Le succès du Backrooms de Kane Parsons va ouvrir une nouvelle ère horrifique du côté d’Hollywood, puisque les producteurs se tournent désormais vers les créateurs et les légendes urbaines ayant émergé sur YouTube et toutes les plateformes du style Reddit et consorts. Après les espaces liminaux que représentent ces immenses couloirs jaunes feutrés, Warner Bros. va donc tenter d’imposer sa propre franchise à base d’angoisse issue du net avec Siren Head, qui contera l’histoire d’une créature démoniaque dont la tête est constituée de deux sirènes… Tout est dans le titre en même temps, il n’y a pas de publicité mensongère.
C’est en 2018 que Trevor Henderson partage sa créature sur le net, qui rejoint le panthéon des personnages horrifiques étranges comme le Slender Man. On se dit que l’opportunité est de mise quand on voit les résultat au box-office de Backrooms, qui a pour l’instant rapporté 330 millions de dollars pour… 10 millions de budget!!! Mais là où le projet devient quand même intéressant, c’est qu’il va réunir 2 noms réputés dans le milieu de l’horreur pour rédiger le script de ce film: Zach Cregger, capable du meilleur (Barbare) comme du pire (Evanouis), mais surtout Brian Duffield, qui pour moi a mis en scène 2 excellents films totalement passés sous le radar : Spontaneous et Traquée. Alors qu’on attend son nouveau film, Englouti, pour le 14 octobre, il est également pressenti à la réalisation de ce futur Siren Head. Quand à Cregger, on espère que son Resident Evil sera plus proche de Barbare que d’Evanouis… Réponse le 16 septembre. On attend donc de voir ce que ces deux films ont dans le ventre avant de s’exciter sur Siren Head ^^
Uwe Boll a souvent été capable du pire (House of the Dead, Alone in the Dark, BloodRayne, King Rising – Au Nom du Roi), mais il a parfois été plus inspiré comme avec Postal, Stoic, Rampage – Sniper en Liberté ou Assaut sur Wall Street. Il n’a jamais flirté avec le chef-d’oeuvre, mais je me rappelle que son Stoic m’avait à l’époque étonné par sa solidité et par son atmosphère oppressante. Bénéficiant du statut tant convoité de pire réalisateur du monde, je pense que ce titre est usurpé et pouvait s’appliquer surtout sur ses premières oeuvres. On est très loin d’un Fincher ou d’un Nolan, mais on a connu des Marveleries bien moins emballées ces 15 dernières années…
Le metteur en scène allemand fait ses films dans son coin avec ses propres sociétés de production (alors qu’il utilisait une faille du système de financement allemand lors de ses premiers films), et depuis le 1er Rampage, il s’est embarqué dans un cinéma plus politique, avec des oeuvres contemporaines et historiques. Uwe Boll, c’est le grain de sable dans la machine, celui qui va jouer le provocateur pour attirer des spectateurs supplémentaires, et il est notamment connu pour avoir organisé des combats de boxe contre des critiques de films ^^
Son Citizen Vigilante fait partie de cette tendance politique et sociétale, en mettant en scène un homme qui a décidé de se faire justice lui-même. En engageant Armie Hammer, il continue à utiliser la provoc, l’acteur déchu ayant été totalement blacklisté d’Hollywood en 2021 après des accusations de viols et de maltraitances physiques par des ex-compagnes. Il n’a finalement jamais été condamné, et les charges ont été abandonnées. Difficile de connaître la pure vérité sur ces affaires, mais l’acteur étant tombé en disgrâce, Uwe Boll l’a contacté pour lui redonner sa chance sur un plateau de tournage. Rien qu’avec cette embauche, Uwe Boll soigne sa comm provocatrice et sait que la présence de l’acteur fera parler de sa dernière oeuvre. Et encore, on a pas abordé le sujet de ce film…
Avant cela, on va expliquer que le long métrage n’a pas eu d’autorisation de sortie sur le territoire allemand, la commission de classification ayant estimé que le film incitait à la violence envers les migrants. Le film est inspiré d’un sordide faits divers survenu en 2016 à Hambourg, et Citizen Vigilante s’apparente à la réponse fantasmée que le réalisateur apporte à ce drame. Celle d’un homme qui s’affranchirait de toutes les lois pour n’en appliquer qu’une seule, la loi du talion. Le viol collectif de cette jeune fille ayant été perpétré par des étrangers, il est normal qu’Uwe Boll les caractérise comme tel dans son film. Et c’est là qu’on atteint le point sensible qui va faire basculer le film dans la fachosphère pour certains, puisque Uwe Boll a osé donner le mauvais rôle à des étrangers. Mais si la réalité de cet atroce fait divers impliquait des étrangers, pourquoi en aurait-il fait des autochtones dans son film?
