Les news de la semaine : Living Colour

Adapter un récit de Lovecraft est un exercice résolument périlleux, puisqu’il s’agit de rendre crédible quelque chose d’indicible et d’insidieux. Richard Stanley, à qui l’on doit notamment Hardware en 1990, a relevé le défi et nous donne sa version de La Couleur tombée du Ciel, avec ce Colour out of Space qui sortira le 24 janvier aux Etats-Unis. Il convie Nicolas Cage à la fête, lui qui n’en est plus à son coup d’essai dans les films barrés et hallucinés, en témoigne dernièrement le très étrange (et malheureusement inégal) Mandy. Quand la chute d’une météorite va avoir des conséquences insoupçonnées sur une petite communauté…

 

Je vous parlais il y a 5 jours de l’opération de sauvetage de SmackDown par la NXT, et cela a forcément eu des conséquences sur les audiences! Le show noir et or est passé de 580 000 spectateurs la semaine passée à 813 000 cette semaine, soit une augmentation de 40,2% !!! Triple H se rapproche pour la première fois de Cody Rhodes, puisque l’AEW est à 822 000 spectateurs! Cette invasion de SmackDown a été une bénédiction pour le roster de NXT, permettant une visibilité très importante à Adam Cole et ses confrères!!! La suite devrait être énorme, surtout avec les Survivor Series en approche! 🙂 Et Tommaso Ciampa a accueilli AJ Styles et l’OC en leur souhaitant la bienvenue dans le main roster! 😉

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Le clip de la semaine : Maltdown – Speedfire

Je vous avais déjà parlé de Maltdown avec leur morceau From the Bottle to the Grave, voici qu’ils récidivent avec Speedfire! Cette formation originaire de Guebwiller est relativement jeune, puisque le groupe est né en février 2018! Ils alignent pourtant une belle énergie et une vraie technique, nous livrant des sonorités hard’n’roll bien pêchues et motivantes! Ce Speedfire n’échappe pas à la règle, et devrait vous donner envie d’aller les voir en live et de vous procurer leur EP From the Bottle to the Grave dont la sortie est imminente! 🙂

 

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Honky Tonk Samouraïs (Joe R. Lansdale, 2016)

12ème volume des aventures mouvementées de Hap Collins et Leonard Pine, publié en 2018 par chez nous, soit juste 2 ans après la sortie US (Il est sortie en poche ce mois d’août 2019). Il nous manque toujours les volumes 6 (Veil’s Visit de 1999, co-écrit avec Andrew Vachss), 10 et 11 (Hyenas de 2011, Dead Aim de 2013). Mais on progresse, et Joe R. Lansdale voit sa bibliographie progressivement éditée en France, ce qui est assez notable!

Ce Honky Tonk Samouraïs va nous livrer un cru classique de l’auteur texan, à base d’enquêtes policières, de règlements de comptes et de bastons généralisées. Tout commence par le pétage de gueule effectué par Leonard sur un connard qui brutalise son chien. Faut pas faire chier les animaux devant Leonard, vraiment… Après quelques dents en moins et pas mal de contusions, le connard a aussi été délesté de son clébard, qui trouve un nouvel hébergement chez Hap et Brett. Happy end. Mais le passage à tabac a été filmé par une petite vieille assez habile avec la technologie, qui va venir passer un marché avec Hap et Leonard : retrouver sa petite-fille portée disparue, ou la laisser livrer la vidéo à la police…

Le grand coeur des 2 potes va les mener à ouvrir une enquête, surtout qu’ils ont repris l’enseigne de détective de leur pote Marvin! Enfin, c’est Brett la proprio, donc techniquement, Hap et Leonard sont sous ses ordres… Quoi qu’il en soit, les 2 gaillards ne vont pas tarder à mettre leur nez dans une merde qui pue vraiment beaucoup, et comme en général ils adorent la remuer plutôt qu’en sortir tout propre, il va y avoir quelques éclaboussures bien dégueulasses… C’est en essayant de tirer des informations de manière très subtile dans une concession auto qu’ils vont ouvrir la boîte de Pandore, et réveiller quelques énergumènes peu recommandables. Mais bon, plus ça devient dangereux, plus ils s’enfoncent dedans hein…

