L’attente touche à sa fin, puisque la diffusion de Spider-Noir, si elle n’a pas encore de date précise, est calée pour le printemps 2026. La série sera logiquement chapeautée par Sony, mais aussi par Amazon, pour une diffusion prévue sur Prime Video. Ce qui nous intéresse aujourd’hui, c’est l’apparition de 7 clichés dûs à Esquire dévoilant l’atmosphère très particulière de ce nouvel univers, qui prend place dans des années 30 alternatives le temps de 8 épisodes.
La particularité de ce show est qu’il sera diffusé à la fois dans sa version en noir et blanc, mais également en couleurs. Si l’on respecte le comics, on penchera bien évidemment pour le sublime noir et blanc proposé, mais il faut avouer que la version couleur a également un certain panache! Je vous mets les 2 versions des photos histoire que vous vous fassiez votre propre avis!
Je vais spoiler un peu au niveau des personnages, car sur l’excellent site Les Toiles Héroïques, il y est fait mention des différents personnages incarnés par les acteurs, donc pour ceux qui veulent garder la surprise, attention! 😉
On sait évidemment que Nicolas Cage incarnera le Spider-Noir, dont l’alias civil sera Ben Reilly. On avait appris que Brendan Gleeson jouerait Silvermane, et Lamorne Morris sera Robbie Robertson. Ce que j’ai découvert, c’est que la Chatte Noire sera de la partie sous les traits de Li Jun Li, et que Jack Huston campera Flint Marko, alias l’Homme-Sable! Un beau casting et un joli bestiaire, pour ce qui pourrait être une belle surprise dans l’univers super-héroïque de Sony (enfin!!).
J’avais jusqu’à présent vu 4 ou 5 films de Takashi Miike, que j’avais tous détesté… J’avais aussi vu son épisode des Masters of Horror qui était typique de sa propension au torture porn… Mais ce Sham semblait tendre vers un Miike un peu plus assagi, avec un récit nettement plus classique et clairement moins barré. Finalement, ça valait effectivement le coup de tenter ^^
Seiichi Yabushita est un enseignant d’école primaire sans histoire, qui va voir sa vie basculer suite à des accusations de maltraitances physiques et morales sur un élève. Cette thématique sociale va être traitée avec une acuité particulière par Miike, qui va s’amuser à brouiller les pistes en nous donnant différents points de vue sur les événements. Le film commence par la version de Ritsuko Himuro, la mère du garçon violenté souffrant depuis d’un syndrome de stress post-traumatique, puis bascule sur la version de M. Yabushita. 2 visions diamétralement opposées qu’il va falloir confronter lors d’un procès, afin de rétablir enfin la vérité.
Le choix de cette structure n’est pas nouvelle (on se rappelle du récent Le Dernier Duel de Ridley Scott) mais s’avère immersive, car Miike l’utilise afin de décrypter les rouages de la manipulation à la fois individuelle et collective, via notamment les médias qui s’emparent de l’affaire dans un but sensationnaliste. Un principe très ancré dans la culture japonaise est celui de ne pas attirer l’attention sur soi, et les révélations sur le comportement de M. Yabushita vont pulvériser sa tranquillité d’esprit et son rapport aux autres. Sommé de présenter des excuses pour des faits qu’il dit n’avoir pas commis, il va pourtant avouer à demi-mot la véracité de certains actes. Dans ces circonstances, quelle est la part de vérité, et y a-t-il des manipulations pour cacher cette vérité?
