Drive (Nicolas Winding Refn, 2011)

Enfin! Enfin un film qui me réconcilie avec le réalisateur danois, qui depuis le premier Pusher n’avait plus réussi à m’emballer! Et pour le coup il réussit un tour de force, grappillant au passage un Prix de la mise en scène à Cannes largement mérité, se plaçant directement en tête du Palmarès Interblogs de Vance,   et nous gratifiant surtout d’un film qui fait sacrément plaisir à voir tant il change des productions formatées habituelles! Drive est une excellente surprise, précédée toutefois de critiques élogieuses (mais n’étais-ce pas le cas pour tous les films de Nicolas Winding Refn?), dans lequel Ryan Gosling donne toute la mesure de son talent et se révèle un acteur absolument génial!

Avec Drive, Nicolas Winding Refn lorgne vers le cinéma populaire, mais pas le cinéma actuel, plutôt celui des 70’s hérité des Etats-Unis. Son Drive rappelle fortement ces bandes sur fond d’asphalte comme Larry le Dingue, Mary la Garce ou l’excellent Point Limite Zéro. La ressemblance avec ce dernier est d’ailleurs significative, le personnage de Kowalski interprété par l’excellent Barry Newman ayant de nombreuses similitudes avec l’homme sans nom joué par Gosling. Ils partagent cette même attitude contemplative, comme s’ils s’extrayaient d’un monde dans lequel ils ont pleinement conscience de n’être présent que temporairement; ils partagent cette même assurance lorsqu’ils se retrouvent derrière un volant, et ils se sentent présent lorsqu’ils font ce pour quoi ils sont véritablement faits: conduire.

Mais le personnage de Gosling va se démarquer de celui de Newman, et va développer des caractéristiques très intéressantes qui en font à la fois un personnage refnien dans sa conception, mais surtout un être à l’ambivalence étonnante, ce qui va donner lieu à des séquences hallucinantes! Celle de l’ascenseur est un pur morceau de cinéma d’une rareté et d’une puissance exceptionnelles!

La relation entre le pilote et la jeune femme qu’il rencontre est traitée avec une émotion insoupçonnée, et Refn nous balance des scènes intimistes de toute beauté qui frappent autant, sinon plus, que les scènes d’action! La richesse de ses plans, l’utilisation magique de ses ralentis, tout concourt pour donner à ces séquences une poésie et une puissance de toute beauté! Et la direction d’acteur est excellente, donnant l’occasion à Gosling et sa partenaire Carey Mulligan de composer des personnages réellement touchants!

Refn parvient à composer un film passant d’un jeu de regard empli d’amour naissant à une poursuite folle en bagnole, le tout avec un sens visuel énorme, et Drive lui permet enfin de s’exprimer hors du carcan pseudo-expérimental dans lequel il est resté ces dernières années. Ici, pas de théâtralité outrancière à la Bronson, on est dans le vif, dans l’émotion pure, dans la violence viscérale. Car Drive fait aussi la part belle aux fulgurances assassines, et Refn tourne ces séquences de la même manière qu’il filme les regards que se lancent le pilote et la jeune femme. Sa mise en scène ultra-précise condense les émotions et les fait exploser en une gerbe de sourire ou de sang, et son film est habité par une forme d’urgence temporelle, celle-là même qui pousse l’Homme à se mouvoir afin de tenter en vain de se soustraire à l’inéluctabilité de sa mort.

Et comme si ce n’était pas déjà suffisant pour en faire un film largement au-dessus de la moyenne, Refn engage le génial Bryan Cranston dans un rôle secondaire! Le père de Malcolm, et plus récemment le mythique Walter White de Breaking bad, joue un garagiste éclopé chez lequel travaille le pilote. Son rôle est certes moins captivant que celui de la série incontournable de Vince Gilligan, mais quel plaisir de le revoir! Ajoutez encore Ron Perlman et Albert Brooks, et vous aurez une idée des gueules qui peuplent ce film…

Avec Drive, Nicolas Winding Refn réalise un pur polar 70’s de haute volée, dans lequel Ryan Gosling enfile parfaitement le costume de l’homme-scorpion, lui conférant une densité iconique à mort, et faisant de son personnage un héros qui marquera durablement le cinéma. Tout comme son aîné Kowalski…

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Le clip de la semaine: Tenacious D – Tribute

Le groupe composé de Jack Black et Kyle Gass nous offre un clip déjanté qui prouve tout le talent des deux hommes, avec affrontement démoniaque à la clé! Pour plus de détails, procurez-vous vite Tenacious D in the Pick of Destiny, film mythique narrant l’épopée de ce groupe de metal unique et génial, en quête du Médiator du Destin!

