Sous le Ciel de Kyoto (Akiko Oku, 2024)

Sous le ciel de Kyoto - Film 2024 - AlloCiné

Avec son affiche lumineuse et colorée, ce film de la réalisatrice Akiko Oku possède tous les atouts du feel good movie un brin excentrique et joliment positif. On entre dans le monde de Toru, un étudiant introverti qui va croiser le chemin d’une jeune femme au caractère original, Hana. Toru va rapidement tomber sous le charme de cette fille avec qui il partage une vision non conventionnelle de la vie. On se retrouve pris dans une romance naissante qui prend le temps de se développer, avec un mélange de calme nippon et le dynamisme de la jeunesse. L’approche d’Akiko Oku est empreinte d’une belle fraîcheur et d’une liberté de ton qui permet au spectateur de délicieusement s’immerger dans cette évocation amoureuse.

Kyo no Sora ga Ichiban Suki, to Mada Ienai Boku wa (2024) - IMDb

Riku Agiwara et Yumi Kawai (vue dans N’Oublie pas les Fleurs de Genki Kawamura, cinéaste dont je vous parlais récemment pour son excellent Exit 8) offrent une très belle alchimie à ces 2 individus atypiques qui découvrent que leurs spécificités les rapprochent avec délicatesse. Akiko Oku va les suivre au gré des journées qui passent, en capturant l’évolution de leurs sentiments et de la nature environnante. Elle accorde une grande importance à la délicatesse et aux sonorités des éléments, soulignant la beauté enveloppante de la pluie, le charme délicat des flocons ou la tendresse du soleil venant réchauffer les visages. Son approche sensitive va apporter une profondeur bienvenue à cette histoire légère et joyeuse, qui nous offre des instants soudainement absurdes ou plus émotifs.

Kyo no Sora ga Ichiban Suki, to Mada Ienai Boku wa (2024) - IMDb

Il y a des films qui sont exactement ce que l’on espérait, d’autres qui sont aux antipodes de ce qu’on attendait. Et il y a des oeuvres qui correspondent à ce que l’on souhaitait mais qui parviennent toutefois à nous surprendre en apportant des modifications étonnantes. Sous le Ciel de Kyoto fait partie de ces oeuvres inclassables, en se permettant des ruptures de tonalités qui vont déstabiliser le spectateur, mais qui s’avèrent également réussies. Il y a à la fois une aisance narrative impressionnante et une liberté d’expression totale, qui font que l’on se retrouve parfois désarçonné tout en appréciant cet inconfort soudain. Et si les 2 acteurs principaux sont très justes et prenants, impossible de ne pas mentionner Aoi Itô qui fait clairement basculer le film, dans ce qui est sans doute l’une des séquences les plus poignantes que j’ai pu voir dans une romance. La justesse avec laquelle elle juxtapose l’insouciance de son personnage et une gravité soudaine est incroyable, et on se retrouve sans voix comme l’est le personnage principal. Cette séquence est véritablement sublime, et opère une bascule dans la narration qui va amener les personnages à exprimer davantage leurs sentiments.

Kyo no Sora ga Ichiban Suki, to Mada Ienai Boku wa (2024) - IMDb

Sous le Ciel de Kyoto est à la fois une romance enjouée, mais aussi une comédie absurde teintée de moments véritablement touchants. Akiko Oku sait exactement comment développer les différentes gammes d’émotions des personnages, elle prend le temps de laisser chacun révéler ce qu’il a dans le coeur, et ce rythme qui peut paraître lent d’un point de vue occidental est ce qui fait la richesse et la profondeur des dialogues déclamés. Les 3 acteurs principaux expriment avec beaucoup de sensibilité et de sincérité ce que traversent leurs personnages, et même si on est déstabilisé par les ruptures narratives et émotionnelles, on ne peut pas les lâcher jusqu’à la fin du film. Akiko Oku se permet des approches visuelles qui viennent également déstabiliser, comme avec ce monologue en plan-séquence sur lequel elle zoome sans prévenir pour être au plus près de l’émotion du personnage.

SOUS LE CIEL DE KYOTO | L'AVIS D'HANABI - Hanabi

On se retrouve face à un film mélangeant de nombreuses saveurs et qui va offrir différentes orientations, mais le résultat s’avère captivant malgré le fait (ou grâce au fait?) que le spectateur est bousculé dans ses habitudes. L’expérience est riche et très touchante, et reste durablement dans les esprits.

Kyo no Sora ga Ichiban Suki, to Mada Ienai Boku wa (2024)
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