Snake Eyes : G.I. Joe Origins vient se rappeler à nous, maintenant que sa campagne promo peut enfin reprendre alors que la situation sanitaire semble s’améliorer. Le film de Robert Schwenke nous lâche une affiche et quelques photos, permettant de définir la tonalité de cette origin story consacrée au ninja Snake Eyes. Le rôle-titre sera interprété par Henry Golding, vu dans Crazy Rich Asians et The Gentlemen, et on assistera à ses débuts avant qu’il rejoigne l’organisation G.I. Joe. On pourra compter sur les présences d’Andrew Koji (Storm Shadow), Iko Uwais (Hard Master) ou encore Samara Weaving (Scarlett) pour élever le niveau d’action! Espérons que ce soit nettement meilleur que le récent Mortal Kombat… Et concernant l’affiche du film, c’est toujours aussi rageant de voir à quel point les producteurs n’en ont rien à foutre du mythe du masque, comme c’est le cas sur toutes les affiches de films Marvel d’ailleurs… Il n’y a que Deadpool qui n’a pas les chevilles qui enflent assez pour exiger qu’on voit la tronche de Ryan sur les affiches! ^^ Sortie le 18 août.
Une nouvelle affiche pour la série Loki, qui débutera le 11 juin!
Je vous parlais il y a pile une semaine de l’excellent Break Street 84, avec les danseurs hip-hop Adolfo Quinones et Michael Chambers, et j’évoquais assez rapidement la suite nommée Breakin’ 2 : Electric Boogaloo avec le même duo (ou trio plutôt, puisque Lucinda Dickey est également dans les 2 films). Dans cette séquelle nettement inférieure, une scène vaut pourtant le coup d’oeil, et je l’avais partagé dans l’article de la semaine dernière, mais elle mérite d’apparaître dans Le Clip de la Semaine! ^^ Il s’agit d’une séquence visuellement dingue, tournée d’une manière très particulière! Je vous invite à la regarder avant de lire les explications 😉
C’est bon? Alors ça claque non? Ca date de 1984 et Michael Chambers y défie les lois de la gravité avec classe! En fait, le principe de cette scène est la même qu’une autre issue d’un film de genre très différent,Les Griffes de la Nuit, sorti la même année! Il s’agit d’une chambre rotative (celle utilisée pour le film de Wes Craven), avec les éléments de décor collés au sol, sur les murs et au plafond, et si on a l’impression que Michael Chambers grimpe aux murs, c’est en fait la pièce qui bouge, ce qui fait que le danseur est toujours au sol! Mais l’illusion est géniale, et ça donne une séquence véritablement magique!
Christopher Frankest un écrivain, scénariste et metteur en scène français d’origine britannique (il est né en Angleterre), qui a connu un certain succès dans les années 80, avec notamment ses propres adaptations de roman que sont Josépha et L’Année des Méduses. En tant que réalisateur, il ne livrera que 5 longs métrages, mais aura par contre eu une carrière de scénariste plus longue, en travaillant notamment sur Le Mouton enragé de Michel Deville, Les Passagers de Serge Leroy, La Dérobade de Daniel Duvalou encore Pour la Peau d’un Flic d’Alain Delon. En 1982, il obtenait le César du meilleur scénariopour Une étrange Affaire de Pierre Granier-Deferre, et en 1983, le César de la meilleure première oeuvre lui fut décerné pour son film Josépha.
En découvrant L’Année des Méduses, on comprend aisément l’impact que Christopher Frank a pu avoir sur le cinéma français, car il possède un vrai talent pour dépeindre la complexité des rapports et de la psyché humaine. Chris, une ado d’une famille aisée, se trouve comme chaque année sur la Côte d’Azur avec sa mère, et va multiplier les rencontres sur la plage. Sous son insouciance de jeune femme en devenir, se cache un tempérament bien plus vénéneux, et la jeune fille va se complaire dans des jeux de destruction en jouant avec les sentiments des autres, et principalement les hommes. Depuis l’âge de 16 ans, Chris est tout à fait consciente de l’emprise qu’elle peut avoir sur les hommes, et ne se prive pas d’en user, notamment avec un ami de ses parents. On découvre une jeune femme qui va rapidement affiner sa maîtrise d’un outil redoutable, la séduction.