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Le Chuchoteur (Donato Carrisi, 2009)

Publié en 2009, ce premier roman de Donato Carrisi est sorti en poche au mois de juillet, et j’ai dévoré ses 575 pages avec un plaisir évident! Carrisi est un ancien juriste, spécialisé en criminologie et en sciences du comportement, et Le Chuchoteur bénéficie donc d’un solide background. L’auteur puise dans son expérience et dans ses connaissances afin de mettre sur pied un polar dense habité par des personnages forts, parmi lesquels il glisse probablement des interrogations et des attitudes personnelles… La figure de Goran Gavila semble d’emblée la plus proche de Carrisi, lui qui gère cette équipe de flics en amenant son sens de la déduction et sa vision atypique sur les enquêtes.

Gavila est un consultant extérieur, mais sa place est prépondérante dans l’équipe mise sur pied par l’inspecteur-chef Roche, car la vivacité d’esprit et l’intelligence du criminologue sont des ressources indispensables. Alors quand cinq fosses sont découvertes, avec à l’intérieur cinq bras gauches d’enfant, l’équipe de Gavila sait qu’elle a affaire a un tueur impitoyable, et que la traque ne sera pas aisée…

Le Chuchoteur est construit avec un grand sens du suspense et un savant dosage des révélations, et cette construction le rend palpitant d’un bout à l’autre. Sans atteindre la quintessence d’un Millénium, il se pose comme un thriller très efficace et supérieur à la moyenne, en grande partie grâce au réalisme dans les mécanismes de l’enquête. Carrisi profite de cet ouvrage pour nous révéler les dessous des investigations, qu’il s’agisse des méthodes d’interrogatoire, des lectures de scènes de crime ou encore de la façon d’appréhender un suspect. Ce livre est ancré dans une réalité sombre, celle des enlèvements d’enfants, et propose une approche très directe qui immerge complètement le lecteur. La vision de Gavila sur les tueurs et les pédophiles, et sa méthode pour s’en approcher, est de rechercher ce qu’ils ont d’humain, car même s’il est beaucoup plus simple de les cataloguer comme monstres, ils se cachent parmi la société en revêtant souvent une apparence d’une normalité trompeuse. Gavila explique que l’âme du monstre n’est pas si éloignée de celle d’un individu normal, et il cherche à définir les caractéristiques et les évènements ayant donné naissance à ce monstre.

L’inspectrice Mila Vasquez, envoyée en renfort pour aider l’équipe de Gavila à coincer le tueur en série, va découvrir un monde encore plus sombre que celui qu’elle côtoie déjà régulièrement, dans le cadre de son travail sur la recherche d’enfants. L’intégration dans l’équipe n’est pas évidente, et elle va se battre pour faire entendre sa voix et son intuition. L’un des nombreux intérêts de ce livre réside dans cette attention portée à l’intuition et aux sensations lors de l’enquête, le professeur Gavila appelant à maintes reprises ses troupes à considérer le moindre détail comme pouvant être significatif, et à ne pas avoir peur du ridicule en formulant une hypothèse. A plusieurs reprises, l’enquête stagne, et un nouvel évènement, ou une interprétation différente, va permettre d’avancer à nouveau vers le mystérieux tueur.

On peut regretter quelques facilités scénaristiques sur la fin, comme si Donato Carrisi sacrifiait à une approche plus spectaculaire, et c’est un peu dommage au vu de la construction sans faille qui se maintenait jusque là. Mais même s’il a cédé à des éléments très capillotractés sur la fin, l’ensemble se tient, et la sensation d’une enquête solide et au traitement original perdure. Le Chuchoteur est un vrai bon policier, élaboré avec une maîtrise littéraire évidente et un souci du détail qui fait plaisir à voir!