Le film est rapidement catégorisé d’extrême-droite, et son interdiction le rend d’autant plus sulfureux. Le fameux effet Streisand se met très rapidement en marche, et Elon Musk contourne l’interdiction allemande en proposant à Uwe Boll de diffuser son film sur X pendant 48 heures. Résultat, tout le monde peut le voir et tout le monde en parle. Uwe Boll a encore réussi sa comm aggressive, provocatrice et putaclic. Et finalement, si on met de côté tous les scandales entourant Citizen Vigilante, et qu’on regardait ce film de manière froide et objective afin de voir ce qu’il dit réellement, au-delà des fantasmes de tous les partis politiques possibles?
Le film se fait traiter d’oeuvre raciste et anti-migrants, et il y a effectivement des étrangers ou des individus d’origine extra-européenne qui ne sont pas épargnés par Sanders, le vigilante du titre. Mais certains autochtones ne sont pas non plus épargnés, ni certains flics ni un membre de la magistrature. En fait, Uwe Boll tape sur toutes les strates de la population et sur toutes les populations, en mettant en avant le dénominateur commun de tous ces personnages qui sont visés par Sanders : ce sont des raclures de la pire espèce, indépendamment de leur couleur de peau. Pour lui, il ne s’agit pas d’aller buter des étrangers, son but est de purifier le monde des pires criminels, ceux qui violent et massacrent des femmes, qu’il s’agisse de ceux ayant directement agi ou de ceux ayant permis ces agissements. Et c’est là où il ne faut pas faire d’amalgame, car quand il cible des étrangers, il cible ceux qui agissent de manière criminelle, et il ne parle pas de l’ensemble des étrangers.
Quand on voit les jeunes cons du début du film, on a 3 ethnies différentes qui sont représentées, ce qui démontre la volonté du réalisateur de s’attaquer avant tout au problème de la criminalité plutôt qu’à une ethnie spécifique. Mais comme il est vrai que l’on n’a clairement pas l’habitude de voir représenté à l’écran des étrangers dans un mauvais rôle, la polémique prend direct, et cela sert encore une fois Uwe Boll qui se complaît dans cet aspect provocateur. Il attendait évidemment cette polémique, qui va donner d’autant plus de visibilité à son film, et qui va lui permettre de mettre en avant la thématique principale du film, qui rejoint celles de sa saga Rampage ou de Assaut sur Wall Street : quand le système ne répond pas aux besoins des citoyens, est-il temps de se faire justice soi-même?
Sur la forme, on assiste à du Uwe Boll sans grand relief, avec de nombreuses séquences inutilement étirées et composées de plans aléatoirement montés ensemble. La scène de l’arrivée de la troupe d’élite est à ce titre très représentative des errements cinématographiques d’Uwe Boll, qui ne sait pas vraiment comment créer du suspense. La séquence suivante est probablement l’une des plus absurdes et ridicules que j’ai pu voir dans un film d’action, mais je ne vous spoilerais pas au cas où vous souhaitez voir ce film. Citizen Vigilante rappelle qu’Uwe Boll n’est certainement pas le meilleur metteur en scène, mais il va parfois avoir des séquences bien plus réussies qui vont créer un véritable malaise. On est dans du Uwe Boll pur jus, alternant entre réussites et faiblesses, et Citizen Vigilante est un patchwork étrange, mais dans lequel surnage toutefois un propos qui suffit à conserver un certain intérêt.
Le film pose en effet la question de la justice autonome, qui a souvent été posée par des oeuvres commeUn Justicier dans la Ville, A Vif, L’Ange de la Vengeance, Death Sentence, Les Chiens de Paille, La Dernière Maison sur la Gauche (et son excellent remake), La Maison au Fond du Parc, Que la Bête Meure, Le Vieux Fusil, I Spit on Your Grave et bien d’autres. Un genre qui a émergé dans les années 70 et dont le sous-genre du rape & revenge s’avère très représentatif. On a des personnages qui suite à un tragique événement, vont se tourner vers la part la plus profonde d’eux-même pour puiser toute la noirceur dont ils sont capables, afin de se venger eux ou l’un de leurs proches. Citizen Vigilante s’inscrit dans cette même veine, avec certes un traitement cinématographique loin d’être abouti, mais Uwe Boll est juste là pour jeter le pavé dans la mare, et souligner les dysfonctionnements politiques et judiciaires qui ont conduit à de tels drames.