Valérie Kaprisky, alors âgée de 22 ans, venait de tourner La Femme publique d’Andrzej Zulawski, avec un rôle déjà sulfureux, et ces choix de carrière vont l’imposer comme une icone sensuelle tout en l’enfermant pendant un temps dans ce style de rôles. Sur le tournage de L’Année des Méduses, elle est la seule à défendre son personnage, que tout le monde voit comme un monstre, et elle va exacerber tout le cynisme de Chris, entrant de plus en plus profondément dans la peau du personnage, ce qui aura pour effet de créer une atmosphère relativement tendue avec les autres acteurs. Elle ne laisse clairement pas indifférent, et offre une prestation réellement impressionnante, passant de l’ado tourmentée au machiavélisme en une fraction de seconde! Le pauvre Vic, l’ami quinquagénaire des parents, va en faire les frais… Jacques Perrin interprète avec beaucoup de conviction ce personnage totalement enivré par la jeune femme, conscient de se faire manipuler mais incapable de s’avouer qu’elle puisse être aussi calculatrice.
La relation avec sa mère Claude est également très intéressante, car elle oscille constamment entre affection et rivalité, et les moments de complicité laissent rapidement place à des instants plus tendus. Caroline Cellier a obtenu le César de la meilleure actrice dans un second rôle pour son interprétation de Claude, et elle s’avère très subtile en incarnant cette femme sentant qu’elle risque d’arriver en fin de course dans les jeux de séduction… Voir sa fille Chris s’émanciper peu à peu va évidemment lui rappeler l’approche de sa propre quarantaine… Bernard Giraudeau quant à lui incarne efficacement le genre de type qui traîne sur les plages pour draguer tout ce qui bouge, avec une suffisance et un manque d’estime pour les femmes assez impressionnant. Il est bien conscient de tout ce qui se trame sur ces plages, refuge pour une classe aisée en perte de repères, et très souvent en manque affectif. Il profite des failles de cette population, en les exploitant pour ses propres besoins et en faisant le mac pour certains hommes riches.
Christopher Frank appose une atmosphère très travaillée sur ce long métrage, qui commence comme un film de plage classique pour l’époque, mais qui ne va clairement pas rester en surface, et qui va explorer en profondeur la psychologie de cette classe aisée en quête d’émotions. Ce qui choque de prime abord, c’est une certaine aura libertaire dans les années 80, avec la plupart des femmes se baladant seins nus, ce qui de nos jours a presque disparu. Il y a une réelle sensualité dans la manière de filmer de Frank, qui ne verse pas dans l’érotisme, mais qui s’en rapproche à certains moments. On sent des envies de provocation de la part de Chris, qui vont être mêlées à des frustrations, et elle va passer par des phases de rage contenue et de froideur calme exprimées de manière impressionnante par Valérie Kaprisky. Cette séquence où elle plonge dans l’eau toute énervée, avec la musique de Nina Hagen par-dessus, possède une vraie puissance, et le regard noir de l’actrice est assez glaçant. Valérie Kaprisky apporte une véritable intensité au personnage de Chris, intensité qui va osciller entre le chaud et le froid de manière permanente, et elle va entraîner plusieurs personnes dans ses filets…
L’Année des Méduses s’avère impressionnant dans son traitement de la sensualité et des rapports de force entre les hommes et les femmes, le tout mené par une actrice au tempérament explosif qui fait de Chris un personnage de Lolitasacrément vénéneux!!!
Kevin Feige a apporté plusieurs précisions cette semaine, à commencer par les titres des suites de Black Panther et de Captain Marvel. Il faudra maintenant les appeler officiellement Black Panther : Wakanda Forever et The Marvels! Le premier titre est clairement un hommage au regretté Chadwick Boseman, et traitera de l’héritage de T’Challa. Le second est un Captain Marvel au pluriel, puisque Carol Danvers sera accompagnée par Monica Rambeau alias Photon, et par Miss Marvel, dont la série est actuellement en tournage! D’ailleurs voici un aperçu d’Iman Vellanidans le costume! Black Panther : Wakanda Forever est attendu en salles le 8 juillet 2022, et The Marvels le 11 novembre 2022.
On a également des précisions sur les dates de sortie de 2 autres films : Ant-Man and the Wasp : Quantumania est calé au 17 février 2023, et Guardians of the Galaxy Vol. 3 au 5 mai de la même année.
