Alias 1 : Le Piège

Je me suis récemment relu le 1er tome de la série Alias, publiée chez Marvel à partir de novembre 2001. Rien à voir avec Jennifer Garner, cette Alias étant une boîte d’investigations, dont la seule salariée s’appelle Jessica Jones, et est une ancienne super-héroïne ayant décrochée (oh, un jeu de mot subtil!) pour se lancer dans une carrière de détective privé. D’ailleurs, elle faisait partie des séries Marvel à l’ère Netflix, à voir juste ici!


Brian Michael Bendis aime le polar, c’est connu. Et il inaugurait à l’époque la collection Max avec ce récit aux tonalités sombres et aux machinations tordues, où la pauvre Jessica se lance dans une affaire extrêmement louche. Le récit réserve des zones d’ombre et des surprises écrites avec beaucoup de soin par un auteur talentueux. On est immergé dès le début dans cette histoire que Bendis traite avec beaucoup de sérieux, mais aussi avec une certaine dose d’autodérision. Le regard qu’il porte sur l’univers Marvel est celui d’un véritable connaisseur bénéficiant d’un redoutable sens critique, ce qui donne à son œuvre une dimension particulière. Un petit exemple de dialogue entre un flic et Jessica lors d‘un interrogatoire: « Dites, les Fantastiques… Vous les avez déjà rencontrés? Je les adore. -Non. -Non? -J’ai croisé le grand type orange. –La Chose. -Oui. -Il est béton. Sans jeu de mots. -Oui. Bon, si on… -Il est comment? -Grand et orange. Je peux retourner vivre ma vie? »

L’autre atout considérable de cette série est le dessin de Michael Gaydos, qui évoque beaucoup le style épuré de John Paul Leon, notamment sur Les nouvelles Aventures de Cyclope et Phénix. Gaydos choisit des tonalités très ternes en faisant varier les bleus et les rouge, captant immédiatement l’atmosphère que Bendis souhaite imprimer à la série. La vie nocturne, la fumée des cigarettes, les bars déserts… On est dans un véritable polar, qui bénéficie d’une mise en scène remarquable. Gaydos modifie constamment sa mise en pages, passant du simple champ-contrechamp au découpage d’image (Jessica sur les escaliers, l’image coupée en 4 cases, symbolique de la dégradation de son moral), où utilisant le procédé très cinématographique du zoom avant. De prime abord, l’austérité des dessins peut rebuter, mais leur richesse visuelle se dévoile très rapidement, et en fait un élément essentiel de la série, qui perdrait beaucoup de poids si elle était racontée de manière plus classique.

Bendis fait en plus appel aux connaissances des lecteurs, en remettant au goût du jour le personnage de Man Mountain Marko, le colosse apparu pour la première fois dans Amazing Spider-Man 73 de juin 1969, et qui est un vilain de seconde zone que ça fait bien plaisir de revoir! Luke Cage et Matt Murdock passent également faire un tour…
Alias est une série très intéressante, et si vous appréciez les comics en mode polar, plongez-y!

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