Que l’on apprécie ou non le film, il a le mérite d’exister et de proposer une vision à total contre-courant de ce qui est politiquement accepté, et quoi qu’on puisse penser d’Armie Hammer, il s’avère intense dans ce rôle taiseux et sans concessions. Il va donner corps à cette sorte de Punisher croisé avec Patrick Bateman, et va aller bien au-delà du simple film de vengeance pour montrer la croisade d’un individu désaxé, qui ne s’en prend finalement pas qu’aux criminels mais aussi à des innocents. C’est là que la conscience du spectateur entre en jeu et est mise face à ses propres limites, car en filigrane, Uwe Boll interroge sur ce que l’on serait capable de faire si quelque chose de similaire arrivait à l’un de nos proches?
Citizen Vigilante va loin, certainement trop loin par moments, mais il a le mérite de mettre en avant les victimes plutôt que les bourreaux, et il donne quelque part la parole à ces anonymes qui ont été réduits au silence, en leur demandant quelle version de la justice ils aimeraient appliquer. Et en mettant en avant les failles d’un système trop laxiste, tout en traitant du sujet hautement explosif de l’immigration, Uwe Boll avance avec ses gros souliers en terrain miné, mais il le fait en toute conscience et cela change radicalement de la prudence habituelle. Par exemple, dire que le terrorisme islamiste tue, ça n’est pas mettre tous les étrangers dans le même panier, mais ça énonce une vérité qu’il ne faut pas occulter. dans un monde où les raisonnements binaires l’emportent sur les analyses plus complexes, c’est sûr que ce n’est pas le style Uwe Boll qui mettra tout le monde d’accord. Mais il vient rappeler que la protection des victimes n’a pas à être de gauche ou de droite, et qu’elle devrait être universelle. On a vu ce que le politiquement correct a donné en Angleterre avec les grooming gangs qui ont pu sévir pendant des décennies… Avec une toute autre approche, l’excellentJe Verrais Toujours vos Visages, que je vous conseille vraiment, confrontait des criminels et des victimes dans un film très intimiste et bien plus maîtrisé au niveau de son écriture. Citizen Vigilante se pose en contre-point total avec cette approche centrée sur l’écoute…
Citizen Vigilante vient bousculer les consciences avec son approche bas du front et très directe, et c’est clair qu’il ne s’agit pas d’un grand film. Mais le choix d’Uwe Boll est avant tout de pulvériser le politiquement correct et de soulever des questions qui méritent d’être posées, dans un monde où l’impunité règne en maître dans les affaires les plus sordides. L’exemple du drame qu’a vécu Louis est un énième « fait divers » démontrant à quel point certains criminels ont totalement perdu la moindre once d’humanité… Tout le monde devrait unanimement condamner toutes les exactions perpétrées par de tels criminels, et la couleur de peau ou les origines de ceux qui commettent ces méfaits ne devraient avoir aucune importance dans la manière de juger ces affaires.
La Bataille de Gaulle : L’Age de Fer est sorti le 3 juin, et La Bataille de Gaulle : J’Ecris ton Nom devait initialement sortir le 3 juillet. Mais au vu des résultats décevants au box-office, Pathé a décidé de l’avancer d’une semaine afin que les 2 films puissent bénéficier de la Fête du Cinéma. Cette décision avait été prise alors que le 1er volet n’avait attiré que 338 000 spectateurs la 1ère semaine, et avait connu une baisse de 40% en 2ème semaine. Pourtant, la 3ème semaine a été très étonnante puisqu’elle a vu le film rebondir de 17%! Alors qu’il semblait parti pour être une déception au box-office, les retours très positifs des spectateurs ont enclenché une dynamique qu’on souhaite durable pour cet excellent film, et par conséquent pour sa suite également!
