
Je reviens brièvement sur quelques productions vues récemment, pour lesquelles je n’avais pas forcément envie de m’étendre, mais que je voulais tout de même évoquer.
On commence par Chien 51, le dernier film de Cédric Jimenez, qui nous embarque dans un futur proche relativement crédible, avec cette ville de Paris divisée en secteurs et une sécurité renforcée par l’IA. Jimenez adapte un roman de Laurent Gaudé s’inscrivant dans une réalité très contemporaine, et décrivant un futur probable d’ici quelques années. L’ambiance est posée avec soin, les 2 acteurs principaux s’avèrent bons et touchants (en même temps il s’agit de Gilles Lellouche et Adèle Exarchopoulos), et Jimenez est très convaincant sur les quelques séquences d’action du film. On sent les références appuyées à Blade Runner ou Black Rain, mais l’ensemble manque d’une petite puissance supplémentaire pour être davantage attractif. Mais les questionnements posés sur les dérives sécuritaires et l’IA font écho à l’actualité, et cette vision dystopique à la Française s’avère intéressante.

On passe à G.O.A.T., film signé Justin Tipping sur lequel on sent la forte influence du producteur Jordan Peele. On plonge dans une atmosphère de style horreur folklorique comme il les apprécie, avec ce récit original se concentrant sur un jeune joueur de football américain venant s’entraîner dans la demeure isolée de son idole. La mise en scène est vraiment belle, avec une approche très « Jordan Peele » justement, et le travail sur la mise en place d’une atmosphère angoissante fonctionne bien. Après, on pourra juste se dire que c’est quand même exagéré vis-à-vis du sujet même, et la fin que ne renierait pas Ari Aster est quand même abusée… Mais Marlon Wayans et Tyriq Withers donnent de leur personne pour ce film, qui parvient tout de même à avoir un caractère assez hypnotisant pour qu’on l’apprécie.

On termine par Not Without Hope de Joe Carnahan, qui est le plus faible de la liste. Ca partait pourtant très bien avec ces 4 amis (dont 2 joueurs de foot américain aussi tiens ^^) décidant d’aller pêcher en haute mer alors qu’une tempête se prépare. La caractérisation initiale des personnages fait que l’on s’attache bien à eux, ils ont une complicité réelle qui donne envie de voir comment ils vont évoluer, et les acteurs Zachary Levi, Josh Duhamel, Quentin Plair et Terrence Terrell sont motivés, d’autant plus que c’est tiré d’une histoire vraie. Mais Carnahan impose un rythme qui ne va finalement pas décoller, et le film s’étire sur 2 longues heures qui auraient largement pu être condensées en 1h30 voire moins. Sa mise en scène ne s’avère pas très percutante, et on ne se laisse prendre au jeu que par rapport à la véracité de l’histoire, mais cela n’est pas suffisant. Alors que Carnahan avait des propos très (trop!) enjoués récemment sur son remake de The Raid, ce n’est pas ce film qui appuiera ses qualités techniques pour prendre le relais de Gareth Evans!
