
Certains se souviennent avec tendresse du Street Fighter de 1994, actioner nanardesque avec Jean-Claude Van Damme. On se rappelle forcément moins de l’obscur Street Fighter: Legend of Chun-Li de 2009, avec Kristin Kreuk dans le rôle-titre. Et voilà que 32 ans après le 1er film, on a un nouveau remake qui vient pointer le bout de son kimono! A la réalisation, on a le nippo-américain Kitao Sakurai dont les oeuvres ne sont pas forcément très connues, mais qui a un background plutôt drôle, puisqu’il a joué dans Best of the Best 3, la fameuse saga d’arts martiaux 90’s, et dans Dogma de Kevin Smith! ^^
![Street Fighter - Bande-annonce VF [Au cinéma le 14 octobre 2026]](https://images.justwatch.com/backdrop/340073603/s640/street-fighter-2026.jpg)
Je craignais forcément une oeuvre nanardesque au vu du sujet, et je me suis retrouvé dans un véritable film des années 90!!! L’intrigue de Street Fighter prend place en 1993, et Kitao Sakurai a fait le pari complètement fou de faire un film provenant littéralement des 90’s!!! Avec un profond respect pour les jeux vidéo et leur mythologie, ainsi que pour le cinéma de l’époque, il crée une oeuvre totalement surprenante qui ressuscite le meilleur de ces 2 médias en respectant cette époque bénie, et Street Fighter est un vrai tour de force visuel agrémenté d’un sens de l’humour dévastateur!

On est sacrément servi au niveau du casting, avec Noah Centineo qui est génial en Ken Masters! Sa façon de personnifier ce combattant à l’égo démesuré qui se fait pourtant ridiculiser, ça amène d’entrée une tonalité parodique qui fait un bien fou à ce film jouant constamment avec le second degré, mais qui pourtant est capable de démontrer toutes les ambitions qu’il a dans le ventre au niveau action! Noah Centineo donne une très belle consistance à ce personnage imbu de sa personne, mais qui va pourtant essayer de retrouver sa grandeur. L’acteur est d’ailleurs celui qui a été choisi pour incarner un certain John Rambo dans la préquelle à la saga! Le Britannique Andrew Koji est parfait dans le rôle de Ryu, et en tant qu’artiste martial, il a notamment joué Storm Shadow dans Snake Eyes, il a joué dans la série Warrior, et il était impérial dans la saison 3 de Gangs of London! Il apporte une très belle complexité à Ryu, qui doit lutter contre le pouvoir qu’il peut déchaîner à tout instant!

Dans le rôle de M. Bison, on a le machiavélique David Dastmalchian (Polka-Dot Man dans The Suicide Squad) qui s’en donne à coeur joie dans ce rôle bien jouissif et so 90’s! On a un vilain de série B bien retors qui va mettre en place un tournoi d’arts martiaux, afin de mettre la main sur un combattant en particulier, en ayant en tête un plan bien tordu comme on en faisait dans les années 80-90! La Canadienne Callina Liang (Presence) est excellente dans le rôle de Chun-Li. On a aussi un Jason Momoa en CGI qui incarne Blanka, on a le monstre hollandais Olivier Richters (2,18m pour 160 kilos) qui joue Zangief, la Thaïlandaise Mel Jarnson qui interprète Cammy, l’une des bad girls de Bison. Anecdote plutôt sympa, elle avait également joué dans le Mortal Kombat de 2021, et elle s’éclate bien avec ce rôle barré ^^

Le rôle de Guile va tellement au catcheur Cody Rhodes, qui semble s’être bien amusé sur le tournage! L’Indien Vidyut Jammwal est impressionnant dans le rôle de Dhalsim, et on a encore 50 Cent en Balrog, et un autre catcheur emblématique, Roman Reigns (Joe Anoa’i de son vrai nom), pour incarner le terrible Akuma. (d’ailleurs, il semble avoir piqué le collier d’Oba Femi, est-ce un spoil? ^^) Un casting sacrément hétéroclite et qui fonctionne à merveille, apportant des interactions parfois étonnantes. Voir Cody Rhodes avec sa coupe démesurée faire la causette avec Andrew Koji, c’est un moment que je n’aurais jamais pensé voir un jour ^^

Le film soigne à la perfection son univers visuel, et l’ensemble des combats est totalement respectueux de l’oeuvre originale. Celui contre Honda le voit faire ses fameux coups de poings hyper rapides, on a les hadoken chers à Ryu, Le côté electrique de Blanka est bien présent, l’aspect élastique de Dhalsim est aussi respecté… Chaque personnage des jeux se retrouve à l’écran en étant traité avec soin, et on se retrouve propulsé dans un film qui brasse la nostalgie avec un talent fou! Le combat sous la pluie entre Ken et Ryu est référentiel à mort, leur traversée de la prison en se fightant contre les gardes de Bison est juste magique, on se croirait presque dans le Kung Fury de David Sandberg! La photographie de Ken Seng est excellente et permet là encore de retrouver cette fibre nostalgique.

Les choix musicaux participent grandement à l’humour du film, et ils sont juste parfaits eux aussi! Je ne vous en dis pas plus, je vous laisserai découvrir ça ^^ Kitao Sakurai prend le matériau de base et le triture pour en faire un hommage sincère à la saga vidéoludique, en permettant aux personnages de développer leurs histoires. D’ailleurs, les flashbacks en animation qui viennent régulièrement ponctuer le film sont excellents. On explore la relation fraternelle entre Ken et Ryu, on comprend peu à peu qui est Akuma, on dévoile l’histoire de Chun-Li… Avec un nombre aussi impressionnant de personnages, ils ne pourront forcément pas tous briller constamment, mais Kitao Sakurai va s’intéresser à chacun d’entre eux en gardant toujours un réel respect pour leur mythologie.

Là où des spectateurs pourront être déçus, c’est qu’au final, le fameux tournoi organisé par Bison n’est qu’un moyen de traquer un personnage en particulier, et que l’on verra très peu de moments de ce tournoi! Un choix étonnant mais qui pour moi provient de cette volonté très contemporaine de déstructurer les adaptations, un peu à la manière d’un Resident Evil qui prend pour personnage principal un type totalement lambda. Ici, le tournoi n’est clairement pas important dans le récit, et le réalisateur choisit de montrer davantage tout ce qui se passe autour de cet événement. Un choix surprenant, mais qui a du sens d’une certaine manière. Par contre, chaque affrontement entre les divers protagonistes s’avère très bien fait, avec une volonté d’être très impactant au niveau des coups portés! Evidemment, avec de tels surhommes, on va forcément détruire des murs en balançant son adversaire dessus, mais c’est un vrai plaisir de retrouver cette sensation de démesure tout en étant happé par ce qui se passe. On est dans un film WTF complètement assumé, mais qui parvient à nous immerger dans un récit fait de rivalités, de rédemption et d’acceptation de soi!

L’utilisation de très nombreuses allusions sexuelles, je n’avais pas vu ça depuis bien longtemps, et ça apporte un humour dévastateur au film! Rien que la pratique de Bison de capter l’énergie vitale de ses mecs musclés, ça vaut le détour ^^ Street Fighter est une anomalie temporelle totalement maîtrisée par Kitao Sakurai, et un hommage vibrant aux 90’s!




























