Black Widow (Cate Shortland, 2021)

La chronologie du MCU commence à être relativement vaste, et après un retour aux 90’s avec Captain Marvel, on revient à un passé plus récent, située entre Captain America: Civil War et Avengers : Infinity War. Les événements d’Avengers : Endgame auront coûté la vie à Natasha Romanoff alias Black Widow, mais ce film permet à Scarlett Johansson de réendosser le costume de la super-espionne russe, le temps de nous conter une aventure qui va lever le voile sur son passé, depuis sa tendre enfance jusqu’à la fameuse Chambre Rouge où elle a acquis ses compétences létales…

Un film sur Black Widow était en réflexion depuis très longtemps, mais le succès de Wonder Woman et de Captain Marvel, ainsi que l’émergence du #MeToo, ont fait qu’il est enfin devenu réalité. Est-ce que les éléments pris en compte pour la mise en chantier relèvent uniquement de l’opportunisme? En grande partie certainement, mais passé cela, que vaut cette oeuvre dans l’immensité du MCU?

C’est en avril 1964 que Black Widow apparaît pour la première fois dans les comics Marvel, en tant qu’antagoniste d’Iron Man dans les pages de Tales of Suspense 52. Le fait qu’elle ne dispose pas de super-pouvoirs comme ses futurs homologues Avengers permet de créer des récits davantage centrés sur l’espionnage, ce qui est pratique dans les années 60 avec la rivalité entre les 2 blocs. Dans les films, Natasha a rallié l’Ouest plus libertaire, et se bat pour des causes bien plus justes. Mais dans Black Widow, elle va être rattrapée par son passé, et le film va dérouler des thématiques inattendues comme la famille ou l’esclavagisme… Car la réalité se cachant derrière cette Chambre Rouge est celle d’un despote kidnappant des jeunes filles, pratiquant une sélection odieuse et impitoyable afin d’en garder une poignée qui parviendront à devenir des agents surentraînés. Natasha fait partie de cette élite, mais elle va recroiser le chemin d’une autre Veuve, Yelena. Les retrouvailles vont s’avérer bien tendues, mais elles vont finir par faire équipe.

C’est l’excellente Florence Pugh qui incarne Yelena, elle dont on avait déjà pu apprécier les talents dans Midsommar ou dans l’excellent Une Famille sur le Ring. Elle campe une jeune femme fonceuse et qui aime rentrer dans le tas, et la relation avec Natasha s’avère intéressante, même si on sait pertinemment qu’elles fonctionneront en duo assez rapidement. C’est intéressant de revenir sur les origines du programme fabriquant les Veuves, même si là encore, on sent clairement l’apport féministe du #MeToo, avec un traitement finalement assez simple. Par contre, la violence de certains passages pourra surprendre, violence psychologique ou physique quant aux traitements subis, et on a donc quelques moments plus sombres qu’habituellement dans le MCU. Sans atteindre la noirceur de la traite des blanches comme évoquée dans la série Daredevil, disons que ça ne laisse tout de même pas indifférent.

On pourra toutefois s’interroger sur la pertinence d’embaucher des metteurs en scène venant du cinéma indépendant, pour prendre les rênes d’un blockbuster calibré dans lequel la sensibilité filmique initiale ne se retrouve pas forcément… En d’autres termes, la cinéaste Cate Shortland n’a certainement pas eu les coudées franches comme elle pouvait les avoir eu sur son excellent thriller Berlin Syndrome.  « Son » Black Widow est davantage un produit du MCU qu’un film de Cate Shortland, et c’est bien dommage de ne pas retrouver sa patte si particulière. L’atmosphère oppressante de son huis-clos avait de quoi hanter, et Black Widow se regarde simplement comme un bon petit film d’espionnage au sein du MCU. Les exagérations lors de certains passages d’action, les facilités scénaristiques, les passages en mode automatique font que l’on est dans un film Marvel de milieu de gamme, pas excellent, pas mauvais, mais qui se regarde juste sans déplaisir. Surtout au vu des enjeux très limités quant à la suite de cet univers.