On va avoir droit à quelques retours de personnages hauts en couleurs, comme ce bon vieux Jim Bob Luke ou cette bombe de tueuse à gage de Vanilla Ride! Et comme d’habitude, Lansdale se fait plaisir avec des dialogues bien enjoués : « Mais je déteste le changement. Je n’ai toujours pas digéré cette histoire avec Pluton. A mon avis, Pluton s’est fait baiser, tu sais. Un jour c’est une planète, et le lendemain ce n’en est plus une. Je hais le changement, Hap. Même chose avec les armes. Dans ce domaine, je suis de la vieille école. -Eh bien, quand on reviendra, si on revient, on enverra une lettre gratinée au Congrès au sujet de cette histoire avec Pluton. » Ou plus tard, en rencontrant le dénommé Marchand de Sable : -Je peux entendre un chien lâcher sa crotte dans le jardin tout en regardant la télé » – Et tu peux sauter par-dessus les rivières et les immeubles d’un seul bon, et tu es moitié cheval, moitié alligator, ajouta Leonard. » Le Marchand de Sable décocha un sourire glacial à Leonard. « Tu sais, dit-il, j’ai tué ma mère et niqué son chien; et encore, elle, je l’aimais. » Pas sûr qu’il plaisantait.

Un gang de motard, des tueurs psychopathes, la Dixie Mafia, les ennuis ne vont pas ménager Hap et Leonard, qui aiment bien ça finalement! Ce Honky Tonk Samouraïs déroule une ambiance que l’on connaît bien et on va suivre le mouvement avec plaisir, même si on se dit qu’il y a une certaine répétition par rapport aux aventures précédentes de nos héros. Un épisode sympathique mais qui ne va pas révolutionner la saga, si ce n’est sur un apport au personnage de Hap à un moment donné. A voir comment cela sera exploité par la suite 😉

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Under the Shadow (Babak Anvari, 2016)

C’est juste après avoir découvert sont très bon second long métrage, Wounds, que j’ai eu envie de visionner ce Under the Shadow, qui avait fait sensation dans les différents festivals fantastiques où il avait été présenté. Cette co-production britannique, jordanienne, qatari et iranienne va nous replacer dans le contexte très difficile de la guerre Iran-Irak qui a sévi de 1980 à 1988. Shideh, son mari Iraj et leur fille Dorsa vivent dans un appartement à Téhéran, et la guerre se rapproche de leur foyer. Babak Anvari filme le quotidien de cette famille et de leurs voisins, qui doivent mettre leur vie en parenthèse lorsque l’alarme retentit, les obligeant à se réfugier régulièrement à la cave à cause des bombardements qui s’intensifient.

Under the Shadow va se présenter comme une chronique sociale très directe, qui nous met dans une situation glaçante et difficile, celle qu’ont vécu pendant des années les Iraniens et les Irakiens, pris sous les projectiles du pays voisin. Anvari se concentre sur cette famille iranienne dont le père va être appelé au front, laissant sa femme seule avec sa fille, dans cet immeuble qui se déserte de plus en plus. Shideh ne souhaite pas quitter sa demeure, et va tenter de rester malgré l’insistance de son mari pour qu’elle rejoigne ses parents plus au nord. La vie s’organise avec un mélange de routine et de stress, lorsque la population est amenée à se réfugier au sous-sol. L’image de cette frappe aérienne en fond lors d’une discussion s’avère très frappante, mais les protagonistes ne s’en émeuvent même pas… Cet impact est très violent pour un Occidental, qui n’a pas dû apprendre à vivre avec ces frappes quotidiennes…