 

 

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Les news de la semaine: t’as de beaux yeux tu sais?

Des nouvelles du prochain projet (cinématographique) de Rob Zombie, qui a enfin réussi à choisir parmi la multitude de films qu’il avait en préparation: il a donc donné la priorité à Lords of Salem, qui se déroulera sur fond de sorcières revenues d’outre-tombe et de malédiction ancestrale. Bon, en même temps, j’ai jamais vu une comédie romantique dans un lieu se nommant Salem… Rob Zombie a eu l’excellente idée d’offrir un rôle à Meg Foster, celle-là même qui donnait du film à retordre à Roddy Piper dans le génial Invasion Los Angeles! Qui ne se souvient pas de ses yeux translucides? Un retour mérité pour une actrice 80’s très marquante!

 

Kevin Tancharoen est un homme patient. Patient et passionné. A tel point qu’après avoir tourné Mortal Kombat Rebirth, le court métrage qui lui permettait de prouver ses talents et ses connaissances, il a pu tourner la web-série Mortal Kombat: Legacy, qui au gré des 9 épisodes, a réussi à nous immerger davantage dans le monde sorti du jeu vidéo. Mais depuis le début, le rêve de Tancharoen est de relancer la franchise au cinéma, et Warner a enfin dit oui! Le studio a en effet décidé de dépoussiérer la saga (comprenez reboot) et d’en offrir les rênes à Tancharoen, ce qui est somme toute logique après le succès de la série, qui parvient à remettre au goût du jour des personnages de jeu vidéo emblématiques! Très bonne nouvelle pour lui, et pour les fans à travers le monde!

 

On va parler The Avengers, avec enfin des photos du film! On découvre la Veuve noire qui se la joue 80’s en ne regardant PAS l’explosion, Loki escorté par des gardes, Steve Rogers devant le nouveau costume de Captain America, et un Nick Fury bon pied bon oeil qui ne reste pas assis derrière son bureau! De quoi patienter un peu…

 

 

 

 

The Avengers, c’est cool, mais que nous prépare Marvel pour la suite? Eh bien le programme s’avérait plutôt flou, avec une multitude de projets d’adaptations, mais le studio a tranché, et 5 projets sont prioritaires: sans surprise, Iron Man 3 et Thor 2, avec toujours respectivement Robert Downey Jr. et Chris Hemsworth; Ant-Man, toujours sous la direction d’Edgar Wright, dont on n’a pas plus de nouvelles concernant le développement et l’intrigue; Guardians of the Galaxy, qui est probablement le projet le plus étonnant, centré sur un groupe d’aliens vivant au 31ème siècle et constituant les derniers représentants de leur race; et Inhumans, sur Flèche noire et sa clique vivant sur la face cachée de la lune. On se rend compte à cette annonce que Marvel brasse de plus en plus large, étendant son emprise sur l’espace (maintenant que Green Lantern a essuyé les plâtres!) et offrant des récits de plus en plus variés. De quoi nager en plein bonheur lorsqu’on est fan, même s’il faut toujours rester prudent quant au résultat final… Mais continuez, moi je suis preneur!!!

 

Le casting de Django unchained s’étoffe de jour en jour, avec cette fois-ci la participation de Kurt Russell! Il remplace Kevin Costner qui était pressenti pour un rôle de bad guy, mais ce sera Snake Plissken qui s’y collera! Qui a dit Nick Fury??

 

Et enfin, 2 petites images intéressantes sur Millénium: les Hommes qui n’aimaient pas les Femmes, qui sortira le 18 janvier chez nous!

