!

L’Homme qui rétrécit est un classique du cinéma fantastique des années 50, et la version de Jack Arnold va être dépoussiérée prochainement, puisque la MGM vient d’acquérir les droits d’une nouvelle adaptation. Le roman originel signé Richard Matheson ne devrait pas être mis à mal, puisque l’auteur lui-même devrait en signer le scénario avec l’appui de son fils, Richard Matheson Jr. Qui dit relecture contemporaine dit très probablement nanotechnologie, et l’on peut rêver d’une adaptation évoquant à la fois la simplicité naïve des récits de Matheson et la froideur scientifique d’un Michael Crichton!

Iron Man 3, encore et toujours! Aujourd’hui, Don Cheadle a troqué l’armure de War Machine contre celle plus all-American d’Iron Patriot!

Man of Steel toujours plus prometteur, avec ce cliché sublime d’Henry Cavill dans la peau du Kryptonien! Zack Snyder va encore nous bluffer graphiquement!

Ca faisait longtemps qu’on avait plus entendu parler de Kyioshi Kurosawa, et ça fait bien plaisir de découvrir la BA de son prochain Real!

Le cinéma coréen nous balance régulièrement des BA très attractives, et ce Running Man signé Jo Dong Oh est très engageant avec son mélange d’action et de comédie!

The Frankenstein Theory s’annonce plutôt intéressant avec son pitch particulier: un scientifique emmène une poignée d’étudiants dans le Cercle Polaire afin de prouver que la mythique créature de Frankenstein existe bel et bien, et que le roman de Mary Shelley est en fait basé sur une histoire vraie. C’est tourné en found footage et ça pose une ambiance réussie, à suivre!

On termine par une alliance Marvel–Hasbro plutôt comique, puisqu’elle va donner naissance à une gamme M. Patate un peu particulière! Voilà un aperçu des prochaines livraisons!

 

 

 

 

 

 

 

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