Babak Anvari ne va en rien exagérer les événements liés à la guerre, et il va au contraire opter pour un réalisme s’apparentant parfois à du détachement, et qui paradoxalement va permettre une immersion plus intense. A côté de ses atours quasi-documentaires, il va créer quelques scènes oniriques mettant en avant les perturbations mentales inévitables dans une telle vie. Le glissement vers le fantastique va s’effectuer par ce biais, et la gradation très maîtrisée dont il fait preuve va permettre au film d’intensifier son propos et son atmosphère. Tout comme dans Wounds, Anvari apporte un soin très important à la création de son oeuvre, laissant surgir de manière subtile des éléments qui vont venir craqueler le vernis réaliste présent jusqu’alors. Le travail sur les cadrages est d’une très belle précision, et cette séquence avec la caméra qui suit Shideh dans son mouvement de réveil est bien intense.

Anvari va convoquer des éléments qui vont causer un malaise de plus en plus fort au sein de cette famille désunie, et Shideh va percevoir une menace qui va s’intensifier. Elle va tout faire pour protéger sa fille dans cet immeuble de Téhéran balayé par la peur et la guerre. Le travail sur le son est lui aussi impressionnant, avec ces plages de silences lourds perturbés par des bruits étranges… On est dans une approche horrifique très sensitive, qui peut s’apparenter à celle utilisée par Jennifer Kent dans son excellent Mister Babadook (Babak en serait-il un diminutif? ^^). La gestion de la géographie est excellente, et la caméra se promène dans cet appartement en sachant exactement où aller pour impacter le mieux le spectateur. Les terreurs nocturnes semblent être une extension de cette angoisse liée à la guerre, et ce lien renforce encore le propos du film.

Narges Rashidi (The Girlfriend Experience, Hanna) dégage une vraie sensibilité face aux événements qu’elle vit, et l’auteur en profite pour régler quelques comptes politiques par le biais de ce personnage. On sent que les carcans dans lesquelles vivent les femmes ont la vie dure, et qu’elle n’est pas prête de s’épanouir en tant que personne dans ce pays… Il s’agit du premier rôle de la jeune Avin Manshadi, qui donne la réplique de manière efficace. Bobby Naderi (Fear the Walking Dead, Prison Break) joue le mari patient qui devra quitter sa famille pour aider l’armée en tant que médecin. Ce film fait la part belle à son duo féminin, dont les liens vont être mis à mal par les événements sinistres se déroulant dans l’immeuble.

Under the Shadow est une proposition de film de genre qui pourra dérouter, car s’inscrivant dans un contexte historique et social très précis et frôlant le documentaire. Mais c’est également ce qui en fait sa force, et qui assure l’impact du glissement fantastique progressif. Avec Under the Shadow et Wounds, Babak Anvari est donc un auteur à suivre de très près!

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Focus : NXT – Better call Adam

Les derniers jours ont été plus que mouvementés du côté de la WWE, qui a probablement connu l’un de ses moments les plus stressants avec l’après-Crown Jewel! Pour situer un peu dans le calendrier des événements, la NXT avait lieu mercredi 30 octobre, Crown Jewel jeudi 31 octobre, et Smackdown vendredi 1er novembre. Ces dates vont avoir leur importance, et la localisation géographique également ^^ Et on va évidemment parler de Triple H et d’Adam Cole, Bay Bay !!!

Il faut tout d’abord poser le contexte avant d’en venir à l’enchaînement inédit et ô combien tendu des événements qui ont eu lieu sur 2 jours consécutifs. La WWE avait programmé un show en Arabie Saoudite ce vendredi 31 octobre, et il s’agit de la 2ème édition de ce Crown Jewel, qui avait déjà eu lieu à Riyad l’an passé. Cette venue des superstars américaine au Moyen-Orient représente une ouverture culturelle très intéressante, et d’autant plus forte cette année avec le premier combat féminin de l’histoire!!! Natalya et Lacey Evans ont en effet eu l’honneur de représenter le roster féminin lors d’un match exhibition qui leur a permis de montrer les places qu’elles occupent au sein de l’industrie du sport-spectacle, et permettant par la même de représenter l’ensemble des femmes sur le ring. Un acte très symbolique dans ce pays, et une ouverture énorme pour les droits des femmes!!! Le match en lui-même n’était pas dingue, mais c’est son aspect symbolique et les contacts entre Natalya et Lacey Evans avec le public qui ont surtout été très émouvants!!!

