One Life (Michael Gunton, Martha Holmes, 2011)

Michael Gunton et Martha Holmes ont officié sur la série documentaire Life, l’Aventure de la Vie pour la BBC, en tant que producteur pour le premier, et en tant que productrice et réalisatrice pour la seconde. One Life est l’adaptation cinématographique de leur travail télévisuel, et le moins que l’on puisse dire est que le résultat est impressionnant. One Life constitue, à l’instar d’Un Jour sur Terre d‘Alastair Fothergill et Mark Linfield, un magnifique documentaire animalier bénéficiant de techniques de prises de vue novatrices, pour un résultat mêlant découverte et émotion dans un voyage captivant aux quatre coins du globe.

Michael Gunton et Martha Holmes sont parvenus à ramener des images incroyables de leur périple, qui convoque des dizaines d’espèces animales à travers le monde. On passe de l’Antarctique glacial au climat étouffant de la savane, en s’aventurant dans la jungle ou en sillonnant le désert. L’utilisation de la HD donne un rendu sublime à ces images marquantes, et l’on assiste à des séquences de toute beauté, desquelles se dégagent beaucoup d’émotion.

Gunton et Holmes se sont focalisés sur la vie dans ce qu’elle a de plus essentiel pour chaque espèce, à savoir la naissance et l’adaptation à son environnement, avant de poursuivre avec la recherche de nourriture, pour finir avec la reproduction. On navigue d’un pays à l’autre de manière totalement fluide, et l’on suit aussi bien le rythme des éléphants que la vie mouvementée des grenouilles, passant sans cesse d’un environnement à l’autre dans des séquences courtes et magnifiques. Impossible de se lasser de ce que l’on y découvre, des capucins qui utilisent la pierre comme outil afin de casser des noisettes, aux poissons volants qui sortent de leur élément afin d’échapper à leurs prédateurs, ou encore ce bouquetin qui vient de naître et qui doit déjà fuir un renard sur les montagnes abruptes d’Israël. Chaque portion de vie présentée est un régal visuel, tant Gunton et Holmes se sont appliqués à surprendre ces moments si importants pour chaque espèce. Ils parviennent à filmer de la même manière un dragon de Komodo et une minuscule fourmi, accordant la même importance à chaque espèce présentée. Les images sont tout simplement sublimes, et l’utilisation des ralentis s’avère judicieux lors de nombreux passages, comme ce petit miracle ou un lézard court sur l’eau!

One Life nous fait découvrir des paysages magnifiques et nous apprend comment chaque espèce s’est acclimatée à son environnement au fil des siècles, faisant preuve d’inventivité et de courage afin de perpétuer inlassablement le cycle de la vie. Un film magnifique et surprenant!

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Le clip de la semaine: Mozinor: Europa Corp – la Recette Besson

Mozinor a parfaitement réussi à cerner les principes de base des productions estampillées Europa Corp, pour lesquelles Luc Besson applique un savoir-faire ancestral et novateur. Petite explication limpide par le roi du détournement! Ca date de 2008 et ça marche évidemment pour les productions à venir (Lock Out, Taken 2…)!

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The Beast Stalker (Dante Lam, 2008)

Dante Lam poursuit son exploration du polar hong-kongais avec ce thriller bien nerveux doté d’une solide mise en scène, ce qui n’a pas échappé aux membres des Hong Kong Film Award, le réalisateur se voyant décerner le prix du meilleur réalisateur. The Beast Stalker bénéficie d’un sens de l’image nettement supérieur aux productions standard, et convoque en plus des personnages intéressants et complexes.

Tout commence par une poursuite en voiture entre flics et malfrats, poursuite qui se terminera de manière extrêmement tragique, et qui va donner son titre original au film (The Crash). L’intrigue va découler de cet événement initial, mettant en place le récit de ce jeune flic traumatisé, qui se lancera à la poursuite d’un ravisseur d’enfant lui aussi très marqué par le destin. Les films asiatiques jouent très souvent sur le sentimentalisme, mais s’il est bien présent ici, il est traité avec beaucoup de réalisme grâce à des acteurs talentueux. Nicholas Tse est très bon dans le rôle du sergent Tong, et est depuis quelques années un acteur incontournable du cinéma asiatique (Time and Tide de Tsui Hark, New Police Story de Benny Chan, Dragon Tiger Gate de Wilson Yip). Il joue ce flic torturé avec beaucoup de conviction et rend l’histoire d’autant plus intéressante. Le bad guy interprété par Nick Cheung est excellent, et son interprète a lui aussi reçu un prix aux Hong Kong Film Award, ce qui est bien mérité! Il joue son personnage avec un mélange de froide détermination et de désespoir sous-jacent qui en fait un méchant très particulier. Le film va peu à peu lever le voile sur son existence et sur ses motivations, rendant sa confrontation avec Tong d’autant plus forte.

La mise en scène nerveuse de Dante Lam nous plonge dans un Hong-Kong foisonnant que tente de quadriller Tong afin de retrouver la petite fille enlevée. Lam est très précis dans son découpage, offrant une densité très appréciable à son action. Le film tient davantage du polar que du film d’action en fait, mais la tension est permanente grâce à cette vision incisive du réalisateur. La scène du crash est excellente et n’a rien à envier aux films d’action américains d’ailleurs… Ce moment-clé de l’histoire est traité avec maëstria et constitue une scène d’une beauté véritablement tragique.