Les origines du breakdance sont bien plus atypiques que ce que l’on pense, à commencer par le terme lui-même, qui ne vient pas des danseurs mais qui a été utilisé par les médias pour populariser cette « nouvelle » forme de danse issue de la rue. Après qu’une série de films centrés sur cette discipline a commencé à envahir les salles, ce qui s’appelait originellement le breakin ou le B-boying a commencé à se diffuser à travers le monde sous le terme de breakdance. D’ailleurs, le titre original de ce film est Breakin’, et a été « francisé » en Break Street 84. On n’entendra jamais le terme breakdance dans cette oeuvre, et le style utilisé par le trio ne sera a aucun moment nommé. Ce sont des films comme Beat Street, Wild Style ou ce Break Street 84 qui ont participé à la reconnaissance de cette discipline, que l’on croit à tort née dans les années 80. En fait, cela remonte aux années 70… Et en fait non, ça va même plus loin que ça!
Ce qui s’est développé au début des années 70 dans le Bronx, plus précisément dans les quartiers sud, a été une forme d’échappatoire à la misère sociale et aux violences quotidiennes. La mixité entre Afro-Américains, Latinos et Portoricains a été un terreau très vivace en terme artistique, avec notamment des apports musicaux très importants comme la salsa, le funk, le mambo… Il y a eu une émulation musicale qui a grandi et qui s’est propagée grâce à un pionnier: DJ Kool Herc (photo ci-dessous), immigré jamaïcain qui est le premier DJ à organiser des soirées lors desquelles il passait des sons de n’importe quelle nationalité, pourvu que ça groove! Pour plus d’infos, je vous mets le lien vers un excellent article du Break Dance Crew retraçant l’historique du mouvement! Et au niveau sport, la culture des arts martiaux ainsi que la capoeira (mise en avant dans le Rooftops de Robert Wise, qui parle même un peu de Parkour avant l’heure!) sont des inspirations directes pour le breakdance.
Mais avant les années 70 et le Bronx, la véritable genèse a eu lieu sur un autre continent, l’Afrique! Une vidéo a fait pas mal de bruit il y a 3 ans, et dévoile des habitants de Kaduna au Nigeria, en train d’effectuer des danses virevoltantes et ressemblant furieusement au breakdance… Et la vidéo date de 1959!!! Et une autre datant des années 60 prend place elle dans un village kenyan, avec là encore des danseurs qui tentent des acrobaties! Comme quoi, pour chaque discipline, on arrive toujours à remonter plus loin… ^^
Après cet historique nécessaire, revenons aux années 80, et plus précisément à l’année 1984, avec ce Break Street 84 signé Joel Silberg. Silberg est un metteur en scène israélien qui a tourné 12 films en Israël, et Break Street 84 est sa première expérience américaine. Le film est produit par les fameux Yoram Globuset Menahem Golan, 2 Israéliens qui après avoir oeuvré dans leur pays, se rendent aux Etats-Unis et y rachètent le groupe Cannon International, afin d’y produire des films d’exploitation et de série B. Sentant le vent tourner en faveur des oeuvres musicales (le succès du Flashdance d’Adrian Lyne notamment), ils tentent de tirer leur épingle du jeu en s’intéressant à la culture hip-hop et à la danse de rue avec ce Break Street 84, un des pionniers du genre. Et si le film s’articule autour de ressorts narratifs vus et revus de nos jours, il faut bien rappeler que c’était plutôt novateur à l’époque. Et malgré le manichéisme assez simpliste de l’ensemble, il y a un réel rythme et une vraie énergie se dégageant de cette oeuvre!
Il faut bien se remettre dans le contexte de l’époque, où le breakdance (qui n’était donc pas encore qualifié comme tel) n’était pratiqué que dans les quartiers pauvres. Si le choc des cultures peut paraître exagéré dans le film, il n’en était pas moins réel et il y avait une forme de rejet de ce qui était considéré comme populaire, de manière péjorative. Le combat de Kelly, Ozone et Turbo pour montrer à tous que ce qu’ils pratiquent est véritablement une danse, est un chemin semé d’embûches. Ca rappelle un peu les gens qui voyaient des traceurs et qui croyaient qu’ils étaient des vandales, alors que maintenant tout le monde connaît le Parkour! ^^ Lucinda Dickey est une danseuse dont le premier rôle date de 1982, lorsqu’elle a participé à Grease 2, et le personnage de Kelly dans Break Street 84 est seulement son second rôle! Elle incarne une pratiquante de modern jazz, qui va faire la rencontre d’Ozone et Turbo, lesquels vont lui faire découvrir l’univers de la danse de rue. Lucinda Dickey possède des capacités solides et ne dénote clairement pas aux côtés de ses 2 amis!