On pourra regretter des moments qui semblent manichéens, notamment lorsque le professeur n’est pas du tout protégé par sa hiérarchie et est désigné d’office comme coupable. Mais là encore, cela vient probablement du fait de la culture « pas de vague » du pays, qui après réflexion, existe aussi en Occident… Disons que les 2 membres de l’école opposés à Yabushita sont un peu trop démonstratifs et que cela fait un peu surjoué et absurde, mais le reste du film va moins sur ce terrain-là. Gô Ayano joue ce personnage de manière efficace, tant dans la version où il semble coupable que dans celle où il paraît innocent. Il se plaît à jouer le sadisme dans la première version, et celle de l’homme totalement dépassé par les événements dans la seconde. On aurait préféré qu’il soit plus incisif dans la seconde version, où il incarne cet homme effacé souffrant d’accusations terribles, mais le poids de la culture nippone pèse lourdement sur ses épaules, avec cette volonté prépondérante de toujours vouloir arranger les choses.
Kô Shibasaki incarne la mère du jeune Takuto, et le grand écart avec lequel elle gère les 2 versions de l’histoire est impressionnant. De femme effacée emplie de gentillesse et de douceur, elle passe à un silence glacial et un regard d’une froideur incomparable, à tel point que l’on a l’impresion de voir une version adulte de la sympathique Sadako du film Ring! Miike est servi par de très bons acteurs pour brouiller les pistes, et ce concept s’avère plutôt plaisant dans le genre du film de procès. On va assister à toutes les étapes de la déchéance de Yabushita, qui va voir l’opinion publique s’opposer frontalement à lui, par le biais d’un journaliste qui se plaît à alimenter les rumeurs. Yabushita se retrouve presque totalement isolé, n’ayant que sa famille pour le soutenir.
J’ai été très agréablement surpris par cette oeuvre de Takashi Miike, qui est bien loin de ses délires psychotiques habituels, et qui fait preuve d’un « classicisme » personnalisé. Les décadrages qu’il applique permettent de générer une sorte de douce confusion, histoire de nous faire glisser peu à peu dans ce récit étouffant. Cette sensation est toutefois contrebalancée par une très belle photographie signée Hideo Yamamoto, qui avait auparavant collaboré avec Miike à plusieurs reprises. On se retrouve donc pris dans un film au récit oppressant mais bénéficiant d’une certaine douceur dans sa beauté picturale, ce qui crée un décalage intéressant. Dans le genre, on lui préférera toutefois le sublime Black Box Diaries de Shiori Itō, qui est un documentaire encore plus poignant.
En tant qu’adepte de l’oeuvre littéraire de Maxime Chattam, je ne pouvais pas faire l’impasse sur cette adaptation de son excellent roman Le Signal publié en 2018. C’est François Uzan (Lupin) qui assure la gestion du show et son écriture, le temps de 6 épisodes de 45-50 minutes. Au niveau de la réalisation, la première période est assurée par Slimane-Baptiste Behroun (réal de la série Surface, adaptée de l’excellent roman d’Olivier Norek), et la seconde par Karim Ouaret.
Le début est très prometteur avec cette famille arrivant sur l’île de Kernolé pour changer de vie, et la découverte de la nature environnante et de la population locale. Alors oui, la délocalisation du récit des Etats-Unis à la France amène une certaine déperdition, parce que la ville de Mahingan Falls possédait vraiment quelque chose de magique, et que l’atmosphère à la Stephen King s’avérait captivante. Mais cette version bretonne n’est pas sans une certaine saveur, surtout le temps des 3 premiers épisodes qui apportent une mise en scène très immersive. En prenant le temps d’osciller entre les teenagers et les adultes, Le Signal 149 kHz se rapproche par moments de l’aura du bouquin, et se permet quelques trouvailles visuelles renvoyant à tout un imaginaire fantastique adolescent. La séquence dans les champs est à ce titre excellente, avec un côté que ne renierait pas le Shyamalan de Signes ^^
Clotilde Hesme et Grégory Montel forment le couple Olivia et Paul, et lui apporte des nuances intéressantes psychologiquement parlant. Sarah Pachoud joue leur fille Camille, une adepte des technologies scientifiques, qui va se rendre compte d’un problème important au niveau des ondes électro-magnétiques sur cette île. Sarah Pachoud s’avère très convaincante dans son rôle, et la relation qu’elle va entretenir avec d’autres jeunes du coin va permettre de retrouver un peu de l’essence du roman.