Après un premier film de très belle facture, La Bataille de Gaulle : J’Ecris ton Nom poursuit l’épopée héroïque et incroyable du Général de Gaulle et de tous les hommes qu’il a pu rassembler autour de lui. Le 1er volet dépeignait un récit à peine croyable et pourtant authentique dans lequel un homme seul se levait pour sauver la France, et on attaque ce 2ème film avec une équipe plus formée mais encore limitée en nombre. On continue à suivre les tractations politiques qui s’avèrent très intenses entre le général et Winston Churchill, mais aussi avec le président américain Roosevelt et avec le général français Henri Giraud. Ces parties tactiques sont diaboliquement réussies, soulignant les immenses pressions face aux enjeux globaux et mettant en lumière des luttes d’egos impressionnantes, et heureusement que le général avait une personnalité forte car sans cela le destin du pays aurait été totalement différent! Le rôle des Américains dans le sauvetage de l’Europe est reconnu, mais on parle rarement de leur plan initial qui ici est abordé de manière très frontale! Les jeux de dupes et les coups de poker s’enchaînent et démontrent que même dans un moment de bascule aussi dramatique que la Seconde Guerre Mondiale, de nombreux participants y voient un moyen de gagner en prestige ou en domination économique!
Si le Général de Gaulle, toujours joué de belle manière par Simon Abkarian, est l’artisan principal de la résistance, il a eu la chance d’avoir à ses côtés des hommes exemplaires et remarquables, à commencer par un autre futur général, Philippe Leclerc. Cet homme a été tout simplement déterminant à plusieurs reprises, parvenant à motiver ses hommes dans de multiples batailles en leur insufflant sa vision de la liberté. L’acteur Niels Schneider est excellent dans ce rôle emblématique, tout en retenue lorsqu’il n’est pas sur le champ de bataille, et faisant preuve d’un très fort magnétisme lorsqu’il faut aller combattre l’ennemi. Il parvient à insuffler à ses hommes sa propre vision de la France et affiche une résolution sans faille face aux Allemands, et j’ai vraiment été très touché par la trajectoire étonnante de ce héros de guerre!
Félix Kysyl apporte toute sa sensibilité dans son interprétation de Jean Moulin, figure mythique de la Résistance Française. Là encore, on va suivre le destin d’un homme hors du commun, qui voyait bien au-delà de sa propre personne, et cette vision aura été capitale pour que le pays puisse se relever. On va suivre ses tentatives de créer un gouvernement de substitution au gouvernement vichyste, avec un réel suspense dans ses discussions avec les parlementaires. Il devait constamment échapper à l’attention des Allemands et le risque était très grand pour lui et ses alliés, mais il n’a à aucun moment reculé dans sa mission. Félix Kysil lui donne une très belle stature, à la fois très humble et inflexible, ce que mérite largement ce grand homme.
Anamaria Vartolomei incarne Livia, un personnage certes fictif, mais qui est représentatif de toutes ces femmes ayant oeuvré dans la Résistance. S’inspirant de figures comme Lucie Aubrac ou Germaine Tillion, l’actrice apporte une belle audace et une grande ténacité à Livia, qui fait partie de ces résistants ayant oeuvré dans le Paris occupé. Chargée des communications, son rôle est capital dans la réussite du plan de Jean Moulin, et elle va connaître des moments très intenses dans cette guerre couverte, apportant beaucoup d’énergie et d’émotions à son personnage.
Je ne vais pas vous citer tous les personnages du film, je vous laisserai les découvrir par vous-mêmes, mais Antonin Baudry est parvenu à mettre sur pied une superbe fresque, à la fois épique et intimiste car il parvient à traiter de grandes épopées et de moments plus modestes avec un sens de l’équilibre dans l’écriture qui est juste magistral! Les décors sont grandioses, notamment sur la partie située au Maroc, la contribution de l’Afrique ayant été capitale dans le plan de De Gaulle. Les tirailleurs sénégalais ont apporté une solide contribution au Général, eux qui ont été recrutés dans toute l’Afrique subsaharienne, et les campagnes d’Afrique ont été décisives. Antonin Baudry est très à l’aise dans la mise en place de ses séquences d’action, et on est réellement pris aux tripes lors des batailles qui possèdent un caractère épique trop rare dans les productions françaises! On a des séquences dignes d’un blockbuster d’une très grande efficacité, parvenant à nous souffler visuellement tout en nous faisant appréhender le destin de ces hommes.