Adolfo Quinones, alias Shabba-Doo, est l’un des précurseurs du breakdance, et plus spécifiquement du style nommé locking. Il sera plus tard chorégraphe pour Madonnaet Lionel Richie, et est clairement une figure importante de ce mouvement en plein essor. D’ailleurs, il était le chorégraphe et danseur principal sur la tournée Who’s that Girlen 1987 pour Madonna! Son style très vif est caractéristique de l’énergie qui se développait à l’époque, et c’est un vrai plaisir de le voir bouger dans ce film! Adolfo Quinones nous a malheureusement quitté le 30 décembre dernier… A ses côtés, Michael Chambers incarne Turbo, et dans la vie son alias est Boogaloo Shrimp ^^ Il possède lui aussi une aisance assez déconcertante, et gère notamment sacrément bien le style boogaloo, avec ses mouvements robotiques (et ce sont donc Quinones et Chambers qu’il fallait remarquer dans Le Clip de la Semaine ^^) ! Le trio apporte une très belle vitalité à ce film, offrant des séquences de danse old school vraiment prenantes! Et pour la petite anecdote, lors de la première apparition de Quinones et Chambers dans une scène en extérieur, il y a un gars qui se déhanche en justaucorps noir dans la foule. C’est un certain Jean-Claude Van Damme, dont il s’agit de la 2ème apparition dans un film! ^^
Joel Silberg met bien en avant les prouesses de ses danseurs, et on assiste à quelques séquences bien décoiffantes, qui ne sont pas maltraitées par un montage saccadé et qui bénéficient de cadrages intelligents. Ca fait tellement plaisir de pouvoir laisser se dérouler des séquences mettant en scène un tel style! Comme ce moment semi-féérique où Turbo balaie devant le magasin! ^^ On sent une motivation sincère dans l’élaboration de ce film, qui encore une fois, s’appuie sur un schéma certes manichéen avec le méchant chorégraphe classique contre les danseurs de rue, mais cela reflète une réalité contemporaine et le message est assez important pour que l’on passe sur certaines approximations. Break Street 84 est un instantané du New York en pleine métamorphose culturelle en ce milieu des 80’s, et on ressent véritablement cette effervescence doublée d’une certaine incompréhension de certains. La séquence lors de laquelle le producteur tente à tout prix de convaincre des gens de venir voir ce trio d’un autre genre parle d’elle-même, avec ce côté réfractaire à ce qui vient des rues les plus pauvres de la ville… Et sinon, il ne faut surtout pas oublier la courte prestation d’Ice-T, qui apparaît pour la toute première fois dans un film! Oui oui, le Ice-T de Body Count! ^^
Break Street 84 est un témoin de cette époque colorée faite de mixité tant sociale que culturelle, et ce foisonnement explose lors des séquences de danse qui vont mêler des styles différents. Kelly incarne le classicisme revisité, et son alliance avec Ozone et Turbo va s’avérer très percutante! A plusieurs moments, le film va revenir sur les origines street de cette danse, et on va assister à des séquences en extérieur impressionnantes, notamment avec ce handicapé qui danse en béquilles et qui s’avère tout simplement incroyable!!! Break Street 84 est vraiment une oeuvre à découvrir pour les amoureux de la culture hip-hop, qui malgré ses quelques défauts, s’avère très attractif! Une suite est sortie la même année (Globus et Golan sont de sacrés petits opportunistes! ^^) sous le titre de Breakin’ 2 : Electric Boogaloo, et voit le même trio revenir sur le devant de la scène. Le film (réalisé par Sam Firstenberg, oui, celui d’American Warrior et du Ninja Blanc!!!) commençait plutôt bien, mais l’aspect manichéen est cette fois-ci vraiment trop appuyé, avec le vilain promoteur immobilier voulant raser le foyer pour jeunes, et ça devient carrément grotesque et ridicule de ce côté-là… Mais il y a quelques séquences de danse toujours sympa, dont une absolument incroyable que je vais vous poser là, et qui défie réellement les lois de la gravité!!! Si ça vous rappelle une scène des Griffes de la Nuit, c’est tout à fait normal, car c’est la même chambre rotative qui a été utilisée!!! Et un 3ème film verra même le jour en 1985 (à nouveau sous la direction de Joel Silberg), intitulé House Rap (Rappin’ en VO), mais sans le trio principal. Par contre Ice-T aura été présent dans les 3 films lui! ^^