Mais si les 3 premiers épisodes s’avèrent très convaincants, les 3 suivants adoptent un schéma plus convenu, et s’aventurent moins dans les méandres de l’île, ce qui est très dommage. Le principe du roman était d’avoir une carte au début du livre, à laquelle on se référait constamment au fil de la lecture, afin de savoir où se situait chaque endroit traversé. On appréciait vraiment la balade au gré des kilomètres parcourus par les gamins, et cet aspect-là est vite perdu dans la série, qui va surtout se concentrer sur la résolution de l’intrigue en oubliant peu à peu l’atmosphère travaillée dans les 3 premiers épisodes. Le Signal 149 kHz reste une série de facture correcte, mais qui promettait tellement mieux que l’on est en droit d’être déçu au final…
Je suis dans l’incapacité de vous résumer le film que j’ai vu hier. Je découvre le cinéma de Bi Gan, metteur en scène chinois actif depuis les années 2010, et le mieux que l’on puisse faire avec ce genre d’oeuvre, c’est de tout lâcher pour se laisser transporter dans son univers atypique. Ce récit-fleuve de 2h40 va se situer à la frontière entre le rêve et la réalité, et va nous faire voyager au gré des époques lors de chapitres très différents. Mais le liant fondamental de ce film est l’amour de Bi Gan pour le 7ème art, Résurrection étant un hommage formellement très impressionnant à l’histoire du cinéma.
Ce film divisera sans conteste les spectateurs, car il est narrativement très volatile et brouille constamment les pistes. On est aux antipodes d’une structure classique suivant une évolution constante avec des personnages bien définis, on est au contraire balloté dans le temps et l’espace, et il ne faut surtout pas chercher à se raccrocher à quelque chose. Le mieux est de s’abandonner à l’expérience sensorielle de Bi Gan, et on verra bien dans quel état on en ressort! ^^
J’ai rarement vu un niveau de mise en scène aussi maîtrisé, et même si je n’étais pas forcément happé par l’ensemble des récits, cette force visuelle impactante a eu raison de moi ^^ Le travail impressionnant sur les cadrages, sur la lumière, ainsi que celui sur le son, font que l’on se retrouve pris dans un piège hypnotisant qui ne vous lâche pas jusqu’à la fin. Le concept pourra certainement en rebuter beaucoup, parce qu’on est clairement en-dehors de notre zone de confort cinématographique habituelle, mais l’expérience s’avère déroutante et intéressante. On va croiser des influences très différentes comme Lynch, les Frères Lumière, l’expressionnisme allemand, un soupçon de Wong Kar-Wai…
Ma séquence préférée est sans conteste ce plan-séquence hallucinant qui doit durer au moins 30 minutes, et qui raconte une histoire d’amour et de violence avec une maestria que je n’ai jamais vue ailleurs. Résurrection est vraiment un film conceptuel qui ne plaira pas à tous, mais il offre quelques fulgurances impressionnantes et baigne dans une atmosphère des plus étranges et maîtrisées.
Capcom a vu les choses en grand pour la comm du prochain Resident Evil 9 : Requiem, qui sortira le 27 février. Ce n’est pas la 1ère fois que l’on voit une BA en prises de vue réelles pour un jeu vidéo, et on se souvient notamment de l’excellente prestation de Giancarlo Esposito pour celle de Far Cry 6. Ici, Capcom a fait appel à la talentueuse Maika Monroe dans ce qui constitue un court métrage très ambitieux et profondément marquant. Comme quoi, en l’espace d’à peine un peu plus de 3 minutes, il est possible d’enterrer toutes les adaptations précédentes…
On retourne aux racines de Raccoon City avec cette histoire poignante nous plongeant dans un chaos que les fans de la franchise connaissent bien, et qui s’élève au-delà du simple hommage pour constituer un concentré d’émotions très réalistes. Ce serait possible de donner le nom du réal et de lui confier le prochain film? ^^