La Bataille de Gaulle: l’Age de Fer était déjà un excellent film, La Bataille de Gaulle : J’Ecris ton Nom s’avère même un cran légèrement au-dessus. Avec une durée de 2h37, il n’a pourtant aucun temps mort et bénéficie d’une fluidité impressionnante! Le suspense et la tension sont préservés d’un bout à l’autre du métrage (et même d’un bout à l’autre des 2 métrages!), et cette épopée s’avère passionnante sur l’ensemble de ses 5h17, nous permettant de découvrir l’intensité des efforts qu’ont dû fournir tous les protagonistes de ce moment historique décisif!
Les 2 films nous font passer par toute une gamme d’émotions très fortes, et on est au plus près des protagonistes afin de ressentir ce qu’ils ont vécu sur les champs de bataille ou dans les bureaux lors des tractations diplomatiques. Ce diptyque est une réussite totale, et pour ceux qui craignent des films historiques ronflants et bavards, il n’en est rien, car Antonin Baudry a réussi à saisir la dimension épique de cette histoire de résistance incroyable!!! Quand le sujet est traité avec sérieux et passion, cela donne des films d’excellente facture, et on ressort de cette double expérience cinématographique bien secoué et très humble par rapport à la grandeur de ces hommes qui ont permis à la France de survivre!!!
Alors que la saison 2 nous laissait clairement sur notre faim malgré des séquences bien intenses avec Bullseye, la saison 3 de Daredevil: Born Again est actuellement en plein tournage. Cette saison 2 voyait le retour de Jessica Jones le temps d’une poignée d’épisodes, et on retrouvait également Luke Cage pour une apparition furtive. Mais la saison 3 ramènera d’autres personnages de l’ère Netflix.
En effet, la participation d’Iron Fist avait déjà été évoquée, mais on apprend également cette semaine qu’Elektra fera son grand retour! Toujours incarnée par la Française Elodie Yung, l’ancienne ninja de La Main croisera à nouveau la route de Matt Murdock, quelques années après qu’on l’avait laissée pour morte suite à l’effondrement d’un immeuble dans la série Defenders.
Des photos de tournage dévoilent un look plutôt cool et proche des comics, je vous mets ça ici. La diffusion de cette saison 3 est prévue en mars 2027.
L’histoire de Kane Parsons, plus connu sous le nom de Kane Pixels, est celle d’un gamin surdoué qui transforme tout ce qu’il touche en objet de fascination. Il réalise son premier court métrage à 13 ans, mais c’est avec son 2ème qu’il va nous initier aux codes très personnels de son point de vue cinématographique. Avec cet hommage au jeu vidéo Portal 2, il démontre un sens très aiguisé de la mise en scène et apporte un regard totalement épuré au niveau scénaristique, pour nous livrer un objet des plus étranges et pourtant envoûtant. Ce sera la clé de voûte de toute son oeuvre à venir, et à 14 ans seulement, il était déjà d’une maturité impressionnante!
S’ensuivent des courts divers et variés toujours très originaux et immersifs (pour plus de détails, voir cet article ou cette vidéo), mais c’est le 7 janvier 2022 qu’il va définitivement se faire un nom, lorsqu’il met en ligne The Backrooms (Found Footage). Il pulvérise littéralement internet et atteint très rapidement un nombre de vues hallucinant! Aujourd’hui, il en est à 85 millions… Il développe toute une série de vidéos basée sur le concept des backrooms, il fait de très nombreux émules et le phénomène devient véritablement mondial. Il avait 16 ans lorsqu’il réalisait ce premier épisode, et le studio A24 a décidé qu’il était assez doué pour réaliser lui-même sa propre adaptation de sa série à succès.
C’est ainsi que l’on se retrouve aujourd’hui avec un long métrage fraîchement sorti au cinéma, Backrooms. Il en assure donc la réalisation, tandis que l’écriture est assurée par Will Soodik (qui a notamment écrit des épisodes de Ash vs Evil Dead), et il co-signe la musique avec Edo Van Breemen (The Monkey, L’Elue). Alors qu’il assurait l’intégralité des postes sur ses vidéos YouTube, il est donc épaulé ici par des gens de l’industrie avec qui il est parvenu à partager sa vision très personnelle. Et le résultat est sans appel : une extension des plus intelligentes de son univers créé sur internet, Kane Parsons/Pixels se servant de ce nouveau média pour poursuivre ses expérimentations visuelles, sonores et cauchemardesques!