Dante Lam est parvenu à complètement équilibrer l’émotion et l’action dans ce film, davantage que dans son sympathique Fire of Conscience sorti 2 ans après (et avant The Beast Stalker chez nous!). Porté par un casting de luxe, The Beast Stalker est un très bon polar asiatique qui mérite d’être découvert!

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Les news de la semaine: amazing!!!

Le plein de news pour The amazing Spider-Man avant sa sortie le 4 juillet, avec 3 nouvelles affiches (celle avec le costume lacéré est magnifique!), une nouvelle photo et une nouvelle bande-annonce tout droit venue du Japon!

Des news de Tony Stark également avec l’info qu’Iron Man 3 sera une co-production avec le studio chinois DMG Entertainment! Le tournage démarre dans un mois et se déroulera donc pour une bonne partie en Chine (Mandarin??), et Marvel Studios mise donc beaucoup sur les qualités de l’industrie cinématographique chinoise. Une belle manière d’incorporer les studios locaux, et une ouverture plus large quant à la diffusion asiatique, même si les films Marvel s’exportent déjà plutôt bien.

 

Nicolas Winding Refn planche actuellement sur un prequel à la sympathique saga Maniac Cop! Larry Cohen et William Lustig sont heureux, mais qui remplacera le mythique Robert Z’Dar???

 

Une photo de Walker qui est en plein tournage d’Expendables 2! Aaaah ça rappelle des souvenirs…

Quelques images de G. I. Joe: Conspiration mettant en avant Dwayne « the Rock » Johnson. Damned, il revient à la WWE…

 

 

 

On termine avec une bande-annonce pour The Bourne Legacy, qui semble capable de redonner envie de se plonger dans ces aventures d’espionnage et d’action! Avec Oeil-de-Faucon et Hulk au casting, ça peut donner quelque chose de bien!

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Livide (Alexandre Bustillo, Julien Maury, 2011)

Alexandre Bustillo et Julien Maury poursuivent leur exploration du genre horrifique après leur premier essai A l’Intérieur. Cette fois-ci, ils se concentrent davantage sur l’épouvante que sur le gore, en mettant en scène 3 jeunes gens s’aventurant dans une immense bâtisse appartenant à une ancienne gloire de la danse, aujourd’hui centenaire et dans un coma profond. Si le film de genre français laisse souvent dans son sillage des oeuvres imparfaites voire franchement râtées, Livide affiche une maîtrise certaine de la part des deux auteurs, qui nous entraînent dans un trip mystérieux et angoissant.  Leur façon de poser les personnages et une ambiance de coin perdu au fin fond de la Bretagne témoigne d’un savoir-faire appréciable, qui ne se démentira pas tout au long du récit.

Chloé Coulloud incarne Lucie, le personnage principal, qu’elle joue avec subtilité. Cette jeune femme découvre la mystérieuse maison lors d’un stage de soins à domicile où elle accompagne Mme Wilson, jouée par Catherine Jacob. C’est ainsi qu’elle apprend que la vieille femme cacherait un trésor dans sa demeure, ce qui éveille tout de suite l’intérêt du petit copain de Lucie. Avec un ami, ils décident d’entrer dans la bâtisse en cette nuit d’Halloween… Ils vont alors être confronté à des évènements flippants et bien morbides…

Ce qui frappe d’entrée, c’est la très belle photographie de Laurent Barès, qui officiait déjà sur A l’Intérieur. Il crée une atmosphère angoissante faite de clacissisme et de mystère, dans laquelle on ressent la nostalgie d’un cinéma horrifique plus ancien. Barès et les deux réalisateurs touchent au genre avec respect et modestie, augmentant par là même l’aura du film. La configuration des lieux renvoie aux films de maison hantée comme La Maison du Diable, mais Livide ne fait pas le choix de copier ce qui existait, il se sert simplement de la substance accumulée depuis des décennies dans le genre pour offrir une continuité tout en se permettant quelques innovations.

Bustillo et Maury font lentement grimper l’angoisse, grâce à un véritable travail sonore et visuel qui happe le spectateur dans une descente indiscible vers l’horreur que renferme cette maison. Qui est cette mystérieuse vieille femme, et que cache-t-elle dans les recoins obscurs de sa demeure? Les deux réalisateurs se font plaisir lors de séquences qui tiennent d’un onirisme bien sombre et qui renvoient à des contes bien cruels. Leur visualisation du Mal se fait sur deux tableaux, avec un aspect bien réel qui tient du fait divers, et un aspect autrement plus ancestral qui se manifeste tel un cauchemar.

On se balade dans cette demeure avec une réelle tension, et c’est vraiment très appréciable de pouvoir trouver cela dans un film français! Livide est moins percutant qu’Haute Tension par exemple, mais il travaille davantage sa beauté sombre en soignant vraiment bien ses cadres, et l’on pense à une approche très ibérique de l’horreur où l’esthétisme est toujours de mise. Livide est une excellente surprise!

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