Le cas Taskmaster est intéressant à plusieurs titres, mais cela va être très difficile d’en parler sans spoiler. Dison que l’un des meilleurs amis-ennemis de Deadpool opte pour une approche plus modernisée de ses pouvoirs, avec un système électronique permettant d’analyser les capacités de ses adversaires, et qui va l’aider à dupliquer leur façon de se battre. Dans les comics, Anthony Masters possède simplement des réflexes photographiques hors normes, ce qui fait de lui un combattant très redoutable. Mais que Deadpool parvient quand même à mettre à l’amende! ^^

David Harbour est plutôt bon dans le rôle de Red Guardian, ce Super-Soldat incarnant le pendant soviétique de Steve Rogers! Cela donne lieu à quelques moments drôles, même si ça tourne assez rapidement en rond de ce côté quand même. L’aspect familial développé par Eric Pearson, Jac Schaeffer (showrunner de WandaVision) et Ned Benson apporte un éclairage intéressant sur le passé de Natasha, même si son traitement est parfois un peu caricatural, notamment dans certaines gestions de l’humour, marque de fabrique imposée du MCU.

Ca fait plaisir de retrouver au casting des actrices comme Rachel Weisz ou Olga Kurylenko, et le retour du Général Ross incarné par William Hurt s’avère sympathique, lui qui est présent depuis L’Incroyable Hulk et que l’on a revu dans plusieurs films Avengers. Je reviendrai rapidement sur une séquence démontrant avec plus ou moins de subtilité le changement de paradigme s’opérant à Hollywood avec le #MeToo, puisque Natasha se retrouve dans une situation délicate qui est sans conteste un rappel de la pseudo-suprématie masculine dans ce milieu… Une scène dérangeante davantage pour son écho dans le monde réel que pour l’impact dans le récit même.

Tout ça pour dire que ce Black Widow qui est enfin sorti est un film mineur du MCU, qui se regarde sans déplaisir et qui permet à Florence Pugh de prendre place dans cet univers étendu, et on la retrouvera prochainement dans la série Hawkeye! Dossier sur les adaptations Marvel de 1944 à 2099 mis à jour!!! ^^

 

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Le clip de la semaine : Simple Minds – Hypnotised

Retour dans les 90’s, en 1995 plus précisément, avec ce très beau morceau de Simple Minds! Comme quoi, des fois les classiques, ça fait du bien! 🙂

 

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Deadpool massacre les Classiques

1 an après le succès de Deadpool massacre Marvel, le scénariste Cullen Bunn nous convie à la suite des aventures sanglantes de ce Deadpool alternatif bien décidé à mettre un terme définitif à l’existence des héros imaginaires! Après s’être lancé dans une croisade rouge sang histoire de tuer l’ensemble du bestiaire Marvel, il va cette fois-ci se tourner vers des monuments de la littérature, en suivant une logique finalement bien… Logique!

En effet, après avoir massacré les super-héros et super-vilains de son monde, il s’est rendu compte qu’il devait également aller les buter dans les différentes réalités existantes! Mais comme il y en a une infinité, 10 vies ne suffiraient pas pour accomplir cette tâche monumentale. Du coup, on lui suggère l’idée de se rendre dans l’Ideaverse, qui est un univers de poche composés de différents mondes, avec sur chacun d’eux un personnage emblématique de la littérature. Car pour enfin réussir à mettre fin à ce cycle infernal de luttes, de morts et de résurrection, il faut aller à l’essentiel en tuant le personnage séminal incarnant l’idée originelle de tous ceux qui ont suivi! Pour vous donner un exemple, quand Deadpool se rend sur le monde du vrai Dracula, en le tuant, il met un terme à l’existence de tous les vampires de tous les univers! Enfin bon, ça reste à prouver, car l’univers principal ne semble pas avoir été touché par les méfaits de Wade… Mais sur le papier, ça semble fonctionner en grande partie, et en tuant Dracula, il tue donc les incarnations du Dracula Marvel, de Blade, etc…