 

Sources: IMDb et DVDRama

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Deadpool 4: Un Etre bien singulier


Deadpool
se porte bien, et les 3 premiers numéros de sa revue éponyme s’étant très bien vendus, il en profite pour passer ce mois-ci de bimestriel à mensuel! Une excellente nouvelle pour les fans, et la reconnaissance tardive mais méritée d’un personnage totalement atypique et surprenant! Il faut toutefois se méfier de la surmédiatisation, car il suit une voie similaire à celle de Wolverine, à savoir qu’il apparaît depuis un moment dans de nombreux titres Marvel… Ce qui n’est pas pour me déplaire, honnêtement, mais j’espère que l’aspect commercial ne va pas primer sur la qualité des récits consacrés à ce bon vieux Wade…

Ce Deadpool 4 propose les épisodes 19 et 20 de la série américaine, qui placent Spider-Man aux côtés (contre?) de Deadpool alors qu’un mystérieux bad guy fait des ravages dans la Grosse Pomme. Cet arc en 3 parties intitulé Un Etre bien singulier se terminera dans le numéro d’octobre, et j’ai bien hâte d’en connaître la conclusion! Daniel Way fait du bon boulot depuis 2 numéros, aidé ici par Carlo Barberi au dessin aussi dynamique que le scénario du premier. Seul bémol: la manière dont il dessine Wade sans masque, qui rappelle férocement le Nijo d’Agent X, et dont l’aspect manga n’est pas des plus réussis… Petite allusion inconsciente à cette période hautement tourmentée pour Deadpool?

Bref, ces deux épisodes méritent le coup d’oeil et permettent de consolider l’approche de Way sur la série, lui qui fait souvent l’objet de sévères critiques outre-Atlantique. Il semble avoir bien compris les mécanismes nécessaires pour une telle série, et être parvenu à bien doser l’humour, l’action et le côté absurde des situations, condition sine qua non lorsqu’on traite de Deadpool! Bon, l’introduction de Spidey dans l’histoire ne pouvait qu’être bénéfique pour les ventes aux Etats-Unis, le Tisseur étant un personnage incontournable de l’écurie Marvel. Gageons qu’en France aussi, la couverture avec le héros arachnide devrait booster les ventes… Mais cette facilité commerciale ne doit pas cacher les qualités intrinsèques du récit, dans lequel les visions totalement opposées de Deadpool et Spider-Man vont créer des situations dynamiques et drôles. Pour comparer, j’ai préféré ces épisodes au Spider-Man 611 qui voyait également un Team-up entre les 2 héros, et qui tout en restant sympathique, était un poil décevant de la part de l’auteur culte Joe Kelly, celui-là même qui a conféré ses lettres de noblesse à Wade dans son mythique run sur la première série régulière.

Bon, je ne dis pas que Way est supérieur à Kelly hein, je n’irai certainement pas jusque-là. Mais il faut reconnaître que, passées les histoires à bailler debout avec des pirates, il parvient à confronter Deadpool à des adversaires ou des alliés permettant de donner lieu à des interactions intéressantes. C’est le cas notamment avec le bad guy de ces 2 épisodes, qui est… Comment dire… Un être bien singulier! Je n’en dirai pas plus pour ne pas spoiler, car je trouve que ce numéro est un très bon moyen pour les novices de se mettre à Deadpool, et si jamais à force d’écrire sur lui, j’ai pu donner envie à quelques lecteurs de découvrir le personnage, ce numéro 4 est là pour ça!

Les répliques de Deadpool sont toujours aussi cinglantes et fun, et le personnage continue à fracasser le 4ème Mur, notamment lorsqu’il retrouve Spider-Man: « Spidey! Ca roule, ma poule? Je t’ai pas vu depuis Spider-Man 129! » (voilà, c’est là-dedans l’épisode 611!).

J’aurai vraiment envie de balancer des infos sur le bad guy, pfff… Il a le mérite d’être original, et la réaction de Deadpool quand il apprend qu’il est en ville est intéressante… Bref, j’en parlerai plus longuement le mois prochain!

Entre sa revue désormais mensuelle, sa prestation dans l’équipe d’X-Force (aussi mensuelle, publiée dans X-Men Universe) et les 100 % sur le Deadpool Corps, Deadpool est en train de devenir incontournable dans le paysage Marvel français… Et c’est toujours un plaisir de lire ses histoires déjantées!!!

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