Crown Jewel donc, où de nombreux lutteurs ont été amenés sur le ring. Le problème n’aura pas été le show lui-même, mais le timing très serré pour le retour au pays. Smackdown ayant lieu le lendemain même, il n’y avait pas de temps à perdre pour rentrer. Sauf que le charter affrété pour rapatrier les employés de Vince MacMahon a présenté des problèmes techniques, empêchant le départ du vol. Le boss et quelques stars ont pu rentrer en jet privé, mais 175 personnes (lutteurs, techniciens et employés) sont tout simplement restés à Riyad. Et là, le stress est forcément à son comble, avec une édition de SmackDown Live prévue à Buffalo le lendemain! La situation est cauchemardesque, et les craintes de voir un show amoindri voire annulé sont très fortes.

Mais c’est sans compter sur l’homme qui sauvera la situation, Triple H. Il va tout simplement proposer à Vince MacMahon une invasion de SmackDown par ses protégés de la NXT! Une idée juste géniale, que Vince accepte, et ce plan B est mis en branle afin de pallier aux nombreuses absences. Le stress est pourtant toujours présent, car il a fallu bloquer un vol de Floride vers l’état de New York, et le timing était encore ultra-serré. L’avion aurait atterri à 19h55, soit 5 minutes avant le début du show! La police aurait escorté les lutteurs afin d’éviter les embouteillages et arriver in extremis à SmackDown. Et c’est ainsi que Shayna Baszler a pu monter sur le ring afin de lancer les hostilités, ouvrant la voie au reste du roster de la NXT présent ce soir!

A l’heure où les audiences du mercredi soir ne cessent de chuter (voir ici), cet incident suite à Crown Jewel apparaît comme une bénédiction pour les gars de NXT!!! L’exposition médiatique conférée par leur apparition à SmackDown est juste énorme, et la manière dont ils ont littéralement volé le show ne peut qu’aller en leur faveur! Au vu des réactions du public, il y avait de très nombreux fans de la WWE qui ne les connaissaient pas, et je suis très curieux de voir quel impact cela aura sur les audiences de mercredi prochain. Les performances de Tommaso Ciampa, Rhea Ripley, Matt Riddle, Keith Lee et les autres ont été fortes, et ont permis de marquer de leur empreinte ce SmackDown qui devrait faire date. Et quand on a en plus un match de titre pour le championnat NXT entre Adam Cole et Daniel Bryan, on se dit que la brand noir et or a enfin la reconnaissance qu’elle mérite! Et puis, voir Adam Cole battre Bryan après un excellent combat de 20 minutes, ça n’a pas de prix, et ça permet à Triple H de placer la 3ème brand comme un élément essentiel de la WWE!

Ce vendredi 1er novembre aura donc un impact très important, à la fois pour l’image de la NXT au sein même de la fédération, puisque les « petits » n’ont rien à apprendre des « grands », et à la fois vis-à-vis des concurrent de l’AEW. Il faudra bien voir les résultats après mercredi soir pour se rendre compte de ce qui aura bougé. En tous les cas, une fois encore, Triple H a agi en businessman de génie, et a su profiter de ce moment de troubles pour placer ses poulains et démontrer une fois encore à quel point il faut compter sur la NXT! Et après ce sauvetage in extremis, la guerre a été déclarée pour les Survivor Series, auxquels participeront les 3 divisions! L’adaptation, c’est la clé de la survie, et l’exposition, c’est la clé du succès. NXT 4 Life!!!

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