Les connaisseurs apprécieront totalement ce nouvel épisode venant compléter une mythologie déjà très riche, et c’est un réel plaisir de se retrouver à errer dans ces couloirs jaunes aux néons bourdonnants à travers un écran de cinéma! On se retrouve en terrain très connu et on appréciera les subtils détails renvoyant à ses vidéos, tout en appréciant de pouvoir prendre davantage de temps à découvrir de nouveaux personnages. Quand j’ai vu que Chiwetel Ejiofor et Renate Reinsve étaient les acteurs principaux, je me suis dit que ça pouvait être très étrange au vu de leur notoriété dans le monde du 7ème art. Et pourtant, les deux se glissent dans cet univers avec une aisance confondante en se mettant véritablement au service du récit et en ne cherchant pas à briller de manière personnelle. Il y a une véritable humilité dans leur approche, qui vient rejoindre l’humilité de ce gamin de 20 ans (21 aujourd’hui) qui a eu l’opportunité de les diriger pour son tout premier film!!!
Contrairement à de nombreuses oeuvres qui sont produites pour surfer sur le succès du moment, on sent qu’ils n’ont pas été pressés pour sortir le film le plus rapidement possible, mais que les producteurs ont au contraire pris le temps nécessaire afin de créer une intrigue qui fonctionne. Et là où Kane Pixels jouait avec son Blender (pas celui pour la cuisine, mais celui pour concevoir des environnements informatiques 3D ^^), il y a eu pour ce long métrage un mélange d’effets en images de synthèse et de véritables décors. Le chef décorateur Danny Vermette a oeuvré sur 4 plateaux différents pour une superficie totale de 2800 m²! Les acteurs ont donc pu s’immerger dans un véritable labyrinthe fait de ce papier peint et de cette moquette si emblématiques! Ce mélange de prises de vue réelles et d’effets numériques apporte une texture très riche au film, et Kane Parsons a certainement adoré voir son univers mental prendre physiquement vie!
La photographie du film est également d’une très belle maîtrise, et est signée par Jeremy Cox, lui dont le travail m’avait déjà tapé dans l’oeil sur Longlegs d’Osgood Perkins. Et pour la petite histoire, il a aussi travaillé sur The Monkey et L’Elue comme le compositeur Edo Van Breemen ^^ D’ailleurs le travail sonore est lui aussi excellent, avec cette capacité que Parsons a pour créer des nappes musicales mêlant normalité et étrangeté avec une très grande maîtrise.
Kane Pixels faisait déjà preuve d’un talent de cinéaste hors norme sur internet, et il confirme avec Backrooms tout le bien que l’on pensait de lui. Sa manière d’aller explorer les recoins de ce labyrinthe est tout simplement captivante, et il sait de manière instinctive comment optimiser chaque détail et chaque mouvement de caméra. Sa caractérisation des entrées dans les backrooms est juste géniale, et il est capable de passer d’une atmosphère à une autre en un claquement de doigt comme si c’était la chose la plus simple à faire! Il a un talent dingue et on sent qu’il s’est en plus vraiment fait plaisir sur ce tournage!
On va découvrir des salles, pièces, couloirs et lieux totalement étranges à l’architecture torturée, et si l’on peut regretter que cette exploration ne soit pas plus approfondie (on pourrait y passer des heures, là le film dure 1h51), on sillonne des endroits variés et l’on passe de pièces exigues à des lieux immenses, nous faisant osciller entre claustrophobie et vertige au gré de cette balade atypique. Le parallèle très pertinent entre la psychanalyse et les backrooms va déboucher sur des événements créant un certain malaise, et on sent bien évidemment une certaine inspiration lynchienne par moment, tout en renvoyant à son propre lore, je pense notamment à la caractérisation d’une créature qui me fait penser en partie à sa série The Oldest View.
Chiwetel Ejiofor est excellent dans un rôle à vif, Renate Reinsve est parfaite dans son personnage de thérapeute qui semble capable de tout gérer, et c’est tellement un plaisir de les voir évoluer dans cet univers que le film est passé trop rapidement! On a vraiment envie de continuer à arpenter ces lieux à la fois terrifiants et hypnotisants, et Kane Parsons nous démontre qu’il est capable de faire le grand écart entre des séquences véritablement horrifiques et des moments très psychologiques. Il sait également comment jouer sur les frustrations de ses spectateurs, qui veulent toujours en savoir davantage, mais il a l’intelligence de ne pas tout dévoiler. Et on attend donc avec impatience son prochain projet!!!