Il y a derrière ce titre une réflexion profonde sur les intrications entre les différents univers, et les principes énoncés s’avèrent vertigineux et passionnants! Cullen Bunn crée un ouvrage hyper référentiel et élaboré avec une très grande intelligence, qui va voir Wade se confronter à Moby Dick, Don Quichotte, aux Trois Mousquetaires, etc… Chacun d’entre eux va représenter la base de personnages ultérieurs, comme par exemple les 3 Mousquetaires qui ont forgé le concept même d’équipe, et sont donc aux origines des Avengers ou des X-Men. Autant dire que le fait de les buter permettrait à Deadpool de faire un ménage très important dans l’univers super-héroïque!

Les dialogues de Bunn sont enlevés et drôles, avec encore une fois pas mal de références, comme lorsque Wade s’entretient avec Dracula et ses soubrettes : « Pas étonnant que les gosses préfèrent les vampires qui brillent. Mois… Je suis fan de Jacob. » Et le traducteur s’est aussi bien amusé : « OK… On a des bougies… Des nanas en nuisette… Allez, dites-le-moi… Il est où, DSK? » ^^ Il y a vraiment un travail de recherche sur les correspondances entre les différents héros, avec par exemple le Cavalier sans Tête qui est l’inspiration de Ghost Rider ou du Bouffon Vert, et c’est un réel plaisir de suivre ces différents liens au fil du récit. Et la façon dont Bunn donne corps à la voix destructrice dans la tête de Deadpool est d’une logique irréprochable, et il se sert encore une fois d’un classique historique avec une classe absolue!

Wade aura fort à faire face à un ennemi d’une intelligence redoutable, Sherlock Holmes lui-même! Qui va d’ailleurs composer sa propre équipe, avec notamment Mulan! Je vous le disais, les références affluent sans cesse, mais elles sont traitées avec un soin impressionnant! Le dessinateur italien Matteo Lolli apporte un sens du dynamisme efficace, et permet de faire de ce Deadpool massacre les Classiques… Un classique! Il y a de quoi se faire des noeuds au cerveau tant le récit est complexe, et c’est comme ça qu’on apprécie les histoires de voyages à travers les dimensions et les univers!!!

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Les news de la semaine : Richard Donner

Richard Donner avait entamé sa carrière dans les années 60, en enchaînant les participations à de multiples séries comme Au Nom de la Loi, L’Homme à la Carabine, La Quatrième Dimension, Des Agents très spéciaux ou Les Mystères de l’Ouest… Il poursuivra activement sur cette lancée dans les années 70, en réalisant des épisodes de Cannon, des Rues de San Francisco, de Kojak… Et en 1976, il sort de l’anonymat en mettant en scène l’inquiétant La Malédiction, qui lui ouvrira en grand les portes d’Hollywood! Il enchaînera très activement avec Superman, Les Goonies, les 4 films de la saga L’Arme Fatale… C’est clairement cette dernière qui m’a durablement marqué dans mon enfance et dans ma vie d’adulte, étant un fan inconditionnel de Martin Riggs et Roger Murthaugh! La précision de ces actioner est parfaite, et ils représentent la quintessence du buddy movie! C’est avec une certaine tristesse que l’on a appris son décès ce lundi 5 juillet, à l’âge de 91 ans. Il laisse derrière lui l’aura d’un metteur en scène indispensable dans ces décennies 80’s et 90’s!

 

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Le clip de la semaine : Cut Chemist – Work my Mind

Le DJ et producteur américain fait dans l’électro qui claque, et cette association avec Chali 2na et Hymnal se laisse écouter avec plaisir! Je vous pose ça là, bon